Mysterious
C’est drôle, il y a quelque jours tu me parlais de — ta déception? Ton regret? — de voir s’amenuiser la capacité de certaines des catégories des Annales à faire surgir le texte, l’idée, de la tête des sympathisants.
Et moi je me sentais coupable, n’ayant jamais vraiment été capable d’écrire autre chose, comme si je trouvais dans l’approche personnelle la seule position d’auteur honnêtement possible pour moi.
Et puis quoi?
J’ai découvert l’existence d’une nouvelle discipline, une science qui doit se trouver du côté le plus mou du spectre. « Memetics », que ses spécialistes l’appellent. Pour ces auteurs, les idées ont une vie, ce sont des organismes qui se reproduisent au même titre que les bestioles. Une « meme » serait l’une de ces bestioles dont la génétique serait faite d’informations s’assemblant pour former une idée. D’abord inspiré par d’obscure recherches sur l’influence du papier carbone et des photocopieurs sur les chaines de lettres du type « recopie ce message à neuf amis pour la chance, ceux qui ne l’ont pas copié sont morts » qu’ils auraient faient remonter à une intervention sournoise d’un certain Spiroberg. Depuis la popularisation des réseaux, puis des réseaux sociaux, leur idée a donné naissance à la notion de ‘contenus viraux’, basée sur cette métaphore.
Nos catégories sont-elles des organismes en voie d’extinction, ou plutôt de résistants parasites survivant dans la violente insipidité du quotidien comme ces bactéries qui pullulent au fond de l’océan, sans lumière ni oxygène?
à bientot,
Mjack
http://www.smithsonianmag.com/arts-culture/What-Defines-a-Meme.html
En allant travailler à pied pour profiter du soleil, j’ai eu à suivre la plus petite naine qui promenait le plus gros chien. Je me suis dit: Cette naine est tellement plus petite que son chien qu’il pourrait la violer facilement. Je me suis ensuite demandé si tous les conservateurs qui font du lobbying contre les fanzines et autres bd underground n’avaient pas eu un peu raison à l’époque… puis j’ai pensé à l’internet… puis à cette information lue dans l’histoire de la sexualité de Foucault , sur les descriptions pointilleuses qu’avaient du écrire les prêtres du moyen age pour faire la gestion de toute la variété des péchés de nature sexuelle. Puis j’ai laissé faire, parce qu’il faisait soleil et les rayons chauffaient doucement et V* venait de m’envoyer un texto charmant.
J’écoute Jimmy Hunt, et je pense à toutes ces figures de styles dont j’ignore le nom:
Mariane doit partir tout l’été
travailler dans le WisconSIN
J’vais devoir me masturber
tous les jours en rêvant à ses MAINS
Comment on l’appelle celle là? Celle qui essaie de faire croire aux auditrices de radio Canada qu’un gars qui se fait barrer des Iles de la madeleine puisse se branler en pensant aux mains d’une fille? Quel sens de la formule quand même. Si seulement je pouvais écrire autre chose que des courriels, des status, des lignes de chat facebook et des textos…
Amygdale, fasciné par les thèses évolutionnistes, pourrait se demander si nos facultés sociales se sont développées sous l’influence de la sélection sexuelle. Je suis moi même de retour dans l’arène ou cette sélection s’opère, et j’ai en tout cas remarqué que ça faisait socialiser avec des gens auxquels on aurait jamais même pensé s’intéresser auparavant, simplement pour suivre une fille.
Par exemple, dernièrement. Un party, comme on appelle, ou S* m’a invité. J’arrive sans elle, je sais même pas si elle est là. Mais dans l’entrée il y a de très belles plantes et les gens ont l’air normaux. J’entre, puis trouve S* sans trop de difficultés. Nous somme chez ses amis. Par une anecdote, je comprends qu’elle a habité à côté dans le passé, et que le bloc au complet est peuplé, style ‘auberge espagnole’, par toutes sortes de jeunes qui voyagent par ci par là.
Je m’apprête à remettre en doute mes préjugés sur les altermondialistes en me disant qu’ils n’ont pas l’air si hippies après tout, quand on me fait comprendre que je suis dans un party déguisé. Inspiré d’un article du Courrier international, ils se sont tous déguisés en hipsters. Tous ces gens qui ressemblaient à des amis normaux étaient en fait de sombres imitateurs plus ou moins informés – certains ayant mal compris le concept des ‘grosses lunettes’ et les ayant assorties avec des genres de chapeaux italiens avaient plus l’air de douchebags qu’autre chose. Quand même la plupart des filles avaient l’air d’avoir mieux compris l’affaire.
