Aujourd’hui on refait le big bang à l’envers; la température monte, la lumière, aspirée par ton corps, se dissipe. Je vois pourtant clair dans le noir et je plonge de l’escabeau couvert par les nuages, dans mon plongeon à travers le brouillard je vois se dissiper le croissant de ta lune et j’alunis. Ta respiration syncopée me rappelle qu’en apesanteur l’oxygène se fait rare, chaque expiration est un risque mortel, mais peu importe, il est inévitable que nous crevions d’amour parmi les étoiles; pour que nos cœurs deviennent des astres ensanglantés comme ultime trace du choc d’une comète et d’une planète, où les lois de la physique furent transgressées.
Nous sommes revenus sur terre lorsque ma mère ouvrit brusquement la porte du cabanon – ignorante que ce sasse empêchait le vide d’entrer – nous sommes morts étouffés…
Sous le regard éhonté des grands nous défilions sans trop comprendre, mais déjà mon esprit pointait vers l’espace et cherchait un nouveau moyen de m’évader de cette planète; ton trou noir aspirerait mon corps à jamais, depuis je passe mon temps dans mon atelier à concevoir un vaisseau qui me permettrait de m’évader dans la voie lactée.
Commentaires:
Je reviens sur terre chaque fois que ma mere ouvre brusquement la porte du cabanon.
-Julia Kristeva
« Je reviens sur ma mère chaque fois qu’elle ouvre brusquement la porte du cabanon »
- Philippe Sollers.