Au téléjournal ce soir : chienne de vie
Radio-Can annonçait hier soir en manchette que la vie était une chienne. En mortaise, on voyait bien qu’il s’agissait d’un chacal. J’ai l’impression qu’on me ment. Déçus vous aussi de la qualité et/ou du traitement des informations internationales de notre télé/radio d’état et des autres médias nationaux ? C’est qu’il faut se renseigner ailleurs. Oscillant entre déprimant et insignifiant, le flot médiatique québécois est certain, à terme, de nous rendre tous fous. La main invisible s’est coupé un doigt ou deux: on veut pas le savoir… on veut le voir!
Se renseigner soi-même, c’est complexe. C’est pourquoi on a besoin de journalistes pour ajouter des marqueurs de relations aux communiqués de presse ou aux dépêches des grandes agences et pouvoir chiâler que ça sait même pas écrire. Si on allait tous chercher de l’information crédible en ligne, le métier de journaliste disparaîtrait et on aurait plus personne à qui envoyer nos communiqués de presse. Ce serait aussi la fin des mots-croisés dans le métro; la galle quoi.
La presse lusophone montréalaise
L’antidote pour cesser d’avoir l’impression de vivre la pire époque (à crédit en plus) sans faire le scab médiatique, c’est la presse lusophone montréalaise. La langue portugaise sait apporter une dose de sensualité et d’amour aux sujets les plus glacials :
A medida foi anunciada pela ANMP e visa minimizar os efeitos da crise financeira. Apesar de o presidente da instituuiçao, Fernado Ruas, garantir que a quebra de receitas nao impedirà os municipios de « continuar a assegurar as suas competências », a decisao nao satisfaz todos os autarcas.
-A Voz de Portugal, segunda-feira 29 de Dezembro de 2008
Ah. Ce rythme, ces accents : grave! J’ai presque envie d’inviter la crise financière à souper. Même l’évocation des élections de Jean Charest, en janvier dernier, a un petit quelque chose de kinky dans les mots de la presse lusophone:
Jean Charest propunha passar os meses seguintes a trabalhar « em coabitaçao » com os partidos de oposiçao para relançar a economia do Quebeque, o que pasaria, segundo el, pela adopçao do orçamento de Março de 2008.
-Idem
Mmm mmm mmm. J’hésite soudainement entre prendre ma carte du parti libéral et FAS-rencontres. Moi qui croyait qu’Herby Stup était le seul journaliste moustachu à parler des vraies affaires. La preuve la semaine prochaine : « DOSSIER-CHOC : QUAND PLAYBOY IRRITE L’ÉGLISE MEXICAINE, LE FRONT D’ACTION STUPIDE SE GRATTE ».
L’autre jour je suis allée chez Fichtre! pour trouver un cadeau à Mjack. En plus de Noël, c’était sa fête aussi le 27 alors je devais me forcer un peu, surtout que lui me fait toujours des super beaux cadeaux. J’ai choisi une bédé de J*D*, son auteure de bandes dessinées préférée. C’est assez volumineux, comme livre, mais je n’ai pas pu m’empêcher de le lire au complet avant de l’emballer. C’est le journal de son année 2003. C’est drôle, parce qu’elle parle souvent de Graff, l’atelier où je travaille depuis quelques années. En fait, quand je dis travaille, je parle de mes projets d’art, mais je travaille aussi dans le bureau depuis l’automne, comme employée, ce qui me permet de grappiller par-ci par-là quelques rumeurs sur l’histoire du lieu.
Je me souviens, une des premières fois que j’y suis allée, j’ai rencontré J*D* et j’étais vraiment impressionnée, mais je ne me souviens pas ce que je lui a dit ou même si je lui ai parlé. Elle a vraiment pas l’air trash qu’on imagine, en fait elle a l’air d’une personne normale. En tous cas, je ne l’ai jamais revue. Elle a arrêté d’aller à Graff pas très longtemps après, je crois. Moi, j’étais partie sur une balloune et je ne suis pas retournée pour environ six mois, alors je ne peux pas dire, vraiment, ce qui s’est passé. Dans la bédé, J*D* parle souvent de D*, à qui j’avais parlé aussi une fois à Graff et que vous avez sûrement déjà vue en spectacle avec les G*L*. Je lui avais dit que je lisais ses bédés quand j’étais ado à S**. Je pense qu’elle était rendue assez loin de Z*Z*, son alter ego, et ça a eu l’air de la gêner. En tous cas, elle non plus elle ne vient plus aux ateliers, ni J*, que j’ai vue un peu plus souvent, et que Mjack connait à cause de E*. Elles ont on atelier ensemble maintenant, à ce qu’il parait (J*D*, D* et J*). J*D* parle aussi de M*E*, avec qui j’ai suivi un cours à l’université. Je crois bien que c’est elle, parce que la chronologie concorde et le dessin est assez ressemblant. C’est drôle, parce qu’en classant les copies d’atelier à Graff, l’autre jour, je suis tombée sur le livre qu’elle ont fait ensemble à M** (J*D* en parle dans son journal) et c’est vrai qu’il n’est pas super beau. J’ai vu aussi toutes sortes d’autres objets que j’aime bien, que J*D* a fabriqués durant cette année-là et dont elle parle dans son journal. Elle parle aussi quelques fois, sans les nommer, de L* et C*, avec qui je travaille. C’est fou, je n’avais jamais remarqué que L* portait des lunettes. Et le stratagème pour camoufler C* (un autre) en le dessinant en ours, pfff, même si je ne l’ai vu que quelques fois (à
Expozine), je peux dire qu’il a vraiment une tête d’ours.
Quand je suis déménagée à Montréal, la première fois, je trippais parce que je voyais le nom des rues, des parcs, des bars que j’avais lu dans des livres ou entendus dans des chansons. Pareil quand je suis allée en France. Mais là, c’est autre chose. De lire dans un livre acheté au magasin, pas dans un fanzine broché ni un blogue, des descriptions de lieux que je connais comme ma poche, de reconnaître en dessin des personnes que j’ai déjà vues, mais que je ne connais pas, c’est vraiment bizarre. C’est comme si mon propre monde devenait un monde de fiction.
La semaine dernière, j’ai fait le classique gag de mélanger la cassonade avec du poivre.
Aujourd’hui, mon café goûte le piment fort. Pas mal.
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Mes sincères félicitations pour le FAS nouveau. La référence à F’murrr est particulièrement appréciée.
Tout comme le clin d’oeil aux momies du Guadalarajah.
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J’ai d’ailleurs pensé à pawner mes copies d’auteur de façon à ce qu’on soit les premiers à voir nos oeuvres dans les brocantes avant même la sortie en librairie. J’attends toujours des nouvelles de mon avocat.
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Pour l’occasion est pour terminer l’année en beauté, j’annonce en grande pompe mon tout premier marathon-stupide. Et hop. Un par jour, pendant dix jours! Comme les douze travaux!
Si jamais j’ai pu dire quelque chose d’offensant envers les ingénieurs, je le retire et présente mes excuses.
Licht-, Funk- und Roentgenstrahl
En hibernation. À vrai dire, une simple somnolence, puisque j’entends des interférences. J’ouvre les yeux. Je vois ce point fluorescent valser dans la noirceur. Toujours ces interférences. J’allume ma lampe de chevet : Tony.
- Hey Amygdale, qu’est-ce tu fais là?
- Je suis chez moi Tony. Et toi?
- J’ai quelque chose pour toé mon homme.
Lentement, mes yeux se dessillent. Je vois des phosphènes qui s’agitent partout dans mon champ de vision; la réalité est comme une viande pourrie grouillante de vermisseaux. Tony revient avec un casque.
- C’est ton habit de cosmonaute, man.
Incroyable! La haute couture, c’est tellement biosphère en comparaison. Ça, ce que que Tony me tends, c’est un prodige de technologie, la tenue de soirée extra-mondaine par excellence.
- Mets le casque. Regarde, tu peux communiquer.
En effet, grâce à un ingénieux système de walkie-talkie, je peux transmettre mes impressions à une base située à des millions de kilomètres. La contrepartie n’est pas possible, mais c’est justement ça le génie de l’affaire.
On fait des tests. Le système fonctionne parfaitement.
- Qu’est-ce tu fais demain, Amygdale?
- Juste l’entraînement habituel, pourquoi?
- J’ai quelqu’un que qui faut que tu voyes.
- C’est qui?
- John Ball
- C’est où?
- À Rawdon.
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Entscheidungsproblem
On sort du local de pratique. Avec Poufiasse, on fume la traditionnelle clope avant d’entrer dans la van à Seb. Seb, si vous le connaissez pas, c’était le guitariste des défunts Thanatologues. Le gars est post-doctorant en physique. Il conçoit des programmes de planification de vols pour les aéroports. La pratique s’est bien déroulée, mais il a l’air un peu dépité.
- Vous savez, la job Walt Disney dont je vous ai parlé cet été…
- Ouais, mais tu ne nous a jamais dit ce que c’était au juste.
Curieusement, on ne lui avait pas demandé. Peut-être par pudeur.
- Je peux vous en parler maintenant, parce que finalement, ça marchera pas. C’était pour l’Agence spatiale. J’avais appliqué pour être astronaute.
- Quoi? Le programme Mars500? Ils t’ont refusé toi aussi?
- Pas tout de suite. J’ai passé le premier tour, mais ils ne m’ont pas pris, sous prétexte que je ne sais pas piloter un avion de chasse.
Je suis sous le choc, et, je ne m’en cacherai pas, un peu vexé, que lui ait passé le premier tour. Mais ça ne fait rien: au fond, il s’est fait avoir. À lui aussi, on a fait miroiter les océans de glace de la planète rouge. Il s’était seulement un peu plus fait prendre à leur jeu.
Mais moi, j’ai compris qu’il ne fallait pas compter sur eux. Il fallait tout entreprendre soi-même, depuis le début. J’allais faire la belle à la Bête. Cette planète, j’allais la conquérir, et j’allais emporter avec moi le rêve brisé de Seb.
