« Tigre ou ver de terre : qui vaut-il mieux protéger ? »
- Le Monde
« L’un de ces livres montrait des femmes en amour avec toutes sortes de bêtes, des chats, des oiseaux, des tigres, des chiens, des poissons et jusqu’à des poulpes qui, hideux, enlaçaient de leurs tentacules à ventouses les corps des mousmés hystériques. »
J’hésite à classer dans «Activités culturelles cool», mais c’est sûr que je classe pas dans «Déprimer, c’est ok».
Ce lien est volé à l’activiste Robodrigue.
Bonjour,
Désolé du temps que nous avons mis à vous répondre mais notre service s’est vu débordé lors des dernières semaines.
Oui, il est vrai que les insectes ne possèdent pas de paupières et ne peuvent donc fermer leur yeux.
Au plaisir, M*B*
Insectarium de Montréal
Ce samedi 12 novembre, de 17h à 19h, aura lieu au Divan Orange le lancement du micro-livre Des nouvelles de ma tumeur (texte : David Clerson / illustrations : Vincent Couture) et le vernissage des oeuvres de Vincent Couture (Stade régressif des formes de vie inférieures du capitalisme tardif).
Buffet de poulpes et de créatures des abysses.
DJ J-F Hell.
Pur plaisir.
Plus d’information ici : http://divanorange.org/news/2011/11/08/expo-novembre-decembre-david-clerson-vincent-couture/
Les savants Euj et Nism, déjà connus pour leurs expérimentations sur l’humain de demain, se lancent en littérature. Pour l’instant, ils en sont toujours à chercher le titre de leur premier livre :
Les kangourous du IIIe reich
Une amygdale à sa phase anale
Jolie tumeur, reviens
Matti Hagelberg, mon amour
Tube cathodique et/ou tube digestif
Meurt le mouroir
Qu’importe la biopsie
Trilogie pulmonaire
Les palpitations
Ma main, ton sein, demain
Des amoureux surpris sur ta vessie
L’apothéose de l’osmose
Une hormone à la plage
Des cellules interchangeables
En route vers le plexus solaire
Le diptyque du sidatique
Un tentacule et/ou un tubercule
Souvenir de ma ménopause
Moelle d’invertébrés
Sang tiède
Fluides sur la ville
Doigts graisseux
Mémoire d’un scalpel infidèle
Une succion à Bangkok
Instruction pour des dissections futures
Zazie dans le duodénum
Les enfants de la bile
Foie gras rencontre couille molle
Du valium pour les folles
Le pourquoi de la pomme d’Adam
Et si Adam avait mangé une datte ?
Cruelle ascension dans l’oesophage
…
Des suggestions ?
Nous vaincrons!
Des activistes du FAS en Russie?
Où sont expérimentées les théories conspirationnistes de la Chaire d’Études André Serouille Flesh of Studies et la notion fasienne du vol de contenu:
http://blogocram.wordpress.com/2010/12/19/street-art-kraft-foods-photos/
Où un super-héros est confronté à André Serouille : http://justifiedjustice.blogspot.com/2007/05/mission-statement.html
«Le légume tueur allemand était un concombre espagnol.»
