mars 2010
Amygdale, 31/03/2010 [FAS - Rencontres]

On ne sait toujours pas où en est l’affaire entre Hilton et Perelman. On était habitué à voir ce dernier songeur, appuyé contre une porte du métro, désarmé par la beauté d’une formule, indolent et insouciant. Mais voilà que la célébrité le poursuit et que des paparazzi le harcèlent même dans son quotidien le plus banal. Y a-t-il une limite à l’emprise des médias sur la vie privée?

Pendant ce temps, Paris multiplie les appels, adressés selon toute vraisemblance à sa nouvelle amie, Lady Gaga, qui semble jouer le rôle d’entremetteuse dans cette affaire. Le conversation est toujours rapide et entrecoupée de « hihi » et de haussements d’épaules.

Ensemble de chaises a jardin, 30/03/2010 [Nouvelles]

Les deux premiers sont borings, mais les trois derniers sont juteux:

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Ensemble de chaises a jardin, 30/03/2010 [Art is Evil, Citations et aphorismes, Vol de contenus]

C’est toi, c’est moi, c’est nous autres ; c’est :

Mr Freedom!!!

mjack, 28/03/2010 [Bidons et autres contenants]

C’est du moins ce que l’on pourrait croire en suivant le lien suivant:

http://www.drugrehabclinic.org/drug-intervention.php

Il n’est cependant pas évident que les auteurs du blogue sur les cliniques de réhabilitations soient réellement qualifiés pour traiter du sujet.

Mysterious, 27/03/2010 [Activités culturelles cool]

Chers activistes et/ou sympathisants du FAS,

Cette semaine aura lieu le Gala des prix Expozine 2009. Rappelons-nous l’édition 2006 où nous connûmes la gloire, les femmes faciles et l’argent vite dilapidé. Cette année encore allons faire acte de présence, en tenue militante ou en tenue civile, et propageons la parole révolutionnaire du FAS.

Nous vaincrons!

Ensemble de chaises a jardin, 23/03/2010 [Activités culturelles cool]

Salut les artistes,

La musique c’est bon, c’est merveilleux, c’est de l’air devenu matière, du vide qui nous remplit. Il y a de ça quelques temps il avait été question d’établir la trame sonore de notre émancipation. Dans cet esprit, je vous propose cette anti-critique de disque :

Michel Magne & Jean Yanne – Moi Y’en A Vouloir Des Sous (1973)

Il y a des choeurs et des percussions et des cuivres et surtout un propos d’une pertinence à découvrir. Le monsieur il a fait tout plein de trucs comiques comme Des nouvelles du bon dieu et Deux heures moins le quart…

Tu cliques sur le lien et tu peux faire après ta propre critique!

http://pauldurango.blogspot.com/2008/11/michel-magne-jean-yanne-moi-yen-vouloir.html

Des thèmes « espace ».

Le LME aurait-il financé la publication de cet ouvrage éducatif ?

Amygdale en  serait-il secrètement l’auteur ?

Et surtout, qui d’autre aurait pu écrire aussi triviale poésie:

Projets expériences démarche scientifique développement des compétences domaines généraux de formation résolution de problèmes mission simulée rapports de laboratoire astronomie aérospatiale primaire secondaire.

Robodrigue, 19/03/2010 [Territoires troubles]

J’étais atteint d’un vers informatique; je maigrissait à vue d’oeil. Je l’avais chopper d’une serveuse FTP dans laquelle j’avais téléversé de l’information sans parfeu, ce sont des choses qui arrivent. Bien qu’affaiblie je trônais toujours comme l’androdrigue le plus rapide d’la galaxe. Je ne sais pas pourquoi mais même si elle était infectée jusqu’aux oreilles cette petite serveuse FTP était radieuse, et comme elle était pas chère je la traînais avec moi au cas où l’envie me prenait de télécharger un peu de porno.mov.

