Le FAS est une entité polymorphe et polycéphale. Tous peuvent s’en réclamer et fonder une cellule d’action. Les sympathisants du FAS écrivent des textes répondant aux contraintes définies par des catégories. Ils sont d’abord publiés sur leur site, puis certains sont réunis dans des fanzines ou dans des livres. Communiquez avec l’agitateur afin de vous joindre à notre lutte pour un quotidien délirant:
agitateur@frontdactionstupide.net.
FAS vaincra!
Entendu sur la rue :
Il voulait que je devienne nymphomane. Je n’aurais pas aimé ça.
Vers l’ouest, sur la 138, dans un pick-up blanc, on écoute du country acadien en fumant des clopes et en buvant de la Coors light. Natashquan est mort ce soir, c’est Vendredi Saint et tout le monde est allé se coucher après avoir assisté au chemin de croix. Bien résolus à manquer la grand-messe le lendemain, G* et moi avons déniché un partner de brosse prêt à nous emmener au village voisin, et c’est ça qui se passe en ce moment.
C’est à trente kilomètres à l’ouest et nous avons le temps de descendre deux bières. Arrivé là, on viraille un peu dans le village, question d’aller jeter un coup d’œil du côté du quai, puis on croise une bande de jeunes qui nous invite à passer chez eux. Une grande maison blanche, des jeunes, un piano. G* se met à jouer en improvisant des paroles, tandis que je reste planté là à boire, flanqué d’un grand ado métis qui me parle de la Basse Côte-Nord, là où il est né. C’est encore plus loin par là-bas, dans l’autre direction; y’a pas de chemin pour s’y rendre.
On se sauve plus ou moins au bar. Un clapier minuscule. À bâbords, une bande d’Innus qui mangent du saumon fumé, à tribords, des jeunes à calotte et veste de ski-doo qui jouent Stairway to heaven à la guitare. On commande des bières et on profite d’une sortie cigarette pour s’installer à la table des Innus. Je demande si je peux bouffer du saumon. Oui. J’y goûte : délicieux, mais je suis pas sûr pour le goût sucré. Pour bien m’en assurer, je vide l’assiette petit à petit, avant que les nachos et les ailes de poulet viennent faire diversion à mon appétit. « Appétit », d’ailleurs, c’est un grand mot : y’a que ça à faire, manger, ici. À part boire de la 50 tablette. J’ai demandé « tablette » et le serveur est sorti nous en chercher dans la cave ou le hangar, je sais plus. Bref: elles étaient aussi froides, sinon plus, que celles sorties du frigo.
G* se met à giguer à la LMFAO en changeant la musique au hasard. Les Innus rigolent. Je me mets à avoir des idées de grandeur : un collaborateur Innu dans le journal, qui écrirait en Montagnais. Ça serait cool. Je verrais bien toutes les petites communautés blanches de la Minganie de gratter la tête en voyant la une du journal, écrite d’un seul mot de 52 caractères indéchiffrables, tombée dans leur boîte postale. On finit par se pousser assez tôt, car on va mourir à Pointe-Parent demain. Encore.
Adolescent j’ai commencé à m’intéresser à la Science Fiction. J’adorais (et adore toujours) tous les médias culturels (livres, BD, manga, films) utilisés par la SF pour assouvir ma soif de connaissance et d’évasion. La SF regorge de sous-genre, et après une période « héroïque-fantaisie » je me suis plus particulièrement plongé dans les récits post-apocaliptique et cyber-punk mais ce qui me touchait le plus était les romans d’anticipations. Je me délectais du « meilleur des mondes », « 1984″ ou autres « Globalia ». Ce qui me plait dans tous ça c’est cette capacité à critiquer notre société présente sous l’apparence d’un futur proche pas si fantasmé que ce qu’il parrait. En cela je ne peux que vous conseiller le merveilleux livre de Alain Damasio « La zone du dehors ». Bref ces écrits ont aiguisé mon esprit critique et m’ont amené à lire des essais socio-politiques souvent encrés dans la mouvance écolo-anarchique.
