Aujourd’hui, histoire de faire délirer le quotidien du lundi, j’ai décidé de m’amuser aux dépens d’un collègue de travail. Notre patron étant parti en vacances, il n’y a que moi et mon collègue au bureau. Après l’avoir entendu entrer au travail, j’ai décidé de communiquer verbalement avec lui en n’utilisant uniquement que les mots suivants :
1. oui
2. non
3. salut!
La journée a commencé facilement : (suite…)
A pedestrian knew how to display his nonchalance provocatively on certain occasions. Around 1840 it was briefly fashionable to take turtles for a walk in the arcades. The flâneurs liked to have the turtles set the pace for them. If they had had their way, progress would have been obliged to accommodate itself to this pace.
Walter Benjamin. « On Some Motifs in Baudelaire, » in Neil Leach, ed. Rethinking Architecture: A Reader in Cultural Theory. London and New York: Routledge, 1997, p. 33.
Histoire de mousser la popularité du FAS, ça fait un bon moment que je songe à écrire un COOL IS CLASS WAR qui parle de sexe. Alors quand ma blonde m’a dit qu’elle commençait la rédaction d’une thèse sur le speed-dating, j’ai tout de suite su que je n’étais pas loin du compte… mais loin d’avaler cette couleuvre. (suite…)
à la relecture du horla, pas lu depuis mon adolescence, j’éprouve non plus un simple sentiment de terreur, mais un agréable sentiment de complicité et de soulagement. les premières 20 pages me parlent directement, elles font allusion à ces moments où sans raisons concrètes l’angoisse monte en flèche dès le coucher du soleil, moments nocturnes où les comportements irrationnels et les terreurs enfantines me piochent la tête. cette angoisse, la même qui, lorsque je m’éveille couvert de sueur, me fait allumer une veilleuse dans la cuisine et la salle de bain, me tient en éveil jusqu’à l’aube en me torturant l’esprit avec mes problèmes, mes doutes, mes échecs. l’individu néfaste, se faire égorger ou étouffer, se faire observer, juger, triturer comme des doigts sales sur un bouton d’acné. j’y pensais aujourd’hui, assis dans mon bureau cloisonné, en tapotant le clavier d’ordi. ce bureau sordide, de ville d’anjou, où sur le boulevard Louis-Hippolyte Lafontaine je suis payé temporairement un prix surévalué à saisir des données assez inhabituelles. nouveau prix circulaire en vigueur le premier février: cerveaux bleus en jujube, 4.95$ le paquet…
Je suis passé par ici
Je me suis gratté
la pierre de la roche
Un titre tiré par les cheveux, un texte peu inspiré : un retour sur le FAS?
Je pense – j’ai appris à quelque part que la preuve du cogito ne permettait pas prouver l’existence de l’être pensant puisque le tronc cérébral hallucine «je» lorsque je dors -, donc je suis, malgré mon sentiment de certiture, incapable de prouver avec certitude que je ne rêve pas.
Enfin, pour que tout ça soit clair, il faudrait que je parle de ben des affaires, dont le problème de la conscience autoréflexive, mais, franchement, qu’est-ce que ça changerait au fond?
Je ne suis pas sûr de ce que j’avance. Peu importe, tant qu’à y être vaut sans doute mieux se lancer. Ça pourrait sembler étrange, mais je ne suis pas sûr de m’être levé ce matin. J’ai l’impression que les souvenirs éthérées que je pourrais associer à mes «rêves» cadrent davantage avec «la réalité», même si je crois me rappeler de rien de précis, que la journée que je viens (???) de vivre. En tout cas, depuis ce matin, je suis campé dans une posture de méfiance vis-à-vis ce qui m’entoure : essaie-t-on de me tromper?
Je pourrais peut-être bien vous glisser un mot ou deux sur la discussion que j’ai eu avec un ou deux collègues sur Camus (ça, je l’ai bien lu, Camus!), mais je l’ai suivi, la conversation, avec une tendre indifférence. Pourtant je le connais bien, lui. Enfin, je crois, du moins, il me semble. Avez-vous lu Camus, vous? Qu’est-ce qu’il dit? Pouvez-vous m’en citer des passages, comme ça, de l’Étranger, de La peste, du Mythe de Sisyphe? Nous n’en gardons que de vagues impressions.
Ça commence (ou ça se termine, peu importe) avec mon réveil. Un vague bruit qui se transforme en réveil matin qui sonne. Je le revois encore en train de tourner machinalement les pages du journal. Tu ne te souviens pas vraiment de ce qu’on y disait, hein?