Affaiblie autant par le vers que par ma maîtresse je vivais aux abords du désert de fibre optique en bordure de Gigapole, je me faisais bronzer au gamma de mon écran en espérant reprendre un peu de force. La petite mignonne elle aimait se promener et faire du macramé à partir du fibre optique, ça m’attendrissait de la voir ainsi. Elle n’était jamais loin au cas où j’avais besoin de me brancher firewire 800. Pourtant ça faisait déjà quelques heures que je ne l’avais pas vu, je décidais donc de m’envoler et et balayer les environs pour la surprendre de ma tendresse; voyez-vous, j’suis user friendly pour les nénettes.

Une envie pressente de me brancher animait tous mes périphériques, une rustine ne ferait pas l’affaire. Je cherchais et cherchais sans la trouver. J’apercevais une silhouette au loin, espérant la trouver j’enclenchais l’horloge de mon processeur et filait à toute allure vers elle, mais en m’approchant je réalisais que c’était la silhouette d’un homme, j’armais mes canons de photon et continuais à avancer en me préparant au pire. La silhouette était celle de Mysterious, curieusement venu me visiter dans ma déchéance.

(À suivre)

FAS
SPIRIT DUPLICATA, 18/03/2010 [Bidons et autres contenants]

Federation of American Scientists

Mysterious, 18/03/2010 [Le best-seller]

« Alors vous l’aurez délivré de tous ses automatimes et rendu à sa véritable  liberté. Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers comme dans le délire des bals musette.

Et cet envers sera son véritable endroit. »

Artaud

SPIRIT DUPLICATA, 18/03/2010 [Bidons et autres contenants]

http://www3.telus.net/weirdgrrl/uploaded_images/2headed-791049.jpg

Bébé Astronaute, 16/03/2010 [Art is Evil, Vol de contenus]

Au moment de sa parution, en 2007, j’ai eu envie de publier sur les Annales du FAS – avant d’en faire la lecture, bien entendu – une critique de l’essai Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? de Pierre Bayard. Même si l’espèce de contre-mise en abime que j’imaginais revêtait pour moi un caractère fascien très à-propos, je fus interrompue dans mon élan lorsque j’aperçus lors d’une visite chez mon père – ce lecteur invétéré – un exemplaire de l’ouvrage en question sur la table du salon. Fait étrange, alors que mon père fréquente assidument la bibliothèque municipale, il n’achète jamais de livres ; cependant, il avait acheté celui-là, et insista pour me le prêter. Je lus donc Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? avec voracité – il fut pour moi une révélation – et j’abandonnai aussitôt mon projet d’article sur les Annales.

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? est un ouvrage que je vous recommande fortement. Néanmoins – je sais que votre temps est précieux –  je vais vous en épargner la lecture en faisant ici un petit résumé basé sur la table des matières – un truc vieux comme le monde évidemment préconisé par l’auteur pour savoir parler des livres que l’on n’a pas lus.

Dans le premier chapitre, Pierre Bayard évoque différentes manières de ne pas lire, outre celle de ne jamais ouvrir un livre, en se basant sur quatre catégories : les livres que l’on ne connaît pas, ceux que l’on a parcourus, ceux dont on a entendu parler et enfin, ceux que l’on a oubliés.

Il nous place ensuite devant certaines situations où nous pourrions être contraints – peut-être parce que le livre en question est censé être connu de toute personne cultivée ou pire, parce qu’il a été écrit par l’ami se trouvant devant nous – de s’exprimer sur des livres que l’on n’a pas lus : dans la vie mondaine, face à un professeur, devant l’auteur du livre ou encore avec l’être aimé. Si l’on est mal préparé, ces circonstances délicates risquent parfois de mettre notre réputation en danger.

Pour parer à cette éventualité, Pierre Bayard nous présente la bonne conduite à tenir : ne pas avoir honte, imposer ses idées, se permettre d’inventer le contenu des livres et, plus que tout, savoir parler de soi. Il conclut que la meilleure façon de parler des livres que l’on a pas lus est enfin de devenir soi-même créateur.

J’ai moi-même tiré les meilleures leçons de cette conclusion. Depuis la lecture de ce livre, j’ai poursuivi deux projets importants dans ma démarche artistique et dont la conception avait été fortement influencée par des idées émises par l’écrivain Jorge Luis Borges dans des livres que je n’avais pas lus.

