septembre 2009

Intoxicated Press étant toujours en lock-out, le reporter Herby Stup donne désormais dans le journalisme citoyen.

Binerie Mont-Royal – Un groupuscule révolutionnaire a investi un échafaudage situé en amont du Fameux Viande Fumée et Charcuterie, dimanche soir. Masqués de mousses carrées, ils ont également placardé les murs avoisinants d’affiches. Ils ont ensuite distribué des tracts. Du haut de la structure d’acier, ils se sont mis à scander, au moyen d’un mégaphone, un manifeste proclamant leur objectif de manière non-équivoque : « le FAS vaincra ! »

Poule de luxe, 26/09/2009 [Actions stupides, Vol de contenus]

C’est une vieille caucasienne à la taille forte et à la voix stridente, mais elle a la grâce du cygne qui balbutie ingénument ses premières envolées. Notre première rencontre, il y a de cela deux ans, fût décisive : je savais qu’elle me traînerait aux confins de l’ascétisme, que pour elle, je me saignerais à blanc.

Ma nouvelle maîtresse de ballet a un patronyme qui se termine en ov. Un détail le fun qui incarne sans nuance la tradition. (Et ça tombe bien car je cherche dans mes activités quotidiennes ce brin d’exotisme qui puisse me consoler de ne pas pouvoir voyager quand bon me semble.) Son français est approximatif son anglais est un amalgame de mots français prononcés avec ce qu’elle croit être un accent anglais. Quant à son russe, je n’ai eu qu’à prêter l’oreille aux « insides jokes » qu’elle partage avec une des étudiantes, dont toutes les deux sortent hilares, pour conclure qu’elle maîtrise au moins cette langue correctement. Mais jamais je n’aurais douté que mes attentes en matière d’exotisme seraient comblées de façon aussi peu subtile. Ma foi, j’ai été servie. Et cette semaine, elle a atteint le sommet de cette gloire que je lui confie secrètement.

« Les garçons, les filles ! Pour faire les pirouettes, il faut penser que vous êtes le soldat ! Dur, dur, tronc solide, jambes comme les matraques! pensez que vous avez la kalachnikov dans les mains et Ratatatatatatatatatatatatatatatatatat !!!!! »

« Les garçons, les filles ! Pour faire le port de bras, il faut le bras solide. Toi, viens, frappe mon bras. Plus fort, plus fort, plus fort, plus fort, je veux avoir l’ecchymose. Choisissez, l’honneur ou le goulag ! »

«  Les garçons, les filles ! Pour faire Adagio, il faut la mémoire. Pour avoir la mémoire, mangez le caviar! »

Juste pour ça,  je  la laisse me taper les fesses et me déboîter une jambe en public de temps en temps.

Ps : bulle pétée :  Je « google-image » Vaslav Nijinski, figure mythique du ballet, dans le souhait de revoir quelques unes de ces gravures sur feuilles d’or qui datent du début du siècle et qui représentent le virtuose dans des poses et des déguisements assi magnifiques qu’improbables. Mais, horreur, je tombe sur une photo de sa tombe au cimetière de Montmartre. OUACHE !!! Ils ont transformé mon idole en un paillasse déchu avec des bottes de cow boy.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Vaslav_Nijinsky_tombstone.jpg

Mysterious, 26/09/2009 [Actions stupides, Nouvelles]

Aujourd’hui, des activistes du FAS armés et décidés envahiront, à précisément 18h00, un échafaud situé au 359, rue Mont-Royal Est. Ils déclameront poèmes et manifestes. Ils lutteront en public pour un quotidien délirant – et ils vaincront.

Soyez-y !

