Diantre!
Moi qui ne prêche que par le mauvais goût et le mauvais mot, je fus pris à mon propre jeu aujourd’hui, un jeune ayant tenté d’attenter à ma toute nouvelle profession.
Vendredi après-midi, je fus convoquée par la direction du grandiose établissement où j’enseigne. Quelle ne fut pas mon angoisse de patienter trois jours pour connaître le sort qui m’attendait; j’en fis des cauchemars toute la nuit d’hier, imaginant les pires scénarios inimaginables, en bonne paranoïaque que je suis. À l’heure fatidique, j’entre dans le dit bureau; on ferme la porte derrière moi: TRÈS MAUVAIS signe. Sur le pupitre un dossier l’air inoffensif et moi déjà pleine de remords de ce qui m’attend. Je fus assez surprise de voir, le dossier s’ouvrant, ma photo de facebook. Le fameux dossier contenait plusieurs pages photocopiées avec sur chacune des pages mes obscénités et stupidités statuées en ligne surlignées en vert fluo. Toutes les belles saloperies prononcées depuis 2007 y étaient, à mon grand bonheur et celui de la direction. Je vous épargne les détails saugrenus de tout ce qui a pu sortir de ma bouche et se plaquer sur mon facebook, vous qui me connaissez, pouvez imaginer ce dont je veux parler.
Mon année se termine ainsi, sur une belle touche joyeuse, l’établissement entier m’attendant avec une brique pis un fanal l’année prochaine.
Belle main d’applaudissement pour ma grande intelligence.
J’ai déjà fait de la kétamine. Comme je suis une chaise, voire plusieurs, pour moi, faire de la kétamine, ça veut dire qu’il y a déjà eu de la kétamine qui a touché ma peau de plastique. Donc vous comprendrez que, pour moi, la drogue d’humain ce n’est pas très efficace. À la place, je regarde des trucs comme ça :
c’qui se passe avec poufiasse ? elle a complètement disparue de la carte, où est-elle allée se foutre ? avec qui ? faudrait songer organiser une battue et pour le moins retrouver son corps, elle mérite peut-être pas de vraies funérailles catholiques, mais un coup on pourrait fermer les yeux et lui chanter l’ave maria en oubliant son passé de catin…
Bonheur! Extase! Ces deux fascicules peuvent désormais être commandés sur Le Pressier (livraison gratuite au Canada durant toute l’année 2010 – 3$ le fascicule de près de 100 pages avec couverture sérigraphiée). Lecteurs de Lebel-sur-Quevillon (QC), Geralton (ON) ou Golden (BC), c’est peut-être maintenant ou jamais!
FAS vaincra!
Le dimanche 13 juin à 15h se tiendra un happening participatif sur la piste cyclable le long de la voie ferrée (au niveau de la rue de Gaspé) afin de faire pression sur la ville et le CN pour qu’ils construisent des passages pour vélos et piétons entre le Mile-End et Rosemont. Il s’agit d’une opportunité d’action pour le FAS, déjà engagé dans l’exploration et la conceptualisation de ce sanctuaire-viaduc. Répondons à l’appel de mobilisation et profitons-en pour investir les lieux de notre presse offset, afin de distribuer de la propagande pro-fassienne et pro-sentiers conatifs (desire paths). Puis, faisons dérailler un train et lâchons les bestiaux dans la ville!

Continent de plastique, polymère atoll
Golfe persique et du Mexique
Rutilants de sombre opal, pétrole
Laque des eaux toxiques
Marre du fioul, des plottes à gaz
Le kérosène jouissant des bas-fonds
Sucé sous les nappes – extase
Souille de sa nocturne pollution
Là un pélican d’envergure
Que le poids courbature
Couvert de mazout
De son goitre en entonnoir
Contre les séraphins noirs
Sors un cri qui dégoute
L’autre soir à l’émission 275-allo, l’animatrice A* D* pose sa question du jour à des enfants de Val D’Or : « Comment savez-vous que vos parents s’aiment? »
Un jeune garçon lui répond : « Ben, ils couchent ensemble! »
On reproche souvent aux artistes de performance de produire de l’art pour la sphère performative exclusivement et d’écarter ainsi tout contact possible avec un public extérieur….Évidemment, on génère son propre emploi.
Je renvois ici, aujourd’hui, cette même critique envers les activistes du FAS. Quiconque ne fait pas partie du cercle de plus en plus fermé et exclusif qu’est le FAS ne peut absolument rien comprendre à ce que ses protagonistes racontent. Les annales sont truffées d’entre-citation et d’inside qui inciteront un lecteur inconnu et non averti à ne jamais revenir s’immiscer dans la clique intime. Les rapports fasciens deviennent incestueux et il serait bon que de nouveaux activistes s’intègrent afin de libérer le FAS du cercle traumatique.
Ce n’est pas sans une forme de tristesse larvée que nous constatons que Zepoulpe – auteur autrefois prolifique, sans cesse mécontent et ridiculement poilu – est en quelque sorte devenu moins qu’une ombre, une espèce de poussière d’esprit, un auteur résolument absent et singulièrement muet lors de ces derniers mois, voire même de ces dernières semaines.
Ce n’est sûrement pas sans un soupçon légitime que les milliers d’autres auteurs du FAS ont continué la lutte, croyant peut-être que Zepoulpe avait abdiqué ou, subjugué par les spectaculaires résultats que l’on sait et les généreuses quoique louches subsides, était pour ainsi dire parti en taxi vers le Sud, à la rencontre de Julia Kristeva, de l’Empire Kraft, voire de l’amour – aventure stupide s’il en est une.
D’aucuns auront cru que Zepoulpe – suivant en cela la tradition des gouverneurs romains dans Astérix – a utilisé ses dividendes pour fomenter un complot contre le FAS, voire même contre la stupidité elle-même (finançant quelque groupe rival – le FUS ou le FOS) – sans égard à la tradition stupide et persistante du Front qui l’a pourtant vu naître.
Mais les faits sont demeurés et la réalité est si sotte…
Zepoulpe a peut-être simplement fait faillite ! Peut-être a-t-il dû abdiquer, en espèces sonnantes, tous ses projets obtus et intellectuellement creux; toutes ses tentatives pour repousser le vol du boomerang dans le but d’en permettre le mouvement perpétuel; tous ses désirs d’un autre siècle (pas le dernier, pas l’autre, l’autre) de possession d’un fief; toutes ses tentatives pour ouvrir sur Sainte-Catherine soit : un stand à hot-dogs, un bordel, un stand de tir, une chambre anéchoïque, un refuge pour abeilles, une pesée pour gros ou un kiosque de dopage pour cyclistes urbains.
Zepoulpe a peut-être déjà (ou enfin) les pieds pris dans un socle de ciment ? Peut-être qu’au moment même où l’on se murmure des inepties à l’oreille et où l’on se sussure des cochonneries clownesques comme pick-up lines, du genre « Salut, est-ce que tu ne penses pas que ce linge-là sent un peu le chloroforme ? », Zepoulpe se meure et tente de respirer à travers une couple de pouces de caoutchouc ou une couple de martinis ?
Les auteurs du FAS ont-ils seulement cessé d’aimer la vie comme un jour la girafe a cessé d’aimer la courteur ? L’absence n’est-elle pas comme le silence, d’or ?
Ce sont des questions qui méritent réflexion. Et quoi de mieux pour la réflexion que le Laboratoire de Métaphysique Expérimentale ?
Je vous le demande.