Cet après-midi, j’ai décidé de profiter du temps de récoltes qui commence pour faire une batche de ma fameuse salsa. Plus tard, devant mon ordi, ayant oublié que j’avais manipulé force piments forts, j’ai eu la bonne idée d’essayer de me gratter le fond du conduit auditif. Faque là, j’ai les les oreilles qui chauffent en esti.
À mon maître Amygdale, cela va comme suit…
Tu vas vers le boulot
Quand j’embrasse le goulot
Quand tu prends le métro
Moi, je prends l’apéro
Maintenant, j’aime ce qui est agréable.
Avant, plus jeune, je détestais l’agréable et vénérait l’inconfort. Je choisissais toujours le moins bon choix à la cafétéria, le pire emplacement au camping (celui sur le bord des containers ou des Ontariens), les gens les plus tarés et désagréables comme amis, les lectures les plus ardues, les cours les plus impopulaires, les filles les plus grosses, les sentiers les moins battus. Comme si j’avais peur d’être pris pour un lâche. Comme si je croyais qu’on allait me juger sévèrement si je posais mon cul sur des coussins plutôt que sur un lit de clous acérés par quelque vieil homme participant à un programme de réinsertion sadique. J’avais moi-même peu de respect pour ceux qui se complaisaient dans la facilité, ceux qui avaient l’air climatisé ou des bancs en cuir, ceux qui avaient des femmes de ménage (pluriel), des râpes à fromage électriques et une télé dans la salle de bains, ceux qui se vantaient d’avoir une option politique et une paire de patins de rechange. Ceux que j’appelais, à la cantonade – comme un rugissant écho de l’air du temps – les Petits-Bourgeois.
Et puis, sans nécessairement m’assagir (je n’ai jamais vraiment pas été sage), j’ai comme intériorisé ma colère juvénile et décidé que des coussins et un lave-vaisselle n’étaient somme toute pas logiquement incompatibles avec l’enragement. Qu’on me juge sur mes choix.
C’est sur ce chemin que j’ai découvert l’agréable et en particulier ce moment que je me paye, soir après soir, qui consiste à m’asseoir sur mon balcon (lequel fait face à l’ouest-nord-ouest), vers 17h, pour y lire quelques pages d’un excellent bouquin que je fais semblant de lire, une bière ou un verre de lait à la main, en regardant le soleil estival terminer sa course derrière l’église Saint-Esprit (Masson et 5e). Cheesy, je sais. Mais c’est rudement bon pour le tan et parfait contre le suicide.
Aussi, mon agrément s’en est-il ressenti l’autre jour, lorsque, prenant place sur ma chaise face au soleil couchant, j’entendis force bourdonnement et vis, à 2 m de moi, un essaim de guêpes comportant à vue de nez une quarantaine d’individuses. Elles tournaient autour de mon BBQ, entrant et sortant par les interstices et maintenant que j’étais là, elles s’intéressaient désormais à moi comme une prof de première année s’intéresse à ce monsieur qui flash sa graine à travers la clôture de la cour de récré.
Qu’on me permette de digresser. Il faut comprendre que, plus jeune – pendant cette phase de recherche d’inconfort décrite plus haut – j’avais l’habitude de « tester », souvent à l’aide d’un bâton que je croyais assez long, le comportement des guêpes lorsqu’il m’arrivait de croiser un nid. Cet élan scientifique a abruptement pris fin lorsqu’un jour, je devais avoir 8 ou 9 ans, les guêpes se sont décidées à me montrer qu’un million d’années d’évolution, ça fait du venin très efficace, surtout lorsque la piqûre est en réalité quinze piqûres. Pas de sommeil pendant 2 jours à cause de la douleur. De cet épisode est née, non pas une phobie des guêpes, mais disons une conscience accrue de leur pouvoir de persuasion.
Aussi, laissant rapidement tomber mon plan bière/lecture/vitamine D, je me décidai à entrer dans la maison par la porte la plus proche. Déjà trois guêpes avaient réussi à se faufiler avec moi et l’une réfléchissait à l’existence posée sur ma main. En analysant la situation froidement, je me dis ceci : ok, elles sont plus nombreuses et ont bénéficié de l’effet de surprise; par contre, elles sont regroupées dans un BBQ, ce qui, de mémoire de guêpe, n’a jamais été autre chose qu’une lose-lose situation.
Ça va chauffer pour vous, mes jolies. Un problème se posait en outre : la bombonne de propane se trouvait de l’autre côté du BBQ, opposé à la porte et l’allumeur, comme tout allumeur qui se respecte, ne marchait plus. Il fallait donc que je passe devant le BBQ, ouvre le gaz, ouvre le couvercle, craque une alumette, la jette dans le BBQ et re-rentre dans la maison pour me protéger. Tout cela sans attirer l’attention de ces insectes charognards.
Que faire? Les distraire en siflottant « Ne me pique pas » ? Regarder ailleurs comme si de rien n’était? Utiliser un stunt-double? Finalement, je décidai de me vêtir adéquatement de vêtements longs : des pantalons d’entraînement bien calés dans mes bas rouges, des gants de construction sous mes manches longues, mon hoody mauve, un cache-cou, mes goggles de ski et mes bottes hautes (celles qui me donnent l’air d’une poutre).
J’ai fait un pas à l’extérieur, armé d’une boîte d’alumettes et les guêpes ont tout de suite chargé. C’est lettes des guêpes, il faut se le dire. Elles volent tout croches, font un bruit de marde et sentent mauvais. Elles sont comme l’homme saoûl de la famille des insectes (non, je ne sais pas si les insectes sont à proprement parler une « famille », mais please wikifuck-off!).
Elles me bourdonnaient dessus et une a même failli entrer dans mon cache-cou, la vlimeuse. Mais vaille que vaille, je me suis approché, j’ai ouvert le couvercle – wow, il y en avait plein là-dedans, grouillantes et surprises – et j’ai parti le gaz. Sérieusement, je ne savais pas que les guêpes n’aimaient pas le propane à ce point-là. J’aime bien ça le propane moi. Du moins en petite quantité. Pour une occasion spéciale. Mettons un party à Iqaluit. Mais les guêpes, ça ne leur plaisait visiblement pas puisqu’elles ont comme qui dirait décalissé en rangs serrés, frôlant mon visage et fonçant dans mes goggles. J’ai parti le feu et j’ai burné les retardataires, au grand plaisir de mon sadique intérieur (celui qui deviendra un vieux monsieur qui aiguise des clous, pour ceux qui suivent).
