Il y a de ça deux mois, me semble-t-il, Joseph nous initiait à une littérature de pacotille qui invitait les hommes à devenir des mâles dominants et par là même conquérir une vingtaine de connes par mois (chiffres à l’appui). Sa technique était assez simple: ne se préoccuper que de soi, mépriser les autres et ne leur donner de l’attention que lorsque notre mépris les a réduit à la honte d’eux-même. Sa prescription contenait des trucs aussi caves que rouler les épaules lors de nos déplacements sur la rue, se concentrer sur le rack des filles lorsqu’elles nous emmerdent, porter des vêtements avec des couleurs agencées et surtout ne jamais entrer en communication avec qui que ce soit.
Salivant à l’idée de conquérir 20 connes par mois, j’écoutai l’Oussama en moi et me lançai dans l’aventure.
Après quelques essais, je me dis que j’étais peut-être déjà un mâle dominant, selon les standards de l’écrivain, parce qu’il semble que toutes ses prescriptions étaient déjà pas mal en place dans ma vie, et cela depuis des années, ce qui explique sûrement l’absence quasi totale de femmes dans mon entourage; donc accentuer mes travers de gros chien sale n’a eu que pour effet de chasser le peu de femmes qui acceptaient encore de me cotoyer.
J’ai abandonné l’alpha mâle pour l’oméga mâle; je me fais pas mal plus de fun en général.
À l’occasion du rendez-vous des publications paradoxales 2009 (à Québec), des activistes du FAS sous le couvert de l’anonymat ont fait une :
Lecture publique du manifeste du FAS
En aucun cas… des fois, par exemple… pas tout le temps… juste quand ça nous tente… FAS vaincra!
Intoxicated Press étant toujours en lock-out, le reporter Herby Stup donne désormais dans le journalisme citoyen.
Binerie Mont-Royal – Un groupuscule révolutionnaire a investi un échafaudage situé en amont du Fameux Viande Fumée et Charcuterie, dimanche soir. Masqués de mousses carrées, ils ont également placardé les murs avoisinants d’affiches. Ils ont ensuite distribué des tracts. Du haut de la structure d’acier, ils se sont mis à scander, au moyen d’un mégaphone, un manifeste proclamant leur objectif de manière non-équivoque : « le FAS vaincra ! »
C’est une vieille caucasienne à la taille forte et à la voix stridente, mais elle a la grâce du cygne qui balbutie ingénument ses premières envolées. Notre première rencontre, il y a de cela deux ans, fût décisive : je savais qu’elle me traînerait aux confins de l’ascétisme, que pour elle, je me saignerais à blanc.
Ma nouvelle maîtresse de ballet a un patronyme qui se termine en ov. Un détail le fun qui incarne sans nuance la tradition. (Et ça tombe bien car je cherche dans mes activités quotidiennes ce brin d’exotisme qui puisse me consoler de ne pas pouvoir voyager quand bon me semble.) Son français est approximatif son anglais est un amalgame de mots français prononcés avec ce qu’elle croit être un accent anglais. Quant à son russe, je n’ai eu qu’à prêter l’oreille aux « insides jokes » qu’elle partage avec une des étudiantes, dont toutes les deux sortent hilares, pour conclure qu’elle maîtrise au moins cette langue correctement. Mais jamais je n’aurais douté que mes attentes en matière d’exotisme seraient comblées de façon aussi peu subtile. Ma foi, j’ai été servie. Et cette semaine, elle a atteint le sommet de cette gloire que je lui confie secrètement.
« Les garçons, les filles ! Pour faire les pirouettes, il faut penser que vous êtes le soldat ! Dur, dur, tronc solide, jambes comme les matraques! pensez que vous avez la kalachnikov dans les mains et Ratatatatatatatatatatatatatatatatatat !!!!! »
« Les garçons, les filles ! Pour faire le port de bras, il faut le bras solide. Toi, viens, frappe mon bras. Plus fort, plus fort, plus fort, plus fort, je veux avoir l’ecchymose. Choisissez, l’honneur ou le goulag ! »
« Les garçons, les filles ! Pour faire Adagio, il faut la mémoire. Pour avoir la mémoire, mangez le caviar! »
Juste pour ça, je la laisse me taper les fesses et me déboîter une jambe en public de temps en temps.
Ps : bulle pétée : Je « google-image » Vaslav Nijinski, figure mythique du ballet, dans le souhait de revoir quelques unes de ces gravures sur feuilles d’or qui datent du début du siècle et qui représentent le virtuose dans des poses et des déguisements assi magnifiques qu’improbables. Mais, horreur, je tombe sur une photo de sa tombe au cimetière de Montmartre. OUACHE !!! Ils ont transformé mon idole en un paillasse déchu avec des bottes de cow boy.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Vaslav_Nijinsky_tombstone.jpg
Aujourd’hui, des activistes du FAS armés et décidés envahiront, à précisément 18h00, un échafaud situé au 359, rue Mont-Royal Est. Ils déclameront poèmes et manifestes. Ils lutteront en public pour un quotidien délirant – et ils vaincront.
Soyez-y !
Je retire lentement le vélo du support
Et l’enfourche, mains sur le guidon
Roulant déjà, car de prime à bord
Je n’ai rien à faire dans cet endroit bidon
Je vois que sur moi recule une voiture
Prestement, m’aplatissant presque
Je souffle un mot contre sa voilure
Un petit «hep» poussé par réflexe
Mais le chauffard, sûr de son droit
Me fait bravade dans son miroir
Gaiment, je lui montre un doigt
Reprenant aussitôt ma trajectoire
Le voilà qui m’invective, tant
Et si bien, que je me retourne;
Il n’en fallait pas tant
Pour qu’il sorte de sa minoune
Il s’approche, résolu à m’affronter
Aussitôt qu’il m’atteint, me pousse
Et moi je riposte, effronté
Bien loin d’en vouloir à cette gousse
Et vlan! et re-vlan, c’était donc ça
Que tu voulais, me frapper
Depuis le départ, et en-deçà
De ma mâchoire un brin disloquée
Le voilà qui se retourne, penaud
Croyant m’avoir fait comprendre
Mais je ne laisserai pas le salaud
Sans la monnaie de sa pièce, lui rendre
Entre-temps une fille en courant
Se pointe, qui m’enjoint à déguerpir
Mais j’ai encore un argument
En entre-met à lui servir
Mon pied visite son arrière-train
Violemment; voilà sa pitance
Cela me coûte encore quelques pains
Que je déguste en silence
Las! C’en est assez, allons-nous-en
Je n’y suis pas pour apprendre aux voyous
Le code de la route, et ces enfants
Savent mieux que moi porter les coups
Je reprends ma bécane, toujours calme
Et je repars tranquillement, vers
Un endroit plus poli, un coin plus alme
Pour mettre à l’endroit, cette histoire en vers.
« Je cours rarement, mais, lorsque je cours, je cours si vite que le ciel devient rouge. »
- Mysterious
Ce matin à la ligne de départ sur le pont J*-C*, je m’échauffe et je visualise ma victoire. J’ai 42 kilomètres et des poussières à parcourir dans les rues de M*, avant de faire mon entrée triomphale dans le Stade. Ce n’est pas une mince affaire. Voilà plusieurs mois que je m’astreins à une diète contrôlée, que je mesure mes mensurations et mes calories chaque jour, que je parcours des distances incommensurables, n’allant nulle part, ayant pour seul fin d’endurcir mes muscles et d’augmenter mon volume respiratoire. Et aujourd’hui, jour J, je suis un homme d’acier. Je vaux un million de dollars. J’ai une dégaine d’enfer, avec mes yeux perçants surplombant l’épreuve, portés sur ma destination que je peux voir au-delà des parapets, par-delà le fleuve et les grattes-ciels. Le Stade. Bientôt le signal du départ est donné, après une allocution du maire dont je ne saisis que cette question angoissée : « où sont nos élites ? » Question grave dont je me fais aussitôt l’écho, mais je ne recueille de cet appel qu’un sourire discret de ce journaliste de R.-C., qui est descendu de la colline parlementaire pour venir faire quelques foulées dans les rues.
Départ. Aussitôt, les Kenyans et autres Maghrébins disparaissent. Maintenant, c’est entre moi et la chaussée. Combat à finir contre les crampes musculaires, les points de côté, les douleurs articulaires, la fatigue. Le trajet n’a pas changé depuis trois ans, le circuit G*-V* est toujours aussi plat, le pont de la C* est toujours aussi moche ; toujours aussi surréalistes sont les rues désertes du quartier St-A*, avec ces gens d’affaire aux regards indolents qui sirotent leur café sur les terrasses illuminées par les rayons obliques du matin. Plus loin, St-C*, avec ses bums affalés dans les cadres de portes, puis le demi-parcours. Ouch. J’aurais pas dû partir sur la brosse l’avant-veille. N’empêche, mes jambes tiennent le coup, et c’est heureux, car voilà la Bibliothèque Nationale et la redoutable côte B* — malheureusement, il n’y a pas de groupe pour nous jouer des standards de Dixieland cette année. Parc L*, des arbres, de l’ombre, du vent. Le plus dur s’en vient: le quartier du P*, avec tous ses faux-plats, ses faux-mets, ses faux-jetons. Rue St-L*, j’entre en léthargie. J’ai trop mal partout pour être nulle part précisément, et surtout dans mon corps, alors je tente de me transporter ailleurs; dans les vitrines de cette boutique, dans le bruit des sifflets d’encouragement, dans le petit cul de course de cette jolie marathonienne qui m’a devancé, mais que je vais rattraper et dépasser plus loin, une fois que je me serai réveillé, passé le 32K. Elle s’est arrêtée, épuisée, alors je lui glisse un mot d’encouragement et j’accélère, parce que, contrairement aux années précédentes, j’ai compris qu’il fallait garder son énergie pour la fin. Et la fin, elle approche, presque 4 K à faire sur R*, puis la satanée côte P* IX, cette chienne, et là, très vite, on le sent, on est magnétisé par lui, ce grand Stade, cette soucoupe volante mal déguisée, ce grand temple de l’esprit sportif. Projecteurs. Musique. Foule en liesse. 42 K. Plus que 125 mètres, les magiques, les forcenés, les incorporels, avant la ligne d’arrivée.