Venons-en au google. Il y à quelques semaines je lisais « Les yeux d’oedipe » de Frédérique Metz qui est un essai sur l’évolution de notre rapport au monde à travers l’omniprésence de google. En voici la première page :
« Il n’est pas sûr que nous mesurions bien la puissance du google, ni les conséquences proches, brusques, considérables, qui de cette puissance vont surgir bientôt. La puissance du google est aujourd’hui faible et limitée encore, pour la raison qu’elle ne s’exerce jamais que par les mots. Le google, même s’il en donne, ne se nourrit pas encore d’images. Il en livre, en propage et transmet, mais ce n’est pas lui-même qui les reconnaît ; ce n’est pas lui- même qui nomme. Le google ne voit pas encore. L’apparition d’un oiseau inconnu, d’un tableau inconnu, d’un homme inconnu, lui résiste encore. Il ne peut rien m’en dire tant que je ne lui donne pas leur nom. Il veut leur nom. Il me faut connaître moi-même leur nom et le lui donner. Même le google-images, en réalité, passe par les noms : il ne reconnaît pas lui-même Joyce sur la photographie qu’il nous livre de Joyce. Il ne la sort de ses tiroirs, si nous lui demandons une image de Joyce, que parce que le mot « Joyce » est en légende, attaché, ou que la photographie a été enregistrée sous ce nom — un œil, humain encore, l’a reconnu pour lui. »
Ce matin en lisant mes courriels, l’ami qui m’avait envoyé « les yeux d’Œdipe » m’envoyait simplement ce lien : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/04/05/google-presente-un-prototype-de-lunettes-connectees_1680586_651865.html#xtor=RSS-3208
Mopheus était donc bien un prophète en disant à Néo : « La Matrice est universelle. Elle est omniprésente. Elle est avec nous ici, en ce moment même. Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre, ou lorsque tu allumes la télévision. Tu ressens sa présence, quand tu pars au travail, quand tu vas à l’église, ou quand tu paies tes factures. Elle est le monde, qu’on superpose à ton regard pour t’empêcher de voir la vérité. »
À bon entendeur, salut.
Ainsi le budget conservateur compte éliminer graduellement la cenne noire, pour des économies de 11 millions de dollars.
La cenne noire, qui a suscité des rixes dans des drive-in, celle qui engendre le cénobitisme rouleur, celle-là même qui gît à côté de ma commode depuis deux semaine sans que je daigne la ramasser, oui LA cenne noire va disparaître.
Que dire, que faire, que porter? Des vêtements de deuil. Il est clair que par le prisme d’une décision en apparence toute monétaire, comptable, bref, on-ne-peut-plus trivialement financière, c’est tout un monde de représentations qui ressort sa puante idéologie. Ainsi, la plus petite unité monétaire coûte trop cher: éliminons-là. Ce serait trop compliqué de rajuster le système. Ça serait trop compliqué, messieurs les tories, de diviser par 10. Ou par 100.
Je crois qu’il faut passer le cap analytique et procéder à la synthèse de la cenne noire. Synthétisons la cenne noire, OUI! Roulons! Gavons les cochonnets! Ratissons les fontaines! Euh… Et les cennes américaines?? Elles ne feront plus fly-bine dans l’eau? Hein? Parce qu’on va les bannir!
Par le principe d’utilisateur-payeur, on entend généralement que la contribution à un service variera en fonction de l’utilisation qui en est faite par l’utilisateur. Si vous l’utilisez beaucoup, vous paierez beaucoup.
Ayant toujours été animé par le désir d’être inutile, je ne peux que me réjouir du virage utilisateur-payeur entrepris par le gouvernement provincial. J’ai le sentiment de voir la porte d’un monde d’économies s’entrouvrir devant moi. J’utilise peu : à partir de désormais jusqu’à dorénavant, je payerai peu.
