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	<title>Les Annales du FAS &#187; Amygdale</title>
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	<description>Le site des sympathisants du Front d'Action Stupide pour un quotidien délirant</description>
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		<title>Toute chose m&#8217;étant égale par ailleurs</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 09:31:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sueurs nocturnes]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est trois heures du matin et je viens de m&#8217;éveiller en poussant des cris mi-veau, mi-fantôme. J&#8217;ai fait un cauchemar. Comme je ne parviens pas à me rendormir et que ce rêve était, somme toute, authentiquement stupide, je vais vous le raconter. Je suis à St-F*, mon village natal. C&#8217;est l&#8217;hiver, et mon voisin, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il est trois heures du matin et je viens de m&#8217;éveiller en poussant des cris mi-veau, mi-fantôme. J&#8217;ai fait un cauchemar. Comme je ne parviens pas à me rendormir et que ce rêve était, somme toute, authentiquement stupide, je vais vous le raconter.</p>
<p>Je suis à St-F*, mon village natal. C&#8217;est l&#8217;hiver, et mon voisin, un entrepreneur en construction, a déneigé la longue cour qui mène à son poulailler, ses hangars et son domicile avec le grand chasse-neige attelé à son tracteur. Mais il a fait un mauvais travail: le tracteur a laissé dans la neige tout un tas de traces et de sillons inesthétiques, et cela m&#8217;agace, aussi je décide d&#8217;égaliser le tout de mes poings en me traînant à quatre pattes. C&#8217;est la nuit, et je dois prendre garde de ne pas éveiller les chiens, surtout celui de son fils, dont la maison se trouve également le long dudit chemin. Alors je m&#8217;applique, avançant précautionneusement, mais résolument, vers mon but, le poulailler. De loin, je remarque qu&#8217;une voiture y est stationnée, les portes ouvertes et les lumières allumées. Les lumières de la maison du fils sont également allumées, ce qui augure mal, d&#8217;autant que je peux entendre le couple bavarder depuis leur chambre, comme dans ce reportage sur les chats que j&#8217;ai vu il y a longtemps et où on nous montre qu&#8217;ils peuvent entendre ce qui se passe derrières les portes et fenêtres, depuis la ruelle. D&#8217;ailleurs, c&#8217;est étrange, ce n&#8217;est pas la voix du fils, mais celle du père que j&#8217;entends sourdre de là. Alors j&#8217;avance, et parvenu à la hauteur du poulailler, j&#8217;entends les voix s&#8217;animer, comme s&#8217;ils se doutaient de quelque chose, tandis qu&#8217;à quatre pattes j&#8217;observe l&#8217;intérieur de la vieille Civic rouge pompier garée là. Les poules se mettent à caqueter, les chiens à gronder, la lumière de la voiture m&#8217;expose aux regards. Puis soudain, j&#8217;entends une voix s&#8217;exclamer : « le voilà, cet enfant! » Ils m&#8217;ont repéré! C&#8217;est alors que dans cette position humiliante, je me mets à bramer, mais en bramant je me dis autant leur faire peur, alors mon cri se change en une sorte de plainte menaçante et fantomatique&#8230; puis je m&#8217;éveille.</p>
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		<title>Le Spectre d&#8217;Ogoki I</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Nov 2011 17:41:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mourir au Canada]]></category>

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		<description><![CDATA[Il va de soi du reste que &#171;&#160;fantômes&#160;&#187;, &#171;&#160;liens&#160;&#187;, &#171;&#160;être suprême&#160;&#187;, &#171;&#160;concept&#160;&#187;, &#171;&#160;scrupules&#160;&#187; ne sont que l&#8217;expression mentale idéaliste, la représentation apparente de l&#8217;individu isolé, la représentation de chaînes et de limites très empiriques à l&#8217;intérieur desquelles se meut le mode de production de la vie et le mode d&#8217;échanges qu&#8217;il implique. - Karl Marx, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Il va de soi du reste que &laquo;&nbsp;fantômes&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;liens&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;être suprême&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;concept&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;scrupules&nbsp;&raquo; ne sont que l&#8217;expression mentale idéaliste, la représentation apparente de l&#8217;individu isolé, la représentation de chaînes et de limites très empiriques à l&#8217;intérieur desquelles se meut le mode de production de la vie et le mode d&#8217;échanges qu&#8217;il implique.</em></p>
<p>- Karl Marx, L’Idéologie allemande</p>
<p><em>De Montréal à Ogoki</em></p>