Sur ce, ça sonne à la porte. Purolator, je vois son truck brun du balcon. Je me dis que ça serait drôle d’aller répondre habillé comme ça, genre extra-terrestre ne comprenant pas les saisons ni les sports sur Terre. J’ouvre la porte et, c’est pas le monsieur de Purolator, c’est mon voisin d’en bas qui me regarde avec un drôle d’air et l’oeil droit tout enflé.
« T’as-tu des guêpes chez vous? »
Pas fort sur l’observation le voisin.
« Non-non, je m’en allais m’entraîner… » répondis-je en remettant mes goggles.
17/12 > Nous voici à quelques lieues de Yakutsk, prisonniers d’un jour blanc qui dure depuis plusieurs heures. Sans doute avaient-ils torts, ceux qui niaient l’existence du corps. S’ils niaient une chose telle que cette main, assurément ils ignoraient qu’il peut se trouver un état de chose derrière la porte d’un congélateur, et que cette chose peut vivoter momentanément. Pourtant, aujourd’hui, je serais tenté de leur donner raison. Car qu’est-ce qu’une main comme ma main, bleue, roide, inepte? Une main qui passe son temps sous une aisselle n’est pas une main.
- Дай мне банку, пожалуйста. Я проголодался.
Je passe la boîte de Zepoulpe à Dmitri, qu’il ouvre à l’aide de son couteau de poche. Le contenu en est cryogénisé. Par chance, nous avons réussi à réchapper un Hibachi et une bouteille de butane de l’écrasement de notre Antonov. Grâce aux parois de neige érigées autour de notre camp de fortune, il arrive à produire une flamme suffisamment persuasive pour cuire des aliments. Je doute cependant que nous puissions tenir plus de deux jours dans ces conditions.
Dmitri engloutit la dernière tentacule embrochée à la pointe de sa lame. Son regard est livide, ses gestes sont ceux d’un animal à sang froid, lents, économes. Il porte à sa bouche un peu de neige, qu’il fait fondre lentement, puis, après gargarisme, il aspire l’eau en pinçant les joues. Cette tempête pourrait durer plusieurs jours. Je prends quelques instants pour prendre conscience du fait que mon collègue m’est inconnu. Certes, nous avons fait une partie de l’entraînement ensemble, mais, somme toute, tout ce que je sais à son sujet, c’est qu’il a une étrange difformité au visage, qu’il est originaire de T* et qu’il joue gardien de but au foot. Or, il me semble que quelque chose a changé dans sa physionomie, dans sa posture. Le dos courbé, il a périodiquement de ces étranges spasmes qui lui font arquer les épaules, accompagnés de pincements des lèvres. J’ai l’étrange sentiment qu’il va se transformer en gallinacée. Soudain, son pied botte la truelle, qui s’en va virevolter contre mon rücksack, tandis que lui se projette contre la paroi du campement, haletant, poussant d’étranges gémissements. Me voilà pris de stupeur, seul avec lui dans cet espace confiné qui pourrait être un module spatial.
- Que se passe-t-il, Dmitri?
Aucune réponse. Il a le souffle court et des plaques rouges sur le visage. Ce doit être le mal cosmique. Il tend le bras dans ma direction, ou plutôt vers l’ouverture de l’abri.
- т… т… тигр! ТИГР!!!
Je me retourne et j’aperçois un superbe spécimen de tigre de Sibérie à deux pas du campement. Que fait-il là, perdu en plein blizzard? Je n’ai pas le temps de me poser cette question idiote que déjà, la conserve de Zepoulpe voltige dans sa direction. Voyant que le félidé s’y intéresse, Dmitri en profite pour prendre la poudre d’escampette. Mieux vaut affronter une mort certaine par le froid qu’une mort certaine entre les crocs d’un fauve. Je cours, cours, cours. J’entends le bruit du souffle et des pas de Dmitri se faire de plus en plus sourd, lointain…
***
Mars, on y va pour ses paysages cyclopéens, on y reste pour ses microorganismes. Mais les stations spatiales, qu’ont-elles de si intéressant? Cela représente un travail d’entretient continuel; toujours des boulons à resserrer, des modules à ajouter, quand ce n’est pas l’habituel protocole de manipulations d’enzymes. Et je suis là en train de ressouder cette cellule photovoltaïque, mais était-ce bien cela que j’étais venu faire? Quelle était le but de cette sortie, déjà? Quel était la mission de ce vol, au juste? Où sont mes camarades? Partis: la navette a disparu. Alors, lentement, je me détache de la station. Je dérive en tournoyant dans l’espace, sans but. La station n’est rapidement plus qu’on objet distant très brillant. Je sens que je prends de la vitesse; le vertige m’envahit jusque dans les artères. Ma combinaison se réchauffe, elle s’embrunit. Mes gants prennent feu: j’entre dans l’atmosphère terrestre. Je peux voir les flammes m’envelopper tandis que dans la combinaison, je suffoque. Je n’en ai plus que pour quelques secondes à vivre avant de me désintégrer dans l’atmosphère. La chaleur monte, monte…
- Он просыпается.
Autour de moi, des ambulanciers s’affairent. J’entends le ronronnement des hélices de l’hélicoptère médical. Je parviens tant bien que mal à sortir mon bras de la couverture thermique dont on m’a emmitouflé. Je respire enfin.
- А где Дмитрий?
Aucune réponse.
«Celui qui offre des sacrifices à d’autres dieux qu’à l’Éternel seul sera voué à l’extermination». Exode 22 : 20
Avez-vous remarqué que nos braves militants du FAS ont tendance à se liquéfier pendant l’été? Certains vont jusqu’à parler de «déprime» (hihihi-hahaha-hohoho!) Rassurez-vous chers lecteurs, il n’en est rien. En fait, j’irais jusqu’à dire que les membres en règle sont alors au zénith de leur forme. Je m’explique.