Think tank néolibéaral en devenir, le Front d’Action Stupide vous propose aujourd’hui une série de mesures qui ramèneront le Québec sur la voie de la prospérité. Après tout, on ne devient pas un pays riche en payant l’épicerie avec l’argent de la vente du bois des meubles de la maison. On devient un pays riche en louant les meubles de la maison à ceux qui veulent bien s’en servir : utilisateur-payeur. Check it out :
Les bibliothèques : ça coûte cher à tout le monde et personne n’y va, ou si peu. À l’université, certains étudiants arrivent à effectuer leurs recherches en utilisant beaucoup moins de sources que d’autres. Rédiger une thèse de maîtrise à partir d’un seul bouquin et arriver aux mêmes conclusions, c’est ce qu’on appelle le génie. Pourquoi ne pas récompenser ces étudiants qui arrivent à faire plus avec moins sur la base du principe utilisateur-payeur. À chaque emprunt de livre sa facture! Sans doute, les détracteurs du principe avanceront que cette mesure aura pour effet d’augmenter le nombre d’étudiants qui consulteront les bouquins sur place, dans les locaux de la bibliothèque. Que nenni. Ces étudiants se verront facturer leur temps d’utilisation de la bibliothèque à l’heure. Un incitatif certain au développement de l’esprit de synthèse. Éventuellement, on pourra carrément fermer les bibliothèques tant cette mesure aura pour effet de favoriser la créativité. Dorénavant, on rédigera nos thèses de doctorat à la maison, avec cyberpresse comme seule source.
Les élections, ça coûte cher et personne ne vote, ou si peu. Pourquoi ne pas refiler la facture aux bonnes gens qui ont toujours la frivolité de voter ? Que d’efficacité dans les futurs scrutins : plus personne ne votera en dilettante. À terme, on pourrait s’entendre pour voter moins souvent.
Le transport en commun, ça coûte cher. Dites-moi, à quand remonte votre dernière utilisation de la station Villa-Maria ? Vous ne vous en rappelez plus, mais vous payez pour. Personnellement, j’utilise uniquement la ligne bleue, et même là, seulement deux stations. Il me semble que je devrais avoir droit à un tarif qui reflète l’utilisation que je fais du métro. Éventuellement, on pourra faire les choix qui s’imposent et fermer les stations utilisées uniquement par les gens trop paresseux pour marcher. Si d’aventure on se rendait compte que toutes les stations sont utiles (même Namur), il ne nous restera plus qu’à arrêter de construire des trottoirs : les économies sont partout.
Les rampes d’escalier pour handicapés. Ça coûte très cher. Pourquoi ne pas amortir les coûts de ces infrastructures-béquilles en faisant payer les infirmes et les amateurs de roulis-roulant ? Bon, j’entends déjà les cancres de l’économie se poser la fameuse question : mais avec quel argent vont-ils payer ? La réponse est pourtant simple : avec l’argent des mesures fiscales! Combien de gens se déplaçant fauteuil roulant partent en randonnée dans les grands parcs nationaux ? Combien de malentendants écoutent la radio de CBC ? Si peu. Pourquoi devraient-ils payer pour ça ? En payant peu d’impôt, les handicapés auront tout l’argent nécessaire pour financer leur rampe d’accès… et pourquoi pas un half-pipe.
Les diplômés, ça coûte cher. Qui a besoin de diplômés sinon certains sites de rencontres, les entreprises et le gouvernement ? Utilisateur-payeur! Pourquoi ne pas faire payer aux employeurs, au moment de l’embauche, le prix des études de leur futur employé ?
Les entreprises sont, de façon générale, des personnes morales. Une personne morale a les mêmes droits qu’une personne normale mais n’utilise aucun service du fait de leur nature intangible (essayez d’inviter une entreprise à prendre un verre pour voir). Hop! D’un même geste on supprime l’imposition des entreprises et on règle le problème de l’endettement étudiant.
Le virage utilisateur-payeur n’est pas sans comporter certains défis logistiques. Ainsi, la question des frais de gestion d’un tel système est légitime. Heureusement, le Québec peut compter sur un gouvernement libéral fort dont l’entourage regorge de vendeux de cartes-à-puces et de pusheurs de bases de données de toutes sortes. Les progrès techniques des dernières années et le dynamisme du génie québécois rendent enfin possible pour chacun le paiement de sa juste part.
La lecture de cet article vous a coûté 3$ (En vrai c’est 20 $, mais on va t’en remettre une partie plus tard)
Entendu sur la rue :
Moi, j’suis pas une intellectuelle. J’ai déjà assez de problèmes comme ça.
Abstract.
We analyse the results of our experimental laboratory approximation of motorways networks with slime mould Physarum polycephalum. Motorway networks of fourteen geographical areas are considered: Australia, Africa, Belgium, Brazil, Canada, China, Germany, Iberia, Italy, Malaysia, Mexico, The Netherlands, UK, USA.