Bip!
Je touche au ciel. Une jeune fillette m’accroche une médaille au coup, une autre me tend une bouteille d’eau. Je ne demande rien d’autre, j’ai tout donné, je rentre chez moi sans cérémonie.
Voilà sans doute une grande action stupide, mais j’aurai gagné une chose qui n’a pas de prix : un bronzage.
Je cherche présentement des images d’intérieurs bourgeois — non pas bourgeois: classiques, victoriens, baroques, ce genre de shit. Je dois en faire l’illustration que je projette projeter grâce à un rétroprojecteur sur du mobilier et du décor mélamine pour le métamorphoser en mobilier et décor bourgeois. Concept malade… l’art commercial à son meilleur.
Pour ce genre de recherches, l’internet s’est avéré être une mauvaise ressource. J’essaie donc la seule autre possibilité que mon expérience de recherchiste me laisse: la Grande Bibliothèque. En chemin, je me demande comment je pourrais faire pour faire à cette institution nationale la demande de l’achat des trois tomes du FAS. Je me demande s’il vaut la peine d’entreprendre cette démarche. Je pense à autre chose, une vision sur la rue me fait perdre mon idée.
À la bibliothèque, j’arrête devant le rayon des nouveautés. je ne sais pas par ou commencer ma recherche alors je lambine. Je pense à la bibliothèque de S* où il était si facile de prendre n’importe quel livre au hasard dans les chariots de livres en attente de classement qui traînaient. Ici, tout est rangé. Impossible de trouver un livre sans l’avoir cherché. Je me rabat sur la section actualités. Au moins là les livres ne sont classés selon aucun critère à part celui d’être «actuels». romans, livres sur le design, récits durs de domination d’un homme sur deux femmes, monologues d’ados mâles… whatever. Oh! tiens… Les annales du FAS tome 1: le Quotidien délirant. C’est moi qui ai fait ça? Je suis un magicien du réel.
Hé, hé, hé…
J’ai fait tellement de correction dans ma vie, c’est juste comme épeurant quand j’y pense. On pourrait argüer que je suis, somme toute, assez jeune. Mais malgré ma superbe, et si je m’astreins à compter mes heures, je me rends compte des semaines passées à corriger textes par-dessus textes, phrases par-dessus phrases.
Pour le travail, les loisirs ou les études (mais beaucoup pour le travail parce qu’en bout de ligne, je me retrouve avec plus de fric dans mes sweatpants), j’ai relu, reconsidéré, réécrit, retapé, refusé, restructuré et modifié des centaines de pages de manuscrits, de textes de promo, d’argumentaires, de communiqués de presse, de pseudo-romans, d’études bidon, de tentatives d’essai (putain qu’j'ai de l’esprit), de fausses BD, d’affiches, de mémoires de philosophie, d’articles de journaux, de sites internet et de lettres de congédiement.
Mais plus que toute autre chose, ce que j’ai été amené à corriger le plus, ce sont des recettes de cuisine. Beaucoup de recettes. Une brouette de recettes. Des recettes jusqu’au plafond, jusqu’à ce que mes doigts me fassent mal et que ma tête ait envie de se lancer vers un mur. Ce travail est ardu et et plus long qu’il n’y parait : on croirait à tort qu’il suffit de corriger les fautes d’orthographe et schnip-schnap-schnip, tout est fait. Mais on se tromperait. Lorsqu’il s’agit de corriger des recettes, disons-le franchement, il faut corriger les erreurs corrigées par d’autres correcteurs, lesquelles ont déjà fait l’objet d’une correction. Au départ, je fus troublé. Je ne savais pas – et dans mon contrat on n’en parle nulle part – que la correction produit des métastases. Que c’est une espèce de traînée de rouille qui mange le texte à chaque fois que quelqu’un touche au document avec ses doigts plein d’humidité.
Prenons l’exemple du dernier livre, un livre de cuisine italienne de 176 pages écrit en anglais mais traduit simultanément en français pour une parution dans les deux langues. La version anglaise est corrigée par J* qui trouve une quantité invraisemblable de fautes et d’incohérences dans la version originale fournie par l’auteur. Quand je dis invraisemblable, je parle ici de dizaines de fautes par page pour un total de plus de 500 (des fautes qui vont des « Oliv Oil », aux incohérences comme « Flavor » et « Flavour » dans la même page, aux décisions plus subtiles comme des coupures de mots mal faites). Pendant ce temps-là, A*D* traduit toutes les recettes en français à partir de la version originale anglaise (oui, avant la correction en anglais mais on n’avait pas le temps d’attendre). Au fur et à mesure que la traduction se fait, A* révise les versions traduites et envoie au graphiste les versions appelées versions 2. De la même façon, J* envoie au graphiste les versions anglaises révisées. Après le montage (on parle de 2 mois de travail), les documents sont révisés à nouveau. W* révise la version anglaise et trouve encore plus de 250 fautes! Le premier correcteur, J*, est un peu sermonné et se fait comme qui dirait montrer la porte, mais on se rend compte que le montage a lui-même entrainé des erreurs qui n’étaient pas présentes dans les documents word. Pendant ce temps, R* s’occupe de réviser la version 2 en français et trouve elle aussi une quantité démente de problèmes. Finalement, les versions 3 en anglais et en français sont relues par les patrons qui trouvent encore des centaines de problèmes…
Certes, le burn-out est proche et les plaies de chaise nous rongent le cul. Le goût de savourer le canon d’une arme à feu en vient presque à être une idée charmante. Mais, résilience oblige, on se dit que tout de même on avance, que c’est mieux que c’était au départ et qu’ils mangent donc tous de la marde les puristes francophiles!
Mais ce qui est le plus troublant dans cette expérience, c’est que je ne suis même pas si sûr qu’on avançait vraiment dans la bonne direction. Évidemment, les vraies erreurs ont pu être trouvées et corrigées. Mais après la version 2 dans les deux langues, les dernières modifications étaient bien souvent des questions de décisions éditoriales subjectives et la plupart du temps futiles. Par exemple : 1/4 tasse = 62,5 ml. C’est évidemment exclu de laisser ce nombre bâtard. Mais alors, arrondit-on à 60 ou 65? On s’entend que ça change rien à la recette parce qu’il s’agit d’huile d’olive, pas pas d’uranium 235. Mais une fois la décision prise, il faut s’assurer que les 1200 autres occurrences respectent cette convention. Et ceci est vrai pour toutes les conversions (1/3 tasse = 83,33 ml, 1 po = 2,5 cm, etc.) dans les deux langues !
Je me réveillais la nuit en sueur. J’avais l’impression de nettoyer une forêt de ses arbres tombés en sachant très bien que, même si ce sera mieux après mon passage, le temps que je finisse, d’autres arbres auraient eu le temps de retomber sur le chemin.
Aujourd’hui, à 15h, c’est terminé, les documents partent à l’impression. Je pense que je vais me mettre à la création d’une langue à la Julia Kristeva, dépourvue de voyelles et surtout de règles.
1 TSS = BHKBGRHH !
Dévoué pour la cause – pas de temps mort ni de repos
Réveil à six heures du mat. Rendez-vous à huit heures à la place E*G*. J’y arrive, traînant avec moi la fameuse valise du FAS débordante de livres et de fanzines. M’y attendaient Mjack, Bébé Astronaute et plusieurs exposants du RVPP. Vroum. Départ pour Québec dans un véhicule dirigé d’une main de maître par Mjack. Nous nous retrouvons, par une belle journée de printemps, dans le sous-sol humide de l’église où, cette année encore, a lieu le RVPP. Joseph, Coco Acto et Nicoloutre nous y rejoignent bientôt. Notre propagande est sauvage – notre victoire ne fait pas de doute. Plusieurs personnes, n’ayant souvent jamais entendu parler du FAS, achètent nos livres et nos fanzines.
Salutations aux frères qui tomberont au combat
Salutations, d’abord, à ce lecteur fidèle du FAS qui, par une nuit d’ivresse (peut-être pris d’un accès de moralité) a jeté sa collection de fanzines dans son bain. L’intégrale des fascicules du FAS a failli y passer, mais fut miraculeusement rescapée, le lendemain, à grands coups de séchoir. Notre lecteur, pris de regrets, a, cette année, pu acquérir les trois tomes des Annales du FAS. Nous l’invitons maintenant à se joindre à notre lutte pour un quotidien délirant. Il est comme Noé rescapé du déluge ; nous représentons les espèces emportées avec lui sur son arche. Saura-t-il nous mener jusqu’au Continent de plastique ?
Salutions, aussi, aux plusieurs personnes qui ont manifesté le désir d’écrire sur nos Annales. Notre site est un gouffre sans fond. Il faut savoir s’accrocher aux aspérités de ses parois (les catégories dans lesquelles nos textes sont classés, leurs thèmes récurrents, etc.) pour éviter d’y sombrer. Y plonger est risqué, mais nous savons, qu’à terme, nous vaincrons. Parcourez nos archives. Commentez les textes. Fondez une cellule du FAS. Passez à l’action dans le réel ou dans la fiction.
Les gars, lâchez pas vos études
J’ai lu dans un fanzine : « C’est ton deuxième post-doc ? Je vénère ton pénis ! Ton sperme est un nectar [dessin d’une jolie fille qui boit dans une tasse, un sourire espiègle aux lèvres]. J’aime aussi ton style vestimentaire. Défonce-moi. Yeah !!! » Ça s’appelle Séduction académique et c’est fait par des filles en art.