<p>Une suite de bévues commises par nonchalance entraînèrent mon congédiement du musée où j’étais employé comme gardien. Nous étions en avril et la perspective de passer l’été prisonnier d’une ville humide et bruyante, dans un endroit somme toute ennuyeux, ne m’enchantait guère. Étudiant blasé et perclus, il me fallait du grand air. Je me décidai donc à offrir mes services comme reboiseur en Ontario. Un seul courriel suffit à me faire embaucher.</p>
<p>Tandis qu’à Montréal les arbres avaient revêtu leur feuillage vert tendre et que les déchets, libérés de l’emprise de la neige, virevoltaient librement dans l’air chaud, je préparais mes valises pour m’exiler vers des latitudes plus nordiques, où les lacs étaient encore gelés. J’apportai, en tout, un grand sac à dos et une poche de hockey remplis de ce que je m’imaginais nécessaire à la vie dans un bush camp : un matelas, une vingtaine de paires de bas de rechange, de vieux sous-vêtements, trois paires de pantalons de travail Big Bill, des chemises à carreaux et des articles pour la toilette. Il s’y trouvait également tout l’attirail du planteur, soit les bottes, une gourde en plastique surdimensionnée, un casque et des gants de jardinier. Enfin, l’outil essentiel, la pelle au manche court et à la lame étroite, affûtée et dûment identifiée à l’aide de bandes de duct tape de couleur. </p>
<p>Un bush camp, donc, c’est-à-dire un camp loin, très loin de toute civilisation. L’autobus qui sillonne le nord l’Ontario vous emmène généralement jusqu’à Thunder Bay, mais cette année-là, le jour prévu de mon départ, il s’arrêterait à Hearst. Il me faudrait donc me rendre de mes propres moyens à Longlac, où devaient nous prendre les foremans en camionnettes vers 17h le jeudi, pour nous amener jusqu’au camp par la Ogoki road. Je voulais à tout prix éviter de prendre le train, qui est la plus calamiteuse des limaces en termes de moyen de transport. Comme Longlac se trouve à 200 km à l’ouest de Hearst sur la Transcanadienne, j’estimai que j’aurais tout le temps d’arriver à mon rendez-vous sur le pouce.</p>
<p>Cette estimation devait s’avérer erronée. Flanqué de mes deux gros sacs, je passai toute la journée sous un crachin glacial à attendre au bord de la route, à Hearst. Un entrepreneur, qui faisait la navette entre les deux villes, me prit enfin, au moment où le soleil déclinait sur l’autoroute. J’arrivai à Longlac vers 19h, et bien sûr, tout le monde était parti. À l’hôtel, je téléphonai immédiatement aux bureaux de la compagnie. On me confirma que tous les planteurs étaient en direction du camp et qu’il me faudrait attendre le lendemain qu’une autre camionnette soit envoyée.</p>
<p><a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/11/busrougeNB.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/11/busrougeNB-300x217.jpg" alt="" title="busrougeNB" width="300" height="217" class="aligncenter size-medium wp-image-4137" /></a><br />
Illustration: BB Astronaute</p>
<p>J’attendis trois jours. Je dus changer de ville et me rendre à Geraldton. Mes deux nuits passées là, au Golden Nugget, me coûtèrent presque toutes mes économies. Au troisième jour, vers midi, après être revenu de la bibliothèque municipale, je vis un autobus faire irruption dans la cour de l’hôtel. Celle qu’on avait envoyé me chercher était la surveillante de la qualité pour la compagnie de reboisement. Elle s’appelait Karine. C’était une grande fille blonde, mince, à la forte ossature. Un peu timide, mais dévouée à son travail, elle avait déjà été planteuse. Elle savait ce qu’était le treeplanting et elle serait compréhensive envers nous, pensai-je. Encore une conjecture qui serait réfutée.</p>
<p>Je m’efforçai de sympathiser de mon mieux avec elle de mon anglais rouillé, schématique et un peu bègue. Elle m’expliqua qu’elle devait passer par l’aéroport de Nakina avant de revenir au camp. Elle allait chercher une équipe d’Ojibwés Eabametoong qui avait pris l’avion de Fort Hope. À sa façon de me regarder, je sentais que cette mission ne l’enthousiasmait pas outre mesure . Une fois embarqué, il faudrait conduire cet équipage à une aubainerie, le seul commerce de Nakina ouvert le dimanche, afin qu’ils puissent se procurer le matériel nécessaire, impossible à dénicher à Fort Hope. Alors que j’avais pris trois jours pour faire mes préparatifs, eux durent tout faire en une heure. Le résultat fut qu’on chargea un amas d’objets divers en désordre dans l’autobus, et une bonne quantité de chips.</p>
<p>Nous avions pris du retard sur l’horaire. K recevait des appels et semblait stressée. Une fois de retour sur la route, je me mis à socialiser avec les Indians. Il y avait John, le plus âgé du groupe;  Danny, qui avait une dizaine d’années d’expérience comme planteur et se trouvait à ce titre le plus expérimenté. Il y avait aussi Mark, qui avait acheté une ligne à pêche bon marché et qui essayait de l’assembler. Les gars buvaient et mangeaient des chips dans le bus en s’envoyant des blagues et des regards chargés de sous-entendus. Puis, on se mit à se passer le calumet de la paix. À un moment, John me fit signe vers l’arrière, en portant à mon attention l’un de leurs camarades, qui avait l’air dans un état second, pour ne pas dire tierce. Je demandai à John la raison de son apparente stupeur et celui-ci se retourna vers les autres, qui s’esclaffèrent tous de rire. J’avais affaire au junkie du groupe, un certain Mike. Mike, avec sa moustache et sa beaver cut, ses yeux jaunâtres striés de veinules, passait instantanément d’un état de béatitude à une attitude de méfiance, redressé sur son banc. Puis, il retombait dans ses songes psychédéliques… (à suivre)</p>
