janvier 2009

Je me suis réveillé la tête dans le cul. Affamé, j’ai mangé du cassoulet pour le p’tit dej en écoutant en boucle l’incroyable album «sur le bord de l’absolument fantastique» du Monde dans le feu. J’ai plus d’emploi depuis hier, mais, ce matin, la secrétaire de mon ancienne job m’a appelé parce qu’elle parvenait pas à utiliser Outlook. J’étais vraiment un employé indispensable. J’ai mal au coeur. Je m’invagine. Ai-je la tête dans le cul ou le cul dans la tête? Ravale ta saison. J’vas t’la crache dans face.

SPIRIT DUPLICATA, 29/01/2009 [Bidons et autres contenants]

Du dégoût. Et de la merde.  C’est tout de suite ce qu’on éprouve quand on entre dans la magnifique, non pas à cause du « Cloaxa », système digestif reproduit, mais bien par l’esprit uqamien de l’institution. Tous ces pédants  satisfaits, s’entre-citant , se complaisant d’écrire sous la direction directionnel d’un confrère travaillant dans la confrèrie. Mare de voir le grégaire uqamien, se mettre  lui-même dans les références de son propre plan de cours, demander des résumés de texte d’un extrait de son mémoire, s’amusant à référer un autre condisciple tout aussi pourri, la bouche en cul de poule de flagornerie intelligente. Tous, ils s’engrossent entre eux,  chacun se délectant de la merde de l’autre avec un espèce de sourire niais et glorificateur à la fois. Mon constat: L’UQAM, lupanar autarcique.

Zepoulpe, 27/01/2009 [Intoxicated Press, Manger pour «vivre»]

(Toujours en lock-out, la salle des nouvelles d’Intoxicated Press est maintenue en vie par les cadres appelés en renfort pour tenir le public informé sur les vraies affaires. C’est donc avec un plaisir non feint qu’Intoxicated Press présente le deuxième d’une série de plusieurs articles, résultats d’une grande enquête sur le manger moderne.)

D’après Intoxicated Press,

Une collaboration spéciale et encadrée de Johnny Scab.

La plupart des spécialistes ne vous le diront pas mais le plus important dans le manger, c’est la passion. Tout est passionnant quand on parle de manger : le bruit que ça fait, le goût que ça goûte, la senteur que ça sent et les moules marinières… La passion, c’est ce qui fait se lever le cuisinier le lendemain d’une sérieuse soirée de boisson pour aller servir des crêpes aux cèpes aux bourgeois endimanchés; c’est cette même passion qui pousse cette vieille Italienne à sentir et à tâter TOUTES les tomates de l’étalage avant d’en choisir une seule pour son sandwich au thon; c’est cette passion qui met l’amoureux en taboire lorsque sa blonde arrive 1 heure et demie en retard alors qu’il a passé l’après-midi à cuisiner une merveille (merveille qui est maintenant molle et fort laide); c’est cette passion du culinaire qui pousse le facteur à crisser les 42 dernières lettres de sa run dans la même boîte aux lettres pour finir plus vite parce qu’il a un lunch fait à partir de bon menoum dans sa besace…

Par contre, pour plusieurs d’entre nous, le geste du manger est devenu une tâche, un travail, une job. Fini la passion. Pour ces malheureux, les quantités doivent être pesées, les portions évaluées, les glutamates éliminés, le sel contrôlé, le sucre régi, le beurre jeté, le gras scruté, les assiettes légères, la collation bannie, les gâteries oubliées, les hors-d’œuvres proscrits, les desserts éliminés, le tour de taille ceinturé, le pancréas réconforté et le goût de manger des cochonneries honni.

Parmi ceux qui doivent constamment être aux aguets contre le foie gras et ses délicieuses comparses, il y a ceux qui décident de se tourner vers le manger végétarien. Mais attention : contrairement à la croyance populaire, manger végétarien ne signifie pas nécessaire manger les feuilles des arbres ou brouter la pelouse du voisin. Il s’agit plutôt d’un mode de manger très sain qui élimine progressivement les protéines animales pour les remplacer par autres choses. L’art culinaire végétarien s’est en effet développé autour de 2 principes de base, pleins de bon sens : 1) une vache, soyons objectifs, est une chose répugnante et 2) le soya, c’est pas parce que c’est trangénique et que ça goûte rien pentoute que c’est pas bon pour la ligne.

À partir de ces principes – qui font figures d’axiomes de la conspiration végétarienne – la cuisine végétarienne s’est déployée en mille variétés : tofu au lentilles, lentilles au tofu, lentilles au tofu avec de la sauce soya, tofu grillé, bol d’eau chaude, salade d’algues, salades de branches d’arbre, riz au tofu avec de la sauce soya, curry au tofu, tofu au cari, grand verre de jus d’orange, pain doré sans steak haché, poutine à la sauce soya, sandwich au thon sans thon, etc. Comme on le constate, les possibilité sont pratiquement illimitées.

En plus, le végétarien est toujours quelqu’un qui parvient à rompre la monotonie dans le boire et le manger, car en plus de manger végétarien, le végétarien a souvent tendance à parler végétarien. En effet, il ne suffit souvent pas au végétarien de savourer son bol de pousses de bambou aux bananes, il cherche bien souvent à débattre sur le terrain des idées. Qui n’a jamais rencontré un végétarien qui lui posait l’une de ces questions : est-ce que tu sais ce qu’ils mettent dans ce poulet-là? Les hormones, est-ce que tu sais que c’est pas bon? T’as pas honte de manger du chat?

À cela, bien sûr, il est toujours possible de répondre « Probable, mais dégage », mais quand on y pense, c’est tout de même divertissant de se faire rabrouer par un être moralement supérieur. On se sent privilégié. On pense qu’on a en quelque sorte mérité son attention. On se pose des questions : et si la noblesse de son cœur était chose contagieuse? Et si cet être maigre et vert, sans énergie et sans aucun courage quand vient le temps d’abattre quelque chose de vivant, était ma porte de salut? Mon passeport pour le paradis? Et si d’écouter les balivernes bio de cet être faible et sans grâce me permettait, à moi, de toucher de la sainteté?

Un dossier à suivre…

Dans le prochain article de la série, Intoxicated Press s’intéresse à la littérature culinaire. On verra entre autres choses pourquoi se mettre tout nu, ça aide vraiment à faire un souper de famille réussi.