C’est à mesure que la musique changeait de remix de health par crystal castles pour des tounes gitanes style chat noir chat blanc, que j’ai du m’avouer que je devais moi-même avoir une petit côté hipster, parce que les cuties avec des grosses lunettes se transformaient sous mes yeux en décevantes hippies alors qu’elles se lassaient de leur déguisement. Je n’en laissai rien paraître à S*, mais j’avais envie de me faire faire un calin par L* Z*, hipster s’il en est un malgré son extraction sherbrokoise.
Troublé par l’expérience, j’ai mis quelque semaines avant de revenir sur l’arène, cette fois en terrain sûr. Un vernissage à l’art passe à l’est, c’est pas un frenche ou meurs, mais au moins les filles en art sont présentes et compréhensibles. Ça s’est beaucoup mieux déroulé.
http://meta.anarchopedia.org/Ideas_for_the_4th_General_Meeting
- T’as un trou dans ta mitaine.
- C’est pas des mitaines, c’est mes pattes blanches de chat noir. Elles sont super douces: touche.
Dans une conférence obscure, où un enseignant qui m’emploie pour animer son projet dans after effects présentait son travail, Pierre Hébert parle de son travail d’animation en direct dans le cadre d’un projet de collaboration: « Dans ce projet mon intérêt était d’aller, aussi souvent que je voulais, voir les danseuses et la chorégraphe répéter. et je m’en suis félicité par la suite. »
Plus tard, il ajoute: « J’avais un appareil photo et je prenais des notes pendant qu’elle dansait pour moi les différentes parties de son spectacle. »
Qui se surprendra de cette fascination? Robodrigue?
Je suis à la maison à m’ennuyer de mon amoureuse qui est partie dans le nord avec son fils, faire une visite à ses amies d’adolescence. J’ai passé toute la journée à faire des commissions en beaucoup plus de temps que prévu. Je devais commencer à sérigraphier ce soir, on aura finalement le papier que demain. J’aurais pu sérigraphier des acétates pour les nombreux spectacles que nous ferons à l’automne. Ou faire un n-ième design de tshirt qui sera refusé par un collaborateur un peu trop client à mon goût.
Je suis resté chez moi à lire un livre bizarre en buvant des bières.
Je me rappelle avoir lu et beaucoup aimé malgré moi un autre livre de cet auteur: La maladie de Sachs. Comme je suis un sucker pour la pop de filles, je suis un sucker pour les autofictions sentimentalo-édifiantes écrites par des auteurs en quête d’universel. Ce livre que je lit me rappelle beaucoup le FAS. rédigé en feuilletons, sur internet, chaque récit de quelques pages se conclut par une série d’hyperliens que l’auteur tisse à l’interne entre ses souvenirs. Comme dans un Cool is class war, il tente de tirer de souvenir de sa vie une espèce de morale dans laquelle on se reconnaitrait. En moins Cool et en moins Class war, parce que l’auteur est écrivain-médecin, juif non pratiquant, rural et français, dont les crises d’adolescence se sont résolues par un mythologique échange scolaire d’un an avec un high school des États (unis). Rien à voir avec un adulescent qui émerge tant bien que mal de son rôle d’ado attardé et désabusé en faisant tant bien que mal une maîtrise en arts visuels, où il se fait somme toute dire: tu es un visionnaire, mais il faudrait que tu travailles à la hauteur de tes visions. Son blogue montre sa photo. Il a les cheveux en brosse et des lunettes rondes.
C’est ce que j’aime finalement de l’autofiction, comme des romans policiers. Leur médiocrité sous-jacente me touche. Parce que les visions, ça épuise. Elles arrêtent pas de venir et l’énergie pour les réaliser arrête pas de faire défaut.
Amygdale m’écrit pour me dire que la presse offset en carton sera jetée, qu’elle ne représente rien d’autre qu’un nicque à feu. Dommage. J’aime le FAS, mais seulement quand je déprime. À part ça, malgré toutes les visions créatives qu’il me procure, j’ai peine à y consacre plus de temps qu’il en est nécessaire, c’est à dire un minimum.mais nous vaincrons, malgré tout. Vivre c’est vaincre et je ne pense pas que je vais mourir un jour.
Amygdale est cachotier. il se tient sur des sites faisant la promotion de la dérive et du désordre public. Dépassant les tactiques décrites par de Certeau pour favoriser une action directe dans le tissu strié de l’espace urbain.
Afficher Passages sur la track du Mile End (Montréal) – Ways to cross the Mile End Track (Montreal) sur une carte plus grande
c’est bébé astronaute qui serait contente d’avoir cette carte.
Maintenant que j’ai presque une famille et que je ne sors plus de chez moi après 10h00 à moins de situations exceptionnelles, je me croyais à des lieues de l’éventualité d’écrire à nouveau des cool is class war. C’est pas que j’aie pas mes petits besoins en socialisation, mais habituellement, j’invite chez moi maintenant. C* m’a même dit qu’il ne sortait plus jamais de chez lui sauf pour venir souper chez moi avec son amoureuse.
