Hier soir je me suis fait adresser cette critique par un membre du FAS rencontré dans un bar:
» J’aime bin ça tes histoires de Robodrigue mais tu devrais mettre plus de putes, y’en a pas assez. »
Sur le FAS les questions sur la forme et le style sont adressées sous des angles inouïs, et j’adore.
Salut È*,
Veux-tu dire que M*N* voudrait cuisiner sur un camp de planting ? Si elle est vraiment motivée à travailler dans une compagnie broche à foin elle peut contacter C*B* : C*.B*@p*g*.com ou aller voir sur le site www.t*-p*.com et chercher la compagnie P*F*, il devraient avoir un courriel pour le recrutement. Le site est plein d’infos sur le planting en général. Même si je ne veux plus rien savoir d’eux, j’ai quand même travaillé pour eux pendant six ans et je suis une sorte de légende là-bas. Elle peut dire mon nom ça va aider. Pour ma nouvelle compagnie, je ne peux pas vraiment lui donner les coordonnées, puisque je ne les connais pas. Je ne crois pas que je pourrais référer quelqu’un de toutes façons.
Dis lui de se grouiller, il commence à être tard dans la saison.
E* xx
Becs pour M* aussi
***
Chère E*,
J’ai reçu ton mèle mais me demande quand même, la mémoire me faisant parfois défaut, qui es tu ? Peux tu me rafraichir la mémoire ?
D’avance merci !
C* C*
***
Bonjour C*,
Je ne sais quel acte manqué m’as fait cliquer sur ton adresse en même temps que celle de la personne à qui elle était vraiment adressée. Je crois qu’elle était simplement la suivante dans l’ordre alphabétique, mais peu importe. Même si j’avais complètement oublié ta présence dans ma liste de contacts, je ne vais quand même pas prétendre avoir oublié qui tu es.
J’espère que ton amnésie n’était qu’un exercice de style de ta part, sinon je ne perdrai pas mon temps plus longtemps avec un vieux punk comme toi (l’as-tu déjà vraiment été ?). Si le flou artistique persiste, tu peux toujours chercher des indices dans le courriel que je t’ai par mégarde envoyé.
Bonne chance,
E* xx
***
Salut E* !
Tu dis pUnK, je dis Bourgogne ! Je voulais éviter de dire des conneries en ces périodes électorales françaises, ce qui est presque un pléonasme puisque ici c’est un concours permanent entre les candidats à l’investiture républicaine suprême… Le résultat n’est pas connu, mais en attendant il pleut des conneries niaises et perverses comme mousson dans le golfe du Bengale (ça doit être plus beau là-bas, remarque…).
Sinon moi je suis devenu directeur commercial d’un consortium international qui coupe des séquoias géants pour en faire des cure dents… C’est pour une clientèle très dispendieuse et asiatique qui s’en sert en tant que brochettes pour yeux de zepoulpe. Il parait que ça donne un goût « rafraîchissant » aux globes oculaires des octopodes ! Ah ! J’en avais assez de gagner des misères en me cassant le dos toute la journée et parfois la nuit ! Maintenant je voyage en première avec des gens interréssés sinon interessants…
Je signe des contrats dans des hôtels de luxe au pied desquels s’étendent les plus grands bidonvilles de la planète ; et lorsque je repense à ma vie passée, notamment cette triste période pseudo-punk qui a fait beaucoup de mal à mon ascension sociale, je me dis qu’il s’en est fallu de peu pour que je me retrouve dans ces allées boueuses pleines d’immondices et de rats cannibales et communistes, de l’autre coté de la baie vitrée pare-balles, à mendier des capsules de coca cola pour aller les revendre à la casse pour l’obole d’une orange OGM gâtée…
Je me suis un peu emporté mais cela fait si longtemps que personne ne m’a parlé de mon époque punk… J’ai pris tellement soin d’étouffer toutes réminiscences de cette période que cela me choque de voir encore quelqu’un de vivant faire référence à mon passé…
A ce propos, peux tu m’envoyer ton adresse ? J’aimerais t’envoyer un colis.
Sinon ça me fait vraiment plaisir d’avoir de tes nouvelles !
A +,
C*
***
(à suivre…)
Le FAS, c’est bien connu, est une entité planétaire, transculturelle, transgénique et transgénérationnelle qui cherche même à étendre ses tentacules jusqu’à Mars et jusqu’au Continent de plastique. Des activistes du FAS s’activent partout. Il n’existe pas d’endroit où militer pour un quotidien délirant soit dénué de sens.
Les trois tomes des Annales du FAS seront donc présentés au Off Salon du livre de Bruxelles (du 4 au 8 mars prochain) par nos frères (ennemis ?) de La Conspiration dépressionniste/Moult Éditions et du Pressier qui y tiendront une table de vente. Lecteurs belges, voilà l’occasion rêvée de tout savoir sur :
• L’élément disjonctif irréductiblement hostile et sauvage ;
• La conspiration Kraft + psychiatre = nazi ;
• La vie secrète et mystique de Julia Kristeva ;
• La supériorité des étudiantes en art et/ou en danse ;
• Les conséquences de la consommation de mescaline dans le nord de l’Ontario;
• L’art poétique en milieu humide ;
• La géopolitique du logis ;
• La migration du zepoulpe ;
• Le chat sans peau de Joël Legendre ;
… et plus encore !
FAS vaincra !