Alors que j’en étais encore à mes premiers balbutiements sur le FAS, j’avais osé écrire un article dans lequel j’avais qualifié mon quotidien délirant de «gothique». N’en déplaise à Bosch, je doute que le délire fascien ait quoi que ce soit à voir avec l’angoisse de la damnation : après tout, FAS vaincra! Non, s’y j’avais à associer notre style de vie à une culture, ce serait peut-être quelque chose comme l’esprit juif. Enfin, celui que Dostoïevski décrit dans ses fameux Carnets de la maison morte. Peut-être vous souvenez-vous (ou pas, peu importe) de cette scène où un prisonnier juif célébrant le shabbat «feint» la tristesse la plus poignante en récitant les prières coutumières pour subitement, l’instant suivant, éclater de la joie la plus exalté qui soit. Eh bien! Je crois que cette scène dépeint assez bien l’âme fascienne.
Le FAS bipolaire? C’est une interprétation plausible. Pour ma part, j’y vois une nouvelle esthétique, une forme d’exotisme intérieur.
Dommage qu’on ne s’intéresse pas vraiment à l’histoire du FAS. On saurait alors que le FAS est né spontanément lorsque, simultanément et à plusieurs endroits sur Terre : un individu louche pataugeant d’in trou d’bouette aperçu la lumière; un halluciné pris la décision d’être communiste pendant une journée ; un groupuscule terré dans un repère-labyrinthe et propulsé par l’alcool cheap décida de se dévoiler au grand jour afin de militer pour le retour du train dans une banlieue; le zepoulpe remplaça subrepticement les cadavres de nos aînés comme ingrédient de base du pablum. Qu’ont en commun tous ces événements sans lien apparent? Je dirais la déchéance achevée, la prophétie de la victoire finale et la totale acceptation de sa vanité. L’essence du FAS quoi!
Mais la chair est faible. Elle tend à succomber paresseusement au désespoir, elle se tourne alors vers de fausses idoles : «vérité», vie de famille, vidanges, V… C’est au plus sombre moment de son insigne existence, lorsque l’homo fascius croit n’être plus qu’une coquille vide que se manifeste en lui avec l’attirance d’un veau d’word qu’on embroche (veau d’or… non ? ah bon…) ce cri de pirate : FAS vaincra!
Alors pleurez mes amis, pleurez! Je sais que vous sentez alors plus que jamais cet appel qui tonne au fond de votre cœur, ce tropisme intérieur qui vous propulse vers les continents inexplorés. Pleurez, car je vous sais en train de vaincre…
À cheval sur ma bécane, je dévale à toute allure la côte Berri (je roule si vite que le ciel devient rouge). J’attache mon véhicule au premier poteau d’acier venu, je passe ma main sur mon front pour en retirer la sueur et je m’engouffre dans la station d’autobus voyageur, juste à temps pour attraper Poule de luxe et Fonny Gozier qui s’apprêtent à partir mourir ailleurs au Canada. Ils me filent les clefs de leur appartement, tout juste acquis à Saint-Henri, m’embrassent chaleureusement (leur amitié m’émeut – je suis un tendre) et disparaissent valise en main dans leur autobus. J’ajoute leurs clefs à mon trousseau, puis je repars sur ma bécane.
Le soleil me brûle le crâne. Des auréoles de sueur grandissent sous mes bras. Je remonte la ville. Bientôt, j’arrive chez T* et Bébé Astronaute dans la Petite Patrie. Je sors mon trousseau de clefs et j’ouvre leur porte. Par terre dans leur salon, mon sac de couchage déroulé et quelques effets personnels. Je récupère le tout. Bébé revient le jour même (de mourir ailleurs au Canada) et je veux lui laisser son appartement et les bras musclés de T*. Je repars.
Je roule encore. J’arrive chez moi, dans Villeray, ou du moins dans ce qu’il y a peu était encore vraiment chez moi. Je sors mon trousseau de clefs. J’ouvre la porte. J’ai l’impression de marcher dans un appartement fantôme, dans un lieu du passé, où tous les signes de ce que j’ai pu être, jour après jour, me semblent de plus en plus abstraits – c’est bien là que je dormais, toujours avec la même personne, toutes les nuits ? Je ne suis plus sûr de savoir ce qui m’attachait tant à cette personne et à ce lieu, ça me dégoûte et la nausée me monte à la gorge. Je retire mon t-shirt humide, me passe une serviette sur le corps, enfile un autre t-shirt, récupère quelques effets personnels et m’apprête à repartir lorsque – soudain – j’entre dans mon bureau, prends un gros crayon feutre vert fluo et cours dans la chambre y dessiner sur le mur une gigantesque hermine (ou une belette, ou je ne sais quel autre mustélidé) à la bouche baveuse, et je repars.
Quelques minutes plus tard, toujours dans Villeray, j’ouvre la porte de B*, qui m’a refilé ses clefs le matin même, avant de partir chanter du côté de Tadoussac au milieu des carcasses de baleines en putréfaction (est-ce cela, mourir au Canada ?). Je m’assois derrière le bureau de sa chambre, face à sa fenêtre ouverte. Dans ma poche, mon trousseau de clefs pèse lourd. Je me dis qu’aucune porte ne peut me résister, mais j’ai vraiment l’impression d’être nulle part. Est-ce ça, le nouvel exotisme ? J’habite un territoire trouble. Je me perds dans ma cartographie subjective, allant dans toutes les directions à la fois. Demain, je ne sais pas, j’irai peut-être à Saint-Henri. J’ouvrirai les portes de l’appartement de Fonny et Poule. Ils viennent tout juste d’y arriver. Leurs boîtes ne sont pas même ouvertes. C’est un espace en transition, aux frontières poreuses – l’occasion de se laisser couler vers l’ailleurs ? Je crois que je me coucherai en boule dans un coin et que lentement, je me liquéfierai.