Ce n’est donc pas sans une certaine ironie que je sois actuellement à écrire un scénario pour un court métrage intitulé toutes les histoires d’amour réunies, mettant en scène des jeunes adultes dont les relations personnelles s’établissent lors d’échanges sans paroles, par textos, likes sur les status facebooks, photos de party… G*, allez savoir pourquoi, a acroché sur le titre de cette idée et a décidé de m’aider à chercher du financement pour le produire. Je crois qu’elle s’est identifiée à ces histoires semblables à celles qui m’arrivaient dans les Cool is Class War.
Elle m’a invité à luncher l’autre jour, pour me dire ce qu’il me manquait pour déposer une demande de bourse pour écrire mieux mon scénario. Elle textait Y*, par qui je vis maintenant par procuration des histoires d’adulescent. Y* et elle sont ensemble maintenant, ce qui pour moi est assez surprenant. En plus de texter, elle était pas super contente. M* , l’ex de Y* depuis tellement longtemps que même moi j’ai couché avec, s’est pogné l’ex de G*. Jusqu’ici, rien d’extraordinaire, me direz vous. Mais ces histoires ne peuvent que dégénérer, surtout avec un angoissé d’approbation comme Y* Textos sur textos se sont envoyés, la rumeur a couru d’un échange de partenaires, et finalement est ressortie la question de savoir qui avait laissé qui en premier.
Watatatow. Cool is class war. J’espère que Y*, s’il lit ça, va comprendre que je ne suis pas méprisant, mais qu’au contraire une attitude attendrie et empathique. parce que ça va se rendre à elle, c’est sur. D’ailleurs tout le monde semble avoir une deuxième vie sur cette terre, même le facteur de B* ou C*, l’infirmière.
anarchistes en action, sur le site de radio canadiana
Cette émission de radio canada me tape sur les nerfs, mais je ne peut parfois m’empêcher de l’écouter, à la fois pour meubler le silence et pour mieux la mépriser. De toutes les chroniques à y être présentées, celle de monsieur Truc est de loin la plus retardée. Qui, à l’écoute de la chaine nationale, a réellement besoin de savoir qu’en y ajoutant un peu d’eau, il est possible de ré-humidifier nos fruits secs trop secs plutôt que de les jeter?
aujourd’hui cependant Monsieur Truc atteint des sommets en terme de délire auto-ironique, avec l’approbation amusée de l’animatrice, qui laisse ainsi croire qu’elle trouve le concept de l’émission qu’elle anime complètement handicapé mental.
Le sujet aujourd’hui: comment organiser un super party surprise à notre mère. La manière d’éloigner la mère en attendant que les invités arrivent, et se cachent pour le « surprise »: envoyez-la magasiner à la place versailles suivre un atelier de réflexologie interpersonnelle (!!!)
enfin, je crois l’avoir entendu, je confirme demain une fois la baladodiffusion de l’émission mise en ligne.
Notes pour une présentation élaborée dans le cadre d’un séminaire sur l’écologie des représentation, dans le cadre de ma maîtrise en atrst visuels et médiatiques.
Introduction, un parcours :
Cette présentation se penche sur la pratique de deux collectifs qui recyclent des esthétiques contestataires. Moins qu’une thèse au sens strict du terme, elle est un parcours parmi le paysage mental qui sert de niche écologique à ces deux manifestations artistiques.
Elle est également une réflexion sur les liens entre l’évolution des pratiques de ces deux collectifs et celle du paysage mental qui leur a permis de se développer.
L’atelier Van Lieshout, toujours en activité, a connu une grande popularité lors de l’établissement d’AVL-ville, décrit comme un territoire autonome situé à Rotterdam aux pays bas
Sans jamais y engager plus de temps que nécessaire, le Front d’action stupide mène, dans la fiction et dans la réalité, une combat pour un quotidien délirant qui se poursuivra jusqu’à la victoire.
L’obèse lui aussi est en plein délire. Car il n’est pas seulement gros, de la grosseur qui s’oppose à la morphologie normale: il est plus gros que le gros. Il n’a plus de sens dans une opposition distinctive, mais dans son excès, dans sa redondance, dans son hyperréalité.
Il excède sa propre pathologie, c’est pourquoi il échappe aussi bien à la diététique qu’à la psychothérapie et rejoint cette autre logique, cette stratégie exponentielle où les choses privées de leur finalité ou de leur référence se redoublent dans une sorte de jeu en abyme.
voyez aussi:
Paru dans l’introduction au premier numéro du Fascicule du FAS, dans un élan de clairvoyance sur les problématiques sociales de son époque:
« Il ne faut pas s’y méprendre : le but n’est pas ici de proposer de contenus à des consommateurs mais bien de proposer à des consommateurs de produire des contenus, dans une attitude productive révolutionnaire permettant de faire plus avec moins »
C’est du moins ce que l’on pourrait croire en suivant le lien suivant:
http://www.drugrehabclinic.org/drug-intervention.php
Il n’est cependant pas évident que les auteurs du blogue sur les cliniques de réhabilitations soient réellement qualifiés pour traiter du sujet.