(Salutations et française juteuse à La Consdep)
(Cet article est la suite et la fin d’un récit entamé ici)
J’avais un message en attente; pendant ma mise hors fonction, la base a communiqué avec moi :
Bip. Connexion rétablie. Bip. L’amour! L’arme fatale! Bip. Mettez de l’huile, camarade androdrigue, sinon, vous êtes foutu! Brzzzip. Ondes brouillées. Brrrrrzzzzzzzzziiiiiiiiiippp…
- Mysterious
On avait réparé mes jambes, mais mon bras gauche était je ne sais où. Je regardai autour de moi; j’étais toujours dans le désert, des dunes à perte de vue. C’était toujours la nuit, mon horloge interne m’indiquait que deux seules heures s’étaient déroulées depuis l’affrontement. J’étais seul, impossible de me lever; mes jambes, bien que réparées, étaient débranchées de mon processeur. Mais si on avait réparé mes jambes, il était clair qu’on avait des plans pour moi et j’étais prêt à parier que ça n’incluait pas une pute… à ma grande déception.
Mais qu’avait bien voulu dire Mysterious avec son message? Comment avait-il été mis au courant qu’on m’avait tendu un piège? Je regardais les étoiles à l’horizon je me disais que l’un de ces points lumineux devait être Gigapole qui, dans cette nuit maudite, se confondait parmi les étoiles. Pour la première fois, mon cœur de robot cherchait le réconfort et l’image qui m’apparut fut la racoleuse morte quelques heures plus tôt… le cerveau brûlé par l’alcool à bois, elle était devenue complètement folle, elle s’arrachait les cheveux et les mangeait, elle courait dénudée dans le désert, elle faisait des choses indicibles… mais elle m’avait séduit, surtout dans les dernières minutes alors qu’elle ne faisait qu’un long glougloutement sans fin.
Alors que je rêvais d’une nuit d’amour, deux silhouettes commencèrent à se former dans la noirceur de la nuit, elles n’étaient pas très loin, mais on n’y voyait rien. Que le grand cric me croque! C’était la pute et le modérobot! Mois qui venais de parier le contraire!
Je regardai autour de moi si quelqu’un m’avait entendu -, un vieux réflexe de gambler – et j’aperçus une canne d’huile posée à côté de moi, sûrement qu’on l’avait utilisée pour réparer mes jambes. Mais qu’est-ce que cette salope pouvait bien faire, vivante, avec ce robot.
- Robodrigue, qu’elle dit, j’imagine que vous vous demandez ce qui se passe? Je ne suis pas qu’une simple prostituée à moitié folle, je suis aussi très dangereuse.
Le modérobot s’avança vers moi et les paroles de Mysterious me revinrent à l’esprit « Mettez de l’huile, camarade androdrigue, sinon, vous êtes foutu! », j’essayais d’agripper la canne d’huile pour la lancer sur la brute, mais du bout des doigts je n’arrivais qu’à la renverser sur le sol où l’huile se répandit.
-Voyez-vous, vous n’êtes qu’un pion dans un grand jeu d’échecs, dit la pute. Nous vous avons utilisé; grâce à vos informations nous avons tendu un piège aux membres du FAS! ils sont tous en route pour venir vous chercher dans ce désert fatal! Malheureusement, une énorme pétoire à lapin les y attend.
Elle pointa au loin un énorme canon que je n’avais pas vu jusque-là, assez gros pour détruire les Annales d’un seul coup. Cette fois, mes excès n’avaient pas seulement mis en péril ma vie seule, mais l’existence même du FAS. Je devais m’en sortir et empêcher la petite prostituée d’accomplir son sombre dessein.
-Je croyais pouvoir vous utiliser, mais mes plans ont changé. Bruno! dit-elle au Robot, détruit Robodrigue immédiatement!
Le modérobot s’approcha pour se pencher vers moi dans toute la froideur que je lui avais connue jusqu’alors. Il m’agrippa par le cou et me souleva de terre.
-C’est la fin mon doux amant, avez-vous un dernier souhait?
-Non, si ce n’est de revivre cette nuit dans le désert à vos côtés.
Elle se mordit la lèvre et détourna le regard, c’était le signe pour Bruno. Le robot fit un pas par derrière pour prendre son élan et m’écraser le crâne d’un seul coup de poing. Son pied se posa directement dans la flaque d’huile, il glissa et se ramassa sur le dos avec moi par-dessus. Ni une, ni deux, je lui enfonçai mon seul bras pour lui défoncer la cage thoracique et agripper son processeur central, ses yeux aux plasmas m’imploraient, les miens exprimaient la satisfaction, j’approchai mon visage du sien pour pouvoir regarder ses yeux de près :
-Yipicaille pauvre merde!
D’un seul coup ma main broyait son processeur, provoquant une explosion qui me projeta à quelques mètres de là. Le brouillage était terminé, je remis mes jambes en état de marche grâce à la fonction blue-tooth. Je me levai dans la fumée de l’explosion pour me diriger vers la tapineuse.
La petite guenon pointait un pistolaser en ma direction en me sommant de reculer, comme je n’obtempérais pas, elle fit feu à plusieurs reprises; désolé poupée, mais il faut plus que ce joujou pour arrêter Robodrigue. Je continuai mon chemin vers elle alors que les rayons laser effleuraient à peine mon armure. Je lui arrachai finalement l’arme et serrai la petite mignonne dans mon bras où elle éclata en sanglots:
- Moi aussi je vous aime Robodrigue, mais nous vivons dans un monde où notre race a de plus grands desseins que ceux de l’amour. Si j’étais née femme et vous homme nous aurions pu nous aimer, mais les androdrigues de notre espèce sont occupés à servir les passions de l’homme!
