Laboratoire de Métaphysique Expérimentale

Ce n’est pas sans une forme de tristesse larvée que nous constatons que Zepoulpe – auteur autrefois prolifique, sans cesse mécontent et ridiculement poilu – est en quelque sorte devenu moins qu’une ombre, une espèce de poussière d’esprit, un auteur résolument absent et singulièrement muet lors de ces derniers mois, voire même de ces dernières semaines.

Ce n’est sûrement pas sans un soupçon légitime que les milliers d’autres auteurs du FAS ont continué la lutte, croyant peut-être que Zepoulpe avait abdiqué ou, subjugué par les spectaculaires résultats que l’on sait et les généreuses quoique louches subsides, était pour ainsi dire parti en taxi vers le Sud, à la rencontre de Julia Kristeva, de l’Empire Kraft, voire de l’amour – aventure stupide s’il en est une.

D’aucuns auront cru que Zepoulpe – suivant en cela la tradition des gouverneurs romains dans Astérix – a utilisé ses dividendes pour fomenter un complot contre le FAS, voire même contre la stupidité elle-même (finançant quelque groupe rival – le FUS ou le FOS) – sans égard à la tradition stupide et persistante du Front qui l’a pourtant vu naître.

Mais les faits sont demeurés et la réalité est si sotte…

Zepoulpe a peut-être simplement fait faillite ! Peut-être a-t-il dû abdiquer, en espèces sonnantes, tous ses projets obtus et intellectuellement creux; toutes ses tentatives pour repousser le vol du boomerang dans le but d’en permettre le mouvement perpétuel; tous ses désirs d’un autre siècle (pas le dernier, pas l’autre, l’autre) de possession d’un fief; toutes ses tentatives pour ouvrir sur Sainte-Catherine soit : un stand à hot-dogs, un bordel, un stand de tir, une chambre anéchoïque, un refuge pour abeilles, une pesée pour gros ou un kiosque de dopage pour cyclistes urbains.

Zepoulpe a peut-être déjà (ou enfin) les pieds pris dans un socle de ciment ? Peut-être qu’au moment même où l’on se murmure des inepties à l’oreille et où l’on se sussure des cochonneries clownesques comme pick-up lines, du genre « Salut, est-ce que tu ne penses pas que ce linge-là sent un peu le chloroforme ? », Zepoulpe se meure et tente de respirer à travers une couple de pouces de caoutchouc ou une couple de martinis ?

Les auteurs du FAS ont-ils seulement cessé d’aimer la vie comme un jour la girafe a cessé d’aimer la courteur ? L’absence n’est-elle pas comme le silence, d’or ?

Ce sont des questions qui méritent réflexion. Et quoi de mieux pour la réflexion que le Laboratoire de Métaphysique Expérimentale ?

Je vous le demande.

Hé salut. On se parle comme ça très librement. Je lisais hier soir le dernier livre de Virginie Beauregard D.:

l’homme sans bras

a encore

perdu

son sac à dos

J’aime beaucoup la poésie. Jeune, je m’étais dit que toute ma vie serait poésie. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà dit ce genre de choses? On se dit des choses pareilles et on parle différemment, on s’habille d’une autre façon. Vous voyez le genre? Ça rend le quotidien plutôt délirant. Et ben, il m’arrive quelque chose d’un peu étrange depuis quelques temps. Ma peau se couvre de bidules étranges qui poussent habituellement sur le bois pourri. J’ai le corps couvert d’écailles fibreuses et ça gonfle. Ça fait un peu peur, mais d’un autre angle je me dis que je deviens une nouvelle forme de vie et c’est en soi pas mal poétique: je deviens comme une souche humaine. Une cellule souche? Un humain tronc, un être-tronc? En tout cas, je ne me suis pas décidé à aller voir le médecin (ou un agronome? un bucheron?). Est-ce que l’inaction stupide fait partie du front d’action stupide?