Vivre dans la fiction
Je sais, je sais, je suis, mais où suis-je ? Au RVPP, j’ai cru habiter les pages du Journal (fait de textes, d’images et de collages) de JD*, que j’ai lu ce printemps. Elle était assise, en chair et en os (je ne l’avais jamais vue que dessinée), à quelques mètres de nous, où elle vendait des livres et des objets d’art. Avec elle, il y avait BC*, que JD* dessine avec une tête de chat dans son Journal. Chaque fois que je le voyais, une tête féline en noir et blanc venait se superposer sur sa tête bien ronde et rose. Comme Bébé Astronaute le suggérait, il y a peu, peut-être vivons-nous, en réalité, dans les univers fictionnels de JD* ?
Un château fort espagnol gardé par des monstres préhistoriques
Retour tardif. Fourgonnette pleine d’exposants, dont le fameux J*, auteur du classique The Orgies of Abitibi. Humour. Tension. Odeurs. Autoroute 20. Arrêt au Madrid où nous découvrons, cachée derrière les murailles d’une forteresse, une turbine secrète qui transforme les excréments des dinosaures en engrais. Saurons-nous l’employer pour rendre fertiles les terres de polypropylène du Continent de plastique ? Plus loin, nous nous égarons dans le domaine privé du Club de St-Paul, une branche déviante du Club de Richmond. Ses membres y vivent nus au milieu d’un troupeau de cerfs qui, l’hiver, les réchauffent de leur haleine. Du lichen leur pousse sur la peau. Ils sont comme statufiés et, lorsqu’ils bougent, leurs articulations grincent. Shiiiiiiiiiiit. Je m’égare. Bah. Bof. Arrivée tardive à Montréal. Je dépose la valise du FAS chez moi. Moment de doute : j’ai vraiment dépensé autant d’énergie pour un truc qui s’appelle le Front d’action stupide ? Quelque part, j’aime ça. Est-ce l’impression de combattre le mal par le mal ? Trop de questions pour rien. Je repars : show (quatre bands) dans un appart. Plein de sales rockers qui écrasent leurs mégots sur un plancher en bois franc. D’autres qui s’écroulent, ivres, sur des piles de sacs de poubelle. Quelques activistes du FAS en tenue civile. Une fille avec un joli nez. Je tente de convaincre Al Hakim de la séduire (sans succès). Un quotidien délirant. À quoi bon dormir? FAS vaincra !
La matinée est fraîche, et le sommeil est bon.
Ma chère Ekaterina,
Je t’écris depuis cette retraite où je me suis réfugié du smog de la ville. Sans eau courante ni électricité, je me tiens près d’un poêle pour t’écrire, ayant recouvert mes épaules de la liseuse tricotée par tes mains expertes. Chaque jour, affrontant les rigueurs de l’hiver, je sors visiter les collets posés tout autour de la Hütte, mais ce parcours ne me rapporte ordinairement que des engelures. Néanmoins, je reviens rasséréné de l’air vif, et c’est l’esprit parfaitement lucide que j’entreprends mes travaux.
Me prenant pour cobaye, j’affronte une à une les expériences de pensée les plus saugrenues de l’histoire de la philosophie, car je ne me satisfais pas de douter de tout : je mets chaque proposition à l’épreuve des faits.
Je tenterai aujourd’hui de répondre à la question de ce philosophe autrichien un tant soit peu laconique et dont tu m’as fait parvenir les écrits. Voici le passage qui m’occupe :
…quand « je lève mon bras », mon bras se lève. Le problème se pose : que reste-t-il lorsque je soustrais le fait que je mon bras se lève au fait que je lève mon bras? (Wittgenstein, 1961, par. 621)
Je me propose de répondre à cette question. À première vue, il semble que l’expérience soit facile à réaliser, le seul matériel requis étant un bras, ce dont je suis doublement pourvu. Allons! Passons sans plus tarder au laboratoire!
[Se lève, puis lève le bras, puis retourne à la table]
En première approximation, ma chère Ekaterina, l’observation rigoureuse du phénomène révèle que ce qui reste, manifestement, du fait que je soulève mon bras, une fois retranché le fait que mon bras se lève, s’avère n’être rien d’autre qu’une manche de chemise.
[Marque une certaine insatisfaction]
Bien qu’elle soit exécutée dans la plus stricte observance du protocole expérimental, cette première tentative n’en manque pas moins de me décevoir, étant donné le caractère accidentel du coudoiement de ma manche et de mon bras. Il me paraît donc absolument nécessaire de reprendre les tests en écartant toute perturbation textile superflue.
[Se lève, retire sa chemise, puis lève son bras]
Le résultat du second test me laisse encore perplexe. C’est que je ne sais pas au juste comment je devrais opérer la soustraction. Il est hors de question que je coupe mon bras, car cela ne ferait que reporter le problème. En effet, que resterait-il du fait que je coupe mon bras, une fois soustrait mon organe sanguinolent? [Hautain] Rien d’autre que des hurlements sans valeur scientifique.
Non, ma chère Ekaterina, nous ne voulons pas être hantés par un membre fantôme. Il nous faut reprendre le questionnement avec le plus grand sérieux. « Que reste-t-il, donc, lorsque je retire le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras? » Considérant l’énoncé sous un angle strictement syntaxique, il me paraît que la réponse pourrait bien être le « je » du « « je lève mon bras » Une fois soustrait le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras, il demeure un « je » qui serait, pour ainsi dire, le moteur de l’action. Mais cette réponse fort économique masque un petit inconvénient de l’opération : la soustraction du je de l’énoncé « je lève mon bras » ne peut se faire sans additionner un se dans l’énoncé « mon bras se lève ». Il s’avère, donc, que notre équation n’est pas tout à fait homogène, et si l’on enfonce le sujet à un bout de la phrase, il rejaillit à l’autre bout!
Mais poursuivons. Si mon bras se lève, alors on peut dire qu’il est autonome. Retrancher le je équivaut à donner une volonté propre à mon bras. Dès lors, comment éviter que cette volonté ne vienne empiéter sur la souveraineté du reste de mon corps? Il faut absolument tracer une frontière!
[Se lève, trace un cercle au crayon feutre autour de son épaule]
Me voilà quelque peu rassuré. Maintenant, tout est clair : il y a mon bras et mon corps, chacun de leur côté, et chacun fait ce qu’il veut.
[Moment de perplexité]
Mais, au juste, pourquoi tracer une ligne ici et non pas là? « Mon bras se lève », d’accord, mais où, au juste, commence mon bras? D’ailleurs, qu’est-ce qui me donne le droit de séparer de la sorte mon bras du reste de mon corps? [Véhément] Et puis, à tout prendre, qu’est-ce qui me donne le droit de parler de « bras » et de « corps »? Me voilà prisonnier des mots, et je ne vois pas comment cela pourrait être pire.
[De plus en plus troublé, se prend la tête] Ma chère Ekaterina, je m’enfonce ici dans le mystère. Tous ces organes autonomes et ce je insaisissable m’empêchent de saisir le problème à bras-le-corps!
[Ses mains bougent devant lui. Soudain, ses bras s’enlacent autour de son corps, le faisant prisonnier de sa chaise. Il se débat en hurlant « insaisissable je! Insaisissable je! » Puis, au bout d’un moment, il parvient à se libérer.]
Ma chère Ekaterina, à la question « Que reste-t-il lorsque je retire le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras? », je ne puis offrir qu’une réponse : des nuits d’insomnie.
Hier soir je me suis fait adresser cette critique par un membre du FAS rencontré dans un bar:
» J’aime bin ça tes histoires de Robodrigue mais tu devrais mettre plus de putes, y’en a pas assez. »
Sur le FAS les questions sur la forme et le style sont adressées sous des angles inouïs, et j’adore.
Ça faisait longtemps que je voulais vous cuisiner un bon gâteau Bb astronaute ! Alors voilà, je suis heureux de vous le présenter aujourd’hui car depuis que c’est la mode de cuisiner de bons gâteaux sur le FAS, je ne peux m’empêcher, les trois quarts du temps, d’avoir cette pensée joyeuse pour l’aphorisme qui sous-tend l’existence du Fas depuis ses touts débuts : «Pour des gâteaux délirants».

L’hiver s’éternise dans notre sinistre capitale. Le blizzard déferle. La lune grelottante noie de sa funeste clarté blafarde d’improbables rues désertes. Ma vitre est un jardin de givre…Ah! Mais où sont donc passé mes sentiers broussailleux dans la garrigue empierrée exaltant de parfums enivrants sous le riant soleil primesautier. La Cèze, déesse fluviale riant de l’eau qui la chatouille, ne s’écoule plus au pied des arbousiers. Tous les étangs gisent gelés; « Ah! mais qu’as-tu? Tes chers cils s’amalgament de perles? »
Languide au salon, bercé par sa guitare, la sublime Anna-Marischka sur les genoux je lui fait la lecture:
“Douce enfant, connais-tu l’abbé Spallanzani et son étude sur les moeurs des crapauds?“
“Oh! Coco mon chéri“ fit-elle battant des mains.
“Une fois le crapaud mâle accouplé à la femelle, on peu en user envers lui comme on voudra: rien ne lui fera desserrer son étreinte. Qu’on le soulève en le saisissant par les reins, il continue d’embrasser sa lourde épouse. J’ai, pour éprouver la vigueur de l’embrassement, alourdi la femelle en lui fixant aux pattes et au cou des poids métalliques, et j’ai constaté qu’un mâle de 27 grammes pouvait encore porter une femelle de 105, à laquelle j’avais fixé deux poids de 100 grammes pour qu’il la laissât échapper.
On peut attacher une ficelle à l’une des pattes postérieures d’un mâle accouplé et le suspendre dans le vide: il ne cessera pas pour si peu d’étreindre sa femelle.
Taquiné, tourmenté, traversé de décharges électriques, lardé de coup d’aiguille sur les pattes, sur les flancs, sur le dos, sur la tête, blessé, lacéré, tailladé, il ne lâchera pas prise. Spallanzani, expérimentateur ingénieux et que servait son parfait mépris de la douleur animale, multiplia et diversifia les offenses, sans venir à bout de “l’ardeur opiniâtrement, constante du mâle“. “Ma barbarie, déclare-t-il, ne put l’arracher à ses amours…“
Un crapaud opiniâtrement accouplé, que le physiologiste avait amputé d’une cuisse, n’abandonna sa femelle qu’au bout de treize heures, avec la vie. Un autre mâle, amputé des deux cuisses, “resta fidèle à sa place chérie“, encore qu’il perdit le sang à flots. Il féconda jusqu’au bout les oeufs qui avaient commencé de sortir trois heures après l’amputation.