- Le Monde.fr
Hier j’ai bu comme un trou avec J*. J’aurais pu m’en passer : la soirée n’en valait pas vraiment la peine. Enfin, aujourd’hui j’suis décrissé comme des bottes d’armées après avoir été portées pendant dix ans par un punk squeege natif d’Amos. Pas beau à voir. Mais j’ai été réveillé par une note d’espoir, et j’ai repris goût à la vie. J’étais encore couché quand le téléphone a sonné. J’ai tendu le bras sans me lever et j’ai répondu : « Oui » (c’est généralement comme ça que je réponds au téléphone). Une jeune fille à la voix plutôt aiguë et un brin nasillarde (un peu comme la voix d’une nazie de 0,914 mètre) m’a dit qu’elle était une bénévole s’impliquant dans son quartier. Puis elle m’a parlé de la violence dans la rue et de la difficulté de vivre. Je l’écoutais parler et je me disais qu’elle était sûrement rousse et frisée avec des grosses lunettes, dans le genre pas très jolie, mais avec quelque chose d’un peu sexe (si vous voyez ce que je veux dire). Puis elle m’a demandé si je croyais qu’il y aurait un jour la paix sur Terre. J’ai répondu que je ne savais pas. Elle a continué en me parlant de la Bible, ce livre aujourd’hui négligé, mais qui a tant de choses à nous enseigner. Elle m’a aussi dit qu’« eux » (soudain elle s’était mise à parler au nom d’un groupe) pouvaient me dire exactement quand il y aurait la paix sur Terre. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’imaginer la paix sur Terre comme une sorte de décor de Télétubbies, quelque chose avec des arbres roses, des éléphants en carton et des papillons géants. Ça ne me tentait pas vraiment… Puis elle m’a demandé si je voulais qu’« ils » déposent de la documentation sur le sujet dans ma boîte aux lettres. J’ai refusé. Elle m’a remercié d’avoir pris le temps de l’écouter. Puis elle a raccroché. Là, je sais pas, j’ai un peu l’impression d’avoir manqué quelque chose. Il y avait peut-être des jolies illustrations dans sa documentation. Quelque chose que j’aurais pu coller sur mon frigo à côté de mon calendrier de Justin Trudeau. La vie est faite d’occasions manquées. Pour me changer les idées, j’ai lu un album de Babar. Ça c’est une belle journée.
Les Annales du FAS tome 02 : Vers un nouvel exotisme est cette année finaliste au prestigieux Prix Expozine (catégorie «livre»).
Rappelons que Le fascicule du FAS spécial Non-apprivoisable/Non-domesticable a gagné (ex-aqueo) ce prix en 2006 (catégorie «zine»), et que Le fascicule du FAS spécial André Serouille avait été finaliste en 2007.
On peut aussi noter que j’ai été membre du jury du prix Expozine l’an dernier. Comme quoi toute est dans toute.
D’ailleurs, ma grand-tante R* a elle-même déjà été membre du jury du Grand prix de la piété de la Congrégation des Soeurs du Précieux-Sang à Trois-Rivières. Il semble aussi que son père (donc mon arrière grand-père) ait été membre d’un jury, en 1908, lors du festival des bûcherons de Saint-Tite. De plus, l’on murmure sur les réseaux sociaux que Les Mysterious entretiennent une relation particulière avec le Grand jury universel. Je vous en reparlerai, c’est promis. Ici, une photo de mon arrière grand-père:
Le Gala des Prix Expozine se tiendra le dimanche 3 avril, à 20h00, au Divan Orange. La soirée sera animée par l’improbable Pascal-Angelo Fioramore et le gala sera suivi d’une performance d’Otarie.
Le FAS y sera. Et nous vaincrons!
Biscuit de Noël Kraft + 350 C = four crématoire.
«La stratégie d’intégration verticale d’American Apparel est directement inspirée du fonctionnement des boulangeries de bagel et des restaurants de smoked meat uniques à Montréal.» Certes, et l’organisation des boulangeries de bagel et des restaurants de smoked meat s’inspire du troc pratiqué par les chasseurs-cueilleurs amérindiens qui, lui, s’inspire des coups de hache donnés par les explorateurs vikings, qui, eux, s’inspirent des anges qui passent et qu’on encule.
