mars 2009
Amygdale, 31/03/2009 [Bidons et autres contenants]

The key factor is the ratio of pro-active foragers to re-active foragers (for bee colonies). Under specifiable conditions, the optimum strategy is totally independent (pro-active) foraging for all the bees, because potentially valuable information that re-active foragers may gain from successful foragers is not worth waiting for.

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Amygdale, 30/03/2009 [Citations et aphorismes, Théorie]

La notion d’échelle
Le bruit de fond n’est qu’un rapport de distance à un « fond » défini de façon arbitraire. Il suffirait que je m’approche pour que le fond passe à l’avant-plan. Le bruit est question de distance, ou bien, ce qui revient au même, d’échelle. Les clapotis de la mer font, pour un organisme vivant à leur échelle, davantage de bruit que la plus haute vague, car celle-là, il ne l’entendent pas.

Le « bruit » comme notion générale
Dans un contexte expérimental, le bruit prend parfois un sens plus large, et s’applique à toute perturbation, sonore ou non, qui est susceptible de brouiller les résultats. Il constitue un peu l’envers des « traces », ces résidus de certaines réactions chimiques que l’on néglige parce qu’elles n’influencent que ce qui suit la virgule.

L’effort comme bruit
Le bruit de fond est dans un rapport d’interférence et d’échelle par rapport à nous; il est là, mais on juge, en général, qu’il n’a pas d’importance, on l’ignore. Cependant, pour l’ignorer, nous déployons un effort de concentration supplémentaire, et cet effort constitue lui-même une perte, et peut-être un bruit, mais un bruit d’avant-plan cette fois, que l’on reconnaît à ceci, qu’il donne une gravité démesurée à des événements qui n’auraient autrement qu’une importance négligeable.

Pure spéculation
Le bruit de fond, c’est la sollicitation permanente de nos capacités infra-conscientes. J’ai récemment entendu parler de tests acoustiques menés sur les systèmes d’aération d’un immeuble; il semblerait que le niveau de décibels atteint par ces machines est proprement stupéfiant. Cependant, comme les ondes sont trop basses, nous ne les percevons guère. Peut-être les percevons-nous malgré tout, de manière mécanique. Comme lorsque nous sommes trop près d’une caisse de son, nous vibrons. De la même manière, peut-être notre métabolisme perçoit-il de la sorte ces bruits et s’est-il habitué à vivre selon les pulsations de ces monstres au diesel, qui vivent sous les stationnements des tours à bureaux.

Le bruit de fond comme réconfort
Nous vivons à proximité de ces monstres et de bien d’autres, dans la sphère de leur influence. Nous qui vivons prisonniers dans cette sphère, mais nous nous entêtons néanmoins à endurer ce bruit incessant, parce que nous avons appris à vivre à leurs rythmes, et leur agitation nous est un réconfort. Elle nous prévient en effet d’une chose bien plus assourdissante: le silence.

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À consomer en HD, sinon les poils du chest se confondent dans une mer de pixel c’est alors qu’on rate l’essentiel!

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Mysterious, 27/03/2009 [Citations et aphorismes, Vol de contenus]

«Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire?»

- G. Perec, l’infra-ordinaire.

Copié d’un courriel envoyé par Ensemble de chaise à jardin.

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Amygdale, 26/03/2009 [Bidons et autres contenants]

Ce soir, 5 à 7 au Divan Orange pour le lancement des trois tomes du FAS, le Quotidien délirant, le Continent de plastique et Vers un nouvel exotisme : animation Royal Air Togo, projection de diaporama, lectures publiques, bière pas chère… Si ça c’est pas vaincre, consultez.

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Ma chère Ekaterina,

Je t’écris depuis cette retraite où je me suis réfugié du smog de la ville. Sans eau courante ni électricité, je me tiens près d’un poêle pour t’écrire, ayant recouvert mes épaules de la liseuse tricotée par tes mains expertes. Chaque jour, affrontant les rigueurs de l’hiver, je sors visiter les collets posés tout autour de la Hütte, mais ce parcours ne me rapporte ordinairement que des engelures. Néanmoins, je reviens rasséréné de l’air vif, et c’est l’esprit parfaitement lucide que j’entreprends mes travaux.