Un crapaud aux deux cuisses tranchées s’accoupla quand même lorsqu’on lui donna une femelle; mais il ne put attendre la ponte, et mourut avant d’avoir rempli sa fonction. Il y a mieux, ou pis. Un mâle aux deux mains coupées ne s’accoupla pas moins, en enfonçant ses bras à vif dans les aisselles de sa crapaude. Ce manchot féconda tous les oeufs. Sur le mâle de la grenouille qui, pour la frénésie de l’étreinte, n »a rien à envier au mâle crapaud, Spallanzani enchérit encore sur lui-même.
Il décapita un mâle accouplé, et ce mâle sans tête, rivé à son poste, ne céda pas qu’il n’eût fécondé tous les oeufs. illustration naturelle du thème romantique: l’amour plus fort que la mort.
Tortionnaire jamais satisfait, Spallanzani usa de la brûlure. Avec la flamme d’une chandelle, il mit le feu au pied d’un mâle accouplé. Celui-ci ne lâcha la femelle que lorsque, toute la jambe étant rôtie, la cuisse commença de griller. Encore y revint-il après quelques instants. Et l’on eut beau lui griller l’autre jambe, il ne se découragea que lorsque la cuisse elle-même eut été consumée.
Spallanzani cite un cas d’énergie encore plus démonstratif chez un mâle. “ Je commençai de lui brûler la partie inférieure de la jambe, puis la jambe, ensuite un peu de la cuisse: il ne quitta pas sa femelle. Il supporta la même opération à l’autre jambe. Ensuite, je donnai le feu aux moignons, il résista pendant quelques moments, enfin il se sépara en criant fortement…“
“Oh! Coco viens par ici…“
Tiré de La vie des crapaud de Jean Rostand.
Combien d’activistes du F.A.S. ont envie de promouvoir nos annales à l’occasion d’une émission de radio… Je crois que c’est CISM… je pense que ca se passerait début janvier. L’animatrice en question voudrait avoir 3 ou 4 activistes dans le studio en même temps. C’est dire.
À nous la gloire et le caviar de Zepoulpe. Vraiment, c’est de plus en plus clair qu’on va vaincre, à court ou à moyen terme.
Pris dans le dilemme de s’immiscer dans tous les interstices ou de rester à montréal parce qu’il y a trop de neige partout, nous étions anxieux de ne pas remplir correctement notre mission. Heureusement, Le FAS n’est pas totalement métropocentriste et projette ses rhizomes jusque dans la capitale nationale provinciale. Joseph sera notre représentant au Salon nouveau genre. Espérons qu’il saura recruter de nombreux sympathisants à la lutte pour un quotidien délirant.
LE SALON NOUVEAU GENRE
zine + art + mode + musique + métiers d’art
Le Jeudi 18 décembre 2008 de 17h à 21h
À l’édifice de La Fabrique
295, boulevard Charest Est
Québec, le 11 décembre 2008 – Juste à temps pour le magasinage de Noël, nous sommes contents de vous convier à la première édition du SALON NOUVEAU GENRE qui regroupe une vingtaine de créateurs locaux dans un même espace convivial. Ces créateurs oeuvrent dans les domaines du zine, des arts, de la mode, de la musique et des métiers d’art.
Vous pourrez y découvrir et vous procurer des oeuvres et des produits uniques ou à tout le moins exceptionnels.
Le BOB + La Conspiration Dépressionniste + Diane Charuest
+ Ève Lavoie + Le Front d’action stupide+ Iza Straightshooter
+ Jackalop + Katapulpe + Linéaire Arbre-Évolution
+ Marianne Chevalier + materia prima + Mathieu Plasse
+ OBV + P572 + Perruche et perruque + Le Philistin
+ PisHier + Les Raboussiers + Tricotin R&D + Zazai
+ plusieurs autres
http://www.lephilistin.net
http://lesraboussiers.blogspot.com
La nuit suivant Expozine, j’ai rêvé que l’événement avait eu lieu dans une école secondaire. J’ouvrais les portes de l’établissement à grands coups d’épaules et je jetais par terre les publications disposées sur les tables par les exposants, avant de m’enfuir à toute allure, dévalant les escaliers, poursuivi par des colosses. Pourra-t-on, un jour apprivoiser l’inapprivoisable ?
Dans la « vraie » vie, Expozine s’est très bien passé. Robodrigue avait enfilé sa tenue d’androdrigue et moi celle du gardien des clefs du Continent de plastique. Poufiasse s’est avéré être un propagandiste hors pair. Nous avons distribué des centaines de tracts annonçant la sortie de nos trois livres et vendu (à perte) des dizaines de fascicules (au moins deux sont maintenant épuisés). Les jolies affiches d’activistes en action sérigraphiées par Mjack ont fait fureur. Rarement notre propagande aura été aussi efficace. Nous avons dû répéter des centaines de fois : « Bonjour, nous sommes le Front d’action stupide, nous militons pour un quotidien délirant. », ce qui nous valut force « hé, hé, hé… », quelques jolis sourires et de nombreux commentaires sceptiques. Je revois notre Amygdale chérie tenter d’expliquer ce qu’est le FAS (vous savez vraiment c’est quoi, vous?) à une demoiselle au regard abyssal, qui lui souriait, sans doute fascinée, mais un brin perplexe. Nous avons aussi évité de justesse une discussion horriblement tortueuse avec un anarchiste qui remettait en cause la moralité de notre spécial « André Serouille »
« Je ne fus anarchiste que le temps d’un sanglot. »
- Thrank Spiroberg
À noter que la plupart de nos fascicules seront bientôt disponibles sur le site du Pressier où on peut trouver de nombreuses autres publications proposées par différents exposants d’Expozine.
Malgré la sortie des trois livres, moi et Mjack prévoyons éditer de nouveaux fascicules. Les tractations sont d’ailleurs en cours pour que le spécial « hé, hé, hé… » et le spécial « probable, mais dégage » soient distribués par Distroboto.
Comme disait l’autre : nous vaincrons !
Bon, je suis un peu deçu que le sexe vende plusse que la bière, mais quand même content de voir que vous avez tous développé une passion pour le handball. Je vous invite maintenant à développer une passion pour Anita Görbicz (quel plomb!) et à m’aider à trouver un endroit pour écouter les finales olympiques.
Comme je disais: je me suis fait embarquer dans le délire olympique et je me disais que ca serait donc une activité culturelle cool d’écouter du handball olympique en buvant de la bière. Les détails sont ici. Go brésil Go!
Au programme: un sport de contact méconnu et mes impressions controversées sur le dopage sportif.
Les finales sont en aprem, le 23 août.
Ci-dessous, une passe au pivot.
DING DONG, DING DONG
Merde mes œufs, c’est Rigoberta qui sonne
DING DONG, DING DONG
Fuck mon café, je dois aller ouvrir à la grosse folle
DING DONG, DING DONG
Tabouère mes pieds se sont pris dans mes lacets, ça c’est chien!
BADING BADANG, BADING BADANG
J’ai d’abord fait un vol plané, survolant les premières marches de mon escalier qui mène vers la grosse folle de Rigoberta. Mon cœur s’est serré. J’ai une aversion pour les marches des appartements à Montréal, celles qui datent de l’époque de L’eau chaude, l’eau frette. Elles sont recouvertes de tapis fleuris, quasi monochromes, puisqu’il n’y a que du brun en plusieurs teintes. Mes cheveux étaient dressés sur ma tête, j’ai eu la chienne de ma vie parce que ces marches tapissées des motifs de mon dégoût, vous voyez je ne les ai jamais nettoyées en 5 ans de location, elles étaient déjà méprisables à mon arrivée et j’ai réussi à empirer les choses- rentrer à quatre pattes, cigarette écrasées quand j’étais pressé, urine de chat, cadavre de coquerrelles (en fait il fait noir puisque je n’ai jamais changée l’ampoule brûlée depuis des mois, alors mon imagination en a fait un couloir abominable)-.
Mon corps a commencé par s’incliner vers l’avant, et ma gueule se dirigait vers le motif d’une grosse fleur brune qui semble être représentée sous son plus mauvais profil. Mon premier réflexe est d’étendre mes bras et mes jambes en étoile pour agripper les rampes. Malheureusement, comme mon corps était incliné par en avant, juste mes pieds se sont pris sur la rampe. Cette prise des pieds a créé comme un effet de balancier qui a projeté mon crâne directement sur la grosse fleur brune, dans le choque j’ai eu le temps de voir la grosse face de Rigoberta qui me regardait par la fenêtre de la porte, comme elle est laide Rigoberta! Comme j’ai eu le très bon réflexe de tendre mon corps, ma tête a rebondi me projetant dans les airs, Rigoberta aplaudissait de bonheur de l’autre côté de la porte: la fleur brune m’a consenti une seconde tentative pour agripper la rampe avec mes mains; mais cette fois ce sont mes pieds qui étaient trop bas, je me suis donc pris les indexes et les majeurs dans les coudes de la rampe, ce qui qui les a fracturés, mes genoux ont subi le même effet de balancier que mon crane quelques secondes plus tôt, l’onde de choc s’est fait ressentir jusque dans ma colonne vertébrale et a ressorti par ma bouche sous la forme du cri primal de Janov, sans les papas/mamans superficiels et enfantins, un racourci douloureux mais moins ridicule.
Comme j’avais quatre doigts de cassés j’ai lâché la rampe terrorisé par la suite d’évènements et tout ce qui allait s’en suivre; je me suis laissé tomber vers l’avant, atterrissant directement sur mes clavicules qui se fracassèrent dans un grand “CRACK” retentissant. Cette blessure s’ajoutant aux autres que j’ai subies, résultèrent en un état de semi-coma (surtout à cause du premier coup à la tête). Je me compte chanceux d’avoir perdue la conscience à ce moment, ça a servi d’anesthésie générale pour la suite de la chute.