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		<title>Rouyn-Noranda</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Nov 2011 21:59:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mourir au Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Triviale poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[- Ding-dong! [La porte s'ouvre] Bonjour madame, vous allez bien? - Bien je vais, Fabien - N&#8217;ayez crainte, brève sera mon incursion en votre domicile Un grand chapeau j&#8217;ai, mais sous ma redingote, point de missile - &#8230; D&#8217;une telle pensée, j&#8217;avoue que j&#8217;étais loin - Je suis représentant des Huskies de Rouyn - Oui, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>- Ding-dong! [La porte s'ouvre] Bonjour madame, vous allez bien?<br />
- Bien je vais, Fabien<br />
- N&#8217;ayez crainte, brève sera mon incursion en votre domicile<br />
  Un grand chapeau j&#8217;ai, mais sous ma redingote, point de missile<br />
- &#8230; D&#8217;une telle pensée, j&#8217;avoue que j&#8217;étais loin<br />
- Je suis représentant des Huskies de Rouyn<br />
- Oui, cela se voit à votre écharpe, certes<br />
- Vous savez que l&#8217;aréna sera bientôt ouverte?<br />
- Je ne suis pas sans en être avisée<br />
  Puisque depuis ma fenêtre j&#8217;ai supervisé<br />
  Depuis un an le chantier et le vacarme&#8230;<br />
- Eh bien le 24 enfin, elle déploiera ses charmes<br />
  Aux fans dont j&#8217;assume que vous faites partie<br />
  Et si je me trouve devant votre portique aujourd&#8217;hui<br />
  C&#8217;est pour que, comme tous vos voisins, sans hésiter<br />
  Vous bénéficiez&#8230;<br />
-                        Mais c&#8217;est mon chum qu&#8217;il faut consulter<br />
- Parfait! Je vous montre si fait de quoi il s&#8217;agit<br />
  On verra bien ce qu&#8217;on en dit<br />
  Voyez ici, 5 fois des 2 pour 1 sur les entrées<br />
  Ça fait d&#8217;emblée $75 d&#8217;économies<br />
  Voilà qui couvre déjà le prix du forfait<br />
  Et vous permet d&#8217;inviter vos amis<br />
- Mais c&#8217;est plus mon chum qui est fan&#8230;<br />
- Il n&#8217;y a pas de &laquo;&nbsp;chum&nbsp;&raquo; qui tienne, madame<br />
  De l&#8217;autre côté de la carte, les rabais pour le resto<br />
  Ne me dites pas que dans cette ville de pauvres<br />
  Vous n&#8217;aimez pas de temps en temps le repos<br />
  Qu&#8217;au retour de la mine votre chum dans l&#8217;alcôve<br />
  Ne mérite pas une sortie et un 2 pour 1 sur la bière<br />
- Mais justement, de son patron il reçoit des billets gratuits<br />
  Et vos arguments ne m&#8217;émeuvent pas plus qu&#8217;une pierre<br />
- Mais c&#8217;est parfait! Faites-en présent à Noël puis<br />
  Envoyez vos parents dans la chambre d&#8217;hôtel que voici<br />
  Où ils pourront dormir deux nuits pour le prix d&#8217;une<br />
- Mais « 2 pour 1 », vous semblez n&#8217;avoir que cela en tête<br />
- C&#8217;est vous qui, avec votre pierre, de faire deux coups d&#8217;une<br />
  M&#8217;avez suggéré l&#8217;idée. Comme je n&#8217;y suis pas pour la quête<br />
  Dites-moi à quel nom je dois inscrire le forfait<br />
  Nous prenons comptant, chèques, débit et crédit<br />
  Et je vous laisse mes coordonnées, ainsi<br />
  Si dans votre entourage il s&#8217;en trouve des jaloux<br />
  Qu&#8217;ils m&#8217;appellent et je soulagerai leur courroux</p>
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		<title>La chasse à l&#8217;homme</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Oct 2011 01:29:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations et aphorismes]]></category>
		<category><![CDATA[Le non-apprivoisable et le non-domesticable]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;Étranger &#8211; (&#8230;) la capture des animaux qui marchent présente elle aussi deux parties majeures. Thééthète &#8211; Lesquelles? L&#8217;Étranger &#8211; L&#8217;une concerne les animaux apprivoisés ; et l&#8217;autre, les bêtes sauvages. Thééthète &#8211; Ainsi peut-on capturer des animaux apprivoisés? L&#8217;Étranger &#8211; Oui, si tu considères que l&#8217;homme est un animal apprivoisé. C&#8217;est à toi de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;Étranger &#8211; (&#8230;) la capture des animaux qui marchent présente elle aussi deux parties majeures.<br />
Thééthète &#8211; Lesquelles?<br />
L&#8217;Étranger &#8211; L&#8217;une concerne les animaux apprivoisés ; et l&#8217;autre, les bêtes sauvages.<br />
Thééthète &#8211; Ainsi peut-on capturer des animaux apprivoisés?<br />