Vous connaissez déjà mon projet de cartographie subjective. Je n’avais pas  osé vous le dire, mais je n’ai même pas la moindre idée du titre du livre dans lequel Borges aurait pu émettre l’idée d’une cartographie de la Terre à l’échelle 1 : 1.

Mon autre projet, Les étoiles de Babel, constitue une réflexion sur la nature de l’art imprimé – mon médium de prédilection. Basé sur une série de vingt-cinq linogravures circulaires de petit format inspirées de l’imagerie spatiale – les étoiles, les galaxies, les constellations – il se développe selon un processus de création inspiré de la Bibliothèque de Babel imaginée par Borges : une vaste bibliothèque contenant tous les livres possibles écrits au hasard à partir d’un alphabet de vingt-cinq caractères.

Dans Les étoiles de Babel, j’identifie les matrices gravées aux caractères typographiques composant les livres de la bibliothèque – le motif des étoiles se prêtant à la démesure des possibilités. À l’image des livres de la bibliothèque, imprimés par un assemblage de caractères de plomb sur une presse typographique, j’établis, dans Les étoiles de Babel, des processus combinatoires me permettant de générer – théoriquement – toutes les estampes possibles à partir d’un « alphabet » de vingt-cinq matrices gravées. En variant les encrages et l’ordre d’impression des matrices, j’imprime une multitude d’estampes différentes, comme autant de vues par télescope d’un paysage spatial imaginaire.

Lors de ma dernière exposition, une journaliste locale me demanda de préciser le lien entre mon projet et la nouvelle de Borges à laquelle j’avais référé. Comme je vous disais, je n’avais jamais lu La bibliothèque de Babel, ni, soit dit en passant, aucun autre livre du même auteur. Tout ce que je savais, grâce à Wikipédia, c’est qu’il s’agissait d’une bibliothèque imaginaire de taille gigantesque contenant tous les livres de 410 pages possibles écrits au hasard avec le même nombre de signes provenant d’un alphabet vingt-cinq caractères. Pour moi c’était amplement suffisant. Je croyais qu’une fois une idée lancée dans l’univers, il appartenait à chacun de se l’approprier et d’en faire usage comme bon lui semble.

Mais madame la journaliste ne voyait pas la création du même oeil et s’attarda au fait qu’il n’y avait que 25 lettres dans cet alphabet et que selon elle, c’était une incohérence puisque notre alphabet en comprenait 26. Bafouillant, j’avançai que Borges était portugais, ou plutôt argentin, que peut-être son alphabet n’avait que 25 lettres et que de toutes façons, c’était à lui qu’il fallait demander pourquoi il avait choisi ce nombre de lettre pour les livres de sa bibliothèque, pas à moi. Moi, j’avais fait un ciel étoilé, pas une bibliothèque.

En mon for intérieur, je me dis que la réponse à la question de la journaliste était peut-être dans la nouvelle et que pour éviter l’embarras, j’aurais sûrement dû la lire avant d’y référer dans mon texte de démarche. Après tout, ce n’était qu’un petit texte d’une demi-douzaine de pages, tout au plus – ça ne pouvait pas être si pénible que ça à lire.

Quelques mois plus tard, j’empruntai donc Fictions, le recueil dans lequel se trouvait La bibliothèque de Babel, à mon ami Mysterious. Je lus la nouvelle qui m’intéressait et quelques autres, pour enfin comprendre les motivations profondes qui avaient poussé Pierre Bayard à écrire Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? Il y a des livres comme ça qu’il est inutile d’avoir lus, tout simplement parce qu’ils sont trop plates. Cela dit, loin de moi l’idée d’enlever à Borges ce qui appartient à Borges. « Après l’avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. » (Claude Mauriac) Mais je savais maintenant que n’avais pas besoin d’avoir lu La bibliothèque de Babel pour m’en inspirer. L’idée de la bibliothèque, telle une petite graine, s’était implantée dans mon cerveau, y avait germé et s’y était développée comme une entité autonome, indépendamment de la plante-mère, dans le terreau de ma pensée. La bibliothèque de Babel n’avait plus besoin de Borges.