C’est qu’ils ont terminé la journée par une rencontre, exactement de la même manière qu’ils ont abordé la suivante.
Et lors de la réunion, tu te souviens de leur air amusé quand tu as achevé de présenter ton point? C’est parce que c’était amusant ou parce que tu n’as finalement rien dit? Je ne sais pas, j’ai un souvenir approximatif des deux évènements. Peut-être se sont-ils produits en même temps? Pour trancher, il faudrait que nous nous adressions à ces dents ricaneuses. Elles le savent peut-être, elles.
Écris, écris, écris, travaille, montre que tu sais, que tu vaux… Attention!
Ça me dispense sûrement de toutes mes obligations, n’est-ce pas? Qui serait assez idiot pour rêver de son boulot futur ? Laisse tomber. Toutes ces conneries te font grincer les dents.
Et ce n’est pas tout.
« Cardinal est une maison d’édition québécoise spécialisée dans la conception, le développement et la publication d’ouvrages gastronomiques, littéraires et pratiques ». Hé! Le FAS fitte dans toutes les catégories!
« L’un de ces livres montrait des femmes en amour avec toutes sortes de bêtes, des chats, des oiseaux, des tigres, des chiens, des poissons et jusqu’à des poulpes qui, hideux, enlaçaient de leurs tentacules à ventouses les corps des mousmés hystériques. »
Il est trois heures du matin et je viens de m’éveiller en poussant des cris mi-veau, mi-fantôme. J’ai fait un cauchemar. Comme je ne parviens pas à me rendormir et que ce rêve était, somme toute, authentiquement stupide, je vais vous le raconter.
Je suis à St-F*, mon village natal. C’est l’hiver, et mon voisin, un entrepreneur en construction, a déneigé la longue cour qui mène à son poulailler, ses hangars et son domicile avec le grand chasse-neige attelé à son tracteur. Mais il a fait un mauvais travail: le tracteur a laissé dans la neige tout un tas de traces et de sillons inesthétiques, et cela m’agace, aussi je décide d’égaliser le tout de mes poings en me traînant à quatre pattes. C’est la nuit, et je dois prendre garde de ne pas éveiller les chiens, surtout celui de son fils, dont la maison se trouve également le long dudit chemin. Alors je m’applique, avançant précautionneusement, mais résolument, vers mon but, le poulailler. De loin, je remarque qu’une voiture y est stationnée, les portes ouvertes et les lumières allumées. Les lumières de la maison du fils sont également allumées, ce qui augure mal, d’autant que je peux entendre le couple bavarder depuis leur chambre, comme dans ce reportage sur les chats que j’ai vu il y a longtemps et où on nous montre qu’ils peuvent entendre ce qui se passe derrières les portes et fenêtres, depuis la ruelle. D’ailleurs, c’est étrange, ce n’est pas la voix du fils, mais celle du père que j’entends sourdre de là. Alors j’avance, et parvenu à la hauteur du poulailler, j’entends les voix s’animer, comme s’ils se doutaient de quelque chose, tandis qu’à quatre pattes j’observe l’intérieur de la vieille Civic rouge pompier garée là. Les poules se mettent à caqueter, les chiens à gronder, la lumière de la voiture m’expose aux regards. Puis soudain, j’entends une voix s’exclamer : « le voilà, cet enfant! » Ils m’ont repéré! C’est alors que dans cette position humiliante, je me mets à bramer, mais en bramant je me dis autant leur faire peur, alors mon cri se change en une sorte de plainte menaçante et fantomatique… puis je m’éveille.