Le vélo-boomerang, c’est un Giant. Et tout commence avec ce son que je déteste : la sonnerie de la porte. C’était l’été dernier. (suite…)

Poufiasse, 24/09/2009 [Cool is Class War]

Samedi,  j’ai eu comme un petit blues en rentrant chez moi. D’habitude, sur ma béacane à trois vitesses, je suis une force qui va! Pas cette fois. (suite…)

À cheval sur ma bécane, je roule à toute allure, en pleine heure de pointe, rue St-Denis. Mes roues lancent des flammèches. J’ai ce qui me reste de cheveux dans le vent. Je roule si vite que le ciel devient rouge feu. Un homme qui vient de traverser la rue, sans se soucier des voitures qui manquent de le transformer en morceau de viande, arrive sur moi. Je me tourne vers lui, sans m’arrêter, et mes yeux tombent droit dans les siens. Un large sourire illumine sa barbe abondante. « J’ai vu le diable », qu’il me dit. Je retourne la tête devant moi, juste à temps pour éviter un autre cycliste stationné un peu plus loin, puis je poursuis ma route sans regarder en arrière. Et je me demande maintenant : «Est-ce moi le diable en question ? N’ai-je fait qu’apprivoiser momentanément la bête qui sommeille en moi ?» J’ai l’impression de vivre dans un univers à la croisée des fictions de P* et de D*, et peut-être même de celles de B*. Pas mal délirant, en tout cas.

Mysterious, 18/09/2009 [Nouvelles]

EXCLUSIF : les (très rares) fascicules du FAS «spécial Probable, mais dégage» et «spécial Hé, hé, hé…», des fanzines autoédités dans une cave froide et humide par une cellule particulièrement subversive du FAS, sont maintenant disponibles dans plusieurs Distroboto pour la modique somme de 2.00$.

*

ELLE : Chéri, est-ce que c’est comme ça que le FAS va vaincre ?

MOI : Probable…

ELLE : … mais dégage !

EN CHOEUR : Hé, hé, hé…

*

NOUS VAINCRONS !

Robodrigue, 16/09/2009 [Bidons et autres contenants]

Amygdale, 15/09/2009 [Actions stupides, Triviale poésie]

Je retire lentement le vélo du support
Et l’enfourche, mains sur le guidon
Roulant déjà, car de prime à bord
Je n’ai rien à faire dans cet endroit bidon

Je vois que sur moi recule une voiture
Prestement, m’aplatissant presque
Je souffle un mot contre sa voilure
Un petit «hep» poussé par réflexe

Mais le chauffard, sûr de son droit
Me fait bravade dans son miroir
Gaiment, je lui montre un doigt
Reprenant aussitôt ma trajectoire

Le voilà qui m’invective, tant
Et si bien, que je me retourne;
Il n’en fallait pas tant
Pour qu’il sorte de sa minoune

Il s’approche, résolu à m’affronter
Aussitôt qu’il m’atteint, me pousse
Et moi je riposte, effronté
Bien loin d’en vouloir à cette gousse

Et vlan! et re-vlan, c’était donc ça
Que tu voulais, me frapper
Depuis le départ, et en-deçà
De ma mâchoire un brin disloquée

Le voilà qui se retourne, penaud
Croyant m’avoir fait comprendre
Mais je ne laisserai pas le salaud
Sans la monnaie de sa pièce, lui rendre

Entre-temps une fille en courant
Se pointe, qui m’enjoint à déguerpir
Mais j’ai encore un argument
En entre-met à lui servir

Mon pied visite son arrière-train
Violemment; voilà sa pitance
Cela me coûte encore quelques pains
Que je déguste en silence

Las! C’en est assez, allons-nous-en
Je n’y suis pas pour apprendre aux voyous
Le code de la route, et ces enfants
Savent mieux que moi porter les coups

Je reprends ma bécane, toujours calme
Et je repars tranquillement, vers
Un endroit plus poli, un coin plus alme
Pour mettre à l’endroit, cette histoire en vers.

Zepoulpe, 14/09/2009 [Mourir au Canada, Triviale poésie]

C’était valonneux.

Un vallon, on pourrait dire que ce n’est rien d’autre qu’un long trou entouré de montagnes, mais ce serait mal connaître la susceptibilité des gens de la région de Thetford Mines lorsqu’on parle de trous…

La mine, ce n’est pas franchement ce qui est impressionnant : ça, c’est un gros trou sans ambition. Ce qui l’est par contre, ce sont les immenses tas de roches sortis au cours du dernier siècle de pelletage et qui jonchent la région à la manière de mastodontes inanimés. Une pelletée pour un lingot.