je tourne subitement le coin de la rue, sur mon supra bolide, le maillot de bain encore humide, collé à la peau, emmitouflé, vaguement, dans un pardessus qui s’attache devant, il donne un air décent à l’entre-jambe. je pédale bien relaxe, j’arrive sur le coin d’Everett, ce coin miteux près de la plaza haute, près de ce bouiboui de musique du monde où on sert n’importe quoi à n’importe qui. un presque gang bang de crétins -et pédés par dessus le marché- me lorgnent du coin de l’œil… ce qui n’arrange rien, ils sont Mexicains. ça, ça veut dire que la sauce piquante leur dégouline sur le menton en permanence, qu’ils ont des yeux brûlés par le désir et une espèce de moustache perverse… z’avez jamais vu un type sortir de la piscine et se promener à bécane ?! de parfaits imbéciles, en gougounes, en plus… je sais que c’est bien connu, mais tu peux juste pas être crédible en gougounes et avec une moustache…
juste avant, le gamin qui a vomi dans la piscine, hier, il était encore là ce matin… coudonc criss… c’est dégueulasse, ils le font exprès, il va pas s’y remettre… par cette chaleur, le vomis et les mexicains, c’est trop de saveurs… j’ai entendu le père dans le vestiaire, il disait à qui voulait l’entendre que son fiston devait pas rester traumatisé, que dans ce temps là il faut vite remonter… il voulait surtout se justifier d’avoir ramené le gamin alors qu’on a vidé des tonnes de litres d’eau infestés de vomi, hier, par sa faute. j’adore certains enfants, mais pas quand ils vomissent dans l’eau de piscine, un jour de canicule… « mon fiston doit pas rester traumatisé, dans ce temps là il faut vite remonter »… remonter ? ah plonger, tu veux dire, innocent…
moi remonter, moi oui j’ai remonté. me suis remis à la bécane, il y a quelques jours à peine. toute ma vie j’avais chevauché la ville de briques rouges, tel un bachibouzouk… je roulais dans toutes les directions, parfois à contre courant, walk-man sur une oreille, je dévalais les pentes, je montais péniblement la Sherbrooke, la côte Ste-Catherine… j’étais passablement cool sur ma bécane. j’emmerdais personne. j’étais chic sur la route. souple et rapide. j’ai tout de même eu le gros crash : un nid de poule gargantuesque, mauditement bien caché dans l’ombre d’une rue sombre… a toute vitesse, une main en moins sur le guidon -j’étais à 2 secondes de mon ancien logis- ni vu ni connu, j’ai bumpé dedans. au dernier moment j’ai eu juste le temps de penser « tu vas avoir mal »… le vélo de montagne aplati comme une galette, les minutes dans le flou, une dame en voiture qui s’arrête et vient me demander si ça va, si j’ai besoin d’aide pour m’enlever du chemin car elle peut plus circuler… ça va pauvre cloche, je me lève… c’était la nuit, on voyait rien ou presque. pendant des semaines, les bleus sur tout le corps… on me disait que j’étais Pretty sexy. «Joseph, mmm… tu es pretty sexy avec tes bleus»… ce doit encore être cette bonne vieille fascination chrétienne pour le pathétique, le meurtri… bref, j’étais pretty sexy avec mes bleus. tellement que 5 ans plus tard j’avais toujours pas remonté…. maintenant ça y est. me suis dit, y’a rien de plus con que de ne plus faire de bécane sous prétexte que la bécane peut être dangereuse. qu’est-ce qu’une vie sans le moindre risque ? alors j’ai toléré la petite vomissure latente qui pataugeais dans l’eau, de l’autre côté de la cloison où je faisais mon crawl… Il a vomi hier, maintenant il replonge… wow, c’est une analogie de situation particulièrement savoureuse… vous admettrez.
je vais tenter de me trouver une combinaison de plongeur, ainsi en sortant de la piscine, en maillot de bain, sur ma bécane, par une chaleur torride, l’uniforme humide et collant encore sur le corps, m’offrant un peu de fraicheur quand je pédale, aucune bande de parfaits imbéciles -pédés et Mexicains- ne pourra commencer à me lorgner l’entre-jambe, sous prétexte que c’est humide ou que ça coule… il y avait semblait-il une blague là-dessous, un jeux de mot, quelque chose… ark… âhh les pd mexicains…
Rarement mon quotidien n’a été aussi mal vécu et peut-être n’a-t-il jamais été aussi propice à l’écriture de Cool is Class War. En fait, j’en écris continuellement dans ma tête et des bons, des très bons mêmes : des histoires d’une tristesse inouie, mais regorgeant d’improbables péripéties, de ces récits où on pleure en riant, où on se rit de la vie pour moins souffrir. Pourtant, ils restent dans ma tête, bien à l’abri entre les plaques de ma boîte crânienne. Souvent, je me frappe l’os frontal et me gratte le pariétal, me disant : mais cela renferme du Grand Art, les articles du FAS que vous avez toujours voulu lire, le quotidien le plus délirant qui soit. Je n’enfonce pas pour autant mes doigts entre mes fontanelles pour m’ouvrir le crâne à deux mains et en extraire ces histoires. Elles concernent des choses qui m’importent beaucoup trop et une personne qui a vraiment trop d’importance pour l’affubler d’un pseudonyme et étaler sa vie privée, même fictionnalisée, au grand jour. Je ne sais pas. Quelque chose s’est brisé. Soudain, je me méfie de l’ironie.