Récemment mis au fait des résultats de ventes des Annales… les statistiques nous stupéfient et nous propulsent dans un champ de possibles infini. Entièrement libres, nous devons mainteant choisir ce en quoi nos énergies doivent vraiment être dépensées. Qu’a-t-il toujours manqué aux annales? L’action. Nommés Front d’action stupide, nous sommes surtout campés derrières nos ordinateurs à réécrire notre quotidien pour en extraire ce qu’il a de délirant. À une ère de réseaux sociaux nous sommes un réseau d’asociaux. Partageant en secret notre vision délirante, nous nous tenons en retrait des forces qui pourraient propulser le monde dans un processus infini de reéinterprétation délirant.
Et si on faisait des 5 à 7 thématiques, pour disséminer l’action stupide parmi une population moins engagée?
batissons ensemble sur l’idée de SPRIT DUPLICATA, et compilons ensemble une sélection de pièces typiques de l’esprit du FAS
france gall: résiste
georges moustaki: la philosophie
jeans team: das zelt
Cette seconde révolution moderne est celle qui, réconciliée avec ses principes de base (la techno-sciences, la démocratie, les droits de l’homme, le marché) est emportée par un processus hyperbolique de modernisation de la modernité elle-même.
Je cherche présentement des images d’intérieurs bourgeois — non pas bourgeois: classiques, victoriens, baroques, ce genre de shit. Je dois en faire l’illustration que je projette projeter grâce à un rétroprojecteur sur du mobilier et du décor mélamine pour le métamorphoser en mobilier et décor bourgeois. Concept malade… l’art commercial à son meilleur.
Pour ce genre de recherches, l’internet s’est avéré être une mauvaise ressource. J’essaie donc la seule autre possibilité que mon expérience de recherchiste me laisse: la Grande Bibliothèque. En chemin, je me demande comment je pourrais faire pour faire à cette institution nationale la demande de l’achat des trois tomes du FAS. Je me demande s’il vaut la peine d’entreprendre cette démarche. Je pense à autre chose, une vision sur la rue me fait perdre mon idée.
À la bibliothèque, j’arrête devant le rayon des nouveautés. je ne sais pas par ou commencer ma recherche alors je lambine. Je pense à la bibliothèque de S* où il était si facile de prendre n’importe quel livre au hasard dans les chariots de livres en attente de classement qui traînaient. Ici, tout est rangé. Impossible de trouver un livre sans l’avoir cherché. Je me rabat sur la section actualités. Au moins là les livres ne sont classés selon aucun critère à part celui d’être «actuels». romans, livres sur le design, récits durs de domination d’un homme sur deux femmes, monologues d’ados mâles… whatever. Oh! tiens… Les annales du FAS tome 1: le Quotidien délirant. C’est moi qui ai fait ça? Je suis un magicien du réel.
Hé, hé, hé…
Jeudi passé je suis allé passer une partie de ma soirée au centre Clark où j’ai obtenu une résidence pour l’hiver prochain. J’avais reçu une invitation facebook dont la petite image laissait deviner un homme dont la tête était recouverte d’un truc de meneuses de claques bleu métallique. Comme l’artiste était français il aurait probablement parlé d’un truc de pom pom girl au moment de l’enfiler durant sa performance, mais j’allais me rendre compte plus tard qu’il avait changé d’accessoire et préféré une perruque de clown rouge.
Ma relation avec le centre Clark est assez ambivalente. Je connais quelques personnes, dont J*, qui gravitent autour ce de centre et parfois j’ai de la difficulté à ne pas mettre en doute leur crédibilité quand je les écoute théoriser sur leur production. Moi et ma soeur disons d’ailleurs affectueusement de ces gens qu’ils sont de «l’école du tas d’affaires à terre et de la petite goute de peinture sur le mur» parce qu’une majorité des expos qu’on y trouve démontre une préférence pour les installations présentant ou évoquant d’une manière ou d’une autre un tas d’affaires à terre ou une petite goutte de peinture sur le mur. Des fois c’est tellement systématique que s’en est presque cute. Pourtant ces mêmes personnes n’hésitent pas à qualifier ouvertement d’autres approches que les leurs de «faciles»
Anyway, je suis allé là et il y avait plein de monde que je connaissais, alors j’allais quand même pas me mettre à chialer. J’ai écouté la performance qui en fait tenait plus du spectacle folk urbain, dans le sens ou le gars chantait en nous racontant qu’il était venu ici de France pour faire des «recherches» pour faire un «film d’horreur», qu’il nous racontait en projetant sur un écran des images qu’il prenait avec son appareil numérique. Comme un petit enfant, il racontait l’histoire de son film en se réappropriant le sens d’une série d’objets posés en tas à terre.