For each geographical entity we represented major urban areas by oat flakes and inoculated the slime mould in a capital. After slime mould spanned all urban areas with a network of its protoplasmic tubes we extracted a generalised Physarum graph from the network and compared the graphs with an abstract motorway graph using most common measures. The measures employed are the number of independent cycles, cohesion, shortest paths lengths, diameter, the Harary index and the Randic index.
![E2_onmapHighways_551_a[1]](http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2012/03/E2_onmapHighways_551_a1-300x224.jpg)
article complet ici (pdf)
Jouer de la air guitar sur la Place des Crânes (là où avaient lieu les pendaisons publiques), c’est comme ça que j’aime les actions stupides.
Entendu sur la rue :
C’est pas que c’etait pas des bons acrobates. C’est juste que j’ai pas besoin d’acrobates pour aimer la vie.
J’écrivais à propos des idées comme petits organismes qui se reproduisent dans nos têtes dans un fanzine précédent. Je vois que déjà elles ont muté et n’en ont plus besoin.
Quand j’ai un vague à l’âme, je lis les commentaires sur les sites de sport :
C’est assez drôle.. de voir le paradoxe entre ‘JE TE DIT QUE TON TEXTE EST BOURRÉ DE FAUTES .. DONC.. JE NE SUIS PAS CAPABLE DE TE LIRE! ‘ Alors que malgré le fait accompli, ce texte est facilement lisible.
Alors à chacun de se poser soi-même LA question: ‘Suis-je obligé d’apporter un commentaire gratuit sur l’écriture d’autrui ?
Surtout si j’ai le même problème que toi mais que j’en suis inconscient !
Bon . donc 4 à 2 MTL .. la ‘partisanerie’ à son comble ! Et puis 2 pts pour DAVID… Deharn, dehan, danhe, ONE EVER … on sait de qui l’on parle !
Bon match
Oû est-ce que je voulais en venir déjà ? Ah oui! ONE EVER!
L’interdiction de fumer dans les endroits publics peut être assez pénible. Les fumeurs s’y retrouvent discriminés méchamment. Cela devient encore plus dur en hiver, quand on est obligé de geler dehors alors que les « heureux non-fumeurs » se réjouissent des services des bars et des restaurants tout en restant au chaud. Et le pire ce que ces pauvres ne s’en rendent même pas compte, de leur bonheur. Moi, originaire de Russie où l’on peut toujours fumer à peu près partout, avant mon voyage au Quebec je m’apprêtais à des souffrances incessibles liées à l’impossibilité de fumer. En réalité, la situation est beaucoup moins effrayante. J’ai survécu et je n’étais même pas trop gênée. La nature de ce stress me semble être non dans l’impossibilité de fumer en soi, mais plutôt dans l’absence de choix de volonté. Je viens tout juste d’en parler avec le chauffeur de taxi qui m’amenait à l’aéroport. L’idée, c’est que nous, les fumeurs, nous sommes confrontés à une sorte d’incapacité morale de choisir d’aller fumer. Ce n’est en aucun cas physique. Comme disait Allen Carr, l’auteur de la fameuse « méthode facile d’arrêter de fumer »: « nous n’avons aucun besoin purement physique de fumer, ce que prouve que l’on ne se lève pas au milieu de la nuit pour aller fumer. » Et je trouve cela trop vrai. On n’y pense même pas dans le métro, ou dans un bus par exemple, car il est évident que personne ne fume là-bas. J’ai passé presque 24h dans les aéroports sans fumer et j’ai fini par en oublier (enfin bon, j’y pensais quand-même, mais c’était de plus en plus flou). Le phénomène que l’on s’énerve a pour la nature l’absence de choix, ce qui provoque une résistance au niveau de l’esprit. C’est un peu comme dans l’anecdote: « (…) faites tout ce que vous voulez, mais surtout ne pensez pas à l’éléphant rose! ». Et qu’est-ce qui arrive? Ben, tout le monde pense à l’éléphant rose!