Le site web le plus insolite depuis Barbe douce.

http://science-univers.qc.ca/sexualite/54-pedophilie.html

La page d’accueil

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Le donjon est l’endroit propre et brillant où chaque soir je me repose de ce quotidien délirant. Derrière ses portes de granite ancienne dont j’ignore la véritable ingénérie ou encore l’année où elles furent installées, d’ailleurs avaient elles été utilisées dans un autre endroit avant de devenir les barrières de mon repos? Derrière ces portes toujours entrouvertes, jamais closes, se cachent la tendresse de mon enfance et l’abri du corps d’une femme, que j’aimes. L’endroit est froid et sombre, je ne distingue que la silhouette de ma femme, l’absence de lumière m’oblige toujours à sombrer en moi-même sans aucune autre tâche que de me rappeler, il n’y a pas d’internet de l’autre côté des portes, il n’y a pas de livre ou de crayons, juste moi, mon enfance, ma journée et la femme qui m’aime.

Les souvenirs je ne les laisse pas venir par eux-même, ce ne serait pas sage, je les choisi pas thème et les laisse m’envahir pour les vivre à nouveau. Ce n’est que dans le donjon que je prends conscience de mon nom et mon histoire. Le quotidien délirant est trop éprouvant pour laisser le délir s’étendre jusque dans nos rêves. Quand la nuit tombe je deviens sérieux.

Ma chère Ekaterina,

Je t’écris depuis cette retraite où je me suis réfugié du smog de la ville. Sans eau courante ni électricité, je me tiens près d’un poêle pour t’écrire, ayant recouvert mes épaules de la liseuse tricotée par tes mains expertes. Chaque jour, affrontant les rigueurs de l’hiver, je sors visiter les collets posés tout autour de la Hütte, mais ce parcours ne me rapporte ordinairement que des engelures. Néanmoins, je reviens rasséréné de l’air vif, et c’est l’esprit parfaitement lucide que j’entreprends mes travaux.

Me prenant pour cobaye, j’affronte une à une les expériences de pensée les plus saugrenues de l’histoire de la philosophie, car je ne me satisfais pas de douter de tout : je mets chaque proposition à l’épreuve des faits.

Je tenterai aujourd’hui de répondre à la question de ce philosophe autrichien un tant soit peu laconique et dont tu m’as fait parvenir les écrits. Voici le passage qui m’occupe :

…quand « je lève mon bras », mon bras se lève. Le problème se pose : que reste-t-il lorsque je soustrais le fait que je mon bras se lève au fait que je lève mon bras? (Wittgenstein, 1961, par. 621)

Je me propose de répondre à cette question. À première vue, il semble que l’expérience soit facile à réaliser, le seul matériel requis étant un bras, ce dont je suis doublement pourvu. Allons! Passons sans plus tarder au laboratoire!

[Se lève, puis lève le bras, puis retourne à la table]

En première approximation, ma chère Ekaterina, l’observation rigoureuse du phénomène révèle que ce qui reste, manifestement, du fait que je soulève mon bras, une fois retranché le fait que mon bras se lève, s’avère n’être rien d’autre qu’une manche de chemise.

[Marque une certaine insatisfaction]

Bien qu’elle soit exécutée dans la plus stricte observance du protocole expérimental, cette première tentative n’en manque pas moins de me décevoir, étant donné le caractère accidentel du coudoiement de ma manche et de mon bras. Il me paraît donc absolument nécessaire de reprendre les tests en écartant toute perturbation textile superflue.

[Se lève, retire sa chemise, puis lève son bras]

Le résultat du second test me laisse encore perplexe. C’est que je ne sais pas au juste comment je devrais opérer la soustraction. Il est hors de question que je coupe mon bras, car cela ne ferait que reporter le problème. En effet, que resterait-il du fait que je coupe mon bras, une fois soustrait mon organe sanguinolent? [Hautain] Rien d’autre que des hurlements sans valeur scientifique.

Non, ma chère Ekaterina, nous ne voulons pas être hantés par un membre fantôme. Il nous faut reprendre le questionnement avec le plus grand sérieux. « Que reste-t-il, donc, lorsque je retire le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras? » Considérant l’énoncé sous un angle strictement syntaxique, il me paraît que la réponse pourrait bien être le « je » du « « je lève mon bras » Une fois soustrait le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras, il demeure un « je » qui serait, pour ainsi dire, le moteur de l’action. Mais cette réponse fort économique masque un petit inconvénient de l’opération : la soustraction du je de l’énoncé « je lève mon bras » ne peut se faire sans additionner un se dans l’énoncé « mon bras se lève ». Il s’avère, donc, que notre équation n’est pas tout à fait homogène, et si l’on enfonce le sujet à un bout de la phrase, il rejaillit à l’autre bout!