L&#8217;Étranger &#8211; Oui, si tu considères que l&#8217;homme est un animal apprivoisé. C&#8217;est à toi de choisir : soit qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;animaux apprivoisés, soit qu&#8217;il y en a mais l&#8217;homme est alors un animal sauvage ; ou bien l&#8217;homme est un animal apprivoisé, et on ne peut le capturer. Opte donc pour la possibilité vers laquelle va ta préférence, et fais en sorte de la développer devant nous.<br />
Théétète &#8211; Je crois que nous sommes des animaux apprivoisés, et j&#8217;affirme que la chasse à l&#8217;homme existe bel et bien.</p>
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		<title>Pensée ondoyante et rusée</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Sep 2011 15:26:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bidons et autres contenants]]></category>

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		<description><![CDATA[Meet Paul le Poulpe]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Meet <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_le_poulpe">Paul le Poulpe</a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Le tracteur soviétique de la paix</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Sep 2011 21:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Triviale poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Traduction libre de СОВЕТСКИЙ МИРНЫЙ ТРАКТОР , par Igor Baïkov. Je vais parler d&#8217;un fait évident: Sur les rives de l&#8217;Amour, en de vastes champs Se trouve notre tracteur soviétique À portée de six batteries asiatiques Un salve frappe, les munitions criblent Mais le conducteur a toute sa tête: Il appuie sur les freins, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Traduction libre de <em>СОВЕТСКИЙ МИРНЫЙ ТРАКТОР </em>, par Igor Baïkov.</p>
<p>Je vais parler d&#8217;un fait évident:<br />
Sur les rives de l&#8217;Amour, en de vastes champs<br />
Se trouve notre tracteur soviétique<br />
À portée de six batteries asiatiques</p>
<p>Un salve frappe, les munitions criblent<br />
Mais le conducteur a toute sa tête:<br />
Il appuie sur les freins, et n&#8217;est plus cible<br />
Au coeur d&#8217;une fumée de salpêtre</p>
<p>Le tracteur se braque contre l&#8217;ubac<br />
Et du coup, l&#8217;agresseur, en guise de réplique<br />
Pour nous inspirer la crainte du combat<br />
Frappe d&#8217;une salve de missiles tactiques</p>
<p>Et notre conducteur, le capitaine Litvino<br />
Regarde la carte et enclenche la nitro<br />
Bombarde tranquillement Pékin<br />
Puis s&#8217;engage en une courbe, serein</p>
<p>Au-delà de l&#8217;Amour il éteint le réacteur<br />
Pour ne pas effrayer les chèvres et les moutons<br />
Volant dans le ciel, nos fiers tracteurs<br />
Enfin se ravitaillent en leur canton</p>
<p>Si l&#8217;ennemi à nouveau s&#8217;essaie<br />
À troubler les récoltes fastidieuses<br />
Sur ordre express de l&#8217;URSS<br />
Nous envoyons les moissonneuses-batteuses!</p>
]]></content:encoded>
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		<title>pas facile&#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Sep 2011 21:36:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Triviale poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Vol de contenus]]></category>

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		<description><![CDATA[Haikus are easy But they don&#8217;t always make sense Refrigerator]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Haikus are easy<br />
But they don&#8217;t always make sense<br />
Refrigerator</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Vaincre et/ou mourir</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 22:22:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[Où l’aventure spatiale est parfois un peu ennuyeuse J&#8217;ai dit que j&#8217;avais pleuré un peu, une fois arrivé dans la demeure du vieil homme, parce que j&#8217;étais incapable d&#8217;articuler aucun mot en martien, mais la raison profonde est que je souhaitais me mettre un peu en scène, afin que l&#8217;on me prenne en charge et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Où l’aventure spatiale est parfois un peu ennuyeuse</p>
<p>J&#8217;ai dit que j&#8217;avais pleuré un peu, une fois arrivé dans la demeure du vieil homme, parce que j&#8217;étais incapable d&#8217;articuler aucun mot en martien, mais la raison profonde est que je souhaitais me mettre un peu en scène, afin que l&#8217;on me prenne en charge et qu&#8217;on me tire du bourbier dans lequel je m&#8217;étais enfoncé. Après tout, j&#8217;étais sur Mars, <a href="http://frontdactionstupide.net/pratique/preparations-au-voyage-vers-mars/comment-je-vis-la-datcha/">j&#8217;avais vu la datcha</a>, et puis mon imagination s&#8217;était tarie; qu&#8217;exiger de plus, au fond? Il s&#8217;agissait maintenant de ramasser deux ou trois cailloux et de rentrer au bercail.<br />
Je sais! Il existe des missions qui prévoient que les cosmonautes resteront toute leur vie sur la planète rouge, mais je ne suis pas de ceux-là. Je ne suis pas trop le type colonisateur.</p>