Un détail a malgré tout attiré mon attention et m’a plongé dans une réflexion sur une certaine forme qui me plait de l’art contemporain. En parlant de ses «recherches» et juste avant d’enfiler la perruque rouge dont je parlais au début, il a tenté de nous convaincre que la transformation du héros en monstre était une constante du film d’horreur en nous présentant deux still frames du film Carrie qu’il avait juxtaposés. Il faut dire que, pour passer de l’un à l’autre des petits clips quicktime qu’il avait faits, il utilisait une technique de montage ma foi assez DIY, celle d’afficher une après l’autres les fenêtres vidéos qu’il avait ouvertes et réduites dans le bon ordre dans le dock. Il se lance: «dans les films il y a toujours une personne qui se tranforme. Par exemple, dans le film Carrie…» À ce moment, on ne voit que la moitié de l’image, celle ou la fille a l’air normal… «au début, la fille a l’air normal, puis le film passe et après elle change brusquement.» Il fait alors glisser la bande de défilement gauche droite de la fenêtre et révèle la fille couverte de sang, les yeux hallucinés, dans un éclairage rouge. Il poursuit en faisant redéfiler l’image: «Vous voyez, au début la fille est comme ça, puis le film passe et elle devient comme ça» Il recule un peu, pointe la large bande noire entre les deux images et dit « Vous voyez, le films est là, et après, la fille devient comme ça» (en pointant la deuxième image.)
Malade non? Je suis parti de là avec le sentiment que l’art, c’était ça. C’est après qu’il a enfilé la perruque devant son visage. Je me demande s’il a préféré la perruque rouge au pom pom bleu métallique à cause de la couleur de l’image qu’il nous a montré à l’ordinateur, mais je suis pas sûr que c’était un choix judicieux parce que plus tard en finissant sa performance il nous a foutu un faux générique «rigolo» où il remerciait un des artistes de Clark pour avoir partagé avec lui sa connaissance des pom pom girls dans le cadre de ses «recherches». D’ailleurs dans le même générique il a également remercié J* d’avoir «pris le risque de lui faire aimer Montréal» J*, qui n’aime pas l’art contemporain facile, doit avoir pas mal trippé sur les liberté de que gars prenait avec le champ lexical du mot «risque» parce que plus tard dans la soirée après avoir jasé un bout de temps avec une des membres de PME-ART, je l’ai vue qui se faisait vaguement prendre par le gars dans ses bras. Je me suis demandé s’il avait eu droit au rituel de lavage de mains et si la maison de sa mère sentait la lavande.
Trouvé sur le seuil de ma porte ce matin, en haut des escaliers:

message mystérieux
Que penser de cette sybilline introduction dans ma vie privée? Ai-je affaire à une émule de Thrank Spiroberg, ou un inconnu voulant du mal à notre collectif s’est-il mis en tête de me suivre et de m’inquiéter? Pourquoi cette écriture me semble si famillière?
Ayoye je travaille vraiment fort ces temps-ci je dois faire un effort de mobilisation permanent pour conserver mon image d’artiste post-conceptuel street tout le monde veut que je fasse cent mille affaires pour eux je sais pas où je vais trouver le temps pour te voir A* veut que müde Organ joue au lancement du FAS ça marchera pas ensemble Müde Organ c’est trop kraut rock trop salopp pour le FAS c’est vrai que c’est moi qui ai conçu les deux esthétiques mais il comprends pas que c’est pas parce que t’as un corps sans organe que tu peux pas prendre des trajectoires divergentes sous l’épiderme les corpuscules de Kraus frayent comme des spermatozoïdes A* me fait penser aux gueloues de l’uqam tsé les filles en communication avec des mèches pis des chandails en minou qui marchent les bras croisés elles ont tout le temps l’air d’être insultées elles devraient fourrer des monteurs de ligne elles seraient moins frustrées
Pris dans le dilemme de s’immiscer dans tous les interstices ou de rester à montréal parce qu’il y a trop de neige partout, nous étions anxieux de ne pas remplir correctement notre mission. Heureusement, Le FAS n’est pas totalement métropocentriste et projette ses rhizomes jusque dans la capitale nationale provinciale. Joseph sera notre représentant au Salon nouveau genre. Espérons qu’il saura recruter de nombreux sympathisants à la lutte pour un quotidien délirant.