Ainsi donc, elle était une androdrigue également. Je la regardai et me dit que c’était trop con qu’on ne puisse vivre cet amour brutal, mais si Zepoulpe ou Mysterious apprenait son existence, ils la détruiraient et me demanderaient de rendre des comptes. Je glissai ma main dans son entrejambe et en éjectai sa carte mémoire… sans souvenir elle resta prise dans cet état à mi-chemin entre la surprise de ma tendresse et le déchirement de l’amour impossible, mais ce n’étais qu’une fonction; j’enlignai mon canon en sa direction et fit feu.
Le soleil se leva et découvrit une envolée de zepoulpes sauvages; je voyais Gigapole à l’horizon:
-J’ai gardé ta mémoire dans mon cœur et, ma mignonne, un jour tu m’aimeras mais d’ici là le FAS vaincra!
Fin
Depuis que j’ai pris ma retraite de la vie publique, je suis plusieurs fois par jour assailli par des questions loufoques. Combien d’années a vécu Milou? Comment fait-on pour entendre comment sonne une langue dont on comprend le sens des mots? Est-ce qu’un journaliste est physiquement capable de s’empêcher d’utiliser l’expression projet-pilote? Est-ce qu’un chevreuil, c’est en réalité une vache des forêts? Pourquoi met-on souvent les gens incompétents derrière un comptoir?
Mais ce qui, le plus souvent, anime mon esprit lors de mes balades en forêt (nu), c’est l’avenir du pétrole et, plus précisément, de son petit neveu : le plastique. D’abord parce que je brûle plus d’essence en campagne qu’en ville (ben quoi, ils ne livrent pas) et aussi parce que j’ai fait une couple de succulentes fondues old school avec du gaz à briquet, je m’interroge si on n’est pas en train de passer à côté de la vraie tragédie sur cette fin attendue des fossiles écrapoux. On parle en effet beaucoup de la fin du pétrole en termes de prix de l’essence, mais qui parle de la mort des chandelles? De l’épuisement de la vaseline? de la rupture finale des Tupperwares?
Les tupperwares !! Ce fleuron du capitalisme de salon, ce conquérant des cuisines unisexes, cet ami du restant de spaghatte et du dernier morceau de tiramisu, que lui arrivera-t-il? Devra-t-on aller pêcher directement dans le Continent de plastique (en vente dans toutes les bonnes librairies)? Et après quelques années de pénurie, ne risque-t-on pas d’assister à la Guerre du plastique? Certains pays, plus prévoyants, auront-ils envisagé le pire et fait des réserves de tupperwares de tous les formats? Et qu’envisager pour le Québec? Quel rôle jouera-t-il dans ce conflit?
Personnellement, j’estime qu’il serait dès à présent sage d’investir dans un élément qui, assurément, prendra de la valeur au fil de l’ère du post-brun : les couvercles. Imaginez que le Québec possède éventuellement le monopole total sur tous les types de couvercles de tupperwares (et dieu seul sait s’ils sont nombreux!), imaginez de ce fait la convoitise dont on serait l’objet: les pays se battraient pour qu’on leur vende le bon couvercle, les individus feraient la queue pour s’abonner à notre assurance-couvercle, les immigrants capoteraient sur notre voiture roulant au jus de couvercles…
La liberté politique passant par la consommation abusive de plastique aux formes diverses, c’est ça In stupidatis Veritas !
Ça faisait bientôt trois semaines que ce putain de modérobot nous coupait la comunic entre moi et la base, j’étais pris dans cette saleté de désert à la con, une de ces tarées de racoleuses, carburant à l’alcool à bois, m’avait emmené dans les dunes de fibres optiques entourant Gigapole; la d’moiselle elle avait rendu l’âme pendant l’acte, l’alcool avait brûlé la majorité de ses organes internes, surtout au niveau de la cervelle, elle en était rendue pitoyable à la fin… c’était tout de même un bon coup; pauvre fille va.
J’savais bien que cette saleté de tas de ferraille devait rouler sa mécanique dans le coin, un modérobot hors fonctions ça n’est pas laissé en liberté bien longtemps; c’était assurément un mauvais fonctionnement d’un mectron perdu dans cet enfer pour la tôle, l’émanation des bioprocesseurs sous-terrain avait dû affecté son filage, il se dégradait et allait périmer de sa belle fin… d’ici quelques demies vies, tout comme moi. Si je voulais sortir de là j’devais identifier, trouver et châtrer le malfrat. J’enclenchais mes rétrofusées et laissais le curieux processus des photons se transformer en électron dans mon processeur, ce qui me permettait de voir à la manière des hommes; je balayais le paysage de cette décharge optique sans fin.
Je planais au-dessus des dunes, un cosmos de fibre illuminé de quelques parcelles d’énergie imitait parfaitement le ciel étoilé, partout où je portais mon regard j’étais entouré d’infini, le modérobot s’y trouvait, au-dessus? En dessous? Moi j’allais devant; si un humain s’était retrouvé à ma place il en aurait perdu ses sens, mais moi j’ai un GPS qui me situe dans plus de la moitié de la Voie lactée, de la Proxima du Centaure jusqu’à Mercure je savais où j’étais, peu d’humains, ou d’robots, peuvent en dire autant… mais tant que j’étais brouillé par ce modérobot j’étais réduit à un rayon de 1 km, distance à laquelle cette quincaillerie de pacotille se trouvait de moi.