Zepoulpe, 27/01/2009 [Nouvelles]

Les 3 premiers tomes des Annales du FAS sont maintenant disponibles en librairies, partout au Québec ! Si vous ne les trouvez pas près de chez vous, n’hésitez pas à demander à votre libraire favori de les commander pour vous ou achetez-les en ligne en cliquant ici !

Vous êtes aussi tous et toutes cordialement invité(e)s au lancement des livres qui aura lieu le jeudi 26 mars 2009 à 17h au Divan Orange (4234 boul. Saint-Laurent, Montréal. 514-840-9090). Lors de cet événement spécial, vous pourrez rencontrer les auteurs du FAS, danser au son de la musique de Dj Royal Air Togo, profiter de consommations gratuites de même que vous procurer les livres à un prix ridicule (1 tome = 15$, 2 tomes = 25$, 3 tomes = 30$) !

En espérant vous y voir  !

Hier, je discutais dans un bar avec Ben dit « le prolixe ». Ce qui est sympa avec Ben, c’est que, malgré son jeune âge, il a compris qu’il en mettait parfois un peu trop, mais ce qui est vraiment beau, c’est que c’est plus fort que lui. Que voulez-vous, Ben, c’est Ben. Bon, anyway, j’avais perdu la trace de la belle que je pistais alors je me suis dit que je pouvais bien écouter ce qu’il avait à me raconter, d’autant plus que le sujet c’était la mythologie grecque. En aparté, si jamais vous vous retrouvez à court de conversation en présence de ma personne, startez moi sur la mythologie. Je suis un fan. Ce qui est bien avec les mythes, c’est que toute est dans toute. Pis ça fait aussi de belles histoires à raconter aux enfants (ou aux adultes, vous voyez ce que je veux dire?)

La pomme de discorde

Vous avez tous entendu parler de la guerre de Troie, mais en connaissez-vous les causes? On dit qu’Éris, déesse de la discorde (évidemment, c’est une femme), envoya une pomme d’or aux dieux pour se venger, ses divins collègues ayant négligé de l’inviter à un mariage olympien. Sur le fruit maudit était simplement inscrit : « à la plus belle ». Vous imaginez un peu le scénario : Héra, Athéna et Aphrodite sortant de leur réserve divine et se querellant afin de s’approprier le précieux trésor. Comme rien n’y fait, elles se présentent (ça c’est Ben qui l’a inventé, je crois) devant nul autre que Zeus pour régler le litige, car, en plus de présider l’assemblée des dieux, il a la réputation d’être le plus sage des êtres. Zeus de répondre alors sagement : « No way! Allez régler vos affaires ailleurs. » Déboutées, elles se tournent alors vers un mortel, Pâris/Alexandre, réputé connaisseur en matière du beau sexe. Malgré leur divine beauté, chacune des filles décide par-devers elle de mettre toutes les chances de  son bord. Alors qu’elles paradent à tour de rôle devant leur juge, elles en profitent pour susurrer furtivement des mots doux à l’oreille de notre naif de service. Héra s’approche de sa victime et lui tient à peu près ce langage : « Si tu me choisis, je ferais de toi le maître de l’Asie. » Passe ensuite Athéna qui offre plutôt de lui faire don de la sagesse divine en plus d’en faire le plus grand guerrier. Aphrodite s’avance à son tour pour lui couler ces paroles mielleuses dans l’oreille : « Choisis-moi et je mettrais la plus belle femme dans ton lit. » Pâris/Alexandre choisit finalement de donner la pomme damnée à Aphrodite et « the rest is history » comme on dit au sud de chez nous.

Les trois prétendants d’Aphrodite

Certains d’entre vous la connaissaient sans doute déjà cette fameuse histoire. Par contre, la mythologie semble silencieuse sur le cas du mariage d’Aphrodite et d’Héphaistos (bon je connais pas tout non plus). Ça m’a toujours un peu travaillé parce que, voyez-vous, en plus d’être difforme, c’est seulement le dieu des mines, des forges, du feu et des volcans (ce qui est à peu près l’équivalent du ministère des Pêches et des Ressources naturelles). Bref, c’est pas la gloire. C’est là qu’intervient le récit mythologique de Ben intitulé « les trois prétendants d’Aphrodite ».

Arrivée en âge de se marier, Aphrodite décide d’aller faire un tour à la taverne de Dyonisos pour se trouver un bon parti. Après tout, un paradis ne saurait être paradisiaque sans un débit de boisson digne de ce nom. Mais là, n’allez pas vous imaginer un endroit peu recommandable comme ceux que les fassiens et fassiennes ont l’habitude de fréquenter. Je crois plutôt qu’elle doit ressembler à un de ces clubs qu’on retrouve sur St-Laurent : vous savez ces bars où on voit des blondes platine sortir dehors en mini-jupe et talons aiguilles en pleine tempête de neige? Donc, à peine a-t-elle mis un pied dans le bar qu’elle est déjà abordée par Arès, dieu de la guerre. Arès est militaire, c’est donc un homme hardi : pas de niaisage avec lui parce qu’il sait ce qu’il veut et c’est avoir du fun. Après tout, il peut très bien y rester le lendemain au cours d’une bataille. Ça, ça fait que lorsqu’une occasion se présente, il la saisit immédiatement. Bon, vous êtes capables (j’en suis convaincu) d’imaginer un peu ce qui se dit entre ces deux-là. La déesse, jeune et inexpérimentée, fait bien sûr semblant d’être choquée parce qu’elle vient d’une bonne famille, mais au fond elle est émoustillée par l’impétuosité de son prétendant, et ce, même si ce n’est pas le plus sexy du bar. Il ne faudrait cependant pas sous-estimer Apollon, dieu du soleil et de la poésie (bon OK, c’est « théoriquement » son frère, mais passons) qui se terre dans un coin sombre. Lui, il a décidé de prendre tout son temps, après tout il chasse à l’arc. Alors pendant ce temps il pianote un peu, puis il joue de la lyre tout en feignant de ne pas être intéressé. En gros, il laisse faire Arès. Lorsque son rival s’absente pour vidanger le tonneau de bière d’ambroisie ingurgitée, il se pointe au bar et commande un verre à la fille. C’est là qu’il commence son attaque. Il lui glisse subtilement de petits mots divinement inspirés dans le creux de l’oreille alors que son haleine souffle doucement sur sa nuque. Au bout d’un moment, Aphrodite rit aux éclats et trouve que ce dernier, par sa grâce et son esprit dépasse de loin son rival qui lui apparaît dès lors par trop grossier. Les dés semblent être jetés. Alors qu’on en est rendu à conclure l’affaire, Héphaistos le « jobbeux», retardé par l’ouvrage et le gros doorman black (pourquoi d’ailleurs les doormans de bars chics sont pratiquement toujours noirs?) arrive tant bien que mal (il claudique) jusqu’au comptoir. Il est sale, couvert de haillons, il pue : tous s’esclaffent donc en voyant sa dégaine. Arrivé près d’Aphrodite, il lui déclare malgré tout sa flamme en bégayant. Et juste au moment où elle s’apprête à l’éconduire outrageusement, il sort de ses poches le plus beau des colliers de diamants (disons « l’Idée » du collier de diamants). Les pierres sont tellement pures qu’à chaque mouvement, le peu de lumière présente est réfléchie partout dans le bar comme une pluie d’étoiles filantes, et ce, jusque dans les yeux de la belle Aphrodite : « Diamonds are girl’s best friend. »  Enfin, tout ça ne change rien au fait qu’Aphrodite aura par la suite des tas d’aventures avec pas mal tous les dieux, y compris Arès. J’ai trouvé son histoire tellement édifiant que je suis reparti chez moi immédiatement après pour aller m’endormir seul… dans les bras de Morphée.