Hier, j’ai mis fin à quatre mois d’errance en déménageant enfin dans l’appartement que B* m’a cédé. On en a aussi profité pour déménager Mjack – qui vient de se séparer de Spirit – dans un ancien crack house. Un vrai appart de punk. Parfait pour boire de la vodka à en repeinturer les murs de vomissure ; parfait aussi pour ramener des filles en art à la maison. En plus, cet appart, c’est aussi l’atelier des gars de WAW, ce qui devrait plaire aux filles en art. Enfin bref, après le déménagement, on se rejoint quelques-uns dans mon nouvel appart pour boire des coups et puis bouffer entre les boîtes. C’est encore l’après-midi, mais le plan est clair : on va se torcher la face. On attaque aux vodkas pickles, puis pastis, bière, vin, pastis… Il y a B* qui parle taoïsme et adolescence punk à Monaco. Il y a L*L* qui m’offre une BD avec des filles à poil dedans. Il y a Amygdale qui cherche ses clopes dans la poubelle. D’autres amis (C*, F*, A-C*, O*, T*) nous rejoignent bientôt. On commence à danser entre les boîtes. Amygdale dit : « On va chez moi : on va pouvoir mettre la musique plus fort, faire mieux la fête ». Là-bas, on danse, on roule par terre, on éclate un globe terrestre. Puis Amygdale – leader officiel de la soirée – dit : « Il y a une fête de satanistes ce soir, on y va ! » – qui ne peut être attiré par un concept aussi débile ? Ça se déroule dans un genre d’appart, tout près de l’ancienne gare de triage d’Outremont, dans une ancienne zone d’entrepôts et de manufactures, qui bien sûr se condoifie. Devant le party de satanistes, il y une école juive. Des gens saouls sont affalés sur ses marches et y fument des pétards. Le party de sataniste, en fait, c’est une sorte de party de hipsters. Les gens regardent le show de genre de noise grind, sans bouger, avec un sérieux déprimant, en ayant l’air de s’emmerder, mais Amygdale, lui, avec son légendaire sens de l’épique, il va danser en avant, bientôt rejoint par une sorte de géant bisexuel qui semble fermement décidé à l’enculer (ce mec-là y taille pas des pipes, il encule : c’est clair). Ensuite, c’est un peu confus. À la sortie du show y’a un sataniste (le même géant ?) qui me soulève dans les airs sans raison et me projette violemment sur le sol. J’ai mal, mais j’arrive pas trop à lui en vouloir (après tout, je suis activiste du Front d’action stupide) : son geste est tellement infondé. Je peux pas m’empêcher de me dire que c’est pour lui une façon de se rire de la vie, d’agir arbitrairement, le sourire aux lèvres. J’essaie d’expliquer ça à F*, qui pencherait plutôt pour aller se battre avec le type – y comprend pas trop mon point de vue, sans doute avec raison. La suite est encore plus floue. Y’a Poufiasse et Rhâââ qui arrivent inopinément (là, on est quand même un gros paquet d’activistes du FAS : Mysterioux, Amygdale, Mjack, Rhâââ, Poufiasse…). Je suis obsédé par l’idée d’aller poursuivre la fête dans l’ancienne gare de triage d’Outremont. On se retrouve plutôt une quinzaine dans un long escalier qui grimpe le long d’un immeuble en briques. Ensuite, on parle d’aller danser avec des cougars à la Taverna. Pis là c’est encore vraiment plus flou. Je me perds dans la nuit (c’est la nuit où on change d’heure – et je soupçonne m’être égaré dans l’heure perdue du changement d’heure). Je monte dans un taxi ; le chauffeur me fout dehors. J’erre encore. Et comme par magie, je me retrouve enfin chez l’exquise C*. Je sonne. Ça répond pas. Je pars. Je veux lui téléphoner. Je trouve pas de cabine. Je me dis : c’est trop con, je veux dormir avec elle, pis j’ai plus la force de rentrer chez moi. Je retourne chez elle. Je sonne. Elle répond. Elle arrive tout juste. Elle me cherchait dans la nuit. Je me sens un peu con de l’avoir fait paniquer. Larmes et tendresse.
Ouais, ce matin Amygdale a écrit sur F* qu’il se sentait un peu trahi et ambigu. C’est vrai que le satanisme n’est plus ce qu’il était. Pis je le soupçonne de regretter secrètement d’avoir pas joué un peu plus (juste un p’tit peu) le jeu avec le géant bisexuel. Moi, je suis surtout rassuré d’être intact et un peu fasciné par l’improbabilité de cette soirée. Vous allez me dire que c’est rien qu’une autre histoire de cuite, vous aurez sans doute un peu raison, mais c’est peut-être aussi pas mal ça le quotidien délirant. FAS vaincra !