Je décrivais une grande spirale dans le ciel, agrandissant l’anneau à chaque tour complet, laissant dans mon sillage une brume radioactive azure et rouge vermeille, donnant à cette vision une allure encore plus onirique… il y avait même le grand silence du vide de l’espace. Le brouillage de mon GPS m’indiquait la direction de l’ennemi. Je larguais quelques rockettes à l’occasion dans la direction où devait être ma cible. J’approchais d’un monticule qui pouvait servir de cache, je chargeais un missile et le lançais en sa direction. Comme la rockette allait atteindre l’objectif, un dispositif antimissile surgit de derrière le monticule et fit exploser mon projectile en plein vol. Deux gigantesques bras cybernétiques surgirent du monticule et faisant voler le fibre optique dans les airs… ses yeux rouges injectés de plasma me fixaient, j’étais face à l’ennemi…
Sans crier gare l’androdrigue le plus rapide de la galaxie envoya une salve de rayons laser sur le contrevenant, qui, lui, gardait son regard braqué sur moi sans même se soucier de cette salve assez puissante pour réduire une trentaine de péripatéticiennes en bouilli – j’avais déjà fait l’expérience -. À l’impact de la volée un grand nuage de poussière optique se leva jusqu’à une centaine de mètres. Je branchais ma radio pour faire contact avec les Annales pour revenir à la base. « Ici Robo, est-ce que vous me recevez? J’aurais besoin d’un convoi de Zepoulpe immédiatement. Mysterious? Amygdale? » J’avais le système glacé par le souvenir du regard du modérobot, jamais je n’avais vu autant de haine dans un système informatique. « Alors, y’a quelqu’un? Bébé A. t’es là? » Mon système m’indiquait que je n’avais toujours pas de connexion avec la base. J’entendais un sifflement dans l’air, le doux son d’une rockette robotique. Elle m’atteint dans le cul, quel salaud ce putain de robot… une rockette dans le cul!
Je piquais du nez en vrille vers le sol sous le martellement de tirs en masse de rayons laser à radioactivité antibiologique, genre de truc qu’on ne veut pas recevoir à la suite d’un missile dans les fesses. Mon bras gauche se détacha de mon tronc et mes jambes étaient en lambeaux, hors fonction. Mon atterrissage creusa un cratère d’une profondeur d’à peu près cinq mètres et d’un rayon d’une vingtaine de mètres.
…..———–0101010000000110101011000 ——–
La pauvrette qui était morte dans mes bras la nuit d’avant me criait ses dernières paroles dans les oreilles « Robodrigue, ah ah ah, vous êtes le dernier des idiots, votre goût pour les femmes de basses vertus vous a amené jusqu’ici d’où ne sortirez jamais. » Elle savait donc quelques choses, tout ceci était un attrape-nigaud, quelqu’un à Gigapole avait mis cette merde robotique sur mon chemin… Et moi je m’étais laissé prendre à cette douce infection qui attaque l’organe reproducteur pour se rendre jusqu’au cœur… l’amour…
Une pelote de l’aine
Si grosse en effet
Qu’une fois écorchée
Puis tannée
On eu pu en couvrir
L’armure d’un guerrier;
Fût-elle blonde
Jason lui-même
L’aurait jalousé
J’y ai ouvert les cuisses
Et l’ai renvoyée aux vers
Ceinte à son désir favori
Empalée sur un grigri
Alors, le professeur recula tranquillement jusqu’à la première section du tableau. Il venait de couvrir trois ans d’histoire de l’évolution de son projet de création d’une syntaxe formelle dénotationnelle. Il s’arrêta, puis pointa lentement une case et dit simplement : « après trois années de recherche, j’ai dû ajouter un symbole pour désigner le vivant non-mobile ». C’est alors que je connu le paroxysme. C’était donc ça, la poésie.
Courriel reçu pour Xième fois depuis mon arrivé sur internet (1995)
Permettez-moi de vous informer de mon desir d’entre dans le rapport d’affaires avec vous. J’ai prie plus et après cela j’ai choisi votre nom entre tant d’autres .
je pense que vous etes digne de la recommandation de ma prière. je me nomme Mlle FADIGA MIRIAM la seule fille des defunts M. et Mme FADIGA moustapha Mon père etait un negociant de cacao et exploitant d’or à Abidjan la capitale economique de la Cote d’Ivoire, mon père a ete empoisonne par ses associes d’affaires. j’aimerais que vous me temoignez votre confiance afin que je fasse des affaires avec vous. Ainsi je n’aurai aucune hesitation, me fier vous pour des affaires simples et sincères. Ma mère est morte quand j’etais un bebe et depuis lors mon père
m’a pris a sa charge. Avant la mort de mon père le 29novembre 2003 à abidjan. Avant son deces il m’a appelé au chevet et m’expliqua qu’il avait la somme de six millions cinq cents mille dollars USD ($6,500.000) dans un compte d’ordre fixe/ordre dans la banque principale ici à abidjan il l’a deposé à mon nom comme etant le beneficiare de cet heritage.Il m’a egalement explique que c’etait en raison de cette richesse qu’il a ete empoisonne par ses associes d’affaires. Il à aussi conseillé de chercher un associe etranger dans un pays de mon choix ou je transfererai cet argent et l’employerai dans des investissements tel que la gestion de biens immobiliers ou la gestion d’hotel. Monsieur, je cherche honorablement votre aide des manières suivantes: (1) pour fournir un compte bancaire sur lequel transferer cet argent.(2) pour servir de gardien de ces fonds puisque j’ai seulement 22 ans.(3) Pour m’aider à immigrer dans votre pays avec une attestation de residence afin que je puisse y poursuivre mes etudes. Ainsi dit , je suis dispose à vous offrir 15% de toute la somme qui represente mon heritage en compensation pour votre effort après le transfert de ces fonds sur votre compte. En outre, vous indiquez vos options pour m’aider sachant pour
moi, j’ai la foi que cette transaction peut se faire le plus vite possible. J’aimerai avoir votre point de vue sur la question et cela selon votre disponibilite. Vous pourrez me joindre dès reception du present message a mon
email: fad_miria2003@yahoo.fr
Merci , que Dieu vous benisse immensement.