L*, 11 ans, porte un T-shirt sur lequel est écrit : « Video games ruined my life. Good thing I have two extra lives. » Après une petite remarque amusée de ma part, L* me confie d’un air songeur : « Si j’avais trois vies, je gaspillerais la première à jouer à des jeux vidéos. La deuxième, je la dédierais à ma carrière, et la troisième, à faire la révolution. »
J’ai déjà fait de la kétamine. Comme je suis une chaise, voire plusieurs, pour moi, faire de la kétamine, ça veut dire qu’il y a déjà eu de la kétamine qui a touché ma peau de plastique. Donc vous comprendrez que, pour moi, la drogue d’humain ce n’est pas très efficace. À la place, je regarde des trucs comme ça :
C’qui se passe avec pétasse ? Pardon je voulais parler de Poufiasse, elle a complètement disparue de la carte, où est-elle allée se foutre ? Avec qui ? Faudrait organiser une battue et pour le moins retrouver son corps, elle mérite peut-être pas de vraies funérailles catholiques, mais un coup on pourrait fermer les yeux et lui chanter l’Ave Maria en oubliant son passé de catin…
Bonheur! Extase! Ces deux fascicules peuvent désormais être commandés sur Le Pressier (livraison gratuite au Canada durant toute l’année 2010 – 3$ le fascicule de près de 100 pages avec couverture sérigraphiée). Lecteurs de Lebel-sur-Quevillon (QC), Geralton (ON) ou Golden (BC), c’est peut-être maintenant ou jamais!
FAS vaincra!
Le dimanche 13 juin à 15h se tiendra un happening participatif sur la piste cyclable le long de la voie ferrée (au niveau de la rue de Gaspé) afin de faire pression sur la ville et le CN pour qu’ils construisent des passages pour vélos et piétons entre le Mile-End et Rosemont. Il s’agit d’une opportunité d’action pour le FAS, déjà engagé dans l’exploration et la conceptualisation de ce sanctuaire-viaduc. Répondons à l’appel de mobilisation et profitons-en pour investir les lieux de notre presse offset, afin de distribuer de la propagande pro-fassienne et pro-sentiers conatifs (desire paths). Puis, faisons dérailler un train et lâchons les bestiaux dans la ville!

Continent de plastique, polymère atoll
Golfe persique et du Mexique
Rutilants de sombre opal, pétrole
Laque des eaux toxiques
Marre du fioul, des plottes à gaz
Le kérosène jouissant des bas-fonds
Sucé sous les nappes – extase
Souille de sa nocturne pollution
Là un pélican d’envergure
Que le poids courbature
Couvert de mazout
De son goitre en entonnoir
Contre les séraphins noirs
Sors un cri qui dégoute
Ce n’est pas sans une forme de tristesse larvée que nous constatons que Zepoulpe – auteur autrefois prolifique, sans cesse mécontent et ridiculement poilu – est en quelque sorte devenu moins qu’une ombre, une espèce de poussière d’esprit, un auteur résolument absent et singulièrement muet lors de ces derniers mois, voire même de ces dernières semaines.
Ce n’est sûrement pas sans un soupçon légitime que les milliers d’autres auteurs du FAS ont continué la lutte, croyant peut-être que Zepoulpe avait abdiqué ou, subjugué par les spectaculaires résultats que l’on sait et les généreuses quoique louches subsides, était pour ainsi dire parti en taxi vers le Sud, à la rencontre de Julia Kristeva, de l’Empire Kraft, voire de l’amour – aventure stupide s’il en est une.
D’aucuns auront cru que Zepoulpe – suivant en cela la tradition des gouverneurs romains dans Astérix – a utilisé ses dividendes pour fomenter un complot contre le FAS, voire même contre la stupidité elle-même (finançant quelque groupe rival – le FUS ou le FOS) – sans égard à la tradition stupide et persistante du Front qui l’a pourtant vu naître.
Mais les faits sont demeurés et la réalité est si sotte…
Zepoulpe a peut-être simplement fait faillite ! Peut-être a-t-il dû abdiquer, en espèces sonnantes, tous ses projets obtus et intellectuellement creux; toutes ses tentatives pour repousser le vol du boomerang dans le but d’en permettre le mouvement perpétuel; tous ses désirs d’un autre siècle (pas le dernier, pas l’autre, l’autre) de possession d’un fief; toutes ses tentatives pour ouvrir sur Sainte-Catherine soit : un stand à hot-dogs, un bordel, un stand de tir, une chambre anéchoïque, un refuge pour abeilles, une pesée pour gros ou un kiosque de dopage pour cyclistes urbains.
Zepoulpe a peut-être déjà (ou enfin) les pieds pris dans un socle de ciment ? Peut-être qu’au moment même où l’on se murmure des inepties à l’oreille et où l’on se sussure des cochonneries clownesques comme pick-up lines, du genre « Salut, est-ce que tu ne penses pas que ce linge-là sent un peu le chloroforme ? », Zepoulpe se meure et tente de respirer à travers une couple de pouces de caoutchouc ou une couple de martinis ?
Les auteurs du FAS ont-ils seulement cessé d’aimer la vie comme un jour la girafe a cessé d’aimer la courteur ? L’absence n’est-elle pas comme le silence, d’or ?
Ce sont des questions qui méritent réflexion. Et quoi de mieux pour la réflexion que le Laboratoire de Métaphysique Expérimentale ?
Je vous le demande.
De voir tous ces jeunes punks attendrissants hier, ça m’a rappelé la plus grande débarque d’idéalisme dont j’ai été témoin dans ma vie. Ça faisait plusieurs semaines qu’on n’était pas sortis du bois, P*, R* et moi, et un ennui abyssal nous avait poussés à faire cinq heures de voiture un bon samedi pour aller voir Spiderman au cinéma.
Jusqu’alors, je n’aurais jamais imaginé qu’une autre forme de vie sur terre aurait pu dégager une puanteur plus nauséabonde qu’un planteur d’arbre fraîchement sorti du bois. À nous trois dans un char, je croyais sincèrement que ce serait dur à battre et j’avoue que j’en étais même un peu gênée au moment d’embarquer deux crusty punks qui faisaient du pouce avec leurs chiens. Finalement, le quatuor surpassait tous les records et je vous jure que même les planteurs qui ont déjà failli vomir en respirant leur propre odeur en auraient pris pour leur rhume.
Évidemment, les deux filles arboraient de nombreux tatouages, et l’une d’entre elles rapprocha ses deux poings pour me montrer les huit lettres tatouées sur ses jointures. Elle m’expliqua qu’à l’origine, ces lettres formaient les mots FREE SOUL, et qu’avec le temps, elle avait perdu un peu la foi et avait décidé de faire changer le L pour un P. Commençant déjà à en avoir marre de la soupe, elle me confia que son prochain projet était de transformer l’U en A. Quelle bonne idée.