Lundi, mon association d’univercécitaires vote l’enclenchement de la grève générale illimitée dans un théâtre. Se questionnant sur la chose, un a dit à l’autre que c’était approprié. L’autre a demandé pourquoi, et un a répond qu’on jouait des rôles. Sa remarque, ceci dit, soulignait plus de subtilités si on s’y attardait. L’autre, et l’un, ne s’y sont pas attardé. Machine démocratique spectaculaire et clowns. Amener son masque de la comedia del arte et poser « les questions-doutes qu’il faut » et être un groupe, avec tous les clichés. Quelque chose comme Alex et ses droogies, mais en plus coloré. _
Aussi, È.L. dans un cours de « pratiques sociales et politiques de l’art » parlait des activités des membres de l’IS, qui prenaient, autour de l’idée de Dérive, la carte de Londres pour s’orienter dans Paris. Ils tentaient de suivre les routes de l’une dans l’autre, exploraient les différentes critiques qu’on pouvait en sortir. Ils se droguaient dans ces Dérives, et quelques uns n’en sont jamais revenus. Je me plais un peu – pas trop, pas vraiment en fait – à me dire que s’ils rencontraient une masse non-négligeable d’eau, ils n’évitaient pas la noyade et redevenaient poissons en désertion. _ Peut-être refaire la chose avec une vieille carte d’un pays en guerre, avec des choses qui explosent pour contrecarrer les murs empêchant le 100% de l’exploration. Des choses comme ça. Ou avec un pouvoir d’abstraction sur-réel. _
Dans une même logique, j’ai rêvé que des membres d’une organisation secrète intra-gouvernementale me chassais à la sortie d’une chambre de théâtre; je disparaissais du réel et mon état d’abstraction était tel qu’il remettait en doute la fiction dominante. Lors d’un combat digne de la matrice, je remarquais qu’effectivement, mes mouvements contribuaient à l’effacement de mon corps dans le temps, dans la fiction spatio-temporelle.
O
Un papier jauni avec du papier collant et un coeur rouge dollorama sous le papier collant qui ne colle plus, se lit comme suit. Trouvé dans une station souterraine;
« Brittany
Enjoy your last Saturday being 19.
Next Saturday you won’t be a teenager and will have to eat low fat yogurt. Love, Your Mom. LOL! »
_____________
Et dire que je prévoyais parler du rapport particulier que j’entretiens avec ma chatte.
« Tigre ou ver de terre : qui vaut-il mieux protéger ? »
- Le Monde
Aujourd’hui, histoire de faire délirer le quotidien du lundi, j’ai décidé de m’amuser aux dépens d’un collègue de travail. Notre patron étant parti en vacances, il n’y a que moi et mon collègue au bureau. Après l’avoir entendu entrer au travail, j’ai décidé de communiquer verbalement avec lui en n’utilisant uniquement que les mots suivants :
1. oui
2. non
3. salut!
La journée a commencé facilement : (suite…)
A pedestrian knew how to display his nonchalance provocatively on certain occasions. Around 1840 it was briefly fashionable to take turtles for a walk in the arcades. The flâneurs liked to have the turtles set the pace for them. If they had had their way, progress would have been obliged to accommodate itself to this pace.
Walter Benjamin. « On Some Motifs in Baudelaire, » in Neil Leach, ed. Rethinking Architecture: A Reader in Cultural Theory. London and New York: Routledge, 1997, p. 33.
Histoire de mousser la popularité du FAS, ça fait un bon moment que je songe à écrire un COOL IS CLASS WAR qui parle de sexe. Alors quand ma blonde m’a dit qu’elle commençait la rédaction d’une thèse sur le speed-dating, j’ai tout de suite su que je n’étais pas loin du compte… mais loin d’avaler cette couleuvre. (suite…)
à la relecture du horla, pas lu depuis mon adolescence, j’éprouve non plus un simple sentiment de terreur, mais un agréable sentiment de complicité et de soulagement. les premières 20 pages me parlent directement, elles font allusion à ces moments où sans raisons concrètes l’angoisse monte en flèche dès le coucher du soleil, moments nocturnes où les comportements irrationnels et les terreurs enfantines me piochent la tête. cette angoisse, la même qui, lorsque je m’éveille couvert de sueur, me fait allumer une veilleuse dans la cuisine et la salle de bain, me tient en éveil jusqu’à l’aube en me torturant l’esprit avec mes problèmes, mes doutes, mes échecs. l’individu néfaste, se faire égorger ou étouffer, se faire observer, juger, triturer comme des doigts sales sur un bouton d’acné. j’y pensais aujourd’hui, assis dans mon bureau cloisonné, en tapotant le clavier d’ordi. ce bureau sordide, de ville d’anjou, où sur le boulevard Louis-Hippolyte Lafontaine je suis payé temporairement un prix surévalué à saisir des données assez inhabituelles. nouveau prix circulaire en vigueur le premier février: cerveaux bleus en jujube, 4.95$ le paquet…
Je suis passé par ici
Je me suis gratté
la pierre de la roche
Un titre tiré par les cheveux, un texte peu inspiré : un retour sur le FAS?