mjack, 25/01/2009 [Cool is Class War]

Ayoye  je travaille vraiment fort ces temps-ci  je dois faire un effort de mobilisation permanent pour conserver mon image d’artiste post-conceptuel street tout le monde veut que je fasse cent mille affaires pour eux  je sais pas où je vais trouver le temps pour te voir A* veut que müde Organ joue au lancement du FAS  ça marchera pas ensemble  Müde Organ c’est trop kraut rock trop salopp pour le FAS  c’est vrai que c’est moi qui ai conçu les deux esthétiques  mais il comprends pas que c’est pas parce que t’as un corps sans organe que tu peux pas prendre des trajectoires divergentes   sous l’épiderme les corpuscules de Kraus frayent comme des spermatozoïdes  A* me fait penser aux gueloues de l’uqam  tsé les filles en communication avec des mèches pis des chandails en minou qui marchent les bras croisés  elles ont tout le temps l’air d’être insultées  elles devraient fourrer des monteurs de ligne elles seraient moins frustrées

Rhaa, 25/01/2009 [Bidons et autres contenants]

admin, 23/01/2009 [Nouvelles]

Grand changement de structure sur le blogue des sympathisants du Front d’action stupide. Nous avons changé de serveur et maintenant notre adresse officielle est frontdactionstupide.net. fas.mjack.net restera, mais bon, la nouvelle adresse est mieux. Elle donne de la réalité à notre objectif. À première vue, tous les contenus semblent s’être importés correctement. La nouvelle fonction d’export nous évitera de perdre encore une fois tous les commentaires et les articles comme c’est arrivé jadis. Je corrigerai divers petits bugs durant la semaine. Aussi vous remarquerez que l’interface a changé. j’espère que vous vous adapterez facilement.

SPIRIT DUPLICATA, 22/01/2009 [Citations et aphorismes]

« La jeunesse tourbillonne dans une grasse soupe de sexe. Ô clitoris, je t’extrais de ton bas de soie. Ô clitoris, je fais ourler ton duvet de sensation avec la caresse d’une plume d’autruche de la nature du délire à carreaux. La jeunesse est en nous et nous sommes la jeunesse. Une touffe de poil crève l’oeil du voyeur en dépit de son lorgnon. Rions. Le con qui baye fait penser à une tranche de melon. Il n’y a pas de dessert plus succulent qu’entre les genoux d’une jolie fille. Vivent les pionniers qui plantent des poteaux de téléphone dans la brousse! »

Zepoulpe, 22/01/2009 [Nos amis requins]

Voilà, c’est fait.  Nous avons signé le contrat, tout est dit.  Le logo, l’image, l’idée enfin, tout est vendu, liquidé.  Notre concept appartient désormais entièrement aux Éditions Pygargues, et mon patron, M. Aishu, vient de me téléphoner pour me féliciter de la célérité avec laquelle j’ai mené l’affaire.  Il veut me voir à son bureau dès lundi matin.  Ça augure bien.  Pour la pub, j’ai choisi la seule stratégie qui m’inspire vraiment et que j’ai tirée de la Guerre des Gaules : choc et stupeur.  Des déferlentes de courriels, d’immenses affiches sur le bord des routes, notre nom écrit sur des Airbus A380.  Mon dieu que ce sera beau!

Avec cela, les tapettes n’ont qu’à bien se tenir!  Il y a pourtant une ombre au tableau, un petit doute de rien du tout qui s’est formé dans mon esprit.  J’y pensais comme ça et je me suis dit : « tiens, je me demande si je n’ai pas fait une petite erreur en laissant les contrats chez Amygdale ».  C’est qu’il est un peu instable.  En fait, c’est un looser.  Oh! Pardon : un « nihiliste ».  J’ai vu qu’il gardait une bouteille de Feuerzeugbenzin sur son pupitre.  Ça m’inquiète.  Foutu champagne.

Bah!  La machine est lancée maintenant.  Plus rien de pourra l’arrêter.  La semaine prochaine, nous serons dans les publisacs.

coco acto, 21/01/2009 [Actions stupides]

L’hiver s’éternise dans notre sinistre capitale. Le blizzard déferle. La lune grelottante noie de sa funeste clarté blafarde d’improbables rues désertes. Ma vitre est un jardin de givre…Ah! Mais où sont donc passé mes sentiers broussailleux dans la garrigue empierrée exaltant de parfums enivrants sous le riant soleil primesautier. La Cèze, déesse fluviale riant de l’eau qui la chatouille, ne s’écoule plus au pied des arbousiers. Tous les étangs gisent gelés; « Ah! mais  qu’as-tu? Tes chers cils s’amalgament de perles? »

Languide au salon, bercé par sa guitare, la sublime Anna-Marischka sur les genoux je lui fait la lecture:

“Douce enfant, connais-tu l’abbé Spallanzani et son étude sur les moeurs des crapauds?“

“Oh! Coco mon chéri“ fit-elle battant des mains.