Plusieurs activistes du FAS ont récemment mis en commun les sommes accumulées avec les ventes astronomiques des trois tomes des Annales du FAS. Grâce à ces Fonds d’action stupide, nous avons pu envoyer Amygdale, notre émissaire spécial, en mission de propagande un peu partout à travers le Québec, ce qui n’est qu’un avant goût du voyage d’exploration métaphysique que nous espérons bientôt le voir accomplir vers Mars.
Nous avons de surcroît réédités plusieurs de nos meilleurs fascicules et fait imprimer de superbes gaminets destinés à vêtir nos activistes et/ou sympathisants qui combattront jusqu’à la liberté/et où la mort.
Notre nouveau matériel subversif sera disponible à Expozine, où vous pourrez rencontrer de véritables activistes du FAS, et croiser leurs regards gorgés de malice et d’esprit subversif au risque de réveiller l’élément disjonctif irréductiblement hostile et sauvage qui sommeille en eux.
Nous vaincrons!
j’comprends pu rien
aujourd’hui j’suis allé à Ottawa (voir les chats du Parlement et me faire donner un fauteuil de cuir par une dame habitant une grande tour blanche)
le fauteuil de cuir est trop grand pour mon appartement
je ne suis même pas parvenu à voler un chat du Parlement
avant hier j’étais à Québec (voir des Russes qui m’ont servi des saucisses à hot dog et des œufs durs pour déjeuner)
j’ai un peu l’impression de m’être fait fourrer
j’sais pas où j’irai demain
je parle un langage que je ne comprends pas
qu’y puis-je ?
Hey, Robodrigue, pour en manger des filles en danse, t’as pensé à prendre des cours de ballet jaws?
À cheval sur ma bécane, je dévale à toute allure la côte Berri (je roule si vite que le ciel devient rouge). J’attache mon véhicule au premier poteau d’acier venu, je passe ma main sur mon front pour en retirer la sueur et je m’engouffre dans la station d’autobus voyageur, juste à temps pour attraper Poule de luxe et Fonny Gozier qui s’apprêtent à partir mourir ailleurs au Canada. Ils me filent les clefs de leur appartement, tout juste acquis à Saint-Henri, m’embrassent chaleureusement (leur amitié m’émeut – je suis un tendre) et disparaissent valise en main dans leur autobus. J’ajoute leurs clefs à mon trousseau, puis je repars sur ma bécane.
Le soleil me brûle le crâne. Des auréoles de sueur grandissent sous mes bras. Je remonte la ville. Bientôt, j’arrive chez T* et Bébé Astronaute dans la Petite Patrie. Je sors mon trousseau de clefs et j’ouvre leur porte. Par terre dans leur salon, mon sac de couchage déroulé et quelques effets personnels. Je récupère le tout. Bébé revient le jour même (de mourir ailleurs au Canada) et je veux lui laisser son appartement et les bras musclés de T*. Je repars.
Je roule encore. J’arrive chez moi, dans Villeray, ou du moins dans ce qu’il y a peu était encore vraiment chez moi. Je sors mon trousseau de clefs. J’ouvre la porte. J’ai l’impression de marcher dans un appartement fantôme, dans un lieu du passé, où tous les signes de ce que j’ai pu être, jour après jour, me semblent de plus en plus abstraits – c’est bien là que je dormais, toujours avec la même personne, toutes les nuits ? Je ne suis plus sûr de savoir ce qui m’attachait tant à cette personne et à ce lieu, ça me dégoûte et la nausée me monte à la gorge. Je retire mon t-shirt humide, me passe une serviette sur le corps, enfile un autre t-shirt, récupère quelques effets personnels et m’apprête à repartir lorsque – soudain – j’entre dans mon bureau, prends un gros crayon feutre vert fluo et cours dans la chambre y dessiner sur le mur une gigantesque hermine (ou une belette, ou je ne sais quel autre mustélidé) à la bouche baveuse, et je repars.
Quelques minutes plus tard, toujours dans Villeray, j’ouvre la porte de B*, qui m’a refilé ses clefs le matin même, avant de partir chanter du côté de Tadoussac au milieu des carcasses de baleines en putréfaction (est-ce cela, mourir au Canada ?). Je m’assois derrière le bureau de sa chambre, face à sa fenêtre ouverte. Dans ma poche, mon trousseau de clefs pèse lourd. Je me dis qu’aucune porte ne peut me résister, mais j’ai vraiment l’impression d’être nulle part. Est-ce ça, le nouvel exotisme ? J’habite un territoire trouble. Je me perds dans ma cartographie subjective, allant dans toutes les directions à la fois. Demain, je ne sais pas, j’irai peut-être à Saint-Henri. J’ouvrirai les portes de l’appartement de Fonny et Poule. Ils viennent tout juste d’y arriver. Leurs boîtes ne sont pas même ouvertes. C’est un espace en transition, aux frontières poreuses – l’occasion de se laisser couler vers l’ailleurs ? Je crois que je me coucherai en boule dans un coin et que lentement, je me liquéfierai.
Rarement mon quotidien n’a été aussi mal vécu et peut-être n’a-t-il jamais été aussi propice à l’écriture de Cool is Class War. En fait, j’en écris continuellement dans ma tête et des bons, des très bons mêmes : des histoires d’une tristesse inouie, mais regorgeant d’improbables péripéties, de ces récits où on pleure en riant, où on se rit de la vie pour moins souffrir. Pourtant, ils restent dans ma tête, bien à l’abri entre les plaques de ma boîte crânienne. Souvent, je me frappe l’os frontal et me gratte le pariétal, me disant : mais cela renferme du Grand Art, les articles du FAS que vous avez toujours voulu lire, le quotidien le plus délirant qui soit. Je n’enfonce pas pour autant mes doigts entre mes fontanelles pour m’ouvrir le crâne à deux mains et en extraire ces histoires. Elles concernent des choses qui m’importent beaucoup trop et une personne qui a vraiment trop d’importance pour l’affubler d’un pseudonyme et étaler sa vie privée, même fictionnalisée, au grand jour. Je ne sais pas. Quelque chose s’est brisé. Soudain, je me méfie de l’ironie.
Bonheur! Extase! Ces deux fascicules peuvent désormais être commandés sur Le Pressier (livraison gratuite au Canada durant toute l’année 2010 – 3$ le fascicule de près de 100 pages avec couverture sérigraphiée). Lecteurs de Lebel-sur-Quevillon (QC), Geralton (ON) ou Golden (BC), c’est peut-être maintenant ou jamais!
FAS vaincra!
Des activistes du FAS armés et décidés seront présents ce samedi au Salon du livre anarchiste. Le tout nouveau fascicule du FAS « Déprimer c’est OK» y sera disponible en quantité hyper limitée, ainsi que des rééditions de plusieurs anciens fascicules (« Zone oubliée », « Hé, hé, hé… », « Probable, mais dégage », etc.)
Chers activistes et/ou sympathisants du FAS, nous espérons vous y voir en grand nombre.
Mais pourquoi au Salon du livre anarchiste? Parce que le FAS est une entité fondamentalement collectiviste, imprégnée de culture DIY, et jouant sur le mode mi-sérieux mi-ironique avec les codes esthétiques et politiques (c’est du pareil au même ?) des mouvements radicaux d’extrême gauche. Pis parce que l’anarchie, on aime ça.
Amygdale, faute d’aller (pour l’instant) sur Mars, sera ce même samedi à Québec au très chic Salon nouveau genre avec zines et fascicules en main.