Je pense – j’ai appris à quelque part que la preuve du cogito ne permettait pas prouver l’existence de l’être pensant puisque le tronc cérébral hallucine «je» lorsque je dors -, donc je suis, malgré mon sentiment de certiture, incapable de prouver avec certitude que je ne rêve pas.
Enfin, pour que tout ça soit clair, il faudrait que je parle de ben des affaires, dont le problème de la conscience autoréflexive, mais, franchement, qu’est-ce que ça changerait au fond?
Je ne suis pas sûr de ce que j’avance. Peu importe, tant qu’à y être vaut sans doute mieux se lancer. Ça pourrait sembler étrange, mais je ne suis pas sûr de m’être levé ce matin. J’ai l’impression que les souvenirs éthérées que je pourrais associer à mes «rêves» cadrent davantage avec «la réalité», même si je crois me rappeler de rien de précis, que la journée que je viens (???) de vivre. En tout cas, depuis ce matin, je suis campé dans une posture de méfiance vis-à-vis ce qui m’entoure : essaie-t-on de me tromper?
Je pourrais peut-être bien vous glisser un mot ou deux sur la discussion que j’ai eu avec un ou deux collègues sur Camus (ça, je l’ai bien lu, Camus!), mais je l’ai suivi, la conversation, avec une tendre indifférence. Pourtant je le connais bien, lui. Enfin, je crois, du moins, il me semble. Avez-vous lu Camus, vous? Qu’est-ce qu’il dit? Pouvez-vous m’en citer des passages, comme ça, de l’Étranger, de La peste, du Mythe de Sisyphe? Nous n’en gardons que de vagues impressions.
Ça commence (ou ça se termine, peu importe) avec mon réveil. Un vague bruit qui se transforme en réveil matin qui sonne. Je le revois encore en train de tourner machinalement les pages du journal. Tu ne te souviens pas vraiment de ce qu’on y disait, hein?
C’est qu’ils ont terminé la journée par une rencontre, exactement de la même manière qu’ils ont abordé la suivante.
Et lors de la réunion, tu te souviens de leur air amusé quand tu as achevé de présenter ton point? C’est parce que c’était amusant ou parce que tu n’as finalement rien dit? Je ne sais pas, j’ai un souvenir approximatif des deux évènements. Peut-être se sont-ils produits en même temps? Pour trancher, il faudrait que nous nous adressions à ces dents ricaneuses. Elles le savent peut-être, elles.
Écris, écris, écris, travaille, montre que tu sais, que tu vaux… Attention!
Ça me dispense sûrement de toutes mes obligations, n’est-ce pas? Qui serait assez idiot pour rêver de son boulot futur ? Laisse tomber. Toutes ces conneries te font grincer les dents.
Et ce n’est pas tout.
« Cardinal est une maison d’édition québécoise spécialisée dans la conception, le développement et la publication d’ouvrages gastronomiques, littéraires et pratiques ». Hé! Le FAS fitte dans toutes les catégories!
« L’un de ces livres montrait des femmes en amour avec toutes sortes de bêtes, des chats, des oiseaux, des tigres, des chiens, des poissons et jusqu’à des poulpes qui, hideux, enlaçaient de leurs tentacules à ventouses les corps des mousmés hystériques. »
Il est trois heures du matin et je viens de m’éveiller en poussant des cris mi-veau, mi-fantôme. J’ai fait un cauchemar. Comme je ne parviens pas à me rendormir et que ce rêve était, somme toute, authentiquement stupide, je vais vous le raconter.