Fadiga Miriam
Je me suis permis de rêver plusieurs fois de Mlle Fadiga, je me suis imaginé ce que ça pouvait être partager des millions de dollars avec une princesse africaine. Avant son arrivée au Canada on aurait échangé des lettres pour mieux se connaître, après tout elle me confiait sa fortune familiale, elle aurait sûrement voulu mieux me connaître. Je lui aurais parlé des méchantes filles de Montréal qui nous abandonne à nous même sans nous donner la moindre chance de leur crier notre amour! Comme je l’imaginais, il est certain que Mlle Fadiga en aurait été outrée!
« Robodrigue, qu’elle me dit, les femmes canadiennes ne sont que de petites sottes, un androdrigue de votre qualité! abandonné! C’est contre-productif. Laissez-moi m’occuper de vous, dès mon arrivée à Montréal quand je sortirai de l’avion je vous reconnaîtrai, même si je ne vous ai jamais vu je sais que je vous reconnaîtrai! C’est vôtre manière d’écrire vos lettres, j’y ressens une grande tristesse… il y a deux robots en vous, laissez-moi les aimer »
Comme elle me comprend bien Miriame, woauuuuu… Alors moi je continue ma petite vie à Montréal en attendant qu’elle arrive. Je suis bien et les gens se disent « Robodrigue a un je ne sais quoi » c’est parce que bien loin d’ici il y aune femme qui m’aime et que j’estime plus que vous tous! Quand vous allez la voir, vous allez dire « Hé bien ce chenapan avait conquis le coeur d’une superbe femme d’un pays lointain et il est rendu millionnaire, quels idiots on fait! »
…
Mais depuis 5-6 ans toutes les fois où j’essaie de rêver à Mlle Fadiga je ne peux que m’imaginer quelques poilus arnaqueurs devant leur écran d’ordinateur espérant me soutirer du fric pour payer leur coke et leur tapineuse… Et je me dis que ça serait un sacré bon moyen pour payer mes « excès »; j’imagine que c’est ça perdre son innocence.
Extrait des Mémoires de moi-même par Julia Kristeva
Tome II, chapitre CCVII
(…) et c’est alors qu’à mon corps défendant, je m’aperçus que je ne pouvais en introduire que la moitié. L’intertextualité de l’objet était pourtant manifeste. Il en allait comme de la confiture donnée aux cochons : une scène réjouissante, mais qui n’en finissait plus d’être injuste. Un peu à la manière d’un train de bétail qui part vers l’abattoir – emportant avec lui rêves et misères, je me mis en position ferroviaire. Se faisant, je me sentis immédiatement moins nue devant le féminisme massificateur de son sexe. Tendue comme une corde (ou plutôt comme une théorie des cordes), son ventre me renvoyait une image tronquée qui, à la manière d’un pulsar double, accordait mon corps au rythme lent et ferme de ses poussées. Sous ses assauts, mes paumes glissaient sur le plancher, rapprochant toujours davantage le sol de mon visage.
Et ce sol, ce n’était pas n’importe lequel. Non.
C’était celui de plus en plus à gauche et de plus en plus sablonneux de la deuxième perle des Antilles : Cuba. Un paysage familier mais humiliant à la fois qui, à la manière d’une barbe fraîchement coupée, me renvoyait une image de moi-même certes plus jeune mais qui n’en venait pas moins de dégueulasser l’évier, lequel était maintenant irrémédiablement bouché.
Mon échec de l’an dernier rythmait encore mes pensées. Après des années d’incertitude, ma thérapie avec un psychanalyste bien connu (celui qui dut prendre une retraite précipitée à cause d’absurdes révélations de pratiques dégradantes lancées par les journaux de droite) m’avait permis d’envisager mon grand retour en cette terre toute-incluse. Un vent de changement soufflait sur mon entreprise et quand l’avion se posa sur le sol, je me sentis ragaillardie.
J’avais connu l’homme avec qui je m’unissais (tout en continuant d’écrire) la veille, après un souper au buffet du zirorte. La salle énorme où l’on affirmait pouvoir calmer ma faim avait eu la chance de me voir débarquer tôt en ses lieux.
Il s’appelait Maria-Ruiz et surveillait les plages la nuit malgré son diplôme de chirurgien cardiaque. Je m’étais approché pour admirer mon reflet dans les vagues nocturnes et il était là, fumant une cigarette et m’observant…
(…)
Soyons d’actualité, ce phénomène que tu n’as pas le temps de te retourner qu’il est déjà passé. Puisque le capitalisme aujourd’hui décolle des plafonds financiers comme une pâte pas encore al dente, je me suis dis qu’il était temps pour de nouveaux analytiques.
Théorie
Une cenne noire est, conformément à son mode de production industriel, indiscernable d’une autre cenne noire. Toutefois, et quoi que cela puisse sembler absurde, deux cennes noires parfaitement indiscernables peuvent avoir des valeurs différentes, selon la vigueur du circuit économique dans lequel elles sont investies. Donc, tout comme l’art brut, la valeur de la cenne noire peut être absolument triviale ou, au contraire, «exaltée», selon la nature de ses rapports avec le réseau environnant.
Mais, contrairement à la Fontaine (l’urinoir) de Duchamp, on s’imagine mal pouvoir en faire une œuvre d’art, à moins que ce ne soit un objet trouvé. L’exaltation de sa valeur tiendrait alors dans la «chance» qu’elle est censée porter. D’ailleurs, pour pousser l’analogie entre la théorie de l’art et l’économie politique, l’urinoir de Duchamp n’est pas entièrement indiscernable de sa contrepartie industrielle, car il est signé. Et non pas du nom de Duchamp, mais bien R. Mutt, ce qui sonne comme l’allemand Armut. Et que signifie Armut? Je vous laisse le découvrir.