Si le FAS ne sera pas le genre humain (mais plutôt le genre céphalopode), il reste que la nouveauté, c’est nous. De fait, en luttant pour un quotidien délirant, il nous faut sans cesse nous projeter vers l’avenir, adapter nos comportements subversifs pour déjouer à répétition l’ennemi invisible.
Qui en doute ?
Nous vaincrons !
« Sans jamais y consacrer plus de temps que nécessaire, le Front d’action stupide mène, dans la fiction et dans la réalité, un combat pour un quotidien délirant qui se poursuivra jusqu’à la victoire. »
- Mjack
Je viens de lire, avec un plaisir presque certain, tout le contenu du onzième fascicule du FAS – à paraître dans un octbl’. Et j’ai pensé en le lisant que les activistes du FAS n’étaient peut-être jamais allés aussi loin dans leur délire d’autoréférence. En fait, la compréhension d’une bonne partie de ses articles et commentaires (ou du moins de leurs meilleurs gags) implique de suivre le FAS depuis longemps, d’être déjà familier avec ses grands principes, avec ce vaisseau spatial destiné à aller sur Mars, la notion de Kraft = nazi, celle de l’octbl’, le zepoulpe, la PDR, le Cool is Class War, le LME, et même le gag du hibou. Peut-être même ce réseau d’autoréférence est-il devenu comme un système de défense pour mieux lutter contre la stupidité insidieuse qui tente sournoisement de parasiter notre quotidien et d’empêcher qu’il soit enfin délirant. Néanmoins, je le demande, existe-t-il ce lecteur idéal prêt à sacrifier sa vie, à se plonger, des heures durant, sinon des semaines ou même des années, dans nos Annales, comme Julia Kristeva dans les lettres du nom de Balzac, ce musicien du sens, pour rechercher parmi les centaines de textes et les milliers de commentaires que nous avons publiés les clefs de toutes nos références ? Nous-mêmes, parcourant le réseau de nos écrits, risquerions de nous y perdre. Mais quel état de sublimation peut-on atteindre en ayant tracé tous les liens, reliés tous les chaînons, vu ce qui de Thrank Spiroberg mène à Lou Scandale, du bateau de croisière de M. au désert de fibres optiques de Robodrigue ? N’est-ce pas comme trouver la Clavicule de Salomon pour l’alchimiste, qu’amère déception, désintérêt devant le fait accompi, et quotidien redevenu soudain si aliénant, plat, morne – tout sauf délirant ? Mais n’est-ce pas là de toute façon un acte sisyphien, une lecture jamais terminée, un territoire toujours trouble, le réseau de sens du FAS continuant de se développer au fur et à mesure qu’il est décodé, et amenant le lecteur peu à peu, jour après jour, toujours plus loin sur les chemins improbables du quotidien le plus délirant ?
Je m’exalte à la simple pensée de la tâche qui m’attend. Je vais relire tous les textes que nous avons publiés. Je vais noter tous les liens internes et externes. Je vais retracer la part de réel dans le fictif, identifier M*, J*, A*S*, P*, H*H* et tous les autres. Enfin, je connaîtrai le frisson originel… Chérie, pourquoi m’as-tu quitté ? Viens, prends ma main, je t’amène avec moi là où le temps se compte en octbl’, où tu te feras des amies filles en danse ou filles en art, où tu pourras te faire bronzer sur les plages de polypropylène du Continent de plastique, et ensemble nous vaincrons !
À GAGNER : Au sympathisant qui fera la liste complète des liens faits dans cet article avec d’autres textes publiés sur le FAS, un billet en premier classe dans la navette en carton d’Amygdale !
Kraft + crevettes = Cthulhu
Le FAS est comme l’hydre dont les têtes se multiplient au fur et à mesure qu’on les coupe ; il semble souvent terrassé par « l’ennemi », mais revient toujours en force. Ce printemps, ses activistes entrent dans une nouvelle phase d’effervescence.