Mais Saint-Pierre-de-Brougthon, où on s’est réunis pour une festivité champêtre, n’est pas un trou. Non. C’est un beau petit village de 800 habitants, sis au fond d’un vau et peuplé de gens sympathiques dont certains sont presque ouverts d’esprit.

C’est dans cet environnement bucolique que nous prîmes pied, un jour de septembre pour y rencontrer de la boisson et des gigots que je m’apprêtais à faire en méchoui. SPDB est situé quelque part dans Chaudière-Appalaches, entre la Beauce et la région de Thetford.

Lorsque je me suis enquéris auprès de la caissière du dépanneur pour savoir si on était bel et bien en Beauce, elle s’est arrêtée de vendre des gratteux une seconde, s’est retournée vers moi et m’a dit d’un drôle d’air : « Ça, personne ne le sait…. » (En fait, elle a plutôt dit quelque chose comme « Chat, parchone le chavent », mais on se comprenait moi pis elle.) Ensuite, elle a rajouté : « Moi, si j’étais vous, je ne poserais pas trop cette question-là aux alentours… » (Moiche, chi ch’tais toé, je chierais pas trop dans ces champs-là »).

Reprenant nos denrées et poursuivant notre chemin, nous rencontrâmes deux vieillards qui discutaient :

- Ouais ben, je peux-tu dire qu’on a pris une sacrée rince hier soir?

- Mets-en !

- Entre toi pis moi, je me suis réveillé à matin pis QUELQU’UN avait chié dans mes culottes !

- Ça, ça se fait pas.

- Je peux pas te dire qui c’était, sauf qu’il aimait vraiment le maïs.

On a finalement pas posé la question et continué notre chemin.

Une amie, fort cultivée et intéressante – comme il en faut dans un chalet conçu pour recevoir un maximum de sept personnes lorsqu’on est treize, – tomba sur un recueil de poèmes de Rimbaud. S’exclammant bruyamment toute seule dans le noir d’un salon attenant, nous la priâmes de venir partager avec le groupe le résultat de ses lectures. Elle entreprit donc de nous lire Le sonnet du trou du cul de Roger Rimbaud (ou était-ce Kevin?). Ça donnait ceci :

Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu’au bord de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l’autan cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s’en aller où la pente les appelait.

Ma bouche s’accoupla souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !

Charmés devant tant de magie, nous soupâmes en paix en méditant la profondeur des mots de ce grand homme.

Ah oui ! Les gigots étaient parfaits.


Amygdale, 13/09/2009 [Actions stupides]

« Je cours rarement, mais, lorsque je cours, je cours si vite que le ciel devient rouge. »

- Mysterious

Ce matin à la ligne de départ sur le pont J*-C*, je m’échauffe et je visualise ma victoire.  J’ai 42 kilomètres et des poussières à parcourir dans les rues de M*, avant de faire mon entrée triomphale dans le Stade.  Ce n’est pas une mince affaire.  Voilà plusieurs mois que je m’astreins à une diète contrôlée, que je mesure mes mensurations et mes calories chaque jour, que je parcours des distances incommensurables, n’allant nulle part, ayant pour seul fin d’endurcir mes muscles et d’augmenter mon volume respiratoire.  Et aujourd’hui, jour J, je suis un homme d’acier.  Je vaux un million de dollars.  J’ai une dégaine d’enfer, avec mes yeux perçants surplombant l’épreuve, portés sur ma destination que je peux voir au-delà des parapets, par-delà le fleuve et les grattes-ciels.  Le Stade.  Bientôt le signal du départ est donné, après une allocution du maire dont je ne saisis que cette question angoissée : « où sont nos élites ? »  Question grave dont je me fais aussitôt l’écho, mais je ne recueille de cet appel qu’un sourire discret de ce journaliste de R.-C., qui est descendu de la colline parlementaire pour venir faire quelques foulées dans les rues.