Contrairement à ce que la plupart d’entre vous s’imaginent sûrement, en puriste de la langue que je suis, je suis tout à fait favorable à la nouvelle orthographe. Débarrassée de ses reliquats les plus inutiles, la graphie rectifiée a le mérite d’être plus claire, plus précise, plus belle, et beaucoup moins incohérente que l’ancienne orthographe.
J’en conviens, sans son i, l’ognon n’aura plus tout a fait la même saveur, même rissolé au beurre en accompagnement des rognons, mais au moins ça évitera toute ambigüité dans l’écriture des mots ambigus. Maintenant que tous les adjectifs numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union, il est désormais possible de distinguer soixante et un tiers (60 + 1/3) de soixante-et-un tiers (61/3), ce qui est fort utile dans la vie de tous les jours – au moment de payer son loyer, par exemple. J’avoue que mon propriétaire a fixé mon loyer à un prix vraiment bizarre et que ça n’arrive pas exactement à tout le monde, mais bon, je ne m’embarrasserai pas de détails aussi insignifiants. De toute façon, sachant que le mot exéma vaut presque autant de points au Scrabble qu’eczéma, moi, j’approuve : ils ont bien fait de supprimer toutes ces anomalies irritantes. Surtout en ce qui concerne les mots d’origine étrangère, laissez-moi vous dire qu’un fiord, au Saguenay, ça a ben plus d’allure qu’un fjord. Et les nostalgiques du maelström de règles incompréhensibles de leur enfance, qu’ils déménagent donc en Norvège.
Rien ne sert de s’assoir sur ses lauriers après avoir conquis le milieu de l’édition. La thèse du parasitisme révolutionnaire du FAS doit s’immiscer jusque dans les dictionnaires et pour ce faire, il est grand temps que les sympathisants du FAS embrassent le progrès en appliquant dès aujourd’hui la graphie rectifiée à leur lexique, à commencer par le mot octbl’.
D’abord, ce mot ne comprend aucune voyelle, ce qui rend indument ardue la prononciation. Et l’apostrophe à la fin du mot est un archaïsme qu’on ne voit plus depuis le temps de nos grand’mères, qui eurent néanmoins, quant à elles, beaucoup de difficulté à s’adapter au trait d’union.
Je propose donc la nouvelle graphie octabule, qui simplifie le pluriel, facilite l’intégration à la langue française et s’harmonise avec l’orthographe des autres mots comme pendule, libellule et bidule, ce qui vous aidera certainement à faire passer la pilule.
Alors, vous acceptez ou vous êtes juste une bande de vieux réacs, pires que Joël Le Bigot ? Me ferez-vous subir le même sort qu’à Brassens, qui dut quitter la Fédération anarchiste car ses collègues le trouvaient trop pointilleux sur les règles d’orthographe ?
Je vous ai déjà parlé de mon facteur. Hé bien, figurez-vous que je l’ai croisé aujourd’hui au Salon du livre anarchiste; il fait partie du Collectif opposé à la brutalité policière. Comme quoi derrière la gentille professeure d’arts plastiques du chic collège privé où vous avez envoyé votre ado ou le directeur éditorial de la maison d’édition qui a publié votre dernier livre de recettes préféré, en passant par le gardien du cimetière et l’infirmière qui est aux petits soins avec votre grand frère schizophrène, pourrait se cacher un véritable anarchiste et même, qui sait, peut-être un sympathisant du FAS…
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En passant devant une affiche du FAS au Salon du livre anarchiste, une fille s’exclame à son ami : « Hey, your mom has one of those in her kitchen ! » You must have a very cool mom.
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Extrait d’une publication de notre voisin de table, the New Escapologist :
« Two Types of Escape Route »
« When one begins to think about the various ways in which people try to escape the boredom of the prescribed, expected life, two major types of escape routes emerge. The first involves the temporary retreat into simple escapist pleasures – going to the pub, reading a cheap fantasy novel or consuming vast quantities of hallucigenic drugs as though they were Jaffa Cakes. The second is the attempt at permanent resettlement – by moving to a countryside ecovillage, by escaping to a lottery-funded villa on the seashore or giving up and becoming a tramp – and involves working toward a self-sufficient lifestyle and the marvellous feeling of turning your back on expectation. »
Vous avez essayé FAS-rencontres ?
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J’ai trouvé les anarchistes du salon du livre beaucoup moins poseurs que les hipsters d’Expozine. Mais faut dire que la plupart de ceux que j’ai rencontrés aujourd’hui, ça reste des anarchistes… de salon.
Des activistes du FAS armés et décidés seront présents ce samedi au Salon du livre anarchiste. Le tout nouveau fascicule du FAS « Déprimer c’est OK» y sera disponible en quantité hyper limitée, ainsi que des rééditions de plusieurs anciens fascicules (« Zone oubliée », « Hé, hé, hé… », « Probable, mais dégage », etc.)
Chers activistes et/ou sympathisants du FAS, nous espérons vous y voir en grand nombre.
Mais pourquoi au Salon du livre anarchiste? Parce que le FAS est une entité fondamentalement collectiviste, imprégnée de culture DIY, et jouant sur le mode mi-sérieux mi-ironique avec les codes esthétiques et politiques (c’est du pareil au même ?) des mouvements radicaux d’extrême gauche. Pis parce que l’anarchie, on aime ça.
Amygdale, faute d’aller (pour l’instant) sur Mars, sera ce même samedi à Québec au très chic Salon nouveau genre avec zines et fascicules en main.
Si le FAS ne sera pas le genre humain (mais plutôt le genre céphalopode), il reste que la nouveauté, c’est nous. De fait, en luttant pour un quotidien délirant, il nous faut sans cesse nous projeter vers l’avenir, adapter nos comportements subversifs pour déjouer à répétition l’ennemi invisible.
Qui en doute ?
Nous vaincrons !
« Sans jamais y consacrer plus de temps que nécessaire, le Front d’action stupide mène, dans la fiction et dans la réalité, un combat pour un quotidien délirant qui se poursuivra jusqu’à la victoire. »
- Mjack
[Par Ensemble de chaises à]
Le précariat triomphant
Les samares me smashent dans face
Une épidémie de bronzage
Frappe au Jean Coutu
anarchistes en action, sur le site de radio canadiana
« Que penser du Kanata dans ses rapports avec les premières nations? Ce grand pays démocratique diffuse partout sur la planète, en guise de promotion de la tenue des Jeux Olympiques d’hiver 2010 à Vancouver, son logo en forme d’inukshuk coloré, reflet graphiques de ces sculptures de pierres en forme d’humains. Simultanément, par le biais de son ministère Santé Canada, c’est la même contrée qui fait malencontreusement parvenir dans les réserves indiennes, alors que les effets de la maladie y sont plus graves qu’ailleurs étant donné les conditions de vie souvent précaires, des housses dans lesquelles on place les cadavres parmi le matériel dit de prévention contre la pandémie mondiale de la grippe A (H1N1)!! Mais surtout, le gouvernement canadien demeure l’un des seuls qui refuse, avec les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, de signer la Déclaration Universelle des droits des peuples autochtones adoptée par l’ONU en 2007! »
Guy Sioui Durand
C’est pas pour faire chier, mais la BD CACA RENTE de Martin Veyron, c’est vraiment de la merde…
Entendu l’autre soir de la bouche de Y*, visiblement heureux de pouvoir enfin afficher au grand jour son amour des germinations devant quelqu’un qui ne le jugera pas (moi). Mille mercis pour les petites pousses qui ont pris rapidement de l’expansion jusqu’à la délicieuse salade de ce midi.
Kraft + crevettes = Cthulhu
Ça faisait longtemps que j’y pensais, mais comme la médiocrité de notre radio publique est au goût du jour, voici mon palmarès des expressions radio-canadiennes les plus exaspérantes :
5 – Le mot « étonnant » à toutes les sauces.
4 – « Dans » Internet au lieu de « sur » Internet. Je sais que c’est grammaticalement correct mais personne ne dit ça sauf C* C*.
3 – « Ce que j’entends » au lieu de ce que je comprends. Arrêtez d’essayer de faire style comme en espagnol et si vous avez des hallucinations auditives allez donc vous acheter un appareil auditif ou réécoutez Metallica (nos poules pondent des oeufs).
2 – Soleil « généreux ». On dirait que la fille de la météo essaie de se faire accroire qu’elle est encore dans sa prime jeunesse et que l’album Menteur de Jean Leloup n’est pas sorti il y a plus de vingt ans.
1 – « Comme disent les chinois » avant de dire un anglicisme. Chu pu capable.
Cette émission de radio canada me tape sur les nerfs, mais je ne peut parfois m’empêcher de l’écouter, à la fois pour meubler le silence et pour mieux la mépriser. De toutes les chroniques à y être présentées, celle de monsieur Truc est de loin la plus retardée. Qui, à l’écoute de la chaine nationale, a réellement besoin de savoir qu’en y ajoutant un peu d’eau, il est possible de ré-humidifier nos fruits secs trop secs plutôt que de les jeter?
aujourd’hui cependant Monsieur Truc atteint des sommets en terme de délire auto-ironique, avec l’approbation amusée de l’animatrice, qui laisse ainsi croire qu’elle trouve le concept de l’émission qu’elle anime complètement handicapé mental.
Le sujet aujourd’hui: comment organiser un super party surprise à notre mère. La manière d’éloigner la mère en attendant que les invités arrivent, et se cachent pour le « surprise »: envoyez-la magasiner à la place versailles suivre un atelier de réflexologie interpersonnelle (!!!)
enfin, je crois l’avoir entendu, je confirme demain une fois la baladodiffusion de l’émission mise en ligne.
Le FAS est comme l’hydre dont les têtes se multiplient au fur et à mesure qu’on les coupe ; il semble souvent terrassé par « l’ennemi », mais revient toujours en force. Ce printemps, ses activistes entrent dans une nouvelle phase d’effervescence.
• Un onzième fascicule du FAS est déjà en cours d’édition et les (célèbres) fascicules du FAS «Hé, hé, hé…», «Zone oubliée» et «Probable, mais dégage» seront réédités sous peu.
• Des activistes du FAS seront présents au Salon nouveau genre et au Salon du livre anarchiste, où ils feront de la propagande sauvage, tenteront vainement d’expliquer c’est quoi militer pour un quotidien délirant et disserteront métaphysique expérimentale.
• Sera annoncée sous peu la création des tout nouveaux Fonds d’action stupide. En effet, mû par l’idéal collectiviste, un comité central autoproclamé du FAS a décidé de réunir les profits retirés de la vente des trois tomes des Annales du FAS afin de financer notre lutte révolutionnaire pour un quotidien délirant. Nous attendons déjà vos suggestions pour l’utilisation de ces fonds. Plus d’information à venir.
• Passant de la théorie à la pratique, des activistes du FAS militeront bientôt sur la place publique. Une gigantesque presse au service de notre propagande devrait ainsi être activée au milieu de badauds aveuglés par l’éclat hypnotique du quotidien délirant.
Nous vaincrons!
L’autre jour, en furetant sur mon blogue préféré – après les Annales du FAS, bien sûr – je suis tombée sur un charmant petit article portant sur les sentiers battus en ville par le passage répété des humains. J’ai été tout de suite interpellée, étant moi-même fascinée depuis longtemps par ce phénomène qui incarne si bien la silencieuse révolte quotidienne des citoyens ordinaires contre un pouvoir municipal qui se borne obstinément à leur bloquer le passage.