Comme l’illusion d’identité entre deux cennes noires est parfaite, celle-ci passe pour un transit de la valeur parfaitement égalitaire. Grâce à ce transit équitable, la «bienfaisance» devient possible. Je n’ai pas besoin de concevoir les autres en imagination, pour les comprendre : il nous suffit d’agréer aux mêmes valeurs objectives.
Pratique
Vendredi. Je termine la lecture de La richesse des nations de Adam Smith. Je réfute l’altruisme en contournant ce quêteux à mon retour du travail.
Samedi. Dernier retrait = 40$. Achats: nourriture pour chat de l’espace. Légumes. Je monte le dernier pot de viande du sous-sol.
Dimanche. Travail (quart de nuit). Je pique de la bouffe dans le frigo de la cafétéria de l’Institut. La propriété, c’est le vol, le vol, c’est se réapproprier. Sandwich aux oeufs (beurk!) biscuits + yaourt.
Lundi. Consigner bouteilles. Vertes, brunes. Translucides. 5,20$ + 4,60$ = 9,80 + fond de change + 2(5$) = 22 $. Achat (tofu, beurre, corn starch, bâtonnets de chocolat + pâtes alimentaires = 15,55$). Go Amygdale, tu es une Trümerfrau.
Mardi. Je me documente en ligne sur les doctrines économiques en vogue. J’apprends que la théorie néo-classique (ou néo-libérale) est d’origine autrichienne et est en rupture avec la théorie d’Adam Smith, car elle remplace la valeur-travail par la valeur-utilité. La théorie est illustrée par référence à Robinson Crusoë. Je comprends enfin l’œuvre de Guy Ben-Ner, Treehouse Kit, qui m’avait mystifiée au MBAM. Ils oublient tous Vendredi.
Mercredi. J’investis 2,37$ pour m’acheter dix rouleaux de 1¢. Je parviens à rouler 5,50$ en cennes noires, que je vais changer au dépanneur. Je vais ensuite déposer 5$, ce qui, ajouté à mes derniers 17$ en banque, me permet de retirer 20$.
Jeudi. Jour de paye! Je paie mes factures, j’ai vaincu. Or did I ?
L’influence de son millieu sur l’individu.
J’ai récement déménagé mes pénates du coin Fullum-Ontario jusqu’au coeur du chic Plateau Mont-Royal, afin de poursuivre ma fulgurante montée dans l’échelle sociale.
Afin de célébrer cette ascention, je vais dans « une p’tite boutique » (aka dépanneur ) me chercher de la bière importée (aka de la Molson ex de l’europe).
Quel ne fût point ma surprise que de m’y voir bousculé par un malotru barbu , fleurant la trop rare douche et l’Ethylisme avancé , les bras chargée de canettes de Carling grommelant jurons et vulgarités.
De peine et de misère je réprime le reflexe Centre-Sudiste de diriger ma main vers le couteau de chasse, habituellement Duct-tapé en travers le bas de mon dos, que je ne porte plus dans ce nouveau quartier de bon gout.
En souvenir de toutes les grosses O’Keefes, bu avec ses semblables, pauvres bougres, au Bar Fullum. Je décide de laisser couler.
Je ressort, digne et souriant, de la p’tite boutique, mon pack d’excellente Pilsner-Urquel sous le bras. Quand j’entend de nouveaux jurons et le bruit d’une vessie qui se vide et c’est alors que j’aperçois le sus-mentionné bourru, appuyé sur le mur , jaunissant allégrement cette belle neige blanche et pur qui recouvre le quartier de sa chape rassurante.
Secouant la tête, je retourne chez moi écouter de l’électro Jazz et me nettoyé la tête en méditant sur la malheureuse primauté de l’éthique sur l’esthétique dans une sociale-démocratie.
«Oui, me dit le grand Zepoulpe, pour être indescriptible (mon nom est une concession que je vous fait), j’ai moi aussi une âme…»
Et moi, pour le consoler, je concédai que j’avais vu par quelle porte il était retourné dans la quatrième dimension. Nous nous quittâmes sur une révérence polie.
Sur ta panse ondulante recouverte
D’un épais lainage de sphaigne verte
Tel un chat je te masse et sur toi me meus
Au coeur de la taïga, tourbière tu m’émeus
C’est fatal; les remous de ce grand lit d’eau
Attisent, par sympathie, mon indolente libido
Soudain tu perces sous mes pas somnambules
Et le sang afflue dans mes ventricules
Alors, me voilà fait, pris comme un cierge
Mon nez à hauteur d’un sabot de la vierge
Non que je répugne à ce milieu humide
Ou que me gêne son atmosphère torride
Je souffrirais bien une nuit sa pestilence
Pour voir les feux follets ses flatulences
Mais je crains fort que l’instant d’un spasme
Ait suffit à m’étreindre à jamais en ses miasmes
Bel oasis, mais je trouve un peu tristes
Tes méphitiques répliques à cet oaristys!
(Je ne puis me mouvoir et me sens m’engloutir
En ce poème, qui ne trouve pas l’heur d’aboutir)
Horreur! Qu’est-ce qui, outre cette succion de plotte
S’agrippe à ma jambe et tire sur ma botte?
Serait-ce une momie blottie au fond du bassin
Voulant m’entraîner dans son tombeau abyssin?