À mon réveil, que j’estime à deux jours plus tard, j’étais toujours dans mon escalier, personne n’avait eu vent de mon accident; en essayant de bouger je me rendis compte que la suite de la chute, dont je n’avais pas été conscient, avait fini d’achever les organes et les os de mon corps qui avaient résisté aux premiers chocs. Je ne voyais pas Rigoberta, c’était tout de même une bonne chose: voir son air d’ahurri m’aurait vraiment déplu, mais cette grosse poufiasse m’aurait-elle abandonné à mon pauvre sort?
Comme parler me faisait très mal j’ai dû apprendre à siffler puisque je n’avais jamais trouvé utile de siffler, je trouvais ridicules les hommes qui prétendaient être comme les oiseaux. Après deux jours de pratique et beaucoup de pleurs, ça faisait mal tout ça, j’ai enfin réussi à pousser un sifflement perceptible qui alerta mon voisin…
–
Et voilà, 3 mois plus tard je suis de retour dans mon appartement pour reprendre le cours normal de la vie, mais à ma stupéfaction quelqu’un a mangé mes oeufs et bu mon café, la grosse Rigoberta a même laissé son immonde rouge à lèvres mauve sur ma tasse de café.

Déjà à l’époque où ce beau grand pays qui nous verra mourir n’était encore qu’immensité, richesses et sauvagerie, on observait chez les premiers européens à fouler ce territoire inconnu les signes précurseurs de l’esprit du FAS :
A highligh of the Beaver Club gatherings was the restaging of le grand voyage. Using that narrow window of opportunity between being uproariously drunk and actually passing out, the Nor’Westers would stumble around until they were seated on the floor, arranged two abreast, pretending they were steering a fast-moving canot du nord. Grasping fire-tongs, pokers, walking sticks, swords annd other likely looking implements as imaginary paddles, they bawled voyageur songs as they stroked ever faster, their eyes glazed, their faces beet-red with exertion. But even make-beleive northern canoes must eventually encounter rapids – and they required a change of tactic. With the false shrewdness of the very drunk, the Nor’Westers would consider the possibilities, then clamber up on the dinner-tables and ride the rapids by « shooting » to the floor astride empty wine casks, bellowing a variation on Indian war whoops that verged on Highland battle cries. By this time it might have been four or five in the morning, and the rented dining-room resembled the field hospital of a vanquished army. The few members still upright would adjourn the meeting and stagger home.
Peter C. Newman, Caesars of the Wilderness
Parmi les plus légendaires et embryonnaires actions stupides auxquelles je pris part jadis, d’aucuns se souviendront de ce que l’on appelait à l’époque les « liquéfactions ». Remarquez que dans le choix de leur vocabulaire, les futurs activistes du FAS avaient déjà quelques atomes crochus. Alors que la plupart des autres adolescents de l’école étaient occupés à essayer d’avoir l’air cool, plusieurs amis et moi tâchions systématiquement d’avoir l’air cons.
Parmi nos stratégies de prédilection, les « liquéfactions » consistaient à réunir quelques dizaines de personnes prêtes à s’allonger sur le sol côte à côte, puis de convaincre la première personne au bout de la rangée qu’elle devait rouler sur elle-même par-dessus toutes les personnes alignées et aller choir à l’autre extrémité, geste qui devait être répété à l’infini par chacune des personnes dans la rangée jusqu’à ce que le son de la cloche, la fin du gazon pour l’asphalte ou autre chose d’incongru vienne briser cette chaîne humaine spectaculaire. Alors que graduellement nous nous lassions du caractère trop strict et organisé des « liquéfactions », cet autre chose se définit rapidement sous l’appellation de « combats d’obèses », durant lesquels les participants devaient tout simplement se jeter en tas les uns sur les autres jusqu’à épuisement. Vous voyez que déjà, nous n’avions rien à envier aux artistes de performance qui prolifèrent de nos jours comme des drosophiles dans un bol de fruits.
À l’occasion, il nous arrivait de tenter de déconstruire le monde rigoureusement structuré du sport en déclenchant des parties spontanées de « catch-poulet », régies par l’unique règle qu’elles devaient se jouer avec un poulet en caoutchouc. Les joueurs devaient tout simplement essayer d’empêcher les autres d’attraper le volatile en s’enfuyant avec. Afin d’éviter l’inévitable, lorsqu’ils étaient assaillis, la plupart s’en sortaient en lançant le poulet au bout de leurs bras dans une direction impromptue et en partant à courir le plus vite possible pour le rattraper avant les autres. Évidemment, il nous arriva à quelques reprises de faire accroc à la règle et de remplacer le gallinacée par un briquet.
Habituellement, ces édifiantes activités étaient ponctuées de séances de « grasso-massage », où l’on se frottait mutuellement et vigoureusement le gras de bras dans l’espoir d’activer les traces de THC stockées dans nos cellules adipeuses et accessoirement soulager nos corps endoloris.
Bien sûr, nos actions stupides n’étaient pas limitées à la cour d’école. Au prochain épisode, les « lobotomies », « l’édifice-labyrinthe » et « l’élastique de 50 m de long ».
La face cachée du lunatisme
L’effervescence que connait le FAS ces derniers mois a donné lieu à des discussions d’historiographie sur sa genèse et sa généalogie enracinée dans d’antiques projets. Ces discussions, je l’avoue, m’agacent profondément, puisque pour une foule de raisons bonnes et mauvaises, je n’ai jamais contribué au défunt Nystagmus, la revue où fut cité pour la première fois le FAS et où fut mise à l’épreuve la discipline de produire des textes et d’éditer un fanzine.
Bien sûr, je pourrais me satisfaire de l’étiquette de tard-venu. Et même, ce serai être injuste envers moi-même, puisque j’écris sur les annales du FAS depuis les tous débuts, encore une fois, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Et puis, qu’est-ce que cette obsession du fondationalisme? D’où vient cette équation «plus ancien = plus noble = plus d’autorité?» ou «genèse + FAS = nazi»? Abraham a fondé le judaïsme, mais entre vous et moi, c’est seulement avec Moïse que c’est devenu du sérieux.
Il fallait donc une table des lois. Mais, je vous demande, où trouver les lois qui structurent le FAS? Autant faire une coupe bob à la Méduse. Pour avoir droit au chapitre, il me fallait quelque chose de plus aéérien, comme l’air envoûtant du charmeur de serpent, ou un éther originel, dans lequel gravitent les esprits… un esprit, c’est ça! l’esprit des lois! L’esprit du FAS!
Voilà ce que je cherchais. L’origine de l’esprit du FAS. Quelle(s) expérience(s) sont venues infléchir mon quotidien dans le sens d’un combat perpétuel de la stupidité par la stupidité. Pas facile. Il en existe, pour utiliser l’expression du dude avec qui j’ai fait des pochettes aujourd’hui, tout un florilège.
Je peux cependant me remémorer certains moments fort pittoresques de mon secondaire, qui sont sans contredit marquées du sceau de l’action stupide accomplie délibérément. Il y en a une cependant, qui se classe à part, parce qu’elle n’a pas ce caractère commun de simple voyoutage qu’ont les autres.
C’était un midi bien ordinaire, je ne me rappelle plus de la saison. Probablement l’hiver. Comme à chaque midi, nous fuyions plus ou moins la cour d’école et allions nous restaurer dans un des restaurants du mail de S*, le plus grand centre d’achat de toute la région avoisinante. C’était véritablement un gigantesque temple de la consommation et ce l’est toujours, que je sache. Les premières années où j’étudiais au Séminaire, j’étais fasciné par cet endroit, je me battais pour que mes parents m’accordent la permission nécessaire pour pouvoir quitter la cour d’école et m’y rendre. Cependant, invariablement, avec les années, mon regard s’était habitué au rutilant, au clinquant de l’endroit; je dirais même que j’arrivais à voir à travers le vernis les noeuds tordus de cet échafaud du consommateur. Image. Pour poursuivre sur la même image, je dirais que je réalisais que les planches étaient en fait toutes pourries et pire encore, que cette pourriture m’atteignait moi-même: dans cet endroit, je me décomposais.
Je n’étais pas le seul à être parvenu à ce stade gênant. La situation était devenue insupportable. Nous étions pris entre deux options également repoussantes: rester dans la cour d’école ou nous rendre dans ce mail devenu abject. Or, ce devait être l’hiver, puisque la première option n’était par principe pas envisageable. Comment cependant, affronter ce monde puant de musique d’ascenseur, de bijoux pour grands-mères, de boutiques branchées pour ados, de restaurants fast-food, comment, en un mot, garder son quant-à-soi au coeur de toute cette bêtise, sinon en se servant de la force de l’adversaire pour le vaincre?
Je me rappelle de ce midi-clé ou nous avons trouvé la solution. Comme d’habitude, nous quittions la cour d’école à l’heure du midi. Cette fois cependant, au lieu de partir en bande, nous n’étions que Mysterious et moi. Les raisons qui font que Mysterious se rendait dans ce mail étaient encore plus occultes que les miennes: pour ma part, je tentais de justifier le tout en arguant de la nécessité de manger pour »vivre ». Mysterious, quant à lui, avait toujours son lunch, fait par sa mère attentionnée. Le chanceux. Quoiqu’il en soit, nous nous rendîmes au restaurant où l’on vendait de la pizza où j’engouffrai ma millième, arrosée de la fameuse «sauce toxique», le tout sous l’oeil quelque peu inquisiteur du Mysterious. Puis, je terminai mon repas et nous partîmes déambuler dans les couloirs du mail, suivant la même trajectoire arbitrairement définie par les secteurs dont nous n’avions pas été bannis pour nos frasques, un gardien sur nos talons, comme toujours.