Je suis à St-F*, mon village natal. C’est l’hiver, et mon voisin, un entrepreneur en construction, a déneigé la longue cour qui mène à son poulailler, ses hangars et son domicile avec le grand chasse-neige attelé à son tracteur. Mais il a fait un mauvais travail: le tracteur a laissé dans la neige tout un tas de traces et de sillons inesthétiques, et cela m’agace, aussi je décide d’égaliser le tout de mes poings en me traînant à quatre pattes. C’est la nuit, et je dois prendre garde de ne pas éveiller les chiens, surtout celui de son fils, dont la maison se trouve également le long dudit chemin. Alors je m’applique, avançant précautionneusement, mais résolument, vers mon but, le poulailler. De loin, je remarque qu’une voiture y est stationnée, les portes ouvertes et les lumières allumées. Les lumières de la maison du fils sont également allumées, ce qui augure mal, d’autant que je peux entendre le couple bavarder depuis leur chambre, comme dans ce reportage sur les chats que j’ai vu il y a longtemps et où on nous montre qu’ils peuvent entendre ce qui se passe derrières les portes et fenêtres, depuis la ruelle. D’ailleurs, c’est étrange, ce n’est pas la voix du fils, mais celle du père que j’entends sourdre de là. Alors j’avance, et parvenu à la hauteur du poulailler, j’entends les voix s’animer, comme s’ils se doutaient de quelque chose, tandis qu’à quatre pattes j’observe l’intérieur de la vieille Civic rouge pompier garée là. Les poules se mettent à caqueter, les chiens à gronder, la lumière de la voiture m’expose aux regards. Puis soudain, j’entends une voix s’exclamer : « le voilà, cet enfant! » Ils m’ont repéré! C’est alors que dans cette position humiliante, je me mets à bramer, mais en bramant je me dis autant leur faire peur, alors mon cri se change en une sorte de plainte menaçante et fantomatique… puis je m’éveille.
L’an passé à peu près à une date semblable je devais être en train d’écrire un article sur le manque d’inspiration que je vivais par rapport à la production de littérature attrayante. Je m’imagine bien écrire un article sans intérêt, mais par là j’aurais peur de venir brouiller les esprits déjà affaiblis du FAS. Voilà donc une tentative tout à fait honnête d’éviter la fatidique situation que je viens d’évoquer; je la pressent être stérile et vaine malgré tout. Aucune relecture ou révision ne sera fait, il s’agit donc d’un test live de mes capacités à écrire un texte ayant un semblant de ma verve d’autrefois:
(Pause je regarde l’écran sans être capable d’y écrire un mot)
(je cherche une anecdote intéressante que je pourrais reformulée en éclat de verbiages amusants)
Voyez, mon cousin est DJ, il mix dans le 450 et connaît un certain succès, dans le milieux des bars de bronzés on le considère. Étant entre deux génération, dans ma famille, il n’y a personne qui a moins de 5 ans de différence d’âge avec moi dans ma famille, ils sont tous trop jeunes ou trop vieux pour avoir vécu une certaine symbiose lors de ma jeunesse. La frange plus jeune tourne autours de ce DJ et de ses réussites professionnelles ou artistique. Il fait de la musique de club du gros boum-boum pour faire danser la jeunesse. Bof… mon histoire va nul part, l’idée c’est que ma blonde visitait ma famille pour la première fois, et ma tante nous a tous fait assoir dans le salon pour qu’on écoute un CD de ce cousin, la musique était pas de circonstance et les vieux étaient pantois…
Bon je tâte un autre terrain… …
Je penses que je regardes trop le hockey et que je ne bois pas assez… (J’allume une clope) Ouais c’est ça je ne suis plus assez punk, plus assez fêtards et dépressif, l’angoisse m’attaque périodiquement et me rappelle à quel point je ne la connaît plus, je suis plus rarement en lendemain de brosse… Je vis l’angoisse comme un Lavalois qui n’arrive plus à payer son hypothéque, avant c’était grandiose, elle était toujours là à côté de moi, la honte m’étouffait, je me voyais aux côtés d’Eschyle, je voyais les murs de mon appartement comme l’ultime prison d’une existence tragico-fantastique et me confortait dans l’idée que mon désastre foisonnait de matériaux littéraires et ajoutait à la légende. Mais en même temps je suis toujours un déséquilibré, mais je voulais faire du Bergman moi, je m’en rapproche plus j’imagine… Peut-être que pour faire du Bergman il faut être un peu moins Panurge et un peu plus (J’allume une clope)… un peu plus, je sais pas, un peu plus confortable… Ça fait peur tout ça.