<p>Les policiers arrivèrent enfin, et ils se mirent à me poser des questions, auxquelles je m&#8217;efforçai de répondre comme je pouvais. À la question « d&#8217;où venez-vous? », je levai mon bras et pointai un minuscule point bleu dans la voûte céleste : « Je viens de la Terre, je suis ici en mission d&#8217;exploration ». Une policière prenait ces informations en note, tandis que tous semblaient déjà échanger des conjectures ou des avis sur la marche à suivre. Ensuite, on me fit m’asseoir sur un banc isolé dans le compartiment arrière d&#8217;une petite fourgonnette, jouxtant la banquette où s&#8217;étaient entassés les policiers, et nous revînment à T*. Je buvais de l&#8217;eau pour tâcher de survivre à la chaleur suffocante qu&#8217;exhalait le moteur du véhicule, situé sous la petite table au centre du compartiment, jonchée de casquettes de flics, tout en essayant de coincer mes pieds sous le siège, pour éviter de m&#8217;y brûler. La route étant cahoteuse à souhait, il fallait bien se cramponner.</p>
<p>Nous arrivâmes au poste de T* où j&#8217;aperçus D* qui m&#8217;attendait. Assis devant une minuscule cellule où moisissait un type en attendant qu&#8217;on lui paie sa caution, je lui racontai tout de mon enlèvement. Il me dit que je pouvais me conter chanceux d&#8217;être encore en vie, et à ces mots je sentis s&#8217;élever en moi quelques objections, que je réprimai cependant. L&#8217;attente fut longue, mais au moins il ne me harcelait pas pour que je chante <em>Le Temps des Cathédrales</em>, ce qui était dans ses habitudes.</p>
<p>Puis la séquence exacte des évènements m&#8217;échappe un peu, mais certainement on me fit entrer dans un bureau (au quatrième, il fallait claudiquer dans les marches jusque là) pour faire une déposition. D*, qui avait appris le martien dans le ventre d&#8217;un tigre, agissait comme traducteur. Il n’était pas impressionné par mon jugement et mon sens du discernement, et à mesure que je racontais mon histoire, j&#8217;entendis plusieurs « дурак » lui échapper, qui culminèrent en un « идиот! » bien senti. Et moi, je ne trouvais rien d&#8217;autre à faire que de regarder la policière qui notait tout, puis le policier arabe, et de mettre tout cas sur le compte de la légèreté de l&#8217;être. </p>
<p>Mais oui, il y a des Arabes sur Mars. À vrai dire, Mars est à peu de chose près indiscernable de la Terre, à part bien sûr la couleur rouge omniprésente, et le fait que la gravité est trois fois moindre.<br />
Comme dans ma déposition je mentionnais un ancien poste de contrôle transformé en dépanneur, que nous avions croisé au village avant de rejoindre la datcha, la préposée de nuit de cet établissement fut contactée et nous la rejoignâmes à un autre bureau. Il fallut remonter dans le bania mobile qu’était la camionnette pour se rendre à l’autre bout de la ville. Elle ne semblait guère enchantée de se trouver là et de me voir, mais on la priât de s&#8217;asseoir et de tracer un portrait-robot des jeunes qu&#8217;elle avait vus passer à son magasin la veille. Bien sûr, elle n&#8217;en avait gardé qu&#8217;un vague souvenir, aussi la tentative fut un échec. Puis, on m&#8217;invita à mon tour à m&#8217;asseoir pour tenter l&#8217;expérience.  </p>
<p>Tracer un portrait-robot n&#8217;est pas une mince affaire. Un phénomène de gestalt fait en sorte que, si nous fixons bel et bien notre attention sur les traits saillants d&#8217;un visage, il s’avère que ces traits ne sont saillants que dans leur contexte, de sorte qu&#8217;il est très difficile, par la suite, de les identifier à partir d&#8217;une banque de traits du visage. Des sourcils, des nez, des oreilles… À mesure que le portrait s&#8217;assemble, on a l&#8217;impression de déguiser une image mentale fuyante de postiches ridicules, puis le cerveau s&#8217;adapte et recompose son image à partir des nouveaux éléments du portrait, ce qui fait en sorte que les deux images – celle du souvenir et celle du portrait – dérivent lentement pour s&#8217;amarrer dans un point arbitraire de l&#8217;espace caractérologique. Le résultat que l’on obtient ressemble à un personnage de jeu vidéo comme The Sims. </p>
<p>Avec le sentiment d’avoir tout juste obtenu la note de passage, je passai à un autre bureau, où sur un écran je vis défiler la racaille juvénile de la ville de T*, pour tenter d’identifier ceux qui m’avaient enlevé, mais sans succès. Il commençait à se faire tard, et lorsque nous repartîmes en direction du village de V*, il faisait déjà noir. Arrivé là, impossible de rien discerner dans cet amas de masures cordées le long de routes impraticables, menant souvent à des marécages, où nous nous sommes presque enfoncés à deux reprises. Il fallu renoncer et revenir à T*.</p>
<p>Revenu à mon hotel, je n’avais que cinq heures pour dormir, et pourtant la nuit me paru longue. Bien qu’exténué la veille, je m’éveillai une heure d’avance, sans cadran-réveil.</p>