Quel ennui. Étant ainsi épiés, il ne nous était plus loisible de nous divertir en faisant des tours de carrousel. Impossible également, de nous arrêter sur le divan au E*, pour visionner le blockbuster de l’heure. Nous étions condamnés à errer, de plus en plus conscients des tares de l’endroit, de son carrelage fissuré, de ses poutres de béton armés mises à nues, de ses espaces laissés vacants et bien sûr, de la cohorte de petits vieux plus ou moins zombifiés qui venaient y tuer le temps. Nous ne valions pas mieux qu’eux, d’ailleurs, sinon qu’à tenter de le tuer, nous y sommes parvenus. Le temps est mort, il s’est arrêté, nous nous sommes assis sur le rebord d’une fontaine en plein centre du mail, et alors il s’est s’est mis à se décomposer, en nous, et à entonner son chant de décomposition:
- Pluiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!!
Ainsi retentit la première vocalise de ce processus irréversible
- Whiskyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!
Je ne me souviens plus chez qui le mal a frappé en premier, mais déjà nous nous répondions de vive voix, faisant retentir toute la place de ces cris qui était pour moitié plainte et l’autre résignation, et nous reprenions en choeur:
- Orgiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!
répétant inlassablement ces trois mantras de décomposition. Puis, nous prenions une pause, je me levais pour acheter un grateux, je le gratais, je perdais, et nous reprenions:
- Pluiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!
- Whiskyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyyy!!!
- Orgiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie!!!
Nous avons répéter l’expérience à deux ou trois reprises la même semaine. Nous avions nommé l’activité la décomposition, ce qui nous donnait à peu près ceci: «eh Mysterious, est-ce qu’on va se décomposer ce midi?» «oh oui, avec joie!», etc.
C’est donc là que je situerais l’une de mes premières expériences d’action stupide, accomplie délibérément pour vaincre la stupidité, poussée à un degré voisin de l’art. Et vous chers fasiens et chères fasiennes, par quelle nécessité êtes-vous devenus promoteurs d’un quotidien délirant? Quelle est en vous la racine, le Ur-FAS?
Il y a deux ans, je me rendis au Massachusetts, sur les rives de l’Atlantique, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Boston, entre les villes d’Ipswich et de Newburyport, là où Lovecraft a situé le port d’Innsmouth. J’y plantai ma tente sur la plage, m’allumai un petit feu – au loin, je voyais s’élever la fumée d’une usine – et m’assis sur le sable. À Boston, j’étais parvenu à acheter un gramme de champignons magiques. Je le mâchouillai en regardant le soleil se coucher et fis passer son goût infect en avalant une première gorgée de Jack Daniel’s
Je voulais voir Innsmouth. L’idée peut paraître saugrenue, mais elle m’obsédait. Assis sur le sable, je me rappelais les derniers mots que celle que j’aimais m’avait crachés au visage au moment de me quitter : « Tu ne crois pas en la vie? Retourne donc dans tes mondes de fiction. » J’avais décidé de suivre son conseil. Une nuit, j’avais rêvé au grand Dagon sortant des eaux, ses écailles reluisant sur son corps titanesque et il m’avait semblé qu’il dégageait quelque chose de plus puissant que la vie. J’avais relu Lovecraft. À Innsmouth, on vouait un culte à Dagon. C’est là qu’il me fallait aller et, pour briser les barrières qu’érigeait ma raison, j’allais employer des substances psychotropes. Peut-être Dagon m’amènerait-il au loin, dans les profondeurs, au fond des abysses où s’élèvent des cités cyclopéennes, des monuments à la gloire de dieux innommables?
Je me réveillai le lendemain, couché sur le sable, avec un terrible mal de tête. Un chien errant avait le museau enfoncé dans mon sac. Une légère bruine m’avait mouillé le corps. Ma chemise collait à ma peau. S’était-il passé quelque chose ? Je ne conservais que le vague souvenir d’une étrange litanie venue des eaux.
J’avais oublié (ou fait mine d’oublier) cette expérience un brin pathétique, mais la lecture du plus récent texte de Bébé Astronaute me l’a rappelée. Un continent de plastique, une vaste étendue de déchets sur la mer, la recouvrant sur des kilomètres… Des flaques de silicone auréolant des amas de polyéthylène et des morceaux de galalithes…Une île de plastique en construction, étouffant poissons et mollusques et se compactant peu à peu pour former une matière solide, une épaisse couche de déchets recouvrant l’océan où il s’avèrera un jour possible de marcher, comme sur une mer des Sargasses solidifiée, s’étendant à perte de vue en ondulant légèrement. Rien à écouter, rien à voir, sauf un vaste territoire de plastique, comme une plaine monotone… Je sus, frappé d’une intuition mystique, que c’était là, dans ce paysage désolé, que le grand Dagon viendrait à moi, déchirant, venu des profondeurs, la couche de plastique recouvrant les eaux pour prendre pied sur ce nouveau continent, bientôt suivi d’une armée d’êtres abominables, prêts à mettre un terme au règne pitoyable de l’espèce humaine… Je cesserai désormais d’utiliser des sacs réutilisables pour faire mon épicerie et pillerai les réserves de sacs de plastique des supermarchés pour les jeter dans l’océan. Il n’y a plus de continents à découvrir. Il faut en créer de nouveaux. Voici le temps venu d’un nouvel exotisme.
Voilà le plan des activistes du FAS : détourner les camions de recyclage vers les dépotoirs, en attendant de terminer le forage d’un tunnel secret menant jusqu’au fleuve, dans lequel seront déversés tous les déchets de plastique de la rive nord. Puis ceux-ci vogueront, emportés par le courant, au large d’Hawaï où, comme nous le savons tous, tous les déchets de plastique du monde se réunissent non pas pour frayer, mais pour former un septième continent. C’est sur cette mer des sargasses inerte, ce Continent de plastique, que les fasciens et fasciennes se donneront rendez-vous pour jeter les bases d’une nouvelle colonie. Patience! Jusqu’à maintenant, on ne peut même y poser le pied, de peur d’être avalé comme par une monstrueuse toile de piscine, mais bientôt, sur cette gigantesque île flottante, où le quotidien sera vraiment délirant, où l’on ne trouvera ni psychiatre ni beurre de pinottes Kraft, où les zepoulpes s’accoupleront avec les sacs d’épicerie, fasciens et fasciennes construiront un grand vaisseau de plastique, dans lequel enfin Amydale prendra place, en route vers Mars, emportant avec lui des milliers de cyclistes en orbite.
Lors d’une réunion improvisée avec Mysterious et Mjack lundi dernier, mon esprit tordu a accouché d’idées promotionnelles qui feraient fondre Louise-Josée Saindoux de la boutique TVA :
1) Une ligne de t-shirts et de sous-vêtements FAS
2) Des biscuits chinois aux messages du FAS
3) Des écussons ou des pins FAS
4) Trois ouvrages temporairement intitulés “Le quotidien délirant” tome 1, tome 2 et tome 3 : Le parfait livre pour chier. Bientôt sur vos tablettes.
5) Une ligne de jouets FAS
6) Une ligne de gadgets sexuels FAS
7) Une montgolfière aux couleurs du FAS survolant le Grand Prix
Une plate-forme internet interactive et transactionnelle pour acheter les cochonneries FAS en ligne.
Payez maintenant et partez tout de suite après !
FAS vaincra !
Que les visiteurs du rendez-vous des publications parallèles se le tiennent pour dit: nous sommes prêts. En plus des anciens fascicules, nous aurons un nouveau numéro spécial «Probable, mais dégage.», ainsi qu’une réimpression de l’ancien spécial «hé hé hé…», avec de superbes couvertures sérigraphiées, dans le plus pur esprit révolutionnaire du FAS. Bébé Astronaute et moi les avons sérigraphiées dimanche et lundi, et après une bataille gagnée contre une technologie chimique rébarbative, avons terminé la production. Prochaine étape, l’assemblage communautaire. Tenez vous prêts!
Désolé pour cette introduction un peu trop technique. Le hic, c’est que j’ai réalisé, en regardant le travail fait par notre graphiste, que la carte arrière (celle qui va à l’arrière du boîtier) qu’il avait prévue était en couleur des deux côtés, tandis que tous les devis que j’avais reçus prévoyaient un côté couleur et l’autre en noir et blanc. Au départ, je m’étais dit que l’image dans le boîtier, qu’on voit quand on retire le disque, pouvait rester en noir et blanc. Cette information s’est perdue quelque part et cela pose problème. En effet, cette image est une photo prise de Brigitte Bardot en Harley Davidson. Comment pourrais-je enlever sa couleur à Brigitte? Ce serait un affront insupportable. De toute façon, je sais que mon graphiste a d’autres trucs à faire et je doute qu’il ait envie de s’y remettre. Alors je dois demander à tout le monde de me refaire une offre en tenant compte de la couleur, ce qui va me coûter 75$ au bas mot.
Le plus drôle dans tout ça, c’est que la photo originale était en noir et blanc. On peut voir des petits buissons à travers les rayons de la roue avant de la moto qui étaient là au départ et qui sont restés en noir et blanc sur l’image finale… une petite ‘erreur’ qui a son charme. Peu importe : on en est pas à la première dépense somptuaire pour cette cocotte.
Le FAS aurait tout avantage à envahir purement et simplement les commentaires sur RDS. Anyway, on a déjà des pseudonymes.
Et pour la plupart (sauf Normand Touche-Seins), ceux-ci décrivent mieux l’âme du partisan que les pseudonymes du réseau de Pierre et Yvon. Quelques exemples :
Miss Koivu
imbattable
Habs4life92
j’ai hâte
la relève
jab44
habsrule !
goducksgo
prolétaire
zesecret
honda98
tour du chapeau
boutchone
fullmoon
ti-fouine
le king des gros
Remarques en vrac :
J’ai de la misère à imaginer Prolétaire et Honda98 ensemble, mais pas de problème à imaginer honda98 avec boutchone, casquettedecôté et cellulaireàlaceinture .
Le king des gros travaille-t-il encore chez Léon, c’est la question qui nous brûle tous les lèvres… Et miss Koivu est clairement un gars… et j’ai hâte est un casseur qui rêve de péter des vitres de chars.
FAS vaincra !