Borges lui-même serait d’accord, j’en suis sûre, lui qui croyait que certains livres, bien que basés sur des idées géniales, ne valaient même pas la peine d’être écrits. Il alla même jusqu’à déclarer, en prologue à Fictions : « Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cents pages une idée que l’on peut très bien exposer oralement en quelques minutes. Mieux vaut feindre que ces livres existent déjà, et en offrir un résumé, un commentaire. »

Je comprends maintenant mieux les tendances mystificatrices dans l’écriture de Mysterious.

Hé salut. On se parle comme ça très librement. Je lisais hier soir le dernier livre de Virginie Beauregard D.:

l’homme sans bras

a encore

perdu

son sac à dos

J’aime beaucoup la poésie. Jeune, je m’étais dit que toute ma vie serait poésie. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà dit ce genre de choses? On se dit des choses pareilles et on parle différemment, on s’habille d’une autre façon. Vous voyez le genre? Ça rend le quotidien plutôt délirant. Et ben, il m’arrive quelque chose d’un peu étrange depuis quelques temps. Ma peau se couvre de bidules étranges qui poussent habituellement sur le bois pourri. J’ai le corps couvert d’écailles fibreuses et ça gonfle. Ça fait un peu peur, mais d’un autre angle je me dis que je deviens une nouvelle forme de vie et c’est en soi pas mal poétique: je deviens comme une souche humaine. Une cellule souche? Un humain tronc, un être-tronc? En tout cas, je ne me suis pas décidé à aller voir le médecin (ou un agronome? un bucheron?). Est-ce que l’inaction stupide fait partie du front d’action stupide?

SPIRIT DUPLICATA, 16/03/2010 [Parasitisme révolutionnaire, Vol de contenus]

Quoi de plus naturel que de s’emparer de l’identité de Spirit Duplicata pour publier un article sur les Annales du FAS ? C’est tout à fait dans la lignée des projets chéris de Poufiasse « poutine sur Poutine » ou « lancer une cenne noire dans la face de la reine ». Ou encore de cracher dans la bouche de quelqu’un.

MIAMI – Des fidèles, qui ont suivi une pratique présentée comme conforme à une religion traditionnelle africaine par un homme de Miami, sont tombés très malades après avoir ingéré le mucus d’un escargot géant africain, perdant du poids et sécrétant d’étranges grosseurs dans le ventre.

Les autorités fédérales américaines ont perquisitionné en janvier chez Charles Stewart, après avoir reçu des plaintes. L’homme n’est pas poursuivi au pénal mais les procureurs et les agences nationales et fédérales de l’environnement ont ouvert une enquête, l’escargot géant africain étant interdit aux Etats-Unis sans autorisation spéciale.

Les experts estiment que cette espèce dévaste les nouveaux écosystèmes dans lesquels elle s’installe. Sa taille peut atteindre les 25,4cm de long. Il est même capable d’ingurgiter du plâtre. Hermaphrodite, ce type d’escargot produit spermatozoïdes et ovules et peut donc se reproduire tout seul.

Charles Stewart a expliqué au « Miami Herald » ne pas avoir eu d’intention de nuire, ces escargots étant utilisés chez lui lors des cérémonies de guérison. Son mucus contient en effet des substances qui seraient utilisées en pharmacologie.

Bébé Astronaute, 09/03/2010 [Géopolitique du logis, Territoires troubles]

Vous souvenez-vous du village sous la neige ? C’était à peu près au même moment l’année dernière. Hé bien l’autre fois, avec T*, on est allés vérifier s’il n’aurait pas été reconstruit. On a vite cru trouver une entrée dérobée, entre la clôture et le géant tas de neige, mais on n’y découvrit qu’une bien peu profonde et décevante cavité.

On retourna quand même une autre fois pour voir si le travail avait avancé. Apparemment, pas beaucoup, mais un petit bout de plastique attira toutefois mon attention. Un bac de recyclage, imbriqué de blocs de neige durcie, formait un mur dissimulant vraisemblablement une entrée. Quand même, on n’allait pas défoncer la porte et pénétrer par effraction !