Me prenant pour cobaye, j’affronte une à une les expériences de pensée les plus saugrenues de l’histoire de la philosophie, car je ne me satisfais pas de douter de tout : je mets chaque proposition à l’épreuve des faits.

Je tenterai aujourd’hui de répondre à la question de ce philosophe autrichien un tant soit peu laconique et dont tu m’as fait parvenir les écrits. Voici le passage qui m’occupe :

…quand « je lève mon bras », mon bras se lève. Le problème se pose : que reste-t-il lorsque je soustrais le fait que je mon bras se lève au fait que je lève mon bras? (Wittgenstein, 1961, par. 621)

Je me propose de répondre à cette question. À première vue, il semble que l’expérience soit facile à réaliser, le seul matériel requis étant un bras, ce dont je suis doublement pourvu. Allons! Passons sans plus tarder au laboratoire!

[Se lève, puis lève le bras, puis retourne à la table]

En première approximation, ma chère Ekaterina, l’observation rigoureuse du phénomène révèle que ce qui reste, manifestement, du fait que je soulève mon bras, une fois retranché le fait que mon bras se lève, s’avère n’être rien d’autre qu’une manche de chemise.

[Marque une certaine insatisfaction]

Bien qu’elle soit exécutée dans la plus stricte observance du protocole expérimental, cette première tentative n’en manque pas moins de me décevoir, étant donné le caractère accidentel du coudoiement de ma manche et de mon bras. Il me paraît donc absolument nécessaire de reprendre les tests en écartant toute perturbation textile superflue.

[Se lève, retire sa chemise, puis lève son bras]

Le résultat du second test me laisse encore perplexe. C’est que je ne sais pas au juste comment je devrais opérer la soustraction. Il est hors de question que je coupe mon bras, car cela ne ferait que reporter le problème. En effet, que resterait-il du fait que je coupe mon bras, une fois soustrait mon organe sanguinolent? [Hautain] Rien d’autre que des hurlements sans valeur scientifique.

Non, ma chère Ekaterina, nous ne voulons pas être hantés par un membre fantôme. Il nous faut reprendre le questionnement avec le plus grand sérieux. « Que reste-t-il, donc, lorsque je retire le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras? » Considérant l’énoncé sous un angle strictement syntaxique, il me paraît que la réponse pourrait bien être le « je » du « « je lève mon bras » Une fois soustrait le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras, il demeure un « je » qui serait, pour ainsi dire, le moteur de l’action. Mais cette réponse fort économique masque un petit inconvénient de l’opération : la soustraction du je de l’énoncé « je lève mon bras » ne peut se faire sans additionner un se dans l’énoncé « mon bras se lève ». Il s’avère, donc, que notre équation n’est pas tout à fait homogène, et si l’on enfonce le sujet à un bout de la phrase, il rejaillit à l’autre bout!

Mais poursuivons. Si mon bras se lève, alors on peut dire qu’il est autonome. Retrancher le je équivaut à donner une volonté propre à mon bras. Dès lors, comment éviter que cette volonté ne vienne empiéter sur la souveraineté du reste de mon corps? Il faut absolument tracer une frontière!

[Se lève, trace un cercle au crayon feutre autour de son épaule]

Me voilà quelque peu rassuré. Maintenant, tout est clair : il y a mon bras et mon corps, chacun de leur côté, et chacun fait ce qu’il veut.

[Moment de perplexité]

Mais, au juste, pourquoi tracer une ligne ici et non pas là? « Mon bras se lève », d’accord, mais où, au juste, commence mon bras? D’ailleurs, qu’est-ce qui me donne le droit de séparer de la sorte mon bras du reste de mon corps? [Véhément] Et puis, à tout prendre, qu’est-ce qui me donne le droit de parler de « bras » et de « corps »? Me voilà prisonnier des mots, et je ne vois pas comment cela pourrait être pire.

[De plus en plus troublé, se prend la tête] Ma chère Ekaterina, je m’enfonce ici dans le mystère. Tous ces organes autonomes et ce je insaisissable m’empêchent de saisir le problème à bras-le-corps!