<p>De retour au poste, nous passâmes à la clinique, où on me fit un examen. Je dus me déshabiller devant tout le monde, et ainsi exhiber les centaines de piqûres d’insecte que j’avais sur le ventre et sur les cuisses. On constatât que j’avais l’œil droit injecté de sang et que j’avais saigné de l’oreille gauche. Mais l’ensemble semblait viable, alors ce fut de nouveau l’équipée vers le village de V*. Cette fois, nous sillonnâmes les chemins de façon quasi-systématique, interrogeâmes les gens au sujet de cette datcha, dont j’avais fourni une description assez détaillée. Puis nous nous arrêtions occasionnellement et le policier arabe, qui semblait m’avoir pris en sympathie, mangeait des baies rouges dans un buisson en me questionnant sur la flore de ma planète d’origine. Comme possédé de l&#8217;ours mangé la veille, je goûtai à ces baies : elles étaient pâteuses, sans goût bien défini, mais elles ne présentaient pas de difficulté de mastication pour ma mâchoire endolorie. Pour moi, il y avait drame et urgence, mais pour les flics, c’était une journée de travail, aussi je devais patienter sagement, tandis qu’eux mangeaient leurs galettes de graines de tournesol en discutant de tout et de rien. Enfin, après moult tergiversations et après que je sois retourné au site où je m’étais éveillé la veille, il fallut rentrer, les policiers jugeant sans doute que nous avions brûlé suffisamment de mazout. Là-bas aussi, le pétrole, c’est la puissance.</p>
<p>Les officiers supérieurs s’impatientaient, alors il fut convenu que j’écrirais une note dans laquelle j’abandonnais toute poursuite contre mes agresseurs, en échange de quoi j’obtins une autre note grâce à laquelle je pourrais prendre une navette et décamper de là. </p>
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		<title>Comment je vis la Datcha</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Sep 2011 19:58:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[Où je suis enlevé par des Martiens sur leur propre planète C’était par une splendide journée de la fin juillet, à T*, dans une coquette ville martienne aux abords de l’Etna. Je fus pris d’une extraordinaire envie de boire de la vodka et de déguster un plat d’ours, ce que mon ami D* (que tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Où je suis enlevé par des Martiens sur leur propre planète</p>
<p>C’était par une splendide journée de la fin juillet, à T*, dans une coquette ville martienne aux abords de l’Etna. Je fus pris d’une extraordinaire envie de boire de la vodka et de déguster un plat d’ours, ce que mon ami D* (que tout le monde croyait <a href="http://frontdactionstupide.net/pratique/preparations-au-voyage-vers-mars/le-non-dit-du-non-verbal/">dévoré par un tigre</a>, mais finalement c’est correct) m’avait promis. Nous partîmes donc, à bord d’un minibus délabré, jusqu’à une station à la frontière de la ville, d’où nous pûmes transiger avec un taximan la course pour nous rendre à un restaurant réputé pour ses banquets, où des serveuses en habits traditionnels vous apportent de succulents plats de gibier. Arrivés là-bas, nous nous installâmes à la terrasse, qui donnait sur un ruisseau, car oui, il y a de l’eau sur Mars, et où des enfants jouaient et des voitures passaient à gué, la route s’arrêtant là.<br />
Nous nous assîmes et commandâmes aussitôt des chachliks, et des chachliks royaux, des champignons dans la crème fraîche, du bortsch, du pain noir, du jus de kiwi frais, des pelminis d’ours et d’élan, et bien sûr, du vin et de la vodka, ainsi que le plat spécialement conçu pour et savamment nommé « tout pour la vodka » (всё под водочку). Ce fût un délice, mais je fus seul à boire la vodka, D ayant renoncé à ce spiritueux suite à des abus commis lors d’une sortie à la datcha avec des camarades de classe. Le tout se terminât par des glaces au miel et une partie de billard russe à laquelle je jouai seul, D n’étant pas un adepte de ce passe-temps qui, il faut le dire, est extrêmement ardu là-bas, la table étant plus grande et les trous, plus étroits, tellement plus étroits. Puis arrivèrent G*, le frère de D, et un ami. Ils dînèrent, puis après une seconde tentative infructueuse de mettre à profit ces baguettes et cette table gondolées, nous repartîmes en direction de T*, où G pût me déposer à mon hôtel.<br />
<em>Hostel </em>à vrai dire, où je téléversai les photos de mon dîner pour ensuite réaliser que, tout seul à 21h dans ma chambre, je m’ennuyais. Je décidai donc de sortir prendre l’air, histoire peut-être de prendre quelques autres clichés de la ville (et dans tous les cas, mû par la dialectique).<br />
Je rencontrai par hasard une grosse fille à un arrêt d’autobus, qui elle aussi devait s’ennuyer, et après avoir rapidement fait connaissance, nous entrâmes tous deux dans un taxi et filâmes vers la banque, où je retirai une importante quantité de liquide, puis nous nous dirigeâmes vers le lac Blanc, où se tenait une danse party. L’ambiance était parfaite et j’étais très satisfait, alors je commandai de la bière et but encore, dansai, but, vomit, me fit montrer la sortie et partit seul retrouver mon hôtel, ce que je parvins à faire on ne sait trop comment.<br />
Mais, arrivé là, je réalisai que je me trouvais en panne de cigarettes, alors je décidai aussitôt d’aller en chercher au magasin du coin. C’est là que je rencontrai une bande de jeunes qui buvaient de la bière, assis sur un banc en face des kiosques, de l’autre côté de la voie ferrée. Ceux-ci me demandèrent une cigarette, que je leur offris, puis je m’assieds avec eux et commençai à discuter. La proposition vint enfin d’acheter de nouveau quelques bières et de partir marcher dans la ville, ce à quoi j’acquiesçai, bien que j’eusse déjà bu pour, disons, une compagnie de lutins.<br />
Nous marchâmes, marchâmes, nous arrêtâmes à quelques endroits pour boire et recruter de nouveaux membres, et bientôt nous nous trouvâmes une demi-douzaine à déambuler dans la ville et à boire. À un moment, je réalisai qu’on m’avait subtilisé mon appareil photo. Je me mis alors à traiter ma compagnie de voleurs et piquai une crise d’ivrogne, tentant de les attendrir en soutenant que j’avais travaillé très fort pour gagner cet argent, dans la forêt, et qu’ils ne devaient pas me prendre pour un boyard ou un bankomat. À ma grande surprise, l’un d’eux partit et revint quelques minutes plus tard avec l’appareil, et moi, plutôt que de m’enfuir, je décidai de pardonner le méfait et de poursuivre mon aventure. Nous nous dirigeâmes alors dans un parc où nous prîmes des photos idiotes. Puis vint la proposition d’aller à la datcha, proposition qui à vrai dire planait déjà depuis un certain temps et pour laquelle je nourrissais un enthousiasme débordant. Il fallut faire un autre retrait, acheter davantage d’alcool et héler un taxi, puis nous décollâmes pour la campagne. </p>
<p>La route fut agréable, mais tortueuse, et que le diable m’emporte si je rappelle du chemin. Mais elle en valait la peine : enfin parût la datcha, une si coquette petite maison non loin d’un village, toute en bois avec son toit pentu rouge. De plus, elle était équipée d’un banya et d’un barbecue. Dans la cour se trouvaient également deux serres où on faisait pousser des fleurs et des légumes. À l’intérieur de la datcha, on trouvait, dès franchit le pas de la porte, un foyer en brique, puis à droite un comptoir avec un frigo; au fond, un escalier menant au deuxième, tandis qu’à gauche se tenaient une table ronde et un lit placé contre le mur. L’ensemble était décoré de tapisserie et d’artéfacts pittoresques et je ne me méfiais pas le moins du monde, hormis de ce type au crâne rasé en tenue sportive qui semblait parcouru d’impulsions violentes. J’engageai avec lui une brève conversation et prétextai devoir aider à transporter des bûches au banya pour me défiler.<br />
On trouvait ces bûches dans une petite cordée à l’arrière, accessible par un trottoir en bois. Mon chargement pris, j’entrai dans le banya, où déjà quelqu’un s’activait à alimenter le feu. Je déposai les bûches et en profitai pour jeter un rapide coup d’œil dans la chambre, où se trouvaient les bancs pour s’asseoir, ainsi qu’une demi-douzaine de plats en fonte laquée. J’avais pour ainsi dire vu la chambre secrète et atteint un des objectifs de mon voyage, et c’est le cœur plein d’enthousiasme que je retournai à l’extérieur, pris une photo de la datcha, discutai en martien avec un peu tout le monde, puis je rentrai pour continuer à boire.<br />
J’engageai la conversation avec un jeune homme à qui semblait appartenir la datcha, et dont j&#8217;ai oublié la teneur, mais il semble qu’elle portait sur la Sibérie et peut-être la généalogie. Cette conversation durât environ 15 ou 20 minutes, peut-être plus.</p>
<p>***</p>
<p>Mais ici il y a une césure, car on me frappa violemment à la tête, avec une bûche, puis on me pilonna le thorax des pieds, avant de me brûler la main avec une cigarette. Lorsque je m’éveillai le lendemain, je réalisai immédiatement, avant même d’avoir ouvert les yeux, que je me trouvais à l’extérieur et incidemment, dans le pétrin. J’espérai une fraction de seconde avoir dormi dans la cour de la datcha, une espérance évanouie en un clignement d&#8217;yeux. Je constatai que j’avais tout perdu, jusqu’à mes chaussettes, et en fouillant dans mes poches je compris qu’on m’avait également pris mon passeport. Mes pieds, à force de piqûres d&#8217;insectes, étaient tout boursouflés, à l’image de ma gueule, comme j’allais le découvrir plus tard. De plus, mes pantalons étaient détachés, ce qui me porte à croire qu’on m’a fait des choses innommables, mais ce n’est qu’une induction faite sur un cas spécial d’abduction.<br />