“Une fois le crapaud mâle accouplé à la femelle, on peu en user envers lui comme on voudra: rien ne lui fera desserrer son étreinte. Qu’on le soulève en le saisissant par les reins, il continue d’embrasser sa lourde épouse. J’ai, pour éprouver la vigueur de l’embrassement, alourdi la femelle en lui fixant aux pattes et au cou des poids métalliques, et j’ai constaté qu’un mâle de 27 grammes pouvait encore porter une femelle de 105, à laquelle j’avais fixé deux poids de 100 grammes pour qu’il la laissât échapper.

On peut attacher une ficelle à l’une des pattes postérieures d’un mâle accouplé et le suspendre dans le vide: il ne cessera pas pour si peu d’étreindre sa femelle.

Taquiné, tourmenté, traversé de décharges électriques, lardé de coup d’aiguille sur les pattes, sur les flancs, sur le dos, sur la tête, blessé, lacéré, tailladé, il ne lâchera pas prise. Spallanzani, expérimentateur ingénieux et que servait son parfait mépris de la douleur animale, multiplia et diversifia les offenses, sans venir à bout de “l’ardeur opiniâtrement, constante du mâle“. “Ma barbarie, déclare-t-il, ne put l’arracher à ses amours…“   

Un crapaud opiniâtrement accouplé, que le physiologiste avait amputé d’une cuisse, n’abandonna sa femelle qu’au bout de treize heures, avec la vie. Un autre mâle, amputé des deux cuisses, “resta fidèle à sa place chérie“, encore qu’il perdit le sang à flots. Il féconda jusqu’au bout les oeufs qui avaient commencé de sortir trois heures après l’amputation.

Un crapaud aux deux cuisses tranchées s’accoupla quand même lorsqu’on lui donna une femelle; mais il ne put attendre la ponte, et mourut avant d’avoir rempli sa fonction. Il y a mieux, ou pis. Un mâle aux deux mains coupées ne s’accoupla pas moins, en enfonçant ses bras à vif dans les aisselles de sa crapaude. Ce manchot féconda tous les oeufs. Sur le mâle de la grenouille qui, pour la frénésie de l’étreinte, n »a rien à envier au mâle crapaud, Spallanzani enchérit encore sur lui-même.

Il décapita un mâle accouplé, et ce mâle sans tête, rivé à son poste, ne céda pas qu’il n’eût fécondé tous les oeufs. illustration naturelle du thème romantique: l’amour plus fort que la mort.

Tortionnaire jamais satisfait, Spallanzani usa de la brûlure. Avec la flamme d’une chandelle, il mit le feu au pied d’un mâle accouplé. Celui-ci ne lâcha la femelle que lorsque, toute la jambe étant rôtie, la cuisse commença de griller. Encore y revint-il après quelques instants. Et l’on eut beau lui griller l’autre jambe, il ne se découragea que lorsque la cuisse elle-même eut été consumée.

Spallanzani cite un cas d’énergie encore plus démonstratif chez un mâle. “ Je commençai de lui brûler la partie inférieure de la jambe, puis la jambe, ensuite un peu de la cuisse: il ne quitta pas sa femelle. Il supporta la même opération à l’autre jambe. Ensuite, je donnai le feu aux moignons, il résista pendant quelques moments, enfin il se sépara en criant fortement…“

“Oh! Coco viens par ici…“

 

Tiré de La vie des crapaud de Jean Rostand.

Vouloir des enfants, c’est vouloir se venger de son passé. C’est pour la femme faire don à sa propre mère de sa haine et pour l’homme rivaliser avec son père ou avec Dieu dans le fantasme imbécile d’une postérité. Et c’est pour chaque couple un remède au désespoir. Quand la vie a trompé nos attentes, quand on a renoncé à se créer soi-même, quand on present que tout est foutu, alors, plutôt que de se rendre à la morgue, on convie sa famille et ses proches dans un lieu plus sinistre encore, parce que plus kitch : la maternité.

Sur les basses besognes de l’humanité, le secret doit régner. Le nihilisme commence là où cesse la volonté de se tromper soi-même. Mais sans cette volonté, nous n’aurions ni l’ivresse ni l’art ni l’amour. Alons faisons « comme si »… et que la fête commence! De sa magnificience dépendent l’entendue de nos naufrages et l’éclat de notre lucidité. Et peut-être serons-nous assez forts un jour pour aimer nos minuits commes nous aimons l’aurore!

-Rolland Jaccard

Zepoulpe, 20/01/2009 [Actions stupides]

SPIRIT DUPLICATA, 20/01/2009 [Citations et aphorismes, Non classé]

Là où ça sent la merde, ça sent l’être. L’homme aurait très bien pu ne pas chier, ne pas ouvrir la poche annale. Mais il a choisi de chier, comme il aurait choisi de vivre, au lieu de consentir à vivre mort. C’est que pour ne pas faire caca, il aurait fallu consentir à ne pas être, mais il n’a pas pu se résoudre à perdre l’être, c’est à dire à mourir vivant. Il y a dans l’être, quelque chose de particulièrement tentant pour l’homme et ce quelque chose est justement le caca.

admin, 20/01/2009 [Activités culturelles cool]

mmmh rub my refresh button…

http://www.elsewhere.org/pomo/

Mysterious, 19/01/2009 [In Stupidatis Veritas, Théorie]

Le FAS n’est dirigé par aucun chef et ne reconnaît aucune autorité, mais ses membres sont unis autour d’une même cause : ils militent pour un quotidien délirant. Leurs textes ne font l’objet d’aucune censure avant d’être publiés sur leurs annales. Personne ne décide, au sein du FAS, ce qui est bien et ce qui est mal, aucun activiste du FAS n’a plus le droit qu’un autre de dicter les règles de conduite qui dirigent leurs actions : ce sont des mouvements souterrains, des pressions exercées par la collectivité du FAS, qui poussent le FAS comme globalité, peu à peu, vers une direction ou une autre. Si on peut voir certaines tendances au sein du FAS et délimiter, même, certaines phases dans son histoire, elles se sont toujours concrétisées suite à des pressions collectives : chaque activiste ou sympathisant du FAS est le pseudopode d’une même amibe.