De toutes façon, on s’est dit que c’était sûrement temporaire, le temps qu’il finissent de creuser. Et puis, il n’y avait pas beaucoup neigé cet hiver, ils avaient dû commencer assez tard. Quand même, ils n’allaient pas détruire et reconstruire une palissade à chaque fois qu’ils voulaient entrer et sortir de là !

Ce n’est que plusieurs jours plus tard qu’on découvrit à quel point on avait été dupés. Trop tard, encore une fois, parce qu’un printemps prématuré faisait fondre la glace à une vitesse folle. Les bums eux-mêmes ne se donnaient plus la peine de se cacher : les restes d’une feu éteint gisaient carrément devant l’entrée du fort, béante. On se risqua tout de même à l’intérieur pour jeter un coup d’oeil, vite vite, parce qu’avec toute cette eau qui coulait, on avait un peu peur que le toit s’effondre sur nous.

On était loin de l’Hôtel de glace, mais quand même, l’âtre, les bancs sculptés, les coussins, les bières vides, tout ça, ça donnait une superbe version prolétaire du fameux palace.

Ensemble de chaises a jardin, 06/03/2010 [Activités culturelles cool]

Salut les artistes, dimanche le 7 mars c’est Paranormal dans la ville. Un concours de photo ayant pour thème la ville et le parnormal. Ça vous étonne? C’est à 17h00 et c’est ouvert à tous.

mjack, 05/03/2010 [Activités culturelles cool]

Récemment mis au fait des résultats de ventes des Annales… les statistiques nous stupéfient et nous propulsent dans un champ de possibles infini. Entièrement libres, nous devons mainteant choisir ce en quoi nos énergies doivent vraiment être dépensées. Qu’a-t-il toujours manqué aux annales? L’action. Nommés Front d’action stupide, nous sommes surtout campés derrières nos ordinateurs à réécrire notre quotidien pour en extraire ce qu’il a de délirant. À une ère de réseaux sociaux nous sommes un réseau d’asociaux. Partageant en secret notre vision délirante, nous nous tenons en retrait des forces qui pourraient propulser le monde dans un processus infini de reéinterprétation délirant.

Et si on faisait des 5 à 7 thématiques, pour disséminer l’action stupide parmi une population moins engagée?

batissons ensemble sur l’idée de SPRIT DUPLICATA, et compilons ensemble une sélection de pièces typiques de l’esprit du FAS

france gall: résiste
georges moustaki: la philosophie
jeans team: das zelt

SPIRIT DUPLICATA, 03/03/2010 [Bidons et autres contenants]
Amygdale, 03/03/2010 [Préparations au voyage vers Mars]

02/10. Des tests, des batteries de tests. Dès cinq heures, je m’éveille. Le protocole de mise à l’épreuve d’un l’oligonucléotide expérimental s’enclenche aussitôt. Celui-ci a été élaboré afin d’éviter l’embonpoint de l’espace, trop fréquent dans ces modules exigus, où l’activité physique est limitée. On me colle tout d’abord des électrodes, 9 en tout, sur les chevilles, les bras et la poitrine. Puis, sous l’oeil imperturbable du docteur A. R. L*, des auxiliaires me piquent dans les bras, les cuisses, sur les flancs et sous l’ombilic, soit pour m’injecter le sérum — ou le placebo, je l’ignore et les auxiliaires également. Je dois ensuite demeurer immobile, en position semi-inclinée, pendant six heures, sans manger ni boire. À chaque demie-heure, un prélèvement sanguin est effectué à partir d’un cathéter inséré dans mon bras. Enfin, on inspecte les sites d’injection. Une infirmière me palpe, notant la moindre induration.

- Это больно?
- Нет, не больно.