[Ses mains bougent devant lui. Soudain, ses bras s’enlacent autour de son corps, le faisant prisonnier de sa chaise. Il se débat en hurlant « insaisissable je! Insaisissable je! » Puis, au bout d’un moment, il parvient à se libérer.]

Ma chère Ekaterina, à la question « Que reste-t-il lorsque je retire le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras? », je ne puis offrir qu’une réponse : des nuits d’insomnie.

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Bébé Astronaute, 21/03/2009 [Art is Evil, Cool is Class War]

Depuis que le printemps nous gratifie de ses caresses, j’ai recommencé à pratiquer une de mes activités préférées : la marche. Pas la marche comme moyen de transport, non, ça je l’ai fait tout l’hiver et, croyez-moi, j’en ai mon truck. En cette saison, le vélo s’avère définitivement supérieur.  En fait, la marche qui m’intéresse est psychogéographique. C’est la dérive, comme l’appelaient les situationnistes.

Sans but précis, ce genre de promenade aboutit souvent dans un cul de sac, mais mène parfois à des découvertes extraordinaires. Et la soirée d’hier a mis la barre haute quant à mes prochaines explorations urbaines.

T* et moi étions allés flâner aux alentours du viaduc Van Horne. Sur Saint-Laurent, de l’autre côté du feu parc sans nom, sous le viaduc, se trouvaient de curieuses installations modulaires faites de matériaux recyclés, très design. Comme je l’ai appris en feuilletant le petit cahier attaché à chacune d’elles, ces oeuvres étaient le fruit du travail d’un groupe d’étudiants en architecture, qui proposaient une réflexion sur le thème de l’habitation. Leur démarche était expliquée de façon détaillée dans le cahier, mais étant donné que mes facultés mentales étaient quelque peu affaiblies, je ne me suis pas trop attardée sur le sujet. Nous avons continué notre marche.

Juste un peu plus loin, une pile de pneus. Était-ce des déchets? Était-ce de l’art? Nous nous sommes approchés. Certains pneus étaient recouverts d’une housse faite d’un joli tissu à motifs imprimés, très propre, qui semblait faire de chacun d’eux une sorte de siège. J’en ai essayé un. En effet, c’était assez confortable. Les pneus étaient attachés ensemble par de solides attaches de plastique, créant un filet indestructible ponctué de taches colorées formées par les housses. C’était définitivement de l’art. Un peu à l’écart, un pneu solitaire traînait dans un flaque d’eau. Faisait-il partie de l’oeuvre? Quelques lignes mystérieuses tracées à la craie nous faisait croire que oui.

Nous avons continué notre route. Un amoncellement de morceaux de bois a attiré notre attention, mais cette fois, c’était certainement un tas de déchets, piquants, pourris, bons à rien.

On s’est dit qu’on en avait assez vu pour la soirée et qu’on allait rentrer à la maison, en passant par la rue Saint-Dominique, là où elle s’interrompt pour laisser place à la voie ferrée. On voulait voir s’il y avait encore quelqu’un qui squattait dans le tas de neige. C’est que la veille, en passant par là, on avait vu un chien, tout seul, qui semblait excité de voir des passants. On s’était approchés, croyant qu’il était perdu, mais le chien s’était mis à aboyer et était rentré se réfugier dans une cavité creusée dans la neige. Il avait une laisse autour du cou. On s’était dit alors qu’il y avait un bum qui s’était fait un trou pour dormir là et qu’on ferait aussi bien de le laisser tranquille.

Il avait fait chaud durant la journée et la neige avait commencé à fondre considérablement. En arrivant près du tas de neige, on a vu qu’il y avait non pas une, mais quatre cavités creusées à différents emplacements autour du tas de neige. En s’approchant de l’une d’elles, on a constaté que ce n’était pas une cavité, mais un tunnel menant à une pièce en forme de dôme creusée sous la neige. Contre le mur, un banc de neige formant un cercle autour de la pièce était jonché de quelques bouteilles de bière. Ce salon avait deux autres entrées, deux tunnels menant à d’autres chambres creusées dans la neige. Le premier, à gauche, menait à une alcôve visiblement destinée au sommeil. Celle-ci avait une autre issue, un plus petit tunnel faisant probablement office de sortie de secours.