LE SALON NOUVEAU GENRE
zine + art + mode + musique + métiers d’art
Le Jeudi 18 décembre 2008 de 17h à 21h
À l’édifice de La Fabrique
295, boulevard Charest Est
Québec, le 11 décembre 2008 – Juste à temps pour le magasinage de Noël, nous sommes contents de vous convier à la première édition du SALON NOUVEAU GENRE qui regroupe une vingtaine de créateurs locaux dans un même espace convivial. Ces créateurs oeuvrent dans les domaines du zine, des arts, de la mode, de la musique et des métiers d’art.
Vous pourrez y découvrir et vous procurer des oeuvres et des produits uniques ou à tout le moins exceptionnels.
Le BOB + La Conspiration Dépressionniste + Diane Charuest
+ Ève Lavoie + Le Front d’action stupide+ Iza Straightshooter
+ Jackalop + Katapulpe + Linéaire Arbre-Évolution
+ Marianne Chevalier + materia prima + Mathieu Plasse
+ OBV + P572 + Perruche et perruque + Le Philistin
+ PisHier + Les Raboussiers + Tricotin R&D + Zazai
+ plusieurs autres
http://www.lephilistin.net
http://lesraboussiers.blogspot.com
J’ai mal à la tête. Je mets la touche finale aux couverture et aux trois tomes des Annales. Hier avec Christophe nous avons fait une performance d’Organ Mood à un party de bureau organisé par La Centrale, Dare-Dare, Articule et Skol. Notre salaire: alcool gratuit. Comme je disais, j’ai mal à la tête.
Cet évènement, c’était pour moi comme un eldorado, quoi. Plein de monde à qui montrer ce que je fais, dans un contexte totalement informel. Plein de gens bizarre et intéressants. Plein de musique bizarre. Plein de filles en Art. Alors, j’ai fait des public relations. Comme on devait ramener notre matériel au local à la fin de la soirée, il n’y avait aucune chance que je profite de la situation pour finir la soirée avec une fille, alors j’ai plutôt fait des expériences de personnages.
J’ai appris que N* avait regardé des photos de moi sur facebook avec son amie J* et qu’elle me trouvait cute, mais un peu gay (si vous vous demandiez à quoi servent les services de réseaux sociaux). Selon lui, je devais m’essayer, c’était assuré que si je réussissais à briser sa carapace de glace je la faisais fondre. J’ai mis l’information en réserve, pour plus tard peut-être, parce qu’elle est quand même assez attirante, mais que j’ai bien l’impression que ce qui lui plaît de moi c’est mon attitude de drague constante, jamais consommée et extrèmement distante, que j’entretenais avec elle il y a quelques années, quand on se croisait toujours par hasard.
À travers une discussion avec elle que j’avais provoqué pour des raisons imprécises, j’ai appris que V* avait 32 ans, ayoye, j’aurais jamais cru, avec sa petite face ingénue et ses yeux qui donnent l’impression de regarder en haut à gauche en souriant…
Calins de E*. Il s’en est fallu de peu pour que je laisse mes rétroprojecteurs à l’espace Jean Brillant, Christophe tout seul avec ses gros amplis, et que je m’en aille avec elle. Mais je me suis retenu et j’ai réussi à maîtriser ma dépendance affective aux prix d’efforts surhumains que je regrette presque. Quand je lui ai dit que j’en avais envie mais que je ne pouvais pas me permettre que ça arrive, elle m’a répondu: «Éloigne-toi de moi alors.» Elle joue dur.
J’ai aussi appris que A* avait un petit kick sur P*, qu’elle était vachement déçue d’apprendre que non, ça marcherait jamais parce qu’il aimait pas les filles avec des petites faces de gâteau, mais les mecs. Probablement les jeunes emo à calotte, j’avais l’impression qu’il essayait de draguer W*, avec une approche vraiment détournée caractéristique des angoissés et des artsy. Ou ça c’est toutte passé dans ma tête?
Ah pis le gars que j’ai croisé à Graff, qui m’a dit qu’il me connaissait de quelque part. Je me demandais vraiment d’où ça pouvait être. A*, la petite face de gâteau, m’a tout expliqué. Il m’avait vu dans ses rêves, et ç’a été à son tour d’être déçu. Tristesse. Incompréhension.
Donc j’ai mal à la tête et j’écoute une playlist trouvée sur P45, compil de punk français ultra pop super cute. Ça me rappelle le livre Les mouvements de mode expliquée aux parents, ouvrage à l’ironie subtile, fondateur dans le développement de mon humour autodestructiviste.