Return to a Darker Age, un article paru dans le New-York Times, me rappelle drôlement cet article que j’ai écrit il y a déjà un peu trop longtemps sur les Annales…
Ou comment jouer avec la signification divergente des mots français et québécois.
CQFD : une blonde en français est une cigarette et une petite amie en québécois
Je craque une allumette et me brûle les doigts en allumant ma blonde.
Elle me réchauffe de son doux souffle velouté.
Ses volutes sensuelles partent en fumée et dansent dans le vent.
Je roule ma blonde sur les chemins de traverse et apprécie sa sollicitude dans ma solitude.
Je la fume par les deux bouts, rend ses cendre à la terre mère et garde l’éphémère plaisir d’une vie passée à ses cotés.
Quelle belle découverte que le FAS…
Lors d’un entrevue par Skype pour travailler à l’auberge du bout du monde de l’anse saint jean on m’a demandé : « 11 sept, complot ? ». Je leur ai répondu que pour moi c’était principalement le CELS’s Day ! o,O Du coup il a fallu que je leur explique ce qu’était le CELS…
Je suis français et ai travaillé 5 ans dans l’éducation nationale en tant que surveillant. Avec mes collègues et amis du lundi soir nous avions pris l’habitude de nous laisser aller à la folie douce qui nous habitait (et nous habite toujours) une fois les élèves couchés… le tout pour combattre la sinistrose sociétale par l’absurdité volutionnaire (Cf Alain Damasio dans « la zone du dehors ») . Le Club des Enculés du Lundi Soir (CELS) était né ! Nous nous sommes doté d’un « logo » : le fucking golden nain de jardin et allions de l’avant. Nous ne sommes plus collègues aujourd’hui mais plus que jamais amis, et le CELS vit toujours ! Lors du mariage de l’un des membre bien membré en juillet nous lui avons bien entendu offert un exemplaire du « golden fucking nain de jardin » et nous nous somme décidés à créer un CELS’s Day, anniversaire de la connerie humaine… le 11 sept fut unanimement choisie ! Ceci expliquant cela.

Bref lorsque j’ai expliqué tout ça à È. et P. ils m’ont regardé bizarrement, m’ont dit qu’il fallait que je connaisse le FAS et m’ont engagé !!!
Plusieurs mois que je vis avec eux et que ma lecture sur les toilettes sont vos livres… normal pour des annales !
Le FAS et le CELS sont bien cousins et en tant que membre du CELS je me permet de vous écrire pour que le CELS se joigne au FAS pour lutter pour un quotidien délirant !!!
Au plaisir de lutter à vos cotés
Louis PasPire
J’hésite à classer dans «Activités culturelles cool», mais c’est sûr que je classe pas dans «Déprimer, c’est ok».
Ce lien est volé à l’activiste Robodrigue.
« Es-tu Français ? »
« Ben oui, c’est clair, heille, j’rentre chenous le soir, première affaire qu’euj fais, c’est cartonner vachement, toé ? »
Vous connaissez le principe. On a fait un cadavre exquis sur Facesnatch. Mais comme personne n’arrive à plier son écran pour voir juste la dernière ligne, ben on triche un peu et ça donne ça :
En l’an de grace 2006, les agneaux se sacrifiaient pour mon grand plaisir dans un… (suite…)
Ça m’a presque donné le goût de recommencer à écrire sur le FAS…
« Sartre voyait de loin en loin Jacques Prévert et, une fois, il aperçut Gide ; mais il cultivait l’ellipse et ne raconta rien, sinon que Gide était fort habile au yo-yo : c’était un jeu à la mode et même il faisait fureur. Les gens se promenaient dans les rues, un yo-yo à la main. Sartre s’y exerçait du matin au soir avec un sombre acharnement » (Beauvoir)
Bonjour,
Désolé du temps que nous avons mis à vous répondre mais notre service s’est vu débordé lors des dernières semaines.
Oui, il est vrai que les insectes ne possèdent pas de paupières et ne peuvent donc fermer leur yeux.
Au plaisir, M*B*
Insectarium de Montréal