L’autre tunnel partant du salon menait à une plus grande pièce, à ciel ouvert. Au milieu, quelques blocs de béton disposés en cercle contenaient les braises d’un feu éteint. Probablement la cuisine. Un tunnel menait à une autre chambre dont le plafond était partiellement fondu. Toutes ces chambres étaient reliées entre elles et constituaient une sorte de labyrinthe, un village secret complètement dissimulé sous la neige. Sans le chien effrayé, nous serions probablement passés à côté sans jamais nous apercevoir de rien.

Quel contraste et quelle étonnante simultanéité entre les découvertes de cette soirée! Comme tentative d’appropriation de la ville, l’art brut de ce réseau d’igloos urbains surpassait largement les simulacres d’habitations des étudiants en architecture, qui me semblèrent alors, certes intéressants, mais tellement bourgeois en comparaison!

En sortant, nous avons été surpris de voir une voiture de police stationnée tout près. Il faut dire qu’il y a toujours de plus en plus de flics dans le quartier. Peut-être venaient-ils d’expulser les habitants de leur abri de fortune, sous prétexte de les empêcher de mourir écrasés sous la neige fondante. Trop occupés qu’ils étaient à lire leur Journal de Montréal, il ne nous remarquèrent même pas. Probablement qu’ils étaient en train de se féliciter de voir encore les médias discréditer la racaille après la manifestation contre la brutalité policière.

En tous cas, vous pourrez dire à tous vos amis français qu’à Montréal, il y a vraiment du monde qui vivent dans des igloos.

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Amygdale, 20/03/2009 [Bidons et autres contenants]

Samedi 21 mars 23h à l’Agora de l’UQAM se tiendra le deuxième Laboratoire de métaphysique expérimentale. Il y sera question de lever le bras. Performance suivie d’une période de question.

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Robodrigue, 11/03/2009 [Bidons et autres contenants]

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Zepoulpe, 10/03/2009 [Intoxicated Press]

Hollywood (Alberta) – Qui a dit que la croyance populaire et « corrompue » selon laquelle la terre serait ronde (et légèrement aplatie aux pôles) était vraie? C’est du moins ce que remettent en doute les membres de la Flat-Earth Society.

Persuadés que la terre n’est pas ronde, mais plate avec une profondeur « d’au moins 9000 mètres », les théoriciens de la Flat-Earth Society affirment « déprogrammer les masses depuis 1547″. Basée en Alaska (une place proche du bord du disque), la FES s’oppose au modèle « Efimovich » selon lequel la terre serait ronde en avançant plusieurs arguments de type massue :

1) L’espace n’est pas majoritairement composé de vide, mais d’éther.

2) Une terre ronde aurait finie par ralentir sa rotation depuis le temps qu’elle tourne.

3) Si la terre était ronde, les choses dessus (humains, arbres, autos, etc.) se seraient depuis longtemps « envolées » à cause de la vitesse.

4) Imaginons deux êtres humains, l’un se tenant debout au pôle nord et l’autre au pôle sud (c’est frisquet dans les deux cas). Celui au pôle nord est « bien entendu » attiré par la gravité vers le pôle sud. Mais celui se tenant sur le pôle sud, hein? vers où est-il attiré? Kaboom ! Dans ta face théorie de la terre ronde !

5) Mais imaginons que les deux hommes sont en réalité attirés par le sol sous eux (par le centre d’une terre ronde), qu’arriverait-il si le premier voulait visiter le second? En descendant le long de la terre (!), il serait confronté à une gravité « différente » de celle du pôle sud et finirait par tomber « en haut ».

Vous avez des doutes? Vous pouvez gagner 5000$ en cliquant ici.

Les arguments sont comme qui dirait, en béton. Aussi, l’Académie fasienne de la stupidité manifeste est fière de nommer les membres du FES candidats au grand prix de la Stupidité Interplanétaire Carabinée (sic)!

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