Départ.  Aussitôt, les Kenyans et autres Maghrébins disparaissent.  Maintenant, c’est entre moi et la chaussée.  Combat à finir contre les crampes musculaires, les points de côté, les douleurs articulaires, la fatigue.  Le trajet n’a pas changé depuis trois ans, le circuit G*-V* est toujours aussi plat, le pont de la C* est toujours aussi moche ;  toujours aussi surréalistes sont les rues désertes du quartier St-A*, avec ces gens d’affaire aux regards indolents qui sirotent leur café sur les terrasses illuminées par les rayons obliques du matin.  Plus loin, St-C*, avec ses bums affalés dans les cadres de portes, puis le demi-parcours.  Ouch.  J’aurais pas dû partir sur la brosse l’avant-veille.  N’empêche, mes jambes tiennent le coup, et c’est heureux, car voilà la Bibliothèque Nationale et la redoutable côte B* — malheureusement, il n’y a pas de groupe pour nous jouer des standards de Dixieland cette année.  Parc L*, des arbres, de l’ombre, du vent.  Le plus dur s’en vient: le quartier du P*, avec tous ses faux-plats, ses faux-mets, ses faux-jetons.  Rue St-L*, j’entre en léthargie.  J’ai trop mal partout pour être nulle part précisément, et surtout dans mon corps, alors je tente de me transporter ailleurs; dans les vitrines de cette boutique, dans le bruit des sifflets d’encouragement, dans le petit cul de course de cette jolie marathonienne qui m’a devancé, mais que je vais rattraper et dépasser plus loin, une fois que je me serai réveillé, passé le 32K.  Elle s’est arrêtée, épuisée, alors je lui glisse un mot d’encouragement et j’accélère, parce que, contrairement aux années précédentes, j’ai compris qu’il fallait garder son énergie pour la fin.  Et la fin, elle approche, presque 4 K à faire sur R*, puis la satanée côte  P* IX, cette chienne, et là, très vite, on le sent, on est magnétisé par lui, ce grand Stade, cette soucoupe volante mal déguisée, ce grand temple de l’esprit sportif.  Projecteurs.  Musique.  Foule en liesse.  42 K.  Plus que 125 mètres, les magiques, les forcenés, les incorporels, avant la ligne d’arrivée.

Bip!

Je touche au ciel.  Une jeune fillette m’accroche une médaille au coup, une autre me tend une bouteille d’eau.  Je ne demande rien d’autre, j’ai tout donné, je rentre chez moi sans cérémonie.

Voilà sans doute une grande action stupide, mais j’aurai gagné une chose qui n’a pas de prix : un bronzage.

Sire Doneilles, 13/09/2009 [Nouvelles, Vol de contenus]

Pour rameuter les bougaloos: Est-ce que vaincre c’est être récuperés?
YÉYÉ *

*Lien codé direct en html (this is so getting me laid)

Amygdale, 11/09/2009 [Bidons et autres contenants]

Aujourd’hui, dans un magasin de bobettes.

[la vendeuse, une vieille alpha cochonne]  :  celles-là sont en spécial, deux pour trois.

[moi] : ok.  Le tissu a l’air confortable…

[la VAC] : sont faites en bambou

[moi] : ok.  je vais les essayer *par dessus mes sous-vêtements*

- Plus tard, en sortant

[La VAC] : au revoir, et prenez soin de votre bambou

[Moi] : heuAheuAheueAh…

Poule de luxe, 11/09/2009 [Bidons et autres contenants]

Hier, dans la rue :

-Toué avec tu sors d’un trip de béquilles?

- Pardon, c’est à moi que vous parlez?

-Ouin, tu sors d’un trip de béquilles, c’est ça?

-J’sais pas de quoi vous parlez.

-Oh scuse, c’est parce que tu riais…

-Non,  je riais pas.

-Oh scuse, c’est parce que je pensais que tu riais en me voyant avec mes béquilles, faque j’me suis dit : « A rit parce qu’a doit comprendre c’que je vis, a doit sortir d’un trip de béquille elle avec »

- Non, désolée, je riais pas pis j’ai jamais eu de béquilles

-Oh scuse debord, j’pensais que… tsé… en tout cas…

Joseph, 04/09/2009 [Pratique]

http://www.recuperervotrecopine.info/

Quelqu’un doit tester ce truc, qui veut devenir un mâle dominant ?