Mais poursuivons. Si mon bras se lève, alors on peut dire qu’il est autonome. Retrancher le je équivaut à donner une volonté propre à mon bras. Dès lors, comment éviter que cette volonté ne vienne empiéter sur la souveraineté du reste de mon corps? Il faut absolument tracer une frontière!

[Se lève, trace un cercle au crayon feutre autour de son épaule]

Me voilà quelque peu rassuré. Maintenant, tout est clair : il y a mon bras et mon corps, chacun de leur côté, et chacun fait ce qu’il veut.

[Moment de perplexité]

Mais, au juste, pourquoi tracer une ligne ici et non pas là? « Mon bras se lève », d’accord, mais où, au juste, commence mon bras? D’ailleurs, qu’est-ce qui me donne le droit de séparer de la sorte mon bras du reste de mon corps? [Véhément] Et puis, à tout prendre, qu’est-ce qui me donne le droit de parler de « bras » et de « corps »? Me voilà prisonnier des mots, et je ne vois pas comment cela pourrait être pire.

[De plus en plus troublé, se prend la tête] Ma chère Ekaterina, je m’enfonce ici dans le mystère. Tous ces organes autonomes et ce je insaisissable m’empêchent de saisir le problème à bras-le-corps!

[Ses mains bougent devant lui. Soudain, ses bras s’enlacent autour de son corps, le faisant prisonnier de sa chaise. Il se débat en hurlant « insaisissable je! Insaisissable je! » Puis, au bout d’un moment, il parvient à se libérer.]

Ma chère Ekaterina, à la question « Que reste-t-il lorsque je retire le fait que mon bras se lève au fait que je lève mon bras? », je ne puis offrir qu’une réponse : des nuits d’insomnie.

Alors, le professeur recula tranquillement jusqu’à la première section du tableau.  Il venait de couvrir trois ans d’histoire de l’évolution de son projet de création d’une syntaxe formelle dénotationnelle.  Il s’arrêta, puis pointa lentement une case et dit simplement : « après trois années de recherche, j’ai dû ajouter un symbole pour désigner le vivant non-mobile ».  C’est alors que je connu le paroxysme.  C’était donc ça, la poésie.

L’objectif, c’est écrire une annonce de type « homme cherche femme » sur Craig’s list à laquelle nul ne répondra jamais :

Essai # 1 : « Elderly, accident-prone, severely depressed alcoholic coal miner, interested in british food and scandinavian folk-dancing seeks wealthy attractive sexually starved well-built woman in her late teens. Must be non-smoker. »

Essai # 2 : « Gaucher de naissance aimant profondément les enfants et travaillant comme commis aux cacas dans un pet-shop cherche jeune épouse aux cheveux d’or et aux dents blanches pour l’aider à garder sa roulotte propre. »

Le paradoxe de la toilette écologique (PTE) s’énonce ainsi :

Prémisse 1 : Plus tu flushes, plus tu sauves de l’eau.
Prémisse 2 : Or, plus tu flushes, plus tu gaspilles de l’eau.
Conclusion : Donc, plus tu sauves de l’eau, plus tu gaspilles de l’eau.

Objectif de l’expérimentation (OE)

Le Laboratoire de métaphysique expérimentale (LME), ne reculant devant aucune idée reçue – réelle ou fictive – a pris en main de jeter enfin une lumière non partisane sur cette question pressante : « La toilette écologique sauvera-t-elle la planète et sinon, où aller? »

Hypothèse (H)

Tous les scientifiques consultés par le LME pensent que les réponses aux questions soulevées par l’hypothèse sont « non » et « nulle part, c’est parfait icitte ».

Axiomes (A)

Le LME a décidé d’adopter les axiomes suivants pour mettre à l’épreuve l’hypothèse énoncée plus haut. Un axiome étant une vérité indémontrable qui doit être admise d’emblée sans aucune autre espèce de démonstration, il serait préférable qu’on cesse d’interrompre le LME pour des objections bizarres trahissant toutes ces conneries non-réglées regardant la place de sa maman (ou de tout succédané équivalent) dans la construction de son estime de soi, lesquelles conneries expliquent en bonne partie les draps humides et les rêves de naufrages – et qu’on laisse le LME poursuivre dans sa quête de vérité et d’exactitude.

A1 : sauver quelque chose = fucking good.