Je ne suis pas allé lire les personals de craigslist plus loin que celles qui ont été citées sur les annales. Ce que j’ai lu m’avait l’air d’une recette secrète pour une déprime solide. J’imagine les filles cachées derrières leur clavier, rêvant du gars qui va partager ses air miles avec elles…
Une petite fringale et elles sortent s’acheter des gogosses bio pas cher au segal, mon épicerie préférée. Là, les commis s’engeulent entre eux dans un mélange anglais/whatever; les marchandises en over sont placées au millieu des allées et cotoient les poubelles pleines de légumineuses; ce qu’on entend le plus souvent c’est excusez/sorry, alors que les client qui on l’air de vivre dans le mile-end se frottent involontairement les surfaces.
Je retourne chez moi, sur internet, les images ont envahi les annales du front d’action stupide. Qui a montré à tout le monde en même temps le bouton en haut à droite dans l’éditeur visuel?
Le concept d’intertextualité nous aide à faire des liens entre différents textes partageant les mêmes motifs, thèmes ou préoccupations. Quand la réflexion qui soutient ce concept quitte l’univers de l’écrit, pour venir faire de la contrebande à la frontière entre le monde réel et le monde des idées, les correspondances, cooccurences et synchronismes fusent. L’art nait, et avec lui le germe de la schizophrénie.

Et dire que les gens regardent la télé…
Les MWHHA contre les WWKA from P45 on Vimeo
Vous l’ignoriez peut-être, mais ben au nord de Montréal, dans le village de l’Anse Saint Jean, se trouve une cellule de sympathisants du front d’action stupide. Je vous transmet une communication reçue récemment:
Depuis quelques temps, sur la route pour le boulot, il y a des travaux assez longs. comme la distance est d’environ 3 km, il y a un véhicule escorte sur lequel on a fixé une grosse pancarte orange « suivez ce véhicule ».
À chaque matin je pense au gars qui conduit, à faire les même trois kilomètres aller-retour toute la journée à une vitesse moyenne de 20km/heure. pis ça me déprime un peu. je me demande chaque fois comment il peut trouver la motivation de passer à travers sa journée.
Hier je l’ai découvert. c’était écrit sur sa plaque d’immatriculation depuis le début : FAS 109.
J’ai acheté le nom de domaine frontdactionstupide.net et je voulais le faire pointer vers notre site actuel, pour ne pas avoir à tout réinsataller et reperdre tous les articles comme les dernières fois.
j’ai plus ou moins réussi. Seul rhaa comprendra de quoi je parle, mais en modifiant le ficher .htaccess, si vous tapez frontdactionstupide.net, vous arrivez au site du FAS, mais l’adresse change pour fas.mjack.net. Ah si seulement l’adresse pouvait rester frontdactionstupide… Criss d’internet à marde…
Par hasard, vous ne connaitriez pas un whiz kid des fichiers .htaccess?
Intoxicated press
De fructueuses négociations on abouti sur un accord historique entre le Front d’Action Stupide, Le Laboratoire de Métaphysique Expérimentale, et le philosophe marathonien Amygdale Lecteur.
L’association de ces trois acteur devrait permettre un renouvellement sans précédent de la recherche dans ce champ d’étude méconnu qu’est la métaphysique expérimentale, en permettant au Laboratoire de poursuivre la matérialisation de nouvelles gedankenexperiment dans des conditions encore jamais atteintes: Le vide interplanétaire.
Vous vous rappelez du Laboratoire de Métaphysique Expérimentale ?
Voici un court clip rappelant la première partie d’une expérience sur les sphères de Wittgenstein.
[...] Les hommes sont toujours infiniment heureux qu’on les laisse dans l’incapacité de réaliser leurs idées!
— Et que feriez-vous donc, dit Diotime irritée, si vous aviez pour un jour le gouvernement du monde ?
— Sans doute ne me resterait-il plus qu’à abolir la réalité!
Anarcho-primitivism is an anarchist critique of the origins and progress of civilization. According to anarcho-primitivism, the shift from hunter-gatherer to agricultural subsistence gave rise to social stratification, coercion, and alienation. Anarcho-primitivists advocate a return to non-”civilized” ways of life through deindustrialisation, abolition of division of labour or specialization, and abandonment of technology. There are other non-anarchist forms of primitivism, and not all primitivists point to the same phenomenon as the source of modern, civilized problems.
Many traditional anarchists reject the critique of civilization, many even deny that anarcho-primitivism has anything to do with anarchism, while some, such as Wolfi Landstreicher, endorse the critique but do not consider themselves anarcho-primitivists. Anarcho-primitivists are often distinguished by their focus on the praxis of achieving a feral state of being through “rewilding“.
Souper: pizzas, crudités, chorizo, vinho verde, bière, on parle de n’importe quoi. J’ai le goût de voir V*, qui va mettre la musique. Venez Vous? C* cède aux demandes de son amoureuse, qui aimerait rester avec lui ce soir. Je pars donc avec T*, deux sur un vélo de Saint-Dominique coin Dante à Rachel coin Saint-Laurent.
Sur place, on aurait du s’en douter puisque la soirée avait lieu au divan orange, déception. La musique post-exotique que j’attendais est remplacée par un genre de groupe manouche avec des chansons jazz, entrecoupée de musique post-exotique à l’entracte. Mais je suis là, je parle à quelques personnes. Je ne peux supporter longtemps l’ambiance, et T* m’offre de fumer un pétard.
Je ne fume plus mais j’ai le goût de changer d’activité. On se rend chez T*. Petit joint. Il comment son appartement: Il est comme un vaisseau spatial, je ne peux pas vraiment me rendre nulle part, sauf dans la cuisine, qui me donne l’impression d’être dans le cockpit. En effet, les seules fenêtres s’y trouvent. Il y a quelques semaines je me suis retrouvé à tourner en rond dans mon appartement, et je bénissais la fin de l’hiver en allant prendre marche sur marche. L’effet du joint sur celui qui ne fume plus se fait sentir et me rappelle pourquoi j’avais arrêté. je commence à angoisser solide. Genre claustrophobe. Comment Amygdale peut il vraiment s’imaginer qu’il passerait des mois et des mois dans une si petite cabine pour se rendre sur une planète ou il n’y a même pas d’air? C’est vrai que l’appartement de T* est un vaisseau spatial. Je sais pas pourquoi, mais je marche maintenant de long en large… heureusement T* a trouvé quelque part une imitation de foyer qui vient ancrer un coin de la pièce à une sorte de réalité, mais je n’en peut rapidement plus et je m’esquive
dans ma tête, la boucle se boucle. Il faut que je trouve un boulot avant l’hiver sinon je vais mourrir étouffé dans mon petit appartement sans la rue et les parcs ou aller prendre des marches, sans le boulot pour te fournir une caverne différente ou aller t’enfermer. J’arrive à reculons chez moi, mets mon vélo sur la galerie, j’entre et m’arrête dans le salon, regarde un peu autour… c’est grand chez moi, je peux me calmer je crois.
Que les visiteurs du rendez-vous des publications parallèles se le tiennent pour dit: nous sommes prêts. En plus des anciens fascicules, nous aurons un nouveau numéro spécial «Probable, mais dégage.», ainsi qu’une réimpression de l’ancien spécial «hé hé hé…», avec de superbes couvertures sérigraphiées, dans le plus pur esprit révolutionnaire du FAS. Bébé Astronaute et moi les avons sérigraphiées dimanche et lundi, et après une bataille gagnée contre une technologie chimique rébarbative, avons terminé la production. Prochaine étape, l’assemblage communautaire. Tenez vous prêts!
Mes contributions aux annales du FAS se sont faites plutôt rares ces derniers temps. Ma catégorie préférée étant autobiographique, j’avais presque l’impression qu’il ne se passait plus rien dans ma vie. Qu’est il arrivé des sorties, des spectacles, des partys de poudre chez des invités inconnus?
J’sais pas trop. Cet été j’ai rencontré une fille, E* Elle est vraiment plus cool que tous les partys. Alors je m’en occuppe. Elle aime bien connaître tout le monde, alors je marche un peu sur des oeufs. C’est facile parler des ses mésaventures avec des inconnues auxquelles on ne repensera jamais à part comme à un livre qu’on a lu à un moment donné. C’est plus difficile de garder le petit ton détaché, ironique, et d’autodérision, quand tu parles d’une fille qui change ta vie et que tu sais qu’elle sera au courant. Elle est belle, elle est bizarre, elle fait des rituels chamaniques avec du styrofoam bleu et du vinyle autocollant. Elle a tatoué des pictogrammes magiques sous ma peau pour me capturer. J’était tellement heureux d’avoir enfin trouvé ma fille en art, qui est complètement folle mais pas du tout conne, j’ai cru que ma vie était un monde magique et j’ai crissé ma job là.
Maintenant, j’ai plein temps à perdre. Je veux plus travailler à tout ce que je faisais avant. Je veux changer de vie. Je veux être moi. Ça doit me plonger dans un questionnement qui fait peur parce que E* est étrange dernièrement. Son regard passe directement à travers moi. J’arrive plus à l’attirer avec mes rayons. Elle m’a dit qu’elle devait travailler, qu’elle était préoccuppée. Je lui ai dit à la blague, tu me rappelleras quand tu auras fini, pour ne pas avoir l’air trop accroché. Ça fait une semaine que j’ai pas de nouvelles et que je pense à elle à tous les jours.
Dans mon rêve, je lui dis qu’elle est la femme de ma vie. Elle me dit:
—J’ai besoin d’intensité. J’ai peur du quotidien.
—Mais, je milite pour un quotidien délirant…
—Probable, mais dégage.»
J’ai peur. Je ne veux pas retourner avec le lumpenprolétariat.