Un comité éditorial, dont les membres ont été désignés arbitrairement, s’est réuni à de nombreuses reprises au cours des derniers mois pour éditer les trois tomes du FAS qui parasiteront bientôt (par centaines) les tablettes des grandes surfaces. Ses membres ont débattu pendant des heures pour parvenir à s’entendre sur les phrases qui allaient composer le nouveau manifeste qu’ils ont écrit pour l’occasion. Ils ont placé des textes en ligne et les ont retravaillés collectivement, chacun chez soi, à partir de leur ordinateur. Ils ont dû combattre l’orgueil et l’instinct individualiste de chacun, ce qui faisait que chaque membre du comité recherchait souvent, consciemment ou non, à tirer avantage de leur entreprise commune, mais, à terme, c’est collectivement qu’ils ont vaincu : le FAS est l’idéal collectiviste, il est une utopie, une chose informe, mais unifiée, une réalité idéale, l’unique et sa propriété, mais aussi, paradoxalement, un idéal fondamentalement vain. Le FAS est le Front d’action stupide. Ses activistes militent pour un quotidien délirant dans un monde où le quotidien est déjà franchement délirant. Peut-être ses activistes en ont-ils simplement une conscience particulièrement exacerbée et cherchent-ils à relever la sauce délirante du magma indifférencié du quotidien. Ils vaincront – ils le savent et le répètent – , mais peut-être est-ce en partie parce qu’ils ont déjà vaincu. Et si leur entreprise collectiviste parvient à survivre là où les grandes utopies collectivistes du vingtième siècle ont failli, c’est peut-être parce qu’elle ne repose sur aucun fondement véritable et réellement valable. Les activistes du FAS militent pour un quotidien délirant, mais ils ne savent pas vraiment pourquoi ils le font et ils le font peut-être faute de mieux.

Amygdale, Al Hakim, Mysterious, Zepoulpe, Mjack, Touche-Toi, Fardoche, Robodrigue, Bébé Astronaute, Poufiasse, Machiavel, Xanthippe, Rhâ, Sire d’Oneilles, Joseph, Coco Acto, Edalemram, Philou, Spirit Duplicata, Ensemble de chaises à jardin… qui sont-ils ? Ce sont des auteurs qui se cachent derrière des pseudonymes, mais des auteurs quand même et s’élève peu à peu du FAS un certain culte de la personnalité pour chacun de ces auteurs, un certain culte de personnalités fictives, mais un certain culte de personnalités quand même. Il me semble parfois que ces auteurs sont plus vrais dans la fiction du FAS que dans la « vraie » vie. Peut-être même sont-ils plus intéressants dans les mondes qu’ils y modèlent (fruits de leurs imaginations délirantes) que dans le quotidien (on y revient toujours) du vrai monde. Et ce qui pourrait venir briser l’idéal collectiviste du FAS, ce pourrait être la présence d’auteurs qui viennent écraser le FAS comme totalité, qui deviennent chacun plus que le FAS. Ce ne serait pas bien grave puisque le FAS ne sait pas ce qu’il est et qu’il resterait le FAS en devenant un ou quelques-uns plutôt que plusieurs. On pourrait alors ériger une sorte de panthéon des dieux du FAS. Je me demande parfois si nous ne devrions pas échanger nos pseudonymes. Je me verrais assez bien (quoiqu’à la longue…) dans la peau d’un Mjack, d’une Poufiasse ou d’un Amygdale (c’est peut-être parce qu’avec tout ce qu’on a déjà échangé, échanger nos peaux, ça serait bien peu de choses). Je pourrais même me sentir à l’aise derrière le masque gothique d’un Al Hakim (ce texte le prouve). Je ne sais pas pourquoi, mais je ne me sentirais un peu moins bien dans la peau d’un Spirit Duplicata (ça doit être parce que sa peau est encore trop neuve pour desquamer), mais ça viendra sans doute… Hum… Je m’étends. Théorie, théorie, rien ne vaut la théorie. Ce qui est bien c’est que la théorie du FAS n’a pas besoin de convaincre grand monde puisque le FAS est le Front d’action stupide, sait sa cause vaine, mais a vaincu et vaincra. J’ai lu quelque part que l’abus de café augmentait les risques (les chances ?) d’hallucinations. Je crois que je vais aller me faire un autre espresso. Ma blonde (même les activistes du FAS peuvent connaître l’amour) vient d’entrer dans mon bureau et me sussure, un brin mégalomane, au creux de l’oreille :
- Le monde est trop petit pour moi.
- Probable, mais dégage, que je lui réponds : j’écris un article du FAS.

J’ai dans la tête un Mysterious. Il frappe contre ma boîte crânienne – toc ! toc ! –, tout juste sur l’os pariétal gauche, puis se retourne et enfonce son doigt dans ma matière grise pour y écrire : « Le FAS est ta seule patrie, ta seule maison, tu es né du FAS et y reviendras toujours. » FAS vaincra !

SPIRIT DUPLICATA, 19/01/2009 [Citations et aphorismes]

UN étrange orgueil nous pousse non seulement à posséder l’autre, mais à forcer son secret, non seulement à lui être cher, mais à lui être fatal. Volupté de l’éminence grise: l’art de faire disparaître l’autre. Cela exige tout un cérémonial. D’abord suivre des gens au hasard, dans la rue, une heure, deux heures, des séquences brèves, inorganisées- l’idée que la vie des gens est un parcours aléatoire, qui n’a pas de sens, qui ne va nulle part, et qui pour cette raison même est fascinant. Le réseau de l’autre est utilisé comme façon de vous absenter de vous-même. Vous n’existez que dans sa trace, à son insu, en fait, vous suivez votre propre trace, presque à votre insu. Ce n’est donc pas pour découvrir quelque chose de  l’autre, ni où il va, ce n’est pas non plus « la dérive » en quête de parcours aléatoire: tout cela, qui correspond à diverses idéologies contemporaines, n’est pas particulièrement séduisant. Alors que cette entreprise, elle, relève tout entière de la séduction. Vous vous séduisez de n’être plus que le miroir de l’autre qui ne le sait pas. Vous vous séduisez d’être le destin de l’autre, le double de son parcours qui, pour lui, a un sens, mais qui, redoublé, n’en a plus. C’est comme si quelqu’un, derrière lui, savait qu’il n’allait nulle part.

- Washington DC, 12 May, 2008

2.

« In terms of the economy, look, I inherited a recession, I am ending on a recession. »

—Washington, D.C., Jan. 12, 2009

Click here to see video of Bush’s comments. The Bushism is at 13:48.

kif-kif

3.

« Our enemies are innovative and resourceful, and so are we. They never stop thinking about new ways to harm our country and our people, and neither do we. »

—Washington, D.C., Aug. 5, 2004

un classique.

4.

« I know the human being and fish can coexist peacefully. »

Saginaw, Michigan, 29 Septembre 2000.

SPIRIT DUPLICATA, 17/01/2009 [Citations et aphorismes]

Pour tenir l’esprit en éveil, il n’y a pas que le café, la maladie, l’insomnie ou l’obsession de la mort; la misère y contribue en égale mesure, égale sinon plus efficacement: la terreur du lendemain tout comme celle de l’éternité, les ennuis d’argent de même que les frayeurs métaphysiques, excluent le repos et l’abandon. -Toutes nos humiliations viennent de ce que nous ne pouvons nous résoudre à mourir de faim. Cette lâcheté, nous la payons cher. Vivre en fonction des hommes, sans vocation de mendiant! S’abaisser devant ces ouistitis vêtus, chanceux infatués! être à la merci de ces caricatures indignes du mépris! C’est la honte de solliciter quoi que ce soit qui excite l’envie d’anéantir cette planète, avec ses hiérarchies et les dégradations qu’elle comporte. LA SOCIÉTÉ n’est pas UN MAL, elle est un DÉSASTRE: quel stupide miracle qu’on puisse y vivre! Lorsqu’on la contemple, entre la rage et l’indifférence, il devient inexpliquable que personne n’ait pu en démolir l’édifice, qu’il n’y ait pas eu jusqu’à présent des esprits de bien, désespérés et décents, pour la raser et en effacer la trace.

Mysterious, 16/01/2009 [Activités culturelles cool, Julia Kristeva]

Le 20 janvier prochain, Philippe Sollers répondra aux questions des internautes lors d’un «chat» sur Le Monde.fr. N’est-ce point là l’occasion rêvée de demander à l’Ogre de Vincennes si Julia Kristeva est vraiment pliée à l’intérieur d’elle-même et si c’est à elle qu’elle se trouve confrontée lorsqu’elle s’invagine dans un mouvement autoréflexif ou plutôt à elle-même elle? Philippe Sollers nous dévoilera-t-il enfin les aspects les plus secrets de la vie sauvage et mystique de notre intellectuelle bulgare préférée?

- Déclinant l’offre des journalistes au Sommet des Amériques, Québec, 21 avril 2001.

Amygdale, 15/01/2009 [Mourir au Canada]

Y fait frette hein? Ça donne envie de rester sur le bord du foyer pis de raconter des histoires. Là, assisez-vous ben comme faut, m’en va vous conter une comme dans l’temps. C’est mon grand-père du bord de ma mère qui me l’a contée, un bon soir de Noël. Lui, qui s’appelait Noël, parce qu’il était né à Noël (et allait mourir un Noël), avec son pedigree, il nous évitait tout triturage de méninges: c’est invariablement lui qui faisait le Père Noël. Ça fait qu’y m’avait fait m’asseoir sur ses genoux, pis avec sa grosse voix de vieux caribou, y m’avait demandé si j’avais été sage, cette année-là. Moi, pas fou, j’avais dit oui, comme d’habitude, parce que dans le nuage de six ou sept points de réponses aléatoires à cette question, c’était celle qui était le plus régulièrement associée à une récompense. « Attention », qu’y m’avait dit. Pis là, y faisait grouiller son moignon en imitant Donald Duck « tu pourrais t’eurtrouver amanché comme moé! » Le père Noël, y lui manquait un bras, on savait pas pourquoi, nous autres, les jeunes, rapport que nos parents voulaient pas nous en parler.

« Commence pas à faire peur aux enfants, eul’père! » avait dit ma tante Monique, en passant. Mais le père voulait rien savoir : « c’est pour leu mette du plomb dans tête, à c’t'engeance-là, que je leu raconte mes histoêres. »

« C’était une fois qu’on bûchait dans les environs de Alma, ça fait ah… ton père était même pas né! » avait-il commencé. « Les moulins, dans ce temps-là, roulaient jour et nuit; du papier, on en faisait, cré-moé, y’en avait pour les fins pis les fous! Mais pour faire c’te papier-là comprends-tu, y fallait bûcher. Y fallait bûcher à longueur d’année. On vivait chichement, sur une terre. L’hiver, un petit pécule de surplus, c’était bienvenue, tandis que la femme restait à maison avec les enfants. En tout cas… sur papier! Ça fait que cette année-là, j’avais mis ma crémone, mes mitaines, pis j’étais parti bûcher. »

« Aussitôt que le train s’arrêtait à Alma, il fallait rejoindre le forman, qui nous attendait avec la chenille. On niaisais pas, on partait direct pour le camp. On roulait dans des petits chemins d’hiver, pas trop entretenus, pendant deux ou trois heures. Puis, on arrivait finalement au camp, tard le soir, et le forman nous laissait choisir, parmi cinq ou six cabanes, celle où on voulait s’installer. C’était pas le Hilton que c’té cabanes-là! On vivait six par chalet, pis le soir, m’a te dire un affaire, ça sentait l’habitant dans la place. Mais les gars étaient par r’gardants, y étaient là pour travailler, des grosses journées de dix, des fois douze heures, ça fait que le soir, tu rentrais pis tu cantais assez vite. Combien de fois j’ai vu Herménégilde – mon partner – endormi sur le sofa, le matin, avec sa pipe dans’ main! »

« Remarque, on avait pas toujours été chum, moé pis lui. Méné – comme on l’appelait -, c’était toute une armoire à glace. Il était deux fois gros comme moé, je te mens pas. Il en imposait, pis y le savait. Dans ce temps-là, les hommes forts étaient traités comme des princes, ça fait qu’y étaient portés à se croire tout permis. La première année que je travaillais su c’te camps-là, je connaissais personne, ça fait que j’avais déposé mon bardas su mon grabat sans mot dire, pis je m’étais assis dans la petite pièce commune pour fumer tranquillement pis lire la gâzette. Personne parlait. C’est là que le gros Méné était rentré, en tapant su’l mur pour escouer ses grosses bottes. Y s’était approché de moé, pis y m’avait r’gardé d’un air à me demander qu’est-ce que je faisais là. J’étais sur sa chaise, ou du moins, la place où il avait l’habitude de poser son gros derrière plein de soupe. « Ôte-toé de d’là! » qu’y m’avait dit, sans même me demander mon nom.
- Comment ça?
- T’é assis su ma chaise.
Je le r’gardais. Y touchait quasiment au plafond d’la cabane.
- Ôte-toé, ou bedon, c’est moé qui va t’ôter!
J’ai pas dit un mot. Je l’air r’gardé direct din yeux une bonne escousse, pis quand j’ai compris qu’y allait pas me sacrer patience, je me suis à peine levé, juste assez pour y ramasser le plastron de sa salopette. J’ai tiré rienqu’un coup, ben sec, pis ses brettelles ont sauté. Le gros Méné s’est ramassé en combines devant toute la maisonnée. Alors, tu comprends ben, la pudeur, dans ce temps-là… Méné était parti se cacher dans son coin, tout honteux. Nous autres, on riait comme des bons. »

« À partir de là, c’était clair qu’y ferait plus son frais avec moé, mais je voyais qu’y cherchait à me faire un mauvais coup. C’était pas une lumière, mais ça prenait pas grand-chose, sur ses camps-là, pour se retrouver dans l’trouble. Sans trop me méfier, je continuais de faire mes affaires. Un bon jour, que je bûchais à la hache, le gros Méné travaillait dans les environs avec un autre gars, avec une grande scie passe-partout. Il travaillait pour deux, ce gros boeuf-là! Son partner se contentait de tenir l’autre bout de la scie, juste pour dire qu’à restait pas coincée dans l’arbre. À un moment donné, j’ai entendu un gros craquement, puis, après un silence, ça s’est mis à crier à tue-tête. Quelqu’un demandait de l’aide. Je suis tout de suite parti voir ce qui se passait. Quand je suis arrivé sur place, j’ai vu Méné étendu à terre. Il y avait du sang partout sur la neige autour de lui. Une grosse branche sèche s’était détachée de l’arbre et lui était tombée direct sur la tête. Le gros Méné ne grouillait pas une cenne. Son partner courait en tout sens en jurant comme un cheminot, mais il n’aboutissait à rien. Le sang continuait de couler. Il fallait ben faire quequ’chose, ça fait que j’ai décidé de prendre le gros Herménégilde sur mes épaules et de le traîner jusqu’aux baraquements. »

« J’ai marché comme ça deux bons miles, dans deux pieds de neige, avec ce gros ours-là su mon dos. Quand je suis arrivé au camp, ils m’attendaient avec un attelage de chevaux. Le partner s’était déniaisé pis les avait averti de faire venir l’infirmière. Ils ont mis le gros dans le traîneau, puis ils sont parti vers le camp, où ils ont pu le transférer dans la chenille, qui partait direct pour l’hôpital. »

« Le gros Méné était revenu une semaine et demie plus tard. Il m’avait rien dit, rapport à ce qui s’était passé, mais en partant pour bûcher, y m’avait demandé si je travaillais tout seul, parce que lui, son partner était malade. Alors, tu comprends bien… On était payé à l’arbre. Bûcher à la hache, c’était deux fois plus long. Avec le gros Méné, je ferais au moins trois fois plus de coupe, et on pourrait couper des plus gros arbres. Pis quand tu bûchais des plus gros arbres, le forman t’avais dans ses faveurs. »

« Ça fait que je me suis mis chum avec Méné pis le forman, Roland, qui venait du coin. Une fois de temps en temps, y nous invitait boire un petit verre de rhum, nous autres pis les autres gros bûcheurs, dans sa cabane. Pis là… »

- Pis là quoi?
- Attends minute… je m’en rappelle plus.
- Quoi? Mais ton bras, c’est ousse que tu l’as perdu?
- Je… m’en souviens plus.
- Ça a pas rapport ton histoire!

… à suivre?

Robodrigue, 15/01/2009 [In Stupidatis Veritas]

L’objectif, c’est écrire une annonce de type « homme cherche femme » sur Craig’s list à laquelle nul ne répondra jamais :

Essai # 1 : « Elderly, accident-prone, severely depressed alcoholic coal miner, interested in british food and scandinavian folk-dancing seeks wealthy attractive sexually starved well-built woman in her late teens. Must be non-smoker. »

Essai # 2 : « Gaucher de naissance aimant profondément les enfants et travaillant comme commis aux cacas dans un pet-shop cherche jeune épouse aux cheveux d’or et aux dents blanches pour l’aider à garder sa roulotte propre. »

Mysterious est muet comme une carpe ces derniers jours; il est lost in redaction, ma parole ?! «Inspiration, aspirations, inspiration, disparition : c’est la respiration du poète.» disparition Fasienne, pas une disparition comme être mort là, ni comme être en manque d’inspiration là, non le trop plein d’inspiration qui renvoit à la disparition Fasienne… Comme le Fas ressent chaque fois qu’un de ses enfants s’éloigne. Rien qu’un peu.

Poufiasse, 14/01/2009 [Citations et aphorismes, Nos amis requins]

« So long as I’m the president, my measure of success is victory — and success. »

on Iraq, Washington, D.C., April 17, 2008

admin, 14/01/2009 [Citations et aphorismes]

Comme le dirait Denise Bombardier, Notre culture est vulgaire et déliquescente.

« This « risqué » blues was recorded in 1939 in Chicago. It can be found on the CD « Raunchy Business: Hot Nuts & Lollypops » in the Columbia Roots ‘n’ Blues series. »

HE’S JUST MY SIZE (Lillie May Kirkman/Curry)

I met a man last night, people he was just my size (x 2)
I taken him home with me, to bake my cakes and pies

He’s a kitchen mechanic, and he makes my biscuits rise (x 2)
He use the best bakin’ powder, and his biscuit’s just my size

That man makes my bread rise, [way] late hours of the night (x 2)
The kind of bread he serves me, I swear is out of sight

People people, I found my type of man at last (x 2)
And he’s just my size, and he ain’t too doggone fast

He don’t run around with women, he don’t ride in taxi cabs (x 2)
And he treats me better, than the man I used to have
(suite…)

Robodrigue, 13/01/2009 [L'improbable missive, Non classé]

Bien que je n’aie pas poussé l’expérience au même niveau que nôtre cher Amygdale, voilà déjà un bon bout de temps que j’entonne l’hymne national des solitaires… en solitaire. Car vois-tu, toi FASciste ou Fassisen, ou encore sympathisant du FAS, comme bon te semble l’ami, la vu des femmes me déprime mais, surtout, me stresse, et pour combattre cette anxiété je bois, ce qui agi comme dépresseur, donc tout est au niveau de la dépression. Mais pendant une heure ou deux quand l’effet de l’alcool est à son meilleur je me laisse prendre au plaisir et accomplit des actes profondément stupides, plus que dans la sobriété. Le dernier de ces actes fût de répondre à une annonce de Craig’s list où une jeune femme cherchait un être avec partager sa solitude, et qui, l’esperait-elle, pourait chasser son ennui. Cet acte fût accompli hier soir avant d’aller me coucher, j’étais très soul.