Scolie 1 (S1) : En tant que but de la vie, sauver quelque chose reste encore et toujours une valeur béton. Par exemple : son âme, les enfants malades, les plages de Sorel, la face, sa mère de la faillite ou de la noyade, ses fesses, un jeune enfant haïtien de 4 ans coincé dehors dans Hochelaga au coin de Darling et Ontario lorsqu’il fait -40 degrés sous zéro, etc.

A 2 : « Gaspiller » = concept vide de sens.

Scolie 2 (S2) : Quand on y songe plus que 22 secondes (même à temps perdu ou en rêvassant, i.e. pendant la job ou durant une baise vraiment ordinaire) et qu’on essaie de penser à l’extérieur de la tendance vert-bouteille ambiante, le « gaspillage » demeure un concept en quelque sorte indéfinissable ou du moins une question qui fait appel à une quantité de distinctions floues. À noter, la distinction entre « naturel » et « artificiel », entre « utile » et « inutile » et entre « propre » et « usée ».

Matériel (Mat)

1 toilette écologique, soit une toilette qui flushe moins de 7.5 litres (ou 1.97 gallons pour les gens de l’Oregon, mettons).

1 paire de lunettes de protection

1 paire de bottes de travail

1 couple de boîtes de papiers à usage unique (genre des kleenex et n’en parlons plus)

1 grosse semaine de congé

Manipulation (Man)

1. Acheter la toilette écologique (TE)
2. Crisser l’ancienne toilette non-écologique au chemin (non sans un sourire ironique).
3. Ploguer la TE après le drain et après l’arrivée d’eau (bien visser les affaires qui s’vissent).
4. Constater avec plaisir le résultat de son travail et aller chercher son époux(se) pour shower-off.
5. Tirer la flush.
6. Apprécier la douce rotation anti-horaire.
7. Mesurer l’eau sauvée (30 l – 7,5 l = 22,5 l).
8. Lancer un petit papier à usage unique (PPUU) dans la cuvette.
9. Apprécier le sacrifice de ce petit hêtre (sourire ironique) pour la science.
10. Re-flusher et regarder disparaître son nouvel ami.
11. Mesurer l’eau sauvée et commencer à se poser des questions sur l’eau gaspillée. (30-7,5 = 22,5; 7,5 + 7,5 = 15…)
12. Se moucher légèrement ou demander l’aide de son époux(se).
13. Lancer le PPUU humide (PPUUH) dans la cuvette.
14. Re-flusher pour la peine et re-re-flusher pour la cause.
15. Prendre sa calculette (22,5 litres sauvés par flush pour 30 litres gaspillés; 7,5 litres gaspillés par flush x 4 flushes = 30 litres sauvés)
16. Se mettre à douter, et donc à être (suivant le fameux : si je pense donc je suis; je pense, donc je suis… je pense).

Notes enregistrées par le scientifique durant l’expérimentation NEPLSDLE)

« J’ai vraiment envie de faire un geste pour l’environnement (je suis un scientifique dont la conscience morale est chevillée au corps). J’achète une toilette écologique qui flushe seulement 7,5 litres au lieu des 30 litres habituels. Wow. Je fais clairement des efforts qui me valorisent et me remettent moins dans la face que je conduis un Ford F-150 pour transporter des coussins (ma femme ne cesse d’en acheter pour des raisons qui me dépassent). La pose de la TE a été plus difficile que je pensais, mais après quelques reculs dégueulasses, j’ai appelé minou et je lui ai montré, fier-pet, le fruit de mon travail. Elle a regardé ça, a soupiré parce que depuis le départ, elle trouve tout ceci débile, et a fini par me féliciter par un simple « Oublie pas de bien laver le plancher, ça sent ‘à marde ici ». Bref, un succès sur toute la ligne. Lorsque j’ai flushé la première fois, c’est pas mêlant, j’ai eu un frisson qui m’a passé bord-en-bord ! La planète, j’allais la sauver, une flush à la fois.

Je sentais tellement que je faisais un beau geste que je me suis mis à flusher rien que pour donner un coup de pouce à la Terre, ma deuxième planète préférée. Un petit chat dans la gorge? Ptuuu, tu craches un demi-millilitre dans le bol et tu flushes. Une tite tache sur ton chandail? Tu grattes un peu et zoooooo, flush. Tu passes simplement par là? Flush. Un oiseau chante sa joie de vivre dans l’été? Pan, tu flushes. Une bonne toune entraînante dans’ tête? Fluuuuuuuush. Rien de bon à la tivi? Fluuuuuuuuuuuuuuuuuuuuush. Les Libéraux ont encore gagné? Gâte-toi : flush deux fois.

