J e m’en veux d’avoir négligé de porter ce sac ventral pour des considérations esthétiques. Un pickpocket m’a eu au moment où je me disais « avec ce bras en l’air pour te tenir dans le métro, tu es une proie facile. » Les 15 secondes d’ouverture des portes n’ont pas suffi à me faire prendre conscience de l’affaire, et j’ai quitté la station tout nu, sans mes cartes, sans mon argent. Et puis je suis comme par hasard sorti à la station Kropotkine, près de l’ambassade canadienne, où je suis allé mourir. L’ambassadrice est une femme très occupée, mais également très attentionnée. Elle m’a laissé son numéro de cell; devrais-je la rappeler? Il me semble qu’il faudrait que les relations russo-canadiennes se réchauffent; comment lui faire comprendre? Et puis j’ai rencontré mon ami sibérien D*, un vrai de vrai raciste, machiste, avec cette déformation du nez qui lui interdit de ne jamais montrer autre chose que son derrière dans les photos. Il est insupportable, mais j’assure la note. Et le lendemain, ma chère L*, qui a de belles jambes et une verrue sur le menton, ce qui lui donne le droit de me donner un bracelet en cordon de coton rouge, noué sept fois, pour me protéger. Me protéger de tout, moi qui suis vraiment inapte au voyage. Et si jamais vous vous retrouvez seul avec deux gros types poilus de connivence dans une ruelle, remerciez le hasard (ou la nécessité) de vous avoir donné trois mois de planting et des muscles pour vous sortir de l’imbroglio.
Par contre, l’hôtel est sympa, la cour arrière donne sur une jolie basilique qui met tout plein de turquoise dans ma ville.
Sans faire dans la dentelle +
La tondeuse me coupera les cheveux =
Mohawk accidentel
J.ai l.habitude de me faire virer, mais qu.est-ce qu.il m.en a fallu du temps pour recuperer la conduite du « burban », le camion qu.on utilise pour amener les planteurs sur le block. Maintenant, je conduis tous ces jeunes en ville, dont deux francaises qui ont ete prises sur le pouce, detournees de leur but d.aller cueillir des cerises pour venir planter des arbres. Comme elles n.avaient aucun equipement, j.ai pris sur moi de leur en procurer. Je suppose qu.elles ont declenche en moi un instinct paternel. D.ailleurs, ces journees a faire du shopping et a m.occuper d.elles m.ont vallu les surnoms de « for the girls » et « papa ». J.ai la barbe du patriarche, il faut dire. Cet apres-midi, la plage. Ce soir, mourir. Non sans avoir assure ma posterite, cependant.
« Tereza se souvenait des premières journées de l’invasion. Les gens retiraient les plaques des rues de toutes les villes et arrachaient des routes les panneaux indicateurs. Le pays était devenu anonyme en une nuit. Sept jours durant, l’armée russe avait erré à travers le pays sans savoir où elle était. Les officiers cherchaient les immeubles des journaux, de la télévision, de la radio pour les occuper, mais ne pouvaient les trouver. Ils interrogeaient les gens, mais les gens haussaient les épaules ou indiquaient de fausses adresses et une fausse direction. » (Kundera)
Prendre un quartier relativement achalandé et en retirer les titres et autres nominations (tout en noir) servant à l’orientation. Au matin, voir les automates simplement fonctionner. Et les nouvelles tronches se présenter pour se perdre. Et celles-ci chercher l’orientation et demander aux autres, qui devront (ré)apprendre les détails du quartier. _ Plusieurs variantes possibles et à développer en observation des premiers essais et/ou buts à atteindre. _ À suivre.