Donc, il fallut me lever et rattacher mes pantalons, et me diriger quelque part. Mais songez que je me trouve sur Mars, à 30 km de la ville la plus proche, en pleine forêt. D&#8217;abord, j’allai en direction d’un village, mais il s’y trouvait trop de clôtures, alors je rebroussai chemin. Comme j’entendais des bruits de machinerie sur ma droite, je m’y dirigeai, sans rien y trouver d’autre qu’une voie en terre battue, qui allait sans doute servir à construire une route. Comme cette terre molle était providentielle pour le vas-nu-pied que j’étais désormais devenu, et qu’elle semblait mener à un petit ruisseau, je m’y engageai. Après avoir bu au ruisseau, je rencontrai une paysanne, lui expliquai dans mon martien appris sur le tas que j&#8217;éprouvais des difficultés, ce qu’elle admit sans difficulté, et m’engagea à la suivre. Puis nous croisâmes encore une autre paysanne, puis un vieil homme, qui m’invitât à me rendre chez lui. Le vieil homme habitait avec son fils dans une cabane en bois rudimentaire. Il m’invitât à m’assoir, m’offrit à manger et à boire. Il me donna également une paire de vieilles sandales. Je mangeai, bu, pleurai un peu, car j’étais ému, épuisé, et je souffrais du dépit d’être incapable d’engager la conversation.<br />
Puis ce fut l’attente et les policiers arrivèrent. La suite consiste uniquement en une quête vaine de retrouver la datcha, qui était vraisemblablement disparue comme par enchantement, ou pour mieux dire, téléportée.<br />
Et c’est ainsi que je fus enlevé par des extra-terrestres sur leur propre planète.</p>
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		<title>De la Place à la planète rouge</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 16:28:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[Premier jour d’un voyage sidéral On dit que le temps passe plus vite dans l’espace, mais c’est une erreur : confiné à ce petit compartiment cahotant dans les espaces évidés du cosmos, il semble que rien ne ressemble davantage à une heure qu’une autre; rien ne rappelle tant une conversation qu’une autre, rien n’est aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Premier jour d’un voyage sidéral</p>
<p>On dit que le temps passe plus vite dans l’espace, mais c’est une erreur : confiné à ce petit compartiment cahotant dans les espaces évidés du cosmos, il semble que rien ne ressemble davantage à une heure qu’une autre; rien ne rappelle tant une conversation qu’une autre, rien n’est aussi néantisant, en somme, que le néant lui-même. Et j’ai perdu toutes mes bases de russe, ce qui fait que je suis réduit à les regarder manger des graines de tournesol et boire de la vodka dans des contenants hermétiques. </p>
<p><a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/263210_10150318441624134_533019133_9224352_4535303_n.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/263210_10150318441624134_533019133_9224352_4535303_n-225x300.jpg" alt="" title="263210_10150318441624134_533019133_9224352_4535303_n" width="225" height="300" class="aligncenter size-medium wp-image-4005" /></a></p>
<p>Pourtant, ce temps mort est bienvenu, car tout s’est déroulé si vite dans les dernières semaines : après un rude entraînement dans les Rocheuses, à des altitudes où l’oxygène se raréfie, j’ai mis la main sur une combinaison et une fusée, le tout en un temps record, à faire rougir Koroliov, puis j’ai réuni mon équipe et nous avons décollé, sans même prendre le temps de nous arrêter à la Station Spatiale Internationale. Qu’ils aillent se pendre, ceux-là, s’ils le peuvent. Nous, on file vers Mars, vers la Planète rouge, l’œil sur l’objectif. En ce moment, je ne peux m’empêcher de ressentir un brin de mépris envers ceux et celles qui rêvent d’hôtels sur la Lune, ou qui pensent déjà à explorer d’autres systèmes solaires. Vraiment, tout pour fuir la réalité!</p>
<p><a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/283498_10150325121034134_533019133_9295293_1634450_n.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/283498_10150325121034134_533019133_9295293_1634450_n-300x225.jpg" alt="" title="283498_10150325121034134_533019133_9295293_1634450_n" width="300" height="225" class="aligncenter size-medium wp-image-4007" /></a></p>
<p>Mais quel équipage! On ne sait parfois plus où suspendre son jugement. Et de regarder des revues de bagnoles! Sacrés Russes. Je ne peux pas leur en vouloir; d&#8217;abord, il faut chasser l’ennui, et d’autre part, il est évident qu’un jour, Mars sera une banlieue de la terre, avec ses centres d’achats et ses parkings, et on aura besoin de chars. Tout d’abord, il y aura de gigantesques serres, et comme Bradbury l’a bien compris, la vie y prendra tous les tours de la vie sur un ranch. Puis, dans 350 ans je dirais, on pourra y circuler avec des masques à gaz, et ce sera comme dans n’importe quelle métropole, somme toute. Et lorsqu’enfin l’air y sera respirable – dans 10 000 ans –, nous en aurons déjà fait une planète de plastique, un gigantesque dépotoir mauve et lilas. Nous serons alors en route vers une quelconque exoplanète. Mais (mais!) ce n’est pas demain, ce n’est pas demain. Il faut patienter, tuer le temps comme on peut. </p>
<p>Je crois que je vais aller fumer une clope dans le sas. </p>
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