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Wovon man nicht sprechen kann…
Nous filions sur les chemins de gravelle des Cantons-de-l’est au volant de la vieille Chrystler de Bébé Astronaute. Je sentais que nous suivions un filon d’or, mais Tony refusait de m’en dire davantage. Qu’importe? Ce n’étais pas la première fois que je mettais les pieds dans un labyrinthe. Le vieux tape deck, d’ailleurs, jouait Teenagers from Mars
We are the angel mutants
The streets for us seduction
Our cause injust and ancient
In this « b » film born invasion
Teenagers from mars and we don’t care…
Nous avons contourné le lac N* aux abords de Rawdon. La route surplombait l’étendue d’eau et le défilé de conifères qui l’encerclait semblait s’en détacher pour constituer une bande autonome, gravitant en sens inverse. « J’ai des visions », pensai-je, mais c’était tout comme si nous orbitions à quelques parsecs d’un maelström d’étoiles agonisantes à l’horizon d’un trou noir.
Nous parvînmes enfin à destination, une terre isolée au bout d’un rang. Tony stationna la voiture aux abords du chemin et sortit aussitôt, se dirigeant de sa démarche de bûcheron vers une masure en pierres des champs. Des fourmis dans les jambes, je le suivais en claudiquant, tout en essayant de lui tirer les vers du nez, mais il ne voulait rien me dire. « Attends, Amygdale, c’est une surprise que j’te fais! » Sacré Tony.
Il frappa à la porte du solarium à l’avant de la maison, qui ne manqua pas de mener un vacarme épouvantable. Je restais derrière, les mains dans les poches. La seule pensée qui m’habitait était de faire attention de ne pas affecter de manières trop citadines. Je cherchais en moi le limon de mon St-Frank natal.
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Tony avait rencontré John Ball dans un bar de F* tandis qu’il travaillait comme mécanicien pour un apiculteur. Il s’ingéniait alors à la confection d’un système de dalots amovibles et de bielles, de roues dentelées, qui devait permettre une récolte plus efficace à même la canopée. Le soir, assis au bar, il avait aperçu un homme une bière vide et un carnet ouvert à portée de la main, qui, terré dans son coin, semblait perdu dans la contemplation de la machine à pop corn. Tony commanda deux bières et alla en offrir une à ce bonhomme à l’aspect mi fermier, dans sa salopette de jeans, mi savant fou, derrière ses épaisses lunettes carrées.
La conversation s’était rapidement engagée. Tous deux partageaient la même passion pour l’ingénierie de la Renaissance. Ils étaient fascinés par ses mécanismes compliqués, presque occultes, et qui exhalaient des relents du laboratoire d’alchimie de la porte voisine.
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- Hi John, remember this guy I told you he wanted to go on Mars? He’s with me right now.
Ball nous épiais à travers le moustiquaire. À sa voix, il reconnu Tony. Il nous fit entrer. Il nous montra ses plans. Je n’y comprenais pas grand chose, mais Tony semblait satisfait. Je restai muet d’admiration. Nous avions désormais tout ce qu’il nous fallait pour construire un supercanon à l’image de celui du Tsar, qui avait fait trembler la Grande Armée de Napoléon, ou de Big Bertha, ou du canon secret de Saddam Hussein, et capable de propulser un module dans l’espace.
Au fait, où en était Mjack avec ce module?
« Je ne sais où ni quand, j’ai perdu mon sens de l’humour. Je n’ai pas perdu le rire cependant, mais quand je ris, c’est par un effet miroir, par pur conditionnement social. Il m’arrive de sourire, mais c’est par malice, par pure malice, et alors je suppose que mon sens de l’humour doit être malicieux. Mais ce n’est pas comme ça que je me connais!
En fait, j’ai une théorie là-dessus. L’humour est quelque chose de très personnel. Souvent, on rit simplement parce qu’on a envie de rire, et s’il y a un sens de l’humour, ce ne doit être en définitive, qu’une capacité à sentir et à anticiper les cycles des envies humoristiques. Mais, de ce fait, il y a autant de sens de l’humour que de manière d’apparier nos envies à notre environnement. Si bien qu’on ne peut que très difficilement caractériser ce qui nous fait rire au juste, et pourquoi cela laisse les autres de glace. J’ai, malgré tout, fais un effort d’introspection, et je crois que je suis parvenu à cerner ce qui me fait rigoler. C’est le risible. Je ris de ce qui est risible, moi, parce que je suis quelqu’un de logique.
La platitude est le fait fondamental
Il est absurde de croire en la théorie de l’évolution. Croire que la sélection se fait en faveur de formes de vie de plus en plus fortes et plus sophistiquées, quelle bonhommie, quelle indécrottable candeur! Le constat le plus élémentaire à faire sur le monde vivant est qu’il favorise au contraire la reproduction de la médiocrité. Car seule la médiocrité est un état auto-suffisant; elle assure confort, stabilité, pérennité même. C’est le modèle le plus économique et le plus viable à long terme. Aussi trouve-t-on des médiocres en grand nombre et partout. Ce sont eux qui gouvernent le monde, et tous les dirigeants du monde, des présidents jusqu’aux gourous, ne sont chefs que parce qu’ils acceptent de se plier aux exigences des médiocres qu’ils veulent gouverner. Mais, pour s’assurer que les médiocres ne suffoquent et ne s’étouffent sous le poids de leur médiocrité, ces dirigeants ont eu l’idée d’inventer une soupape morale: la platitude.
La platitude est une attitude morale qui sert à maintenir la cohésion parmi les médiocres. Parce qu’elle est socialement acceptée comme une sorte de nécessité, il ne viendrait à personne l’idée (un peu abjecte) de la conspuer. Elle est là: muss man akceptieren. Mais, parce que les médiocres sont largement supérieurs en nombre, la platitude, en réalité, en est venue à s’imposer comme la norme du bon goût et le ciment de l’existence. Si bien que l’on a pas honte d’avouer que l’on est plate, bien au contraire: c’est une victoire, c’est un acte affirmatif.
Fleurimont
La platitude est une victoire de la vie des médiocres sur la vie elle-même. Elle est la maturité. Je crois qu’aujourd’hui, personne n’y échappe. Au fond de chacun de nous, lorsque nous sondons, nous voyons toujours, dans un coin que l’on s’efforce peut-être de dissimuler, des souvenirs de collection de bibelots, de drames sentimentaux crus pour le summum du roman d’amour, de dimanches à la con, qui se sont imprimés dans notre souvenir un peu plus fort que nous l’aurions souhaité.
J’ai perdu mon sens de l’humour. Et pourtant, tout cela est d’un risible! Plus ma mémoire me fait remonter de cette lie de sous-sols en pré-fini, de dessins animés de Walt Disney, de temps des fêtes enfin, puisqu’on y est et que cette période est bien le summum de la platitude, plus je m’esclaffe.
Mais, comme je l’ai dit, l’humour est quelque chose de très personnel. Moi, ça me fait rire voyez-vous, parce que je sais quel est le vrai sens de Noël. Eh oui, je sais que Noël n’est là que pour recouvrir d’hystérie collective controllée le solstice d’hiver. Et ne me parlez pas de calendrier romain! La plus belle nuit du monde est aussi la plus longue. C’est pour oublier la noirceur et le froid que nous avons mis là ces fêtes, ces réjouissances en famille, ces « enfants dans la crèche » et c’est pour cela qu’il y a toujours, à la fin du mois d’août, un petit baby boom. Et c’est pourquoi je trouve que tout cela est risible, mais le sarcasme ne me semble pas avoir la cote.
Et moi, et moi, et moi? Eh bien, comme la Castafiore, je ris de me voir, en ce miroir, si médiocre. D’abords, j’ai un gros nez, et de gros sourcils jaloux, et du poil au oreilles. Et au cul aussi. Et puis tous ces auteurs d’auto-fiction qui nous parlent de leur obsession du sexe sont pour moi tous souffrants de cécité hystérique, car ils omettent toujours de nous parler de ce autour de quoi toute leur – médiocre – littérature gravite : leur quéquette. Eh bien moi, je vous le dis : j’ai une très petite quéquette. Oui, minuscule, infinitésimale. La chose est donc réglée : l’auto-fiction n’est qu’un moyen de compensation pour érotomanes à petites quéquettes.
L’autre jour j’y songeais et je me disais que ce serait se discréditer comme écrivain que de parler ouvertement de ses organes génitaux. Mais quoi? C’est la nature, pourquoi s’en faire un roman? Et voyez-vous, ce sont toutes ces fictions ourdies de toute pièce pour masquer des faits naturels, qui me pompent mon sens de l’humour. Je voudrais m’installer sur mon balcon, une clope à la main, le soir de Noël, et voir les gens se jeter à la rue et brailler comme des veaux pour échapper à la noirceur et au froid, dans une folie toute singulière, mais personnelle. Au lieu de ça, les médiocres se sont organisé collectivement pour tenir bon : « nous allons nous réjouir ! Et nous allons payer le prix fort! »
Ce qui fait que je ne sais pas comment mettre un terme à cette réflexion. Je dois pourtant me rendre à mon travail, un boulot médiocre, sous-médiocre même. Je suis un raznochintsy, un déclassé. Et je voudrais voir toutes ces petites quéquettes frettes brûler dans leur sapin, le soir de Noël, et que la lune devienne rouge. »
- Philippe Sollers
Je reproduis ici le commentaire que Rhâaa voulait partager au monde, dans l’espoir qu’il puisse ramener la fameuse chanson d’Amygdale au mois d’octobre, qui lui sied mieux. Ah oui. Henry ne fréquente pas à notre connaissance, nos annales. Le message s’est rendu à nous grâce à la magie du bot.:
La période des fêtes, un temps de partage et de solidarité, un temps propice à ouvrir son cœur, à manifester sa reconnaissance et à exprimer ses sentiments les plus profonds.
Cédrika a su réunir toute une population, faire naître un élan de solidarité hors du commun par delà des frontières. Elle a su toucher le cœur de millions de parents, de frères, de sœurs, et ce, partout à travers le monde et au-delà des différences. Elle les a réuni autour de ce qu’il y a de plus beau et de plus précieux aux yeux de tous : ‘’un enfant’’.
Un enfant c’est : la candeur, la pureté, l’innocence, la fierté, la joie de vivre, notre raison d’être. Ils sont là, à vous aimer gratuitement, à faire confiance, à rire, à pleurer, à courir, à sauter, à vous observer, à vous tourner autour, à se blottir contre vous, puis . . . .
l’instant d’après? Plus rien ! ? . . . . .
On les croyait en sécurité, On avait tout le temps devant nous, On remettait à demain le ‘’je t’aime’’ que nous voulions lui dire, puis, sans crier gare, la maladie, un accident, ou un prédateur nous l’arache.!!!
Soudainement tout s’écroule, les rêves envolés, les ‘’Je t’aime’’ tantôt retenus, restent bloqués dans la gorge à en suffoquer. La détresse et l’angoisse, l’espoir et le désespoir, la résignation et la révolte, la tolérance et la colère, s’affrontent et se bousculent dans vos tripes. Mais rien à faire, la réalité nous rattrape et nous claque en plein visage.
N’attendons pas au lendemain pour exprimer notre amour. Attrapons au passage chaque petit bonheur, car il risque de ne jamais revenir et ne plus être qu’un souvenir.
Pour la famille de Cédrika, un deuxième Noël sans notre Rayon de soleil, une absence douloureuse, brûlante qui éteint ce grand bonheur des Noëls précédents. Cependant, grâce à votre soutien et vos énergies, nous gardons espoir que des gens nous livrent l’information permettant de retrouver notre chère enfant. Puisse l’Enfant-Dieu toucher le cœur de ces personnes.
En cette occasion, la famille de Cédrika tient à exprimer toute sa gratitude pour tant de bonté, de sollicitude, de générosité, de soutien et d’encouragement. Ces marques de solidarité à son égard, en pareil drame, trouvent écho dans nos cœurs.
Nous exprimons notre plus grande reconnaissance envers toutes les personnes impliquées dans les recherches de notre petite. Merci aux policiers, aux journalistes, aux bénévoles, aux chercheurs, aux internautes, aux donateurs, aux organisateurs, aux commanditaires, aux imprimeurs, aux afficheurs, aux médiums, aux organismes d’aide, aux étudiants, aux professeurs, aux gens qui nous acceptent dans leurs locaux, dans leurs loyers, à nos secrétaires, à nos collaborateurs de tous ordres, à tous ces gens qui ont donné de leur temps, de leur argent, qui ont prié, qui nous ont offert une simple pensée positive, qui ont posé le moindre geste qui semble anodin, tous ces gens ont contribué à leur façon et par leurs efforts, à la poursuite des recherches de notre petite puce depuis 16 mois, nous disons un sincère merci.
À l’occasion de ce deuxième Noël empreint de cette triste séparation, de ce sentiment d’impuissance dévorant, de cette éternelle inquiétude face au sort de Cédrika, recevez gens de partout, nos plus sincères remerciements et nos meilleurs vœux.
À la population, nous demandons de continuer à nous soutenir et nous encourager, vous nous donnez espoir.
Aux enfants nous disons soyez prudents, amusez-vous et soyez heureux.
Aux parents nous vous invitons à rester aux aguets, à demeurer vigilants, à ne pas emprisonner vos enfants, à leur dire à cet instant même ‘’ Je t’aime’’, en les serrant fort.
Aux prédateurs nous disons : Laissez-vous toucher par l’Amour de ce Divin Enfant,
mais Ne touchez pas à nos enfants…. ‘’ Tolérance 0 ’’
La famille de Cédrika vous dit Merci et souhaite à toute la population
Un Joyeux Noël rempli de bonheur
Une année 2009 des plus merveilleuse
La famille de Cédrika Local : 819-840-8510 cedrikapro@hotmail.com
C.P. 1213, Trois-Rivières, Qc, G9A 5K8
Version : anglaise, espagnole, vietnamienne, etc disponible sur notre site officiel http://www.cedrika.com
S.V.P. faites circuler à tous vous contacts à travers le monde……. Merci
papy de Cédrika
C’est vraiment la semaine des actes manqués. Dimanche au bar :
-Qu’est-ce que tu fais le 25 ? Moi j’hésite à caller un nowel des malaimés.
-Ben nous autres on ouvre le 25, y va avoir de la musique. Je pense que je t’ai envoyé le event sur Facebook ou sinon tu viendras sur ma face… euh. Ma page.
« Mais je vous le répète pour la centième fois, il y a un seul cas, un seul, où l’homme peut exprès et consciemment désirer quelque chose de nuisible, de bête, de très bête même. Lequel? Celui d’avoir le droit de se vouloir la chose la plus bête et de ne pas être entravé par l’obligation de ne désirer que des choses intelligentes ».
In Dostoïevski, Notes d’un souterrain.
«Le blogue est une invention merveilleuse qui permet aux fainéants fatigués de s’inventer une vie palpitante essentiellement dans le but de faire rire leurs amis.»
- Antoine Peuchmaurd
Les torontois ont le don de transformer les petits plaisirs de la vie en bonne raison de payer 12piastre.
Rock on les filles.

je reviens du salon nouveau genre, ça mit un peu de temps à lever côté ambiance, beaucoup de matantes au début et je craignais de me retrouver au salon des métiers d’art, (les premiers curieux m’ont tous reproché les petis caractères difficiles à lires pour leur début de presbytie) mais finalement un flot de jeunes gens appétissants sont débarqués en converse et manteaux de cuir et se sont littéralement jetés sur votre cher Joseph, avides de connaître l’essence et la définition du mot FAS… Chaleureux échanges avec les dépressionnistes, admiration sans borne du public pour le mjack et ses sérigraphies… les flyers ont volés comme des petits pains !
Hier matin, je rentre travailler avec une forte envie de ne pas travailler. Heureux hasard, mon bosse, compte tenu d’une température assez douteuse, nous offre, à moi et mon partenaire, de me pas bosser. Bingo, on s’en va flamber chez Renaud Bray à place. Ensuite, on se rend au centre-ville faire des emplettes des fêtes. Mon ami veut que j’aille avec lui chez Birks, choisir un bijou hors de prix pour sa copine. On s’achète deux grands café qu’on bourre allègrement de Baileys et on rentre dans le dit magasin. La dame qui nous sert, une anglaise un peu pincée mais très sympathique, nous offre un service hors pair, même si on est ammanché comme la chienne à Jacques. Mon ami arrête finalement son choix sur une paire de boucles d’oreilles dont le prix dépasse mon salaire mensuel et demande à la dame: Si jamais ma copine n’aime pas, on peut venir les échanger? Je ne veux pas qu’elle reste pognée avec. Et la dame de répondre: Non, pas de problème, ici, on ne vous laisse pas vous pogner….
Avant-hier matin j’ai croisé M* en me rendant au travail. Il m’a avoué, désinvolte, avoir passé la nuit à faire des combats sanglants sur le mont Belllevue. Je ne me rappelle plus s’il s’agissait d’humains ou de zombies. On a ensuite parlé de ses angoisses professionnelles.
[youtube]http://ca.youtube.com/watch?v=_ohFLSFGr5I[/youtube]
Une photo d’activistes du FAS en action volée sur le site du dernier kilomètre.
«Bonjour, nous sommes le Front d’action stupide.
Nous militons pour un quotidien délirant.
Et nous vaincrons. »
- Un activiste du FAS
Cette fille préfère les rats à Jesus:
Théo-limites : Chroniques de théologie contextuelles post-punk
Personnellement, je préfère finir quatrième en luge aux jeux du commonwealth que de me faire dire : je t’aime en deuxième, tout juste derrière tous les rats de la terre. Mais je crois savoir Jésus assez magnanime…
Damned, la catégorie qui traitait de bestioles et autres vermines a disparu. C’est le N.-A. et le N.-D. qui la remplace, c’est ca ?
Combien d’activistes du F.A.S. ont envie de promouvoir nos annales à l’occasion d’une émission de radio… Je crois que c’est CISM… je pense que ca se passerait début janvier. L’animatrice en question voudrait avoir 3 ou 4 activistes dans le studio en même temps. C’est dire.
À nous la gloire et le caviar de Zepoulpe. Vraiment, c’est de plus en plus clair qu’on va vaincre, à court ou à moyen terme.
There is a difference between phone sex and phony sex. Why ?
-Fantasio
« Moi, Julius Puech, qui suis-je à présent?
Eh bien, je suis la tête pensante et le nerf de la guerre de la F.A.S. Je règne, dérisoire et dangeureux, sur dix individus de sexe mâle, pareillement haineux et suicidaires. Animés par la grande intelligence de ceux qui roulent au bord du ravin gris de la mort éventuelle, nous philosophons avec la gloire éphémère, en accord avec le monde qui nous entoure.
Là, dans le magirus, comme la route est droite, silencieux dans ma tête, je vais essayer de me souvenir. Ces Hégéleux de merde, ils souffriront encore plus si j’essaie de me rappeler pourquoi nous leur cavalons après, sur cette poussière, sur ce goudron mou qui longe les champs d’épandage.
autour de nous, flotte l’odeur de la péniciline et du straphylocoque en rut. »
Jean-Bernard Pouy dans Spinoza encule Hegel
Pris dans le dilemme de s’immiscer dans tous les interstices ou de rester à montréal parce qu’il y a trop de neige partout, nous étions anxieux de ne pas remplir correctement notre mission. Heureusement, Le FAS n’est pas totalement métropocentriste et projette ses rhizomes jusque dans la capitale nationale provinciale. Joseph sera notre représentant au Salon nouveau genre. Espérons qu’il saura recruter de nombreux sympathisants à la lutte pour un quotidien délirant.
LE SALON NOUVEAU GENRE
zine + art + mode + musique + métiers d’art
Le Jeudi 18 décembre 2008 de 17h à 21h
À l’édifice de La Fabrique
295, boulevard Charest Est
Québec, le 11 décembre 2008 – Juste à temps pour le magasinage de Noël, nous sommes contents de vous convier à la première édition du SALON NOUVEAU GENRE qui regroupe une vingtaine de créateurs locaux dans un même espace convivial. Ces créateurs oeuvrent dans les domaines du zine, des arts, de la mode, de la musique et des métiers d’art.
Vous pourrez y découvrir et vous procurer des oeuvres et des produits uniques ou à tout le moins exceptionnels.
Le BOB + La Conspiration Dépressionniste + Diane Charuest
+ Ève Lavoie + Le Front d’action stupide+ Iza Straightshooter
+ Jackalop + Katapulpe + Linéaire Arbre-Évolution
+ Marianne Chevalier + materia prima + Mathieu Plasse
+ OBV + P572 + Perruche et perruque + Le Philistin
+ PisHier + Les Raboussiers + Tricotin R&D + Zazai
+ plusieurs autres
http://www.lephilistin.net
http://lesraboussiers.blogspot.com
J’ai mal à la tête. Je mets la touche finale aux couverture et aux trois tomes des Annales. Hier avec Christophe nous avons fait une performance d’Organ Mood à un party de bureau organisé par La Centrale, Dare-Dare, Articule et Skol. Notre salaire: alcool gratuit. Comme je disais, j’ai mal à la tête.
Cet évènement, c’était pour moi comme un eldorado, quoi. Plein de monde à qui montrer ce que je fais, dans un contexte totalement informel. Plein de gens bizarre et intéressants. Plein de musique bizarre. Plein de filles en Art. Alors, j’ai fait des public relations. Comme on devait ramener notre matériel au local à la fin de la soirée, il n’y avait aucune chance que je profite de la situation pour finir la soirée avec une fille, alors j’ai plutôt fait des expériences de personnages.
J’ai appris que N* avait regardé des photos de moi sur facebook avec son amie J* et qu’elle me trouvait cute, mais un peu gay (si vous vous demandiez à quoi servent les services de réseaux sociaux). Selon lui, je devais m’essayer, c’était assuré que si je réussissais à briser sa carapace de glace je la faisais fondre. J’ai mis l’information en réserve, pour plus tard peut-être, parce qu’elle est quand même assez attirante, mais que j’ai bien l’impression que ce qui lui plaît de moi c’est mon attitude de drague constante, jamais consommée et extrèmement distante, que j’entretenais avec elle il y a quelques années, quand on se croisait toujours par hasard.
À travers une discussion avec elle que j’avais provoqué pour des raisons imprécises, j’ai appris que V* avait 32 ans, ayoye, j’aurais jamais cru, avec sa petite face ingénue et ses yeux qui donnent l’impression de regarder en haut à gauche en souriant…
Calins de E*. Il s’en est fallu de peu pour que je laisse mes rétroprojecteurs à l’espace Jean Brillant, Christophe tout seul avec ses gros amplis, et que je m’en aille avec elle. Mais je me suis retenu et j’ai réussi à maîtriser ma dépendance affective aux prix d’efforts surhumains que je regrette presque. Quand je lui ai dit que j’en avais envie mais que je ne pouvais pas me permettre que ça arrive, elle m’a répondu: «Éloigne-toi de moi alors.» Elle joue dur.
J’ai aussi appris que A* avait un petit kick sur P*, qu’elle était vachement déçue d’apprendre que non, ça marcherait jamais parce qu’il aimait pas les filles avec des petites faces de gâteau, mais les mecs. Probablement les jeunes emo à calotte, j’avais l’impression qu’il essayait de draguer W*, avec une approche vraiment détournée caractéristique des angoissés et des artsy. Ou ça c’est toutte passé dans ma tête?
Ah pis le gars que j’ai croisé à Graff, qui m’a dit qu’il me connaissait de quelque part. Je me demandais vraiment d’où ça pouvait être. A*, la petite face de gâteau, m’a tout expliqué. Il m’avait vu dans ses rêves, et ç’a été à son tour d’être déçu. Tristesse. Incompréhension.
Donc j’ai mal à la tête et j’écoute une playlist trouvée sur P45, compil de punk français ultra pop super cute. Ça me rappelle le livre Les mouvements de mode expliquée aux parents, ouvrage à l’ironie subtile, fondateur dans le développement de mon humour autodestructiviste.
Un groupe d’activistes du FAS, dont les membres ont été choisis arbitrairement, s’est réuni dans le plus grand secret pour rédiger le manifeste du FAS suivant :
Manifeste du FAS :
Considérant que nous sommes victimes d’une stupidité insidieuse ;
Considérant que cette stupidité menace sérieusement de nous ennuyer ;
Considérant que cet ennui nous prive d’un quotidien délirant ;
Nous avons décidé de combattre le feu par le feu.
En réaction à cette stupidité insidieuse, le Front d’action stupide (FAS) oppose des actions d’une stupidité manifeste.
En aucun cas, les actions du FAS ne doivent aboutir à des résultats.
Dans certains cas, les actions du FAS seront commises dans la réalité.
Dans tous les cas, le FAS vaincra !
Bien que plusieurs affirment que le FAS a vu le jour dans la ville de S*, d’autres assurent qu’il s’agit d’une entité internationale, tentaculaire et transculturelle aux innombrables ramifications. Des cellules du FAS s’activent autant à Zhangzhou qu’à Malemort-Sur-Corrèze, Erevan ou Chibougamau. Ce manifeste n’est donc pas représentatif de ce qu’est le FAS, mais plutôt de certaines tendances au sein du FAS. À quand un recueil de manifestes ?
Vous savez déjà que je suis obsédée par les fautes d’orthographes, de conjugaison, de grammaire et les structures de phrases boiteuses. Vous ne savez peut-être pas pourtant que Mysterious et moi avons terminé il y a un peu plus d’une semaine la double révision des trois tomes des Annales du FAS, soit environ 450 pages non sans douleur ni émotion. C’est peut-être pas parfait parfait mais ça suffit comme ça.
Une des choses les plus amusantes lorsqu’on se lance dans la correction d’un tel ouvrage est de découvrir les tics d’écriture des auteurs : il va sans dire que l’intrication d’incises et de parenthèses sont propres à Al Hakim ; que l’utilisation de l’astérisque, sans être exclusive à Mjack, réfère automatiquement à son style ; que Rhaa aime écrire les mots anglais avec un orthographe francisé ; que Robodrigue aime inventer des néologismes pour décrire son monde futuriste et qu’Amygdale utilise sans cesse des mots allemands. Mais il y a une chose que je n’aurais jamais remarquée sans me taper la lecture d’autant d’articles les uns à la suite des autres : c’est l’étonnante propension de Zepoulpe à utiliser la locution « à la manière de … ».
À un certain point, je suis devenue tellement stupéfaite devant les trésors d’imagination qu’il a dû déployer pour dénicher de telles comparaisons que je n’ai pas pu m’empêcher de les prendre en note. Hors contexte, certaines d’entre elles me semblaient si incongrues qu’elles m’ont inspiré un petit jeu.
J’ai donc décidé de vous mettre au défi d’improviser un article, à la manière de Zepoulpe, en utilisant l’une ou l’autre, ou plusieurs de ses perles :
« … à la manière mandarine… »
« … à la manière d’un truisme… »
« … à la manière de canards obéissants… »
« … à la manière d’un ouragan sur les côtes de l’Alabama… »
« … à la manière d’un quintette de tubas débutant dans le répertoire classique… »
« … à la manière de contractions masculines qui provoquent force grimaces et rictus embarrassés… »
« … à la manière d’un horrible choeur grec (ayant mangé de la tzatziki jaunâtre)… »
et le dernier, et non pas le moindre :
« … à la manière de ces protoplasmes qui ne se nourrissent pas, mais qui absorbent littéralement l’objet de leur convoitise… »
J’ai découvert aujourd’hui en aiguisant mon crayon – comme je suis une artiste, je n’ai jamais d’aiguisoir donc je fais toujours ça à l’ex-acto – à quel point les clichés ont la vie dure. Voyez-vous, l’image que l’on se fait généralement d’un crayon à mine bien aiguisé montre bien les petites vaguelettes créées par le couteau lorsqu’il tranche la fine couche de vernis pour découvrir le bois du crayon. Or, vous remarquerez que l’aiguisoir ne laisse jamais de telles traces et que son mouvement rotatif laisse cette ligne toujours parfaitement nette. Pourquoi donc continue-t-on de représenter les crayons de la sorte, avec un petit zig-zag séparant le bois du vernis, alors que plus personne n’aiguise encore son crayon au couteau? Alors que plus personne, à bien y penser, n’utilise encore de crayon? Le cliché du crayon à mine serait-il antérieur à l’invention de l’aiguisoir ou la persistance du cliché laisserait plutôt sous-entendre que le crayon de l’artiste serait plus intéressant que celui, disons, du comptable?
J’ai découvert cet article dans les brouillons, où je l’avais abandonné il y a plusieurs semaines lorsque j’ai réalisé que les petites vagues dans le stéréotype du crayon à mine bien aiguisé provenaient non pas de traces d’ex-acto, mais de la forme octogonale qui sert à empêcher les crayons de rouler. Moi qui croyais enfin avoir eu une réflexion géniale. C’est pas grave, j’ai décidé de le publier pareil, avec en prime les deux titres sans article : « Brassens et les anarchistes » et « Genèse + FAS = nazi », que j’avais aussi enregistré dans les brouillons, je ne me souviens plus quand ni pourquoi.
Voilà. J’en appelle aux autres auteurs à faire preuve de solidarité et à dévoiler sans honte leurs trésors cachés.
Je ne fus anarchiste que le temps d’un spasme.
- Julia Kristeva
La nuit suivant Expozine, j’ai rêvé que l’événement avait eu lieu dans une école secondaire. J’ouvrais les portes de l’établissement à grands coups d’épaules et je jetais par terre les publications disposées sur les tables par les exposants, avant de m’enfuir à toute allure, dévalant les escaliers, poursuivi par des colosses. Pourra-t-on, un jour apprivoiser l’inapprivoisable ?
Dans la « vraie » vie, Expozine s’est très bien passé. Robodrigue avait enfilé sa tenue d’androdrigue et moi celle du gardien des clefs du Continent de plastique. Poufiasse s’est avéré être un propagandiste hors pair. Nous avons distribué des centaines de tracts annonçant la sortie de nos trois livres et vendu (à perte) des dizaines de fascicules (au moins deux sont maintenant épuisés). Les jolies affiches d’activistes en action sérigraphiées par Mjack ont fait fureur. Rarement notre propagande aura été aussi efficace. Nous avons dû répéter des centaines de fois : « Bonjour, nous sommes le Front d’action stupide, nous militons pour un quotidien délirant. », ce qui nous valut force « hé, hé, hé… », quelques jolis sourires et de nombreux commentaires sceptiques. Je revois notre Amygdale chérie tenter d’expliquer ce qu’est le FAS (vous savez vraiment c’est quoi, vous?) à une demoiselle au regard abyssal, qui lui souriait, sans doute fascinée, mais un brin perplexe. Nous avons aussi évité de justesse une discussion horriblement tortueuse avec un anarchiste qui remettait en cause la moralité de notre spécial « André Serouille »
« Je ne fus anarchiste que le temps d’un sanglot. »
- Thrank Spiroberg
À noter que la plupart de nos fascicules seront bientôt disponibles sur le site du Pressier où on peut trouver de nombreuses autres publications proposées par différents exposants d’Expozine.
Malgré la sortie des trois livres, moi et Mjack prévoyons éditer de nouveaux fascicules. Les tractations sont d’ailleurs en cours pour que le spécial « hé, hé, hé… » et le spécial « probable, mais dégage » soient distribués par Distroboto.
Comme disait l’autre : nous vaincrons !