Dans mon souvenir, il y a cette fille en cinquième année du primaire qui a des débuts de seins et un chum plus jeune qu’elle qui se fourre la face dedans à toutes les récrés. Elle porte presque toujours un t-shirt du Club Optimiste (par-dessus ses leggings). L’autre jour, je trouve un macaron du Club Optimiste dans un bazar. Je l’achète pendant que le vendeur me mate les seins.
Chaque printemps, on fait une sortie classe au port de P*. On observe les bernaches revenir de leur voyage dans l’sud. C’est plate alors pour nous appâter, les profs nous promettent une tournée générale à la fromagerie tout près du port, spécialiste en matière de « la crotte ». On se bourre la face aux frais de l’école (On saura plus tard que ce fromage n’a que l’apparence d’une denrée de sous-catégorie, sans en avoir le prix). Chaque printemps, c’est toujours la même sortie. Aujourd’hui, quand je contemple une envolée de bernaches, j’ai l’impression de voir des crottes de fromage fendre le ciel.
Un gars dans ma classe s’appelle Bertrand, on l’appelle Bernache pour rire, à cause de l’observation des bernaches. Un jour, il me donne une liste de tous les jeux de mots possibles avec mon nom de famille. La liste tient sur cinq pages. Aujourd’hui, quand je veux me punir d’une bévue, je me traite en silence de MacPuce, Marc’anus MariusPupus, Marcrotte…
Par une journée d’hiver post pijama-party orange-crush-crottes-de-fromage (les chips), je me fais traîner par un bigot quasi-inconnu (le père d’une nouvelle copine) à ma première messe. C’est l’affolement total : retard sur les mouvements de la foule, lipsinc laborieux. Une file s’allonge devant l’autel pendant que l’orange crush s’affère à une transsubstantiation en sueur dans mon pijama. J’espère me sauver la face en tirant la langue comme une pro devant « Le Pape », me fiant sur mon une expérience significative en matière de théâtre interactif (j’avais marché dans du Jello les yeux bandés au C* N* des Arts). Le moment venu, le bigot responsable de toute l’affaire me remorque violement par la corde de mitaine. Devant un public anxieux, il prononce ma sentence: « T’as-tu fait ta première communion mademoiselle ?» Ce à quoi je tente un « euh… j’pense que oui » incriminant. Aujourd’hui, le théâtre interactif me fait chier.
Commentaires:
Je vous conterai un jour la fois où j’ai rencontré Amygdale au concours d’art oratoire du Club optimiste de mon patelin sans savoir qu’il s’appellerait un jour Amygdale et que nous militerions ensemble pour un quotidien délirant.
Et moi combien je fus touché, à la messe de minuit, de voir Mysterious dans la chorale. À ce jour, je cherche toujours la crypto-nativité dans le sous-texte des paroles du groupe proto-taïga « Les Loutres ».
Hé, hé, hé…