***
J’aurais pu y périr, mais une décharge crépitante
M’a téléporté hors de cette boue palpitante.
Ça faisait longtemps que je voulais vous cuisiner un bon gâteau Bb astronaute ! Alors voilà, je suis heureux de vous le présenter aujourd’hui car depuis que c’est la mode de cuisiner de bons gâteaux sur le FAS, je ne peux m’empêcher, les trois quarts du temps, d’avoir cette pensée joyeuse pour l’aphorisme qui sous-tend l’existence du Fas depuis ses touts débuts : «Pour des gâteaux délirants».

Ça faisait longtemps que je voulais écrire cet article, alors voilà. Je suis désolée de devoir heurter quelques sensibilités, mais depuis que c’est la mode de poster des images et des hyperliens sur le FAS, je ne peux m’empêcher, les trois quarts du temps, d’avoir une petite pensée triste pour l’aphorisme qui sous-tend l’existence du FAS depuis ses tous débuts : « pour un quotidien délirant ».
Qu’une sombre menace plane sur le FAS, OK. Que Mysterious s’invagine au point d’en être retourné comme un gant, ça me va aussi. Qu’Amygdale aie tellement envie de fourrer que, non content d’échafauder un schéma philosophique sur le sujet, il défie les règles de la triviale poésie, passe encore. Que Mjack n’aie pas écrit de Cool is Class War depuis deux cents ans parce qu’il a trop peur de se compromettre, je peux vivre avec. Et si Spirit Duplicata découvre que la machine à marde qui l’a tant déçue n’est qu’une métaphore odorante de sa propre vie, j’en redemande. Je puise une sorte de réconfort dans la faillite des autres. Et d’euphorie aussi.
Mais il ne faudrait pas exagérer.
Après un tri méticuleux des innombrables images débiles qui ont défilé sur son écran aujourd’hui, un fascien ou une fascienne a conclu que le moment le plus notoire de sa journée, c’était un gâteau incongru, l’emballage d’un produit, un condom illustré, un cul de sportive, une bataille d’oreillers ou une barbe douce. Mais dites-moi, est-ce vraiment ça, un quotidien délirant? Je ne vais quand même pas avaler cette couleuvre!
Que devient cette oeuvre multiforme, virulente et tentaculaire qui pallie chaque jour à la banalité écrasante de mon quotidien?
La menace se concrétise, se nomme et s’affirme.
Scotché dans ma porte, au millieu des escaliers, ce soir en rentrant du boulot:
F.A.S
A/S de Sire D’oneilles (M******* H**** (mon nom de Baptême)
F.A.S ne vaincra point!
Mal a vous Millitant Fasien.
Il semble, suite a notre premier contact avec vous par l’entremise de MJack, que fidèles a vos habitudes vous tourniez a la dérision un message pourtant clair.
Croyiez-vous vraiment, dans votre arrogance ironico-dadaiste, que votre but serait accepté de tous? Que personne ne se dresserai sur votre route pour vous empêcher de délirer le quotidien d’honnêtes citoyens ne vous ayant rien demandés?
Détrompez-vous! Puisque L’incorruptible Clan de Défense du Raisonnable se dresse désormais en travers de votre route.
Il est une chose que de diffuser a partir d’un petit site internet, il en est une autre que de publier, a grande échelle, des livres ayant toute les apparences de la légitimité. Nous ne vous laisserons pas aller plus loin.
Votre absence de résignation et ce mécontentement d’un quotidien qui n’a de drabe que l’apparence, du moins pour tout individu normalement constitué. Ce mode de vie ne saurai souffrir aucune contrepartie. La poésie, même triviale, ne doit en aucun cas miner une vie de devoirs et de sacrifices.
L’ordre n’a pas été établi pour rien et vos élucubrations absurdes, au demeurant, ne sauraient être poursuivies sans une réponse de la plus grande vigueur.
Laissez les gens en paix. laissez Maitresse Kristeva nourrire l’inconscient de l’humanité. Sentez le poid de l’opprobre populaire.
tenez vous le pour dit Fasien, votre cause est perdue.
Ne poursuivez pas dans cette voie ou nos actions deviendrons plus persuasives…
Agent B 500
Sous-directeur adjoint aux opérations d’éradications pour la division nord-est de l’Amérique et responsable du bon goût et du code vestimentaire pour LCDR.
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Je n’ai pas peur pour moi camarades du FAS. Je viens de la campagne, j’ai donc un permis de possession et d’acquisition d’armes restreintes…
mais serai-ce temps d’organiser notre riposte?
Trouvé sur le seuil de ma porte ce matin, en haut des escaliers:

message mystérieux
Que penser de cette sybilline introduction dans ma vie privée? Ai-je affaire à une émule de Thrank Spiroberg, ou un inconnu voulant du mal à notre collectif s’est-il mis en tête de me suivre et de m’inquiéter? Pourquoi cette écriture me semble si famillière?
Je vous épargne l’horrible image de gâteau.
La question m’apparaît cruciale.
QUOI de plus trivial et stupide, au fond, que l’amour, la mort, la liberté et le divin? La triviale poésie, en se privant de ces thèmes, ne cherche-t-elle pas à se sublimer d’une certaine façon, à se faire jouir par strangulation?
Tout arrive de toute nécessité. Il est absurde de croire que je puisse avoir un choix authentique du cours de mes actions. Le choix est une illusion de la conscience. Tout se joue bien en-deça de la conscience, dans le maelstrom des nécessités naturelles instinctives.
Mais, puisque la conscience est, au fond, elle-même une nécessité naturelle, portons-nous à son niveau et jouons son jeu.