Moi et Virginie – une amie d’enfance – on s’est dit «ben là, ça va faire.» On avait 15 ans et on s’est juré que si un jour cette société de marde, capitaliste et carriériste, n’implosait pas d’elle-même, on allait se la faire sauter la cervelle… Ils allaient voir notre détermination, ces cons.
Donc, après des années (quelques décennies pour être plus précis) d’attente, voilà qu’elle est là la société, pire qu’elle était, rendue au point de non-retour, avec un réchauffement qui ne réchauffe que les autres, avec des prix de l’essence et des pauvres à tous les coins de rue, des politiciens minables pour qui construire une autoroute correspond à un accomplissement personnel, des chanteurs-enfants qui se font abusés, des policiers armés de poivre et des poulets qu’on ne respecte même pas.
L’autre jour, on s’est revu pour la première fois en 22 ans (elle sortait d’une longue relation et moi je sortais du dépanneur) et on s’est dit que le moment est venu de faire un coup d’éclat. De mourir pour des idées. Et de mort rapide, s’il-vous-plait. De mort rapiiiiiiiiiideeeeu. On a pensé au gun, plus direct et vachement plus marketing que les pilules et le pont. Le problème, c’est qu’on n’a pas de permis de port, pas d’argent et qu’on vit dans un pays de fifs avec même pas de guns vendus en pharmacies comme dans les places civilisées.
On s’est alors dit que, comme plan B, seule la corde amène le petit plus, le petit quelque chose, le petit oupmf, qui fait toute la différence entre les gens qui ont quelque chose à affirmer et ceux qui sont juste décrissés par la vie et qui veulent en finir parce qu’il se sont fait voler leur bouteilles de bières vides sur la galerie.
Ce qui fait qu’on prend mon char gris (couleur appropriée à nos humeurs) et on se dirige vers le plus proche Canadien Tire pour y acheter de la corde. On arrive là, presque heureux, en pensant à cette belle aventure qui nous attend dans le garage. On arrive dans la rangée 8 – matériel de jardin – et on s’immobilise devant l’impressionnant éventail de cordage.
Fuck….
Quoi choisir? Quelle corde est vraiment adaptée à nos ambitions médiévales? Y va-t-on avec de la ficelle doublée, de la corde jaune, du fil de nylon, de la corde en chanvre? Et quelle longueur achetée? Faudrait pas qu’on arrive short, mais en même temps, faut surtout pas arriver trop long… Combien investir dans ce projet? Peut-on seulement se permettre d’être chiche lorsque qu’on veut tâter de la postérité?
On demande l’aide d’un commis :
- Pardon, c’est pour une information… C’te corde-là (geste du doigt), c’tu fiable?
- Ça dépend, c’est pour tendre ou pour suspendre?
- Euh… Un peu des deux. L’idée, c’est que ça puisse supporter un bon poids, genre à peu près…heille Virginie, combien tu pèses?
- Environ 120 lbs, pourquoi?
- Ah oui, rien que ça ! J’aurais juré que tu… en tous cas…
- Comment ça “rien que ça”? Va donc chier !
- Non, non, scuse-moi, je disais ça parce… en tous cas… Je te demandais ça, parce que c’est important.
- Dans ce cas-là… en fait, je pèse 130… Mais va chier pareil !
Le commis intervient en stressant sous son badge :
- De toute façon, avec ça ici, c’est correct jusqu’à 500 lbs. Ça conviendrait ?
- Ben là ! 500 lbs !! Va chier toi aussi, tu t’es pas vu !!??
- Écoutez, Madame, moi je ne fais que mon travail…
J’ai repris le contrôle :
- Ok, on la prend. Mais quelle longueur vous nous conseillez?
- Ça dépend, pour être sûr, 30 m ? Avec 30 m, vous pouvez pendre 3 gros monsieurs…
Ça, c’était une blague. Virginie et moi, on a fait semblant de rire de bon coeur. Puis, on est repartis vers les caisses. Il y avait plein de monde blême qui venait acheter leurs décorations de Noël. La plupart avait dans leur mains quelque monstruosités gonflables qui coûtent une petite fortune et qui dégonflent comme la première poupée gonflable achetée sur Ebay.
Mais nous, on est tout excités, le projet prend forme, ça se concrétise.
On arrive à la caisse et le caissier, un jovial qui est heureux d’être content prénommé Fred, nous regarde, sourit parce qu’on est des clients, nous regarde encore, re-sourit parce qu’on est encore là, regarde sa caisse et sourit de nouveau (probablement parce que sa caisse est bien là où elle doit être). Puis, il tend ses mains de positif pour passer notre corde sur le bipper. Genre de gars qui est authentiquement content à chaque fois qu’une transaction interac est acceptée…
Il a des raisons d’être content parce qu’en attendant en ligne pour passer à la caisse, et malgré mes objections et mes insultes, Virginie à eu le temps d’être tentée par deux lighters à BBQ, 60 cassettes VHS vierges, 242 aimants à frigo, 1116 batteries AA, 4440 montres en spécial et 50209 crayons bics…
De plus, grâce aux quelque 11 milliards de magazines édités par 2 compagnies presque distinctes et disposés sur 360 degrés autour de toi quand t’attends pour payer, Virginie est maintenant parfaitement au courante des allées-et-venues de 1114 couples vaguement connus à cause d’une émission de télé. Comme par exemple, elle sait s’ils s’aiment assez pour affronter l’épreuve de l’amour et s’ils ne sont pas prêts à s’engager sur le chemin de la vie à deux… Mais en plus, à la page suivante, elle a appris tout le reste : s’ils veulent aller au dépanneur après être allés au Club vidéo, s’ils mangent épicé tard le soir, s’ils s’épilent la noune en famille, s’ils se gargarisent avec du liquide lave-glaces, s’ils écrivent souvent des lettres en sortant un petit bout de langue à cause de l’effort, s’ils accrochent des miroirs lorsqu’ils font marche arrière, s’ils reniflent leur jackstrap après une grosse game, s’ils se touchent au rayon bricolage chez Jean Coutu, etc.
Toute de la grosse vraie actualité pure.
Fred, le caissier content ne cesse pas de sourire. Il est sur le bord de transformer mes volontés suicidaires et désirs homicidaires… J’ai soudainement envie de lui défoncer le crâne sur sa caisse et de lui faire ravaler son sourire à 2 piasses (Canadien Tire)… Mes yeux injectés lui lancent des menaces, mais il ne se rend compte de rien et continu de vouloir me faire la conversation «Pis, on passe une belle journée, à date?» Virginie essaie de me calmer en me montrant les nouveautés cinéma, mais rien n’y fait.
Je saute par dessus la caisse, empoigne le caissier (qui sourit encore car il aime bien les surprises) et lui dit de fermer sa grande gueule. Virginie lève les bras machinalement. Le gérant continue de gérer, sachant que les assurances couvrent les vols. Les clients blêmissent davantage (parce qu’ils viennent de se rendre compte que c’est la dernière saison de 450 Chemin du Golf en lisant le TV hebdo). Je menace le caissier avec un des lighters à BBQ achetés par Virginie. Et tant qu’à faire, je lui demande d’ouvrir la caisse et de donner le cash (ben oui le vrai, espèce de cave !). C’est quand il me l’a donné que je me suis rendu compte que calvaire, c’est payant un Candien Tire !! 8850 piasses !! On est sorti à reculons, le caissier toujours souriant malgré la menace du crayon bic et du lighter à BBQ. On s’est retourné rendu dehors et on s’est mis à courir, puis à rouler dans mon char le plus vite possible.
Comme on avait oublié la corde à la caisse, on s’est dit que nos projets de pendaison en duo battaient de l’aile. Pas grave qu’on s’est dit ! Il serait toujours temps de se pendre quand le cash aura été dépensé ! Fred, le caissier content, a hésité un brin gêné, s’est retourné vers Virginie et lui a crié quelque chose en essayant de couvrir le bruit du moteur qui rugissait dans les virages :
« heille, je voulais te dire que moi je pensais que tu pesais juste 115 lbs… Est-ce que tu joues au Scrabble des fois? »
Pffff….
Cette semaine ça a été la première bordée de neige et on a eu droit à la totale. Presque trois jours de précipitations, dont au moins 24 heures intenses. Moi qui voulait faire l’hiver en vélo, j’ai dû me rendre à l’évidence: c’est une utopie.
J’ai reçu sur Face de bouc une invitation à une bagarre de boules de neige au parc Lafontaine, que j’ai déclinée parce la neige n’était pas tapante. Quand la neige est pas tapante, la boule reste formée jusqu’à ce que ton bras soit en complète extension, puis dès qu’elle quitte la main, elle se désagrège en poussière, en poudre aux yeux, et ça fait des guerres de moumounes.
Mais, pour bien marquer que j’avais quand même gardé mon coeur d’enfant magique, j’ai dit dans ma réponse que j’allais rester chez moi faire un fort. Je vous épargne le récit de l’escalade de propos incendiaires qui s’en est suivi; toujours est-il que je l’ai fait ce fort, avec mon bac de récu, puis j’ai demandé à Zepoulpe de le prendre en photo avec son téléphone portable. Comme toutes ces «photos ordinaires non-appropriées» ont malgré tout, dans mon coeur, un statut artistique, mais surtout qu’elles relatent une action que j’estime – à bon droit me semble-t-il – franchement stupide, j’ai pensé vous en soumettre une petite.
Voici un poème rhapsodique composé par le comité de modification de la charte de l’ADÉPUM 2007-2008 qui sert de pièce explicative à la nouvelle charte. Bien sûr, il a été adressé à tous les étudiants du département de philosophie de l’UdeM. FAS gagne du terrain!
Vive les émotions
Voici 13 émotions basées sur le comportement lunaire lors de déplacement de la légion étrangère:
Joie
Colère
Épanouissement
Béatitude
Excitation
Tristesse
Affliction
Désarroi
Espoir
Auto-détermination du moi
Puissance
Radio-oncologie
Conscience de classe
C.Q.F.D.