L’an passé à peu près à une date semblable je devais être en train d’écrire un article sur le manque d’inspiration que je vivais par rapport à la production de littérature attrayante. Je m’imagine bien écrire un article sans intérêt, mais par là j’aurais peur de venir brouiller les esprits déjà affaiblis du FAS. Voilà donc une tentative tout à fait honnête d’éviter la fatidique situation que je viens d’évoquer; je la pressent être stérile et vaine malgré tout. Aucune relecture ou révision ne sera fait, il s’agit donc d’un test live de mes capacités à écrire un texte ayant un semblant de ma verve d’autrefois:
(Pause je regarde l’écran sans être capable d’y écrire un mot)
(je cherche une anecdote intéressante que je pourrais reformulée en éclat de verbiages amusants)
Voyez, mon cousin est DJ, il mix dans le 450 et connaît un certain succès, dans le milieux des bars de bronzés on le considère. Étant entre deux génération, dans ma famille, il n’y a personne qui a moins de 5 ans de différence d’âge avec moi dans ma famille, ils sont tous trop jeunes ou trop vieux pour avoir vécu une certaine symbiose lors de ma jeunesse. La frange plus jeune tourne autours de ce DJ et de ses réussites professionnelles ou artistique. Il fait de la musique de club du gros boum-boum pour faire danser la jeunesse. Bof… mon histoire va nul part, l’idée c’est que ma blonde visitait ma famille pour la première fois, et ma tante nous a tous fait assoir dans le salon pour qu’on écoute un CD de ce cousin, la musique était pas de circonstance et les vieux étaient pantois…
Bon je tâte un autre terrain… …
Je penses que je regardes trop le hockey et que je ne bois pas assez… (J’allume une clope) Ouais c’est ça je ne suis plus assez punk, plus assez fêtards et dépressif, l’angoisse m’attaque périodiquement et me rappelle à quel point je ne la connaît plus, je suis plus rarement en lendemain de brosse… Je vis l’angoisse comme un Lavalois qui n’arrive plus à payer son hypothéque, avant c’était grandiose, elle était toujours là à côté de moi, la honte m’étouffait, je me voyais aux côtés d’Eschyle, je voyais les murs de mon appartement comme l’ultime prison d’une existence tragico-fantastique et me confortait dans l’idée que mon désastre foisonnait de matériaux littéraires et ajoutait à la légende. Mais en même temps je suis toujours un déséquilibré, mais je voulais faire du Bergman moi, je m’en rapproche plus j’imagine… Peut-être que pour faire du Bergman il faut être un peu moins Panurge et un peu plus (J’allume une clope)… un peu plus, je sais pas, un peu plus confortable… Ça fait peur tout ça.
Return to a Darker Age, un article paru dans le New-York Times, me rappelle drôlement cet article que j’ai écrit il y a déjà un peu trop longtemps sur les Annales…
Ou comment jouer avec la signification divergente des mots français et québécois.
CQFD : une blonde en français est une cigarette et une petite amie en québécois
Je craque une allumette et me brûle les doigts en allumant ma blonde.
Elle me réchauffe de son doux souffle velouté.
Ses volutes sensuelles partent en fumée et dansent dans le vent.
Je roule ma blonde sur les chemins de traverse et apprécie sa sollicitude dans ma solitude.
Je la fume par les deux bouts, rend ses cendre à la terre mère et garde l’éphémère plaisir d’une vie passée à ses cotés.
Quelle belle découverte que le FAS…
Lors d’un entrevue par Skype pour travailler à l’auberge du bout du monde de l’anse saint jean on m’a demandé : « 11 sept, complot ? ». Je leur ai répondu que pour moi c’était principalement le CELS’s Day ! o,O Du coup il a fallu que je leur explique ce qu’était le CELS…
Je suis français et ai travaillé 5 ans dans l’éducation nationale en tant que surveillant. Avec mes collègues et amis du lundi soir nous avions pris l’habitude de nous laisser aller à la folie douce qui nous habitait (et nous habite toujours) une fois les élèves couchés… le tout pour combattre la sinistrose sociétale par l’absurdité volutionnaire (Cf Alain Damasio dans « la zone du dehors ») . Le Club des Enculés du Lundi Soir (CELS) était né ! Nous nous sommes doté d’un « logo » : le fucking golden nain de jardin et allions de l’avant. Nous ne sommes plus collègues aujourd’hui mais plus que jamais amis, et le CELS vit toujours ! Lors du mariage de l’un des membre bien membré en juillet nous lui avons bien entendu offert un exemplaire du « golden fucking nain de jardin » et nous nous somme décidés à créer un CELS’s Day, anniversaire de la connerie humaine… le 11 sept fut unanimement choisie ! Ceci expliquant cela.

Bref lorsque j’ai expliqué tout ça à È. et P. ils m’ont regardé bizarrement, m’ont dit qu’il fallait que je connaisse le FAS et m’ont engagé !!!
Plusieurs mois que je vis avec eux et que ma lecture sur les toilettes sont vos livres… normal pour des annales !
Le FAS et le CELS sont bien cousins et en tant que membre du CELS je me permet de vous écrire pour que le CELS se joigne au FAS pour lutter pour un quotidien délirant !!!
Au plaisir de lutter à vos cotés
Louis PasPire