Petite parenthèse : dans mon quartier, une affirmation beaucoup plus manifeste de ce droit de passage se fait sentir : les trous dans les clôtures. Avec le CN, c’est devenu depuis quelque temps une véritable saga. Chaque fois que le CN referme les trous, un petit malin s’amuse quelques semaines plus tard à ouvrir de nouveaux passages pour permettre aux bonnes gens de traverser la voie ferrée. Le CN en devient aussi psychotique qu’André Serouille : au lieu de rapiécer avec des morceaux de clôture normale, ils referment dorénavant les trous en entremêlant sur place un fouillis absolument chaotique de tiges, de tubes et de grillages de métal, comme pour faire comprendre aux gens : « Attention! Un fou dangereux a soudé cette clôture. Imaginez ce qu’il pourrait vous faire si vous essayez de traverser. »
Pour en revenir aux sentiers battus, il se trouve que ce phénomène porte un nom : desire path est le terme utilisé pour la première fois par Gaston Bachelard en 1958 dans son livre La poétique de l’espace, pour nommer un sentier tracé naturellement par l’érosion due au passage des humains ou des animaux, et qui représente habituellement le chemin le plus court ou le plus facile pour se rendre d’un point A à un point B.
Étrange, puisque Georges Bachelard est français, que je n’arrive à trouver nulle part sur Internet le terme français pour desire path. J’ai cherché en vain sentier du désir, puis chemin du désir, mais tout ce que j’ai trouvé, ce sont des références à des sites sur la spiritualité, l’ésotéristme ou la thérapie sexuelle, et pire encore, des poèmes d’amour publiés sur des pages personnelles.
En anglais, on dit aussi desire line ou social trail. Bien que dans une ébauche concernant l’architecture et l’urbanisme, Wikipédia propose comme traduction le terme ligne de désir, le terme me semble assez pauvre par rapport à desire path, et connote encore trop à mon goût la sexualité – ça me fait penser à la ligne de poils qui relie chez certaines personnes le nombril au pubis.
Depuis, j’ai essayé trois fois d’emprunter La poétique de l’espace à la grande bibliothèque. Chaque fois, plus un seul exemplaire n’était disponible. C’est là que j’ai réalisé pour la première fois l’effet « battement d’ailes du papillon » de la blogosphère.
Finalement, je crois que je vais simplement me résoudre à faire ma petite recherche sur Gaston Bachelard sur Wikipédia et citer son travail dans mes prochains textes de démarche artistique sans jamais avoir lu un seul de ses livres.
Ça commence à faire un sacré bail que j’ai pas écrit un vrai texte de fond sur le FAS, mais c’est pas faute d’avoir essayé. J’accumule les ébauches, je me vautre dans l’inaccompli, je suis terrassé à répétition par l’impression de profonde vacuité qui accompagne souvent l’écriture d’un texte délibérément associé à la stupidité. Je mange toujours du zepoulpe, mais j’ai souvent la nausée.
Pourtant, pourtant, je crois toujours (enfin, parfois) en la cause du FAS et je me demande souvent si ce n’est pas, au fond, dans leur incomplétude que mes textes sont les mieux réussis. Une œuvre achevée, de à A à Z, n’est-elle point à l’image du faux réel, du quotidien le plus plat, contre lequel nous prétendons lutter ? Et peut-être, au fond, mes ébauches constituent-elles mes plus beaux textes, comme les poèmes inachevés d’A*C* ou les romans incomplets de K* ?
Voici donc, pour le meilleur et pour le pire, une suite de fragments puisés dans mes plus récents textes non publiés sur le FAS.
FAS vaincra :

(http://twitter.com/DeepakChopra)
« Had a powerful meditation just now — caused an earthquake in Southern California, »
« Sorry about that. »
Malheureusement je n’ai pas les 5 U$ requis pour pousser ma recherche préliminaire plus loin que cet article. Certains sujets à la Cd’ÉASFofS* demandent plus de financement que d’autres faut-il croire.
http://yvettesbridalformal.com/index.htm
Un lien volé sans scrupules sur Lève ta jupe.
Jeune homme, jeune femme ou étudiant cherche à vendre sandwich burger à la viande pour se payer une nouvelle bicyclette, un Robodrigue en peluche ou un ordinateur.
Effluves d’été, vent doux et chaud, sifflement tel celui de la tune de scorpions faisant allusion au vent. la pièce joue justement sur la radio portative du vieux en jogging qui nourrie les mouettes. ton st-guillaume fait scouic scouic sous la dent, tu fais des mélanges incongrues dans ta bouche, la glace de ton fond de verre de café glacé, une tomate séchée, pendant que coco acto t’en passe des vites, tu cherches dans ton jeux de cartes des doublons ou des triplons, mais finalement t’es plus intéressé par le requin 3D qui se trouve dessus. wharg !!! tu bouges la carte et sa grosse gueule veut t’avaler tout rond. merveilleux jour de pseudo-été au parc jarry, quand soudain tu entends des voix graves et fortes murmurer des mots qui ne sont pas doux à ton oreille… scrotum… testicules… c’est l’intestin grêle, non tu te trompes, il a la aorte de travers, tu dois d’abord lui écarter la jugulaire… le muscle dartois, il avait le fascia spermatique externe déplacé. oui le scrotum se fond dans la peau de l’abdomen…. C’est comme le monde qui parlent au cinéma, comme ceux qui marchent sur toute la largeur du trottoir quand t’es pressé. En leur expulsant d’un trait une pluie meurtrière de brisures de glace de café latté j’ai hurlé « Taisez-vous. Voulez-vous vous taire? Je vous défends d’employer des mots grossiers. » Toute la vulgarité des truckers peut s’éprouver dans les parcs les plus feuillus et en compagnie d’individus en apparence tout à fait fréquentables.
On ne sait toujours pas où en est l’affaire entre Hilton et Perelman. On était habitué à voir ce dernier songeur, appuyé contre une porte du métro, désarmé par la beauté d’une formule, indolent et insouciant. Mais voilà que la célébrité le poursuit et que des paparazzi le harcèlent même dans son quotidien le plus banal. Y a-t-il une limite à l’emprise des médias sur la vie privée?
Pendant ce temps, Paris multiplie les appels, adressés selon toute vraisemblance à sa nouvelle amie, Lady Gaga, qui semble jouer le rôle d’entremetteuse dans cette affaire. Le conversation est toujours rapide et entrecoupée de « hihi » et de haussements d’épaules.
C’est toi, c’est moi, c’est nous autres ; c’est :
Mr Freedom!!!