Psychiatrie kraft = nazi
hylê/eidos
666
Un ami me disait hier qu’il avait acquis Le fascicule du FAS spécial non-apprivoisable et non-domesticable au distroboto du Divan orange. Sa blonde aurait ensuite fait le portrait du penseur slovène Slavoj Zizek au dos du fanzine, l’ayant préalablement couvert de liquid paper avant de tracer les traits du philosophe (si je peux me permettre le mot). D’un côté de son exemplaire unique du fanzine, une face de crêpe est croquée par un homme sans morale, de l’autre un homme pense. C’est beau. Et comme Le fascicule du FAS spécial André Serouille comportera de nombreux textes mettant en scène Julia Kristeva, comme il s’agira en quelque sorte d’un split André Serouille/Julia Kristeva, je me dis comme ça qu’on pourrait faire graver des pièces de monnaie à l’effigie d’une part d’André Serouille et de l’autre de Julia Kristeva, l’un étant un peu le prince dirigeant de notre groupe et l’autre le castor. Il devrait, bien sûr, s’agir de cennes noires. Nous vaincrons !
Moi et Mjack avons terminé hier la réédition du Fasicule du FAS spécial non-apprivoisable et non-domesticable et débuterons sous peu le montage du spécial baleiner l’imbaleinable. Or, il nous est venu hier, l’esprit abruti par la fatigue, la folle idée de monter aussi un spécial André Serouille d’ici Expozine qui se tiendra cette année le 24 et le 25 novembre. Nous n’aurons bientôt plus de vie sociale, négligerons les plaisirs de la chair, et nous consacrerons exclusivement à la propagande subversive du FAS. «C’est pas un peu vain tout ça», me direz-vous, et je vous répliquerai drette dans FAS : «Notre cause est vaine, mais nous lutterons jusqu’à la mort, because FAS is vanity and vanity is sexy puisque le délirant du quotidien est terriblement supérieur à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité.» Et puis, quand même, un spécial André Sérouille illustré par ses célèbres tracts, ça vaut bien quelques nuits d’insomnie…
Nous appelons donc à votre support technique pour le découpage et le brochage des fanzines : tâche harassante, mais tâche accompagnée de bière, moteur incontournable de notre lutte révolutionnaire. La production d’un fascicule du FAS implique l’édition de textes puisés à même nos annales. Chers sympathisants, il faut s’activer, jeter le zepoulpe dans la poêle, libérer l’inapprivoisable, ouvrir les vannes des commentaires, mettre sous presse la prochaine édition d’Intoxicated press, étaler au public vos quotidiens les plus gris, redécouvrir l’animalité primale de nos régions, se pencher vers le minuscule entomologique au risque de recevoir un coup de pied au cul, percer de vos vits l’ontologie de Julia Kristeva, huiler les articulations rouillées du Robodrigue, étaler à la surface du monde le délirant du quotidien… Horde sauvage, horde fasienne, nous vaincrons !
Vous avez planté des arbres pendant six mois et êtes revenus avec le sentiment d’avoir sauvé le monde tout en éprouvant une étrange sensation de vide dans vos tripes? Vous venez de terminer un vidéoclip artsy et depuis vous vous tournez les pouces? Vous avez assailli les passants de questions sur le sida, la polio, l’existence de Dieu sans jamais pouvoir vous exprimer sur la véritable question : mais où est la p’tite Cédrika?
Dans le fond, nous savons tous grâce à notre grand coeur d’enfant que la jeannette rouquine se trouve probablement au paradis, dans un dépotoir municipal, là où elle pourra assembler des restants de Barbie au plomb avec des G.I. Joe et des Transformer jusqu’à la fin des temps…
Celà dit, avant que la masse se détourne de sa quête mystique estivale, je suggère que nous utilisions la visibilité et de la mobilisation citoyenne autour de la petite Cédrika pour que nous retrouvions les êtres disparus qui nous sont chers. Personnellement, je dois l’avouer, j’ai un petit faible pour Charlie. Oui, chercher ce Kurt Cobain pour enfant dans des mondes fantaisistes fut pour moi un élément fondateur de ma personnalité. Je dois mon flegme à ce héros imperturbable qui affiche toujours son sourire de dadais que ce soit en pleine guerre ou dans l’espace sans combinaison spatiale. Cependant, le trouver dans ma ville ne pourrait que rendre mon quotidien vraiment délirant. Mais maintenant j’y pense et je sais nous avons tous déjà perdu un être cher sans jamais pouvoir combler le vide dans notre immense coeur d’enfant : ti-mine le chat, Elvis Presley, Astro le Robot, Jean-Paul II… Nous savons tous que malgré les apparences, ils ne sont pas morts, mais tenus au silence par un complot international, rien de moins. Pourquoi ne pas profiter du support que constitue les affiches de la petite Cédrika pour nous aider dans nos recherches personnelles?
Scandale assuré
P.-S. Je suis prêt à payer une récompense de 20$ si jamais quelqu’un retrouve quelque chose
J’ignore pourquoi j’ai poussé ces deux fillettes aux longs cheveux blonds dans le bassin du Parc Lafontaine. Je marchais au bord de l’eau, alors qu’elles donnaient des bouts de pain aux canards qui pataugeaient à leurs pieds. Le soleil brillait fort. Je m’approchais d’elles en marchant dans l’allée d’une démarche athlétique. Leurs cheveux d’or chatoyaient. Elles semblaient seules, fraîches et innocentes, mais leurs parents ne devaient pas être loin : était-ce eux, juste-là, qui mangeaient des crudités assis sur un banc ? J’approchais dans l’allée tandis que les deux fillettes donnaient inlassablement des bouts de pain aux canards qui s’empiffraient, mû par un appétit insatiable. J’arrivai derrière elles. J’étais un quidam parmi tant d’autres ; elles ne virent pas venir, obnubilées qu’elles étaient par ces canards qui se gavaient à leurs pieds. Je les poussai toutes les deux en plaquant d’un même geste une de mes mains dans le dos de chacune, en plein sur la colonne, entre les omoplates et – splash ! – elles tombèrent dans l’eau boueuse, parmi les morceaux de pain et les canards qui s’envolèrent en nasillant de terreur. Je cours rarement, mais, lorsque je cours, je cours très vite (si vite que le ciel devint rouge), et comme on repêcha les deux fillettes en pleurs avant de s’occuper de moi, j’eus le temps de m’enfuir. Il n’y eut que toi, un peu plus loin, assise sur un banc, qui m’aperçus, vers qui je courus et qui me reçus en riant, ma canne, mon oie, ma jolie palmipède… Mais ce matin, alors que tu dors à mes côtés, je me demande encore s’il se peut que tu puisses apprivoiser l’inapprivoisable ?
ou « Oh oui, chéri, viens (dans ma face) au Ikea. »
Activistes et sympathisant du FAS, nous avons suffisament lambiné. Vous savez comme moi que la théorie ne sert qu’à convaincre ceux qui le sont déjà. Le FAS est-il une entité élitiste qui ne s’adresse qu’à elle-même et quelques privilégiés ? Sans doute. Mais si nous nous efforcons de relever le délirant du quotidien, de façon le plus souvent détournée, par une lente, mais pernicieuse, subversion, le quotidien mérite parfois de recevoir un bon coup de pied dans le cul.
Je ne sais plus qui évoqua l’idée en premier lieu, mais ce fut lors d’une discussion animée entre moi, Poufiasse et Touche-toi. De quoi s’agit-il ? Vous frémissez d’impatience. Cellules d’actions du FAS, activez-vous et organisez des séances de «Surprise, surprise version trash underground».
De quoi s’agit-il exactement. Je laisse vos imaginaires débridés nous suggérer des idées. En attendant, en voici une (médiocre, certes, mais vous savez, moi, l’imagination…) : Thrank Spiroberg (un activiste méconnu du FAS) marche dans un parc lorsqu’il croise une dame du monde qui promène Bijoux, son fidèle caniche. Thrank Spiroberg empoigne soudain le malheureux animal et l’encule. Son propriétaire panique, veut appeler la police, lorsque – soudain – Blog Haute Sphère (un activiste moustachu du FAS) surgit du buisson où il s’était tapi une caméra à la main et s’exclame : « Surprise, surprise ! »
Activistes et sympathisants du FAS, mobilisez-vous : nous vaincrons !
Ce matin je devais me rendre à une entrevue pour un emploi vraiment super, ô ouais vraiment super! Malheureusement ça faisait belle lurette que je n’avais plus de vêtements, je ne me rappelles plus exactement pourquoi, mais disons que j’ai ma petite idée là-dessus.
Donc en fouillant dans mes boîtes j’ai retrouvé un semblant de vêtement, voyez il s’agit de mon déguisement de superman de l’halloween 92′, donc un uniforme de taille 12 ans. Vous imaginez? Par bonheur si le bon Dieu ne m’a pas grayé de suite dans les idées, il m’a donné du potentiel improvisateur, Sainte Marie mère de Dieu!
Je ne sais pas si j’ai fait bonne impression en entrevue, mais toujours est-il que la coquine d’intervieweuse semblait plutôt curieuse; voyez, elle lorgnait ma culotte rouge vermeille et très moulante, car par bonheur si le bon Dieu ne m’a pas grayé d’un corps svelte et compatible avec les sièges des théâtres, il m’a donné un atout qui m’a tout de même permis d’impressionner les aventureuses ingénues qui avait le courage de me baisser le pantalon, Doux Jésus Fils de Marie priez pour nous!
Toute une histoire, toujours est-il que j’aimerais bien l’avoir cet emploi, ça serait vraiment super, ô ouais vraiment super super!
Une poignée de Fasiens saoulons ont, dans un geste de fumisterie délibéré, omis volontairement de donner le crédit du génie «hé hé hé» à son auteur légitime pour le fascicule spécial interjection soutenue à la tierce…
Joseph le grand, Joseph le diplomate, le sage, ne se laisse pas abattre par cette vile et évidente action stupide. N’est-ce point du FAS dont il s’agit, après tout ? Oui, du FAS en effet…