octobre 2009
Poufiasse, 29/10/2009 [Cool is Class War, Mourir au Canada]

Si on la juge à la quantité de librairie qu’on y retrouve, on pourrait imaginer que Halifax est une ville plate. Pourtant on se rend rapidement compte qu’elle torche toutes les (suite…)

Mysterious, 26/10/2009 [Actions stupides, Vol de contenus]

À l’occasion du rendez-vous des publications paradoxales 2009 (à Québec), des activistes du FAS sous le couvert de l’anonymat ont fait une :

Lecture publique du manifeste du FAS

En aucun cas… des fois, par exemple… pas tout le temps… juste quand ça nous tente… FAS vaincra!

Robodrigue, 25/10/2009 [Bidons et autres contenants]

Aujourd’hui on refait le big bang à l’envers; la température monte, la lumière, aspirée par ton corps, se dissipe. Je vois pourtant clair dans le noir et je plonge de l’escabeau couvert par les nuages, dans mon plongeon à travers le brouillard je vois se dissiper le croissant de ta lune et j’alunis. Ta respiration syncopée me rappelle qu’en apesanteur l’oxygène se fait rare, chaque expiration est un risque mortel, mais peu importe, il est inévitable que nous crevions d’amour parmi les étoiles; pour que nos cœurs deviennent des astres ensanglantés comme ultime trace du choc d’une comète et d’une planète, où les lois de la physique furent transgressées.

Nous sommes revenus sur terre lorsque ma mère ouvrit brusquement la porte du cabanon – ignorante que ce sasse empêchait le vide d’entrer – nous sommes morts étouffés…

Sous le regard éhonté des grands nous défilions sans trop comprendre, mais déjà mon esprit pointait vers l’espace et cherchait un nouveau moyen de m’évader de cette planète; ton trou noir aspirerait mon corps à jamais, depuis je passe mon temps dans mon atelier à concevoir un vaisseau qui me permettrait de m’évader dans la voie lactée.

Mysterious, 25/10/2009 [Nouvelles, Théorie]

En prévision de la prochaine édition d’Expozine, nous avons débuté l’édition d’un nouveau fascicule du FAS (le dixième!) qui sera fort probablement (mais dégage!) un spécial «Zone oubliée».

Je vous vois déjà, chers activistes, adoptant la position du vautour, grinçant du bec et maugréant : «Pourquoi Zone oubliée? Ça veut dire quoi? Pis c’est même pas drôle.» À cela, je réponds très finement : «Probable, mais dégage», vous invite à vous observer dans la position du vautour, et m’explique ensuite:

Vautour_2

La «Zone oubliée», c’est l’espace d’un nouvel exotisme, le lieu de la frontière entre les chemins battus du quotidien le plus plat et celui du plus délirant, le désert de fibres optiques où Robodrigue éjecte sa carte à puce de l’entrejambe d’une cyberpute, le laboratoire où Amygdale, en émule d’Euj et Nism, se tranche le bras pour prouver une hypothèse scientifique, le Continent de plastique (Utopia?) où Julia Kristeva peut enfin vivre l’idéal collectiviste en se fondant corps et âme avec des ouvriers cubains, et j’en passe.

C’est dans une zone oubliée que nous fonderons, chers activistes, un phalanstère du FAS, où nous travaillerons ensemble pour connaître enfin la victoire.

FAS vaincra!

Amygdale, 06/10/2009 [Manger pour «vivre»]

Rien de tel qu’un rôti de palettes avec des patates pilées. Je l’aime bien sur-cuit, presque carbonisé, avec des carottes et des navets qui mijotent dans son jus. Ce soir, je reste chez nous à péter.

Amygdale, 01/10/2009 [Non classé]

Aujourd’hui, il m’est arrivé quelque chose de passablement délirant : je me suis fait embaucher comme scribe sur la rue.

J’allais rapporter mes bouquins à la BnQ, et en me cherchant un poteau pour ma bécane, j’ai croisé un vieux type – chapka, vareuse, un porte-document tout déchiré à la main – qui poussait comme moi son vélo entre les arbres, incapable de trouver une place vacante. « C’est-y pas une misère », qu’il me dit, et moi, croyant qu’il plaisantait en parlant du manque de rack à bécyk, je répartis ironiquement « Oui, tous les jours ». Mais le voilà qu’il se lance dans une tirade sur l’impossibilité d’obtenir sa carte du Parti Q*, et moi, par politesse, je n’ai d’autre choix que de lui offrir mon empathie, ayant déjà entamé la conversation. Il a une drôle de tête, et un drôle d’accent, pour un nationaliste; quand il prononce le mot « pays », ça sonne exactement comme si c’était G* V* qui parlait, qui chantait même, avec son acceso bien à lui. Toujours est-il qu’il réussi à m’enrôler dans une histoire de retranscription de documents, sans lesquels il lui sera impossible d’obtenir sa carte. On lui a dit, au bureau du parti, qu’il pourrait trouver un étudiant à la bibliothèque pour faire cela.

Je ne peux déjà plus le planter là. Je vais l’aider à trouver son… eh! Mais je peux faire ça, moi! Montrez-moi votre document (deux demi-pages, l’affaire d’une demie-heure). J’en demande vingt, ce qui est encore dix dollars de moins que le prix qu’on lui avait indiqué.

J’ai eu un mal fou avec les imprimantes de la BnQ, alors j’ai proposé d’aller à l’UQAM. C’était sur mon chemin. Mais ce ne fut pas de tout repos : le vieux, sans doute un peu sourd, parlait à tue-tête dans la bibliothèque. Ses papiers n’avaient rien à voir avec la politique. Il s’agissait de documents à faire parvenir à un avocat pour une affaire de succession d’une maison et d’une terre en Pologne. Il se disait maréchal ferrant, ce qui, je suppose, faisait de moi un scribe travaillant pour le compte la petit noblesse polonaise. Et même si la situation n’avait ni queue ni tête (à part peut-être celles de ses neufs chats, mais c’est une autre histoire), j’avoue que je commençais à y prendre goût. Les documents à retranscrire, écris dans un français approximatif, débitaient je ne sais quel charabia à propos de Fedex, de naturalisation, et de l’homme qui plantait des arbres. Le destin? Le voilà! Je n’ai pas pu m’empêcher de partager mon expérience de planteur, ce qui l’a entraîné à me parler des cerisiers qu’il avait planté sur sa terre. Mais qu’est-ce qu’il en a fallu du temps pour qu’un ordinateur se libère! Enfin, j’ai pu faire le travail et toucher mon pécule (je l’avais déjà reçu, mais je lui avait redonné, parce que c’eut été tellement facile de se pousser en courant, que cette idée en était venu à m’agacer). Ce à quoi il ajouta un billet de loto, prenant soin de me rappeler combien tout ceci était le destin, et combien les vétérinaires étaient tous des escrocs, etc.

Et que D* vous bénisse, m’a-t-il dit en me quittant.

Avec l’argent, je me suis payé un repas de saumon que je digère tranquillement. Et si je gagne le million, je ne dirai plus, avec Quine, que la loto est une taxe à la bêtise. Je rachèterai cette maison, sise dans la campagne polonaise. Les soirs d’automne, je me couvrirai de mon chapka en zibeline, et, me rapprochant du foyer en faïence, je contemplerai la cerisaie par la fenêtre.

649