Ensuite, le premier repas du jour. Les portions sont calibrées en fonction de mon indice de masse corporelle. Interdiction de partager. Je porte un bracelet muni d’une puce magnétique me permettant de me déplacer dans le laboratoire, soit pour aller à la toilette, soit pour aller au salon, mais il est impossible de quitter le bâtiment, même pour une courte marche dans l’enceinte. Je dois me satisfaire des rayons obliques qui entrent par la fenêtre du salon. La seule chose à faire, pour passer le temps, est de se familiariser avec l’équipage. Par exemple, il y a ce Roumain, S*, qui tient absolument à me faire connaître Miles Davis. Pour moi, il représente un curieux mélange de virilité latine et de brusquerie slave. Il ne croit pas à la notion de degré. Jusqu’ici, j’ai réussi à l’éviter en me réfugiant auprès d’un Britannique amateur de films d’espionnage de série B, mais ce dernier a été transféré dans une autre équipe. Il a donc fallu que je fasse la conversation avec le Roumain, qui à vrai dire, ressemblait davantage à un interrogatoire prenant rapidement des proportions métaphysiques. Il insistait pour que je lui dise la vérité sur tout. Lassé, je lui ai demandé « what is truth ? » Il m’a alors répondu « Truth is what we think ».

09/10. En faisant des tests, les psychologues ont découvert chez moi une nouvelle forme de synesthésie, qu’ils nomment la synesthésie du touché miroir. Lorsque je vois quelqu’un se blesser, je ressens de la douleur au même endroit. Ce n’est pas de l’empathie, mais une réaction instantanée et pour ainsi dire mécanique de mon cerveau, due à l’élagage atypique des connections synaptiques de ma circonvolution fusiforme. Rien de particulièrement inquiétant, mais les médecins ne peuvent s’empêcher de vous faire sentir que la moindre anomalie pourrait compromettre votre départ: « nous allons nous consulter ». S’il savaient que je me fiche de leur programme! Car en effet, vous le savez, j’ai décidé d’aller sur Mars par mes propres moyens.

13/10. Test de la cabine de pilotage avec L*, la copilote. Française, elle a l’hypertrophie du jugement. Du coup, elle me tape. « Elle est un peu petite, cette carlingue, non ? » Et aussi « ça me saoule tous ces boutons », ou encore « tu comptes vraiment apporter ce chat dans l’espace ? » Mais il faut bien admettre qu’elle a un sens de l’orientation à toute épreuve : que le vaisseau se mette à virevolter dans tous les sens, elle ne perdra pas de vue son sextoy.

19/10. C’est mardi, le temps est frais, mais ensoleillé. L’air est léger et la vue, dans cette plaine Sibérienne, porte à l’infini. Premier exercice d’apesanteur en vol parabolique. Étrangement, ce qui s’annonçait comme un exercice de familiarisation s’est avéré être une curieuse expérience d’aliénation somatique. Alors que nous commencions à léviter, j’ai senti un fort vertige, qui s’est rapidement résorbé. Mais, pendant environ 20 secondes, je me suis mis à voir derrière moi… comme si j’avais pivoté à 180 degrés, mais sans bouger! Je pouvais voir L* jubiler en se voyant flotter dans la soute. Je n’en ai pas parlé aux médecins, ni à L* d’ailleurs. J’ai passé la soirée à écouter des documentaires sur le paranormal, seul dans mon appartement de Chtchiolkovo.

Je ne sais pas ce qui m’attend dans les prochains jours. Peut-être la centrifugeuse, peut-être le confinement ou la piscine. J’ai entendu dire que les Russes suivaient un entraînement commando; ça ne sera pas une sinécure. Bah! Après tout, ce sera comme les scouts. On mangera des conserves gelées et, dans le pire des cas, j’y laisserai un orteil ou deux.

Je crois que ce dude était du genre à trouver que vingt-quatre heures dans une journée, c’est pas assez pour virer complètement barge. Il a donc élaboré la théorie du timecube, une sorte de quadrature du cercle qui revient à dire que 4 journées se déroulent simultanément sur la terre. Aussi, l’interface du site rappelle le premier site des annales du FAS, sauf que c’est composé d’une seule et interminable entrée. Bravo.

www.timecube.com

(suite…)