C’est minou qui m’a fait remarquer après deux semaines que je ne sauvais pas beaucoup d’eau à flusher pour un oui ou pour un non (oui (flush); non (flush)). J’ai réfléchi à ce qu’elle a dit et franchement, c’était pas fou son raisonnement. C’est après en avoir discuté avec mon psychologue qu’il a décidé que j’arrêterais de flusher pour rien et que je me concentrerais sur mes autres « issues » : mes 9 tatoos à l’effigie de maman, mon mariage imaginaire et mon obsession à vouloir laver mon lave-vaisselle à la main après usage. Il m’a aussi convaincu que les résultats de l’expérience du PTE pointent dans la direction suivante : non, ça ne sauvera pas la planète et où aller : chez le psy. »

[youtube]http://ca.youtube.com/watch?v=_ohFLSFGr5I[/youtube]

Il n’y a qu’un seul monde.  Je fais partie de ce monde, j’en suis indissociable.  Je ne connais de ce monde que ce dont je fais l’expérience.  Pour moi, « le monde » et « mon expérience du monde » sont indiscernables.  Dans mon monde, je fais la rencontre d’autres individus, qui comme moi ont leurs perspectives propres sur le monde.  Comme je ne connais du monde que ce dont je fais l’expérience, je suis forcé de prêter mes expériences à ces individus pour les comprendre, et en particulier anticiper leurs influences sur ma vie.  Eux aussi m’aident à les comprendre sous la forme privilégiée, mais non exclusive, du récit de leurs expériences.  À partir de mon vécu, je reconstruis ces expériences et je les transpose sur l’idée que je me fais du vécu de mon interlocuteur.  Plus je souhaite connaître les autres, plus je dois enrichir ma propre expérience de matériaux qui servirons à ces reconstructions.  Plus je souhaite connaître un autre individu, plus je dois me l’approprier par ma propre expérience, directement ou indirectement.  Mais, plus il est miens, plus il devient imaginaire.

Publié sur Locus Solus.

Voici une citation que j’ai trouvée dans ma chasse aux Gedankenexperiment:

« La « chose en soi » (qui serait précisément la vérité pure et sans conséquence) reste totalement insaisissable et absolument indigne des efforts dont elle serait l’objet pour celui qui crée un langage. Il désigne seulement les rapports des hommes aux choses, et pour les exprimer il s’aide des métaphores les plus audacieuses. Transposer une excitation nerveuse en une image! Première métaphore. L’image à son tour transformée en un son! Deuxième métaphore. Et chaque fois, saut complet d’une sphère à une autre, tout à fait différente et nouvelle. Imaginons un homme qui soit tout à fait sourd et n’ait jamais perçu de son ou de musique : de même qu’il s’étonne sans doute des figures acoustiques de Chaldni formées sur le sable , découvre leur cause dans la vibration des cordes et jurera alors au vu de cette découverte qu’il ne saurait ignorer désormais ce que les hommes appellent les sons, ainsi en va-t-il pour nous tous en ce qui concerne le langage. Nous croyons posséder quelque savoir des choses elles-mêmes lorsque nous parlons d’arbres, de couleurs, de neige et de fleurs, mais nous ne possédons cependant rien d’autre que des métaphores des choses, et qui ne correspondent absolument pas aux entités originelles.»

In Nietzsche, vérité et mensonge au sens extra-moral.

[youtube]http://fr.youtube.com/watch?v=YRi1-Ux8YA8[/youtube]

J’exige un compte rendu des RVPP; si on va propager la bonne nouvelle et qu’on en fait pas un évangile c’est comme pisser dans le vent! Et je veux quatre évangiles, dont trois appocrifes, l’évangile selon Mjack me parait être une probable auto-fiction christique, ce qui est déjà assez intéressant, les lettres d’Amygdale aux Martiens II et l’apocalypse de Mysterious sont deux livre dogmatique que je m’apprête a baffoué à la minute de leur parution. Mais bordel que s’est-il vraiment passé à Québec? N’était-ce que des hommes, est-ce que vous avez dû enlever la poussