J’ai assisté à la lente translation de mon prof de bio depuis l’esprit scientifique vers l’homéopathie. Translation douloureuse qui remettait en question sa sanité, sa foi en les nombres et son amour des éléments nobles du tableau périodique. Devant les objections faites grâce aux principes qu’il nous avait lui-même inculqués un peu plus tôt dans l’année, il répondait toujours la même chose « oui, mais ça marche avec les vaches! »
Mon prof de physique se disait neuro-diabétique. Il se vantait de ne pas ressentir la douleur dans ses cuisses. Se servant du matériel fourni par l’école, il se brûlait souvent, au fond de la classe, pendant les périodes d’exercices, sous les regards admiratifs des garçons réunis en conclave pendant que les filles travaillaient sur l’examen prochain, avec des pinces de métal chauffées à blanc, jusqu’à ce qu’une légère fumée nauséabonde de chair grillée se répande de la pièce.
Ma professeure d’atelier, de violon, de chant et d’arts plastiques avait une 13e passion : l’astronomie. En 1986, lors de l’éclipse de soleil, elle me donna une vitre qui me permettrait de regarder l’éclipse et d’établir, dès mes 7 ans, ma réputation de geek. Pendant l’éclipse, un exhibitionniste pénétra dans notre classe de mathématique et, dans la pénombre, nous avons tous aperçu son machin avant que le prof lui foutte une astique de volée, toujours dans la pénombre.
En secondaire 4, le responsable de pastorale et les profs de religion venaient faire du maraudage dans les classes de morale, histoire qu’on s’incrive en religion en secondaire 5, dernière année avant l’apocalypse. On a sauté sur l’occasion et on a profité de la crédulité de ces gens pour leur proposer un deal : on se met à cinq personnes, on est libéré de tous nos cours de religion pendant l’année et on vous fait une belle grosse recherche sur les cinq grandes religions (C*, J*, B*, I* et H*). On a donc eu tous nos cours libres où on allait fumer des joints dans les cubicules du département de musique et on a pondu un beau travail qui nous a pris une fin de semaine à faire. Je n’ai jamais cru en dieu, mais c’est à ce moment-là que j’en ai été le plus proche.
Un jour, un chien m’a jappé dessus et pendant 5 ans, j’ai fait le tour par une autre rue pour l’éviter même si on m’avait dit qu’il était mort.
Un jour, à onze ans, j’ai gagné tout seul à le revanche, mais en fait, j’avais perdu. J’ai pris ma revanche.
Quand j’avais neuf ans, je pensais que j’étais sourd. J’ai dit à mes parents que j’étais sourd et, devant le médecin, j’ai répété que j’étais sourd. Le pédiatre (un certain Dr P*), m’a regardé dans les yeux et m’a crié dans les oreilles que je n’étais pas sourd pentoute.
En secondaire 1, mon prof d’écologie refusait que les étudiants portent des vêtements roses. Si tu portais du rose, tu étais immédiatement exclus de la classe, sans possibilité d’appel. Un jour, on s’est organisés et les 36 étudiants, on portait un kangourou rose. Il avait fait la classe pareil. Plus tard, après le cours, alors qu’il refermait la porte de la classe en la prenant par la penture, quelqu’un (K*L* pour ne pas le nommer) la claqua violemment et le doigt du prof tomba, sectionné. Je l’ai revu 12 ans plus tard, il était aumonier à l’hôpital M*R*. Il m’a reconnu et a fui avec ses neuf doigts parce qu’une rumeur avait circulé comme quoi c’était moi qui avait claqué la porte.
Mon prof de chimie détenait un post-doctorat et chime nucléaire et travaillait part-time à Gentilly. Le problème, c’est qu’il était aussi atteint d’une terrible maladie de peau qui allait, on trouvait, toujours en s’empirant. 2+2 = 4.
Je ne suis jamais allé à mon party de retrouvailles parce que j’ai toujours pensé que quelques mois, c’est trop peu pour mettre de l’ordre dans ta vie.
FAS vaincra !