• Un onzième fascicule du FAS est déjà en cours d’édition et les (célèbres) fascicules du FAS «Hé, hé, hé…», «Zone oubliée» et «Probable, mais dégage» seront réédités sous peu.
• Des activistes du FAS seront présents au Salon nouveau genre et au Salon du livre anarchiste, où ils feront de la propagande sauvage, tenteront vainement d’expliquer c’est quoi militer pour un quotidien délirant et disserteront métaphysique expérimentale.
• Sera annoncée sous peu la création des tout nouveaux Fonds d’action stupide. En effet, mû par l’idéal collectiviste, un comité central autoproclamé du FAS a décidé de réunir les profits retirés de la vente des trois tomes des Annales du FAS afin de financer notre lutte révolutionnaire pour un quotidien délirant. Nous attendons déjà vos suggestions pour l’utilisation de ces fonds. Plus d’information à venir.
• Passant de la théorie à la pratique, des activistes du FAS militeront bientôt sur la place publique. Une gigantesque presse au service de notre propagande devrait ainsi être activée au milieu de badauds aveuglés par l’éclat hypnotique du quotidien délirant.
Nous vaincrons!
Ça commence à faire un sacré bail que j’ai pas écrit un vrai texte de fond sur le FAS, mais c’est pas faute d’avoir essayé. J’accumule les ébauches, je me vautre dans l’inaccompli, je suis terrassé à répétition par l’impression de profonde vacuité qui accompagne souvent l’écriture d’un texte délibérément associé à la stupidité. Je mange toujours du zepoulpe, mais j’ai souvent la nausée.
Pourtant, pourtant, je crois toujours (enfin, parfois) en la cause du FAS et je me demande souvent si ce n’est pas, au fond, dans leur incomplétude que mes textes sont les mieux réussis. Une œuvre achevée, de à A à Z, n’est-elle point à l’image du faux réel, du quotidien le plus plat, contre lequel nous prétendons lutter ? Et peut-être, au fond, mes ébauches constituent-elles mes plus beaux textes, comme les poèmes inachevés d’A*C* ou les romans incomplets de K* ?
Voici donc, pour le meilleur et pour le pire, une suite de fragments puisés dans mes plus récents textes non publiés sur le FAS.
FAS vaincra :
http://yvettesbridalformal.com/index.htm
Un lien volé sans scrupules sur Lève ta jupe.
Jeune homme, jeune femme ou étudiant cherche à vendre sandwich burger à la viande pour se payer une nouvelle bicyclette, un Robodrigue en peluche ou un ordinateur.
Chers activistes et/ou sympathisants du FAS,
Cette semaine aura lieu le Gala des prix Expozine 2009. Rappelons-nous l’édition 2006 où nous connûmes la gloire, les femmes faciles et l’argent vite dilapidé. Cette année encore allons faire acte de présence, en tenue militante ou en tenue civile, et propageons la parole révolutionnaire du FAS.
Nous vaincrons!
Le LME aurait-il financé la publication de cet ouvrage éducatif ?
Amygdale en serait-il secrètement l’auteur ?
Et surtout, qui d’autre aurait pu écrire aussi triviale poésie:
Projets expériences démarche scientifique développement des compétences domaines généraux de formation résolution de problèmes mission simulée rapports de laboratoire astronomie aérospatiale primaire secondaire.
« Alors vous l’aurez délivré de tous ses automatimes et rendu à sa véritable liberté. Alors vous lui réapprendrez à danser à l’envers comme dans le délire des bals musette.
Et cet envers sera son véritable endroit. »
Artaud
«Kilgore Trout avait écrit une nouvelle, dont le sujet était un dialogue entre deux micro-levures. Celles-ci discutaient ensemble des buts essentiels de l’existence, tout en mangeant du sucre et en étouffant dans leurs excréments. Du fait de leur intelligence limitée, elles n’arrivaient jamais à comprendre qu’elles étaient en train de fabriquer du champagne. »
- Kurt Vonnegut Jr, Le breakfast du champion