Ce matin je me suis réveillé ave un sale mal de bloc, et toujours sous l’effet de l’acool. Avant d’accomplir mes besognes quotidiennes j’ai été voir mes courriels en ayant complètement oublié mon acte stupide du soir précédent, voici le e-mail que j’y ai trouvé.


Hi;
someone put my email address on craigslist.
can you please tell me which post you are
replying to and which city. i want to get to
the bottom of this.
please help me, so, i can call what ever website
is using my email address. then i can call the police
on this individual who is putting my email address on
the web.
I have your IP address and if you don’t reply back to
me to which website and which post you writing to me
from i will have no choice to include you in this.

thank you
i appreciate it.

Et aussi il y avait celui-ci, toujours de la même personne:

Hi Robodrigue;
My name is C*, and you emailed my daughter’s with you very scary email.
I just notified Craigslist with your email address since you did not reply back
to me. I know you’re not the fraudulent person here and that you’re a victim.
But, someone posted something on Craigslist with my daughter’s email address
and I need and I will get to the bottom of this. Also, since you have not replied
back to me with the link as to where you got my daughter’s email address, it’s
possible that you can be part of this. I gave your IP address and your email address
to Craigslist. If you don’t reply to me by tomorrow, and I don’t hear back from craigslist
I will be notifying the RCMP cyber-crimes unit.
This is not a joke, nor is it funny.

Mon VERY SCARY E-MAIL était:

Hey i’d like to meet as soon as possible

Sans blague Craig’s list c’est vraiment un truc de merde… Là où tout ce qui démoralise s’énergise..

7

 »I know what I believe. I will continue to articulate what I believe and what I believe — I believe what I believe is right. »

—Rome, July 22, 2001

Zepoulpe, 12/01/2009 [Cool is Class War, FAS - Rencontres]

L’autre jour, je faisais du ski de fond au Parc Maisonneuve et j’ai été témoin d’une délicieuse scène digne du FAS. Un homme en ski croise une femme qui vient en sens contraire dans la piste. C’est une femme d’un certain âge, l’air un peu guindé; on pourrait la situer dans la catégorie ex-maîtresse d’école ou bibliothécaire à la retraite.

L’homme, voyant la femme s’approcher, lui dit :

- Excusez-moi, Madame, mais faut-il dire « À n’envers » ou « À l’envers« ?

- Mais voyons, Monsieur, il faut dire « À l’envers » !!!

- Ben c’est exactement ça que vous êtes, Madame : à l’envers de tout le monde…

La femme est sortie des pistes pour laisser passer le Monsieur et, vachement pincée et offusquée comme seule une vraie petite-bourgeoise peut l’être, a rapidement fui l’environ.

que voulez-vous, chers amis, ils manquaient à la collection…

Zepoulpe, 12/01/2009 [In Stupidatis Veritas]

En relisant le troisième tome des Annales du FAS (disponibles en librairie à partir de tout de suite) intitulé Le Continent de Plastique, je me suis rendu compte qu’une coquille s’est glissée parmi l’un de mes textes (et oui, je me masturbe en googlant mon propre nom). En relisant Les gauchers sont-ils dangereux?, texte où je fais référence à l’Église de scientologie située rue Papineau, je me suis rendu compte que les correcteurs ont corrigé le mot « dianétique » (méthode d’éveil spirituel inventée par Hubbard) en le remplaçant par « diabétique » (la maladie du pancréas qui t’empêche de manger tes Joe Louis en paix).

Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas du genre à tenir rigueur à ces gens de bonne volonté – mais si j’avais à identifier un coupable, je pencherais pour Antidote (dont les frasques sont légion). Non, je me suis juste demandé si le mot « dianétique » n’avait pas lui-même toujours été le résultat, conservé par habitude, d’une coquille originelle survenue il y a si longtemps que plus personne ne s’en souvient, ni Beck ni encore moins ce pauvre Tom Cruise. Hubbard aurait peut-être depuis toujours voulu écrire « diabétique ».

J’ai souvent pensé que les grandes religions sont basées sur le même phénomène : un énorme malentendu qui, les siècles passant, devient digne de foi. Imaginez qu’on puisse demander confirmation aux personnes concernées :

« Quoi Marie, vierge???! Voyons donc ! C’était juste sa première fois avec un aussi bel homme que moé! »

« En fait, il y avait 20 commandements, mais j’ai bêché en descendant et j’ai pété l’autre table gravée. C’t'idée d’écrire ça sur d’la roche poche aussi ! »

« Non-non prie vers où ce que tu veux l’grand, pis arrête de m’énarver avec tes maudites histoires de cochon. »

8

« The ambassador and the general were briefing me on the… the vast majority of Iraqis want to live in a peaceful, free world. And we will find these people and we will bring them to justice »

- Washington D.C., 27 Octobre 2003.

Bébé Astronaute, 11/01/2009 [Parasitisme révolutionnaire]

Comme Mjack et moi nous questionnions à propos de l’usage des termes intertextualité ou hypertextualité pour définir les trois tomes des Annales du FAS, j’ai effectué une petite recherche. J’ai découvert que la notion d’intertextualité, apparue dans les années soixante, avait été définie d’abord par Julia Kristeva avant d’être reprise dans les années 70 et 80 par Roland Barthes. N’ayant pas trouvé de définition de moins de trois pages pour hypertextualité – je n’ai pas que ça à faire, quand même – et le terme s’appliquant plus précisément, à mon avis, au blogue qu’au livre, j’ai trouvé que la référence sous-entendue à l’auteure préférée de Zepoulpe et à celui de Mjack consistait une raison plus que satifaisante de trancher. Va pour intertextualité, donc, mot qui me plaît d’autant plus pour sa ressemblance phonétique avec le vocable acadien entertet‘, qui signifie craque de seins.

- CBS News, Washington DC, 6 September, 2006

(suite…)

Joseph, 11/01/2009 [Manger pour «vivre», Top 5]

ouen ben il y en trop, je vais en mettre plus que 5 ok…