Dans le coin droit : l’idéal de bonheur nuptial, auréolé de la douce lueur d’éternité que représente une femme pour un homme.
Dans le coin gauche : la camaraderie virile, le «corps de garde», la vérité tonique de l’existence.
Au centre, un vieux baron de Munschausen, qui tente de se sortir de la swompe en se tirant lui-même par les cheveux (ressource épuisable).
Telle est, aujourd’hui, la constitution du sujet transcendantal, la structure du Je universel.
Foutaise : le monde est constitué de forces luttant en permanence pour la préséance.
Corollaire : l’une de ces forces doit l’emporter sur les autres. Laquelle?
J’ai essayé d’écrire le commentaire qui suit à propos du texte d’Amygdale intitulé Un monde pour les héros, mais WordPress ne veut pas me le publier sous prétexte qu’il « seems a little bit spammy ». Liberté d’expression, où donc te caches-tu?
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Sur World of Heroes, ils offrent du Viagra « normal » et du Viagra « Professional ». Question : est-ce que c’est la même différence qu’entre la suite Office Home et Office Professional (i.e. tu peux configurer ton fax et organiser tes meetings)? Ou est-ce simplement un edge marketing :
« Viagra Professional : pour bander extrêmement dur au travail comme dans les loisirs »
« Viagra Professional : pour l’homme de carrière qui ne fait aucun compromis devant les dames (ou son cardiologue). »
Il y a aussi le Viagra « Super Active » (ça commence vraiment à faire peur). Les concentrations sont strictement les mêmes que le normal et le professionnel, mais la forme et la couleur des pilules sont différentes, histoire – j’imagine – de matcher ta cravate (ou tes bas, allez savoir).
Mais il y a plus : le Viagra « Soft Flavored » (pour les difficiles de la bouche), disponible en plusieurs saveurs » It can be of strawberry, pineapple, orange or of black current taste. You can enjoy both sex and magnificent taste! »; le Female Viagra et aussi le Soft Viagra (pour les nostalgiques des érections molasses).
Merci Amygdale d’avoir « brûlé » une adresse électronique pour satisfaire notre besoin de savoir.
You really took one for the team this time.
À pareille date l’an passé, je me suis mis en tête de me faire repousser les cheveux. Je me suis trouvé une petite biznesse de Tropetia générique en Indoustan. J’ai acheté les pilules magiques, et j’ai même renouvelé l’ordonnance à deux reprises.
Oui, je suis vain, mais pas autant que l’action de ce médicament. Après trois mois de semblables traitements, la seule chose que je constatai, ce fut une baisse de ma libido (et encore, ça pouvait être un effet placebo). Démoralisé et chauve comme Charlie Brown, j’arrêtai le traitement.
Aussitôt, la compagnie m’envoya force courriels pour tenter de me récupérer. Si je renouvelais ma commande, on m’offrirait un plein carton de Diagra. Je remarquai alors que Diagra et Tropetia ne sont pas seulement des médicaments qui répondent à des angoisses masculines coextensives : ils s’épaulent dans leurs vices comme dans leurs vertus. En effet, s’il semble que la perte prématurée de cheveux soit en partie due à une trop forte libido, on peut consommer du Tropetia, qui stoppe les pertes capillaires, mais diminue les ardeurs. On songe alors au Diagra, dont l’un des effets secondaires est… la perte de cheveux. Euh euh euh.
J’y mis donc le rasoir d’Occam et refusai toutes leurs avances. Pour se venger, la compagnie des Indes orientales fit parvenir mes coordonnées à tous ses partenaires, et depuis, l’adresse dont je me sers pour les coups foireux est devenue inutilisable. Je reçois de trois à quatre courriels par jour, m’offrant tous la panoplie complète de pilules érectiles, d’origine et génériques. C’est ainsi que, inexorablement, Karen Brown, Patricia Tailor, Margaret Jones, Vicky Smith, Jennifer Moore et Mary Moore, pour ne nommer que celles-là, me proposent du «long sex with Vivitra».
J’ai remarqué, avec le temps, que les messages se faisaient de plus en plus respectueux, voire presque courtois. Au début, c’était toujours «… her till midnight» ou «make your … hard with xyz». Maintenant, c’est plutôt «make your lady feel like a queen» ou «you like when we say you’re good». Mais, depuis quelques jours, ils misent sur la rupture radicale, la transfiguration que peut apporter leurs médicaments : «new life in your hands» ou «try to make some radical changes». Si on ouvre le message, on y lit une prose torturée, qui semble tirée d’un Groschenroman à saveur historique :
But the empire has always had tough these days. He knows the rule. Lebyadkin did escape, darted up to the edge of… with my mighty pen. Why look at… blocked off the front half. Beyond this towards the bed. Oh, I am tired! Bogoyavlensky Street, but as he… I killed her. I only wanted to have course, was always at her side. May…
Le tout entrecoupé de liens vers A world for heros dot com. Les héros d’aujourd’hui n’ont rien des héros de jadis. Le monde des duels, des batailles rangées et du corps à corps est bien révolu. L’homme moderne cherche à étendre la sphère de ses plaisirs jusqu’à des sphères auparavant inconnues. L’amour exclusif est un enfantillage, une belle endormie n’est plus objet de contemplation. Bien plutôt, son sommeil s’avère l’occasion de courir vers une autre chambre dans le palais des plaisirs. La science est là, qui soutient l’homme moderne dans ses aventures. Ensemble, l’homme moderne et le savant défrichent des zones vierges, érigent de nouveaux empires. Plus tard, bientôt, qu’en sais-je? Des poètes nouveaux viendront, qui chanteront en leur honneur de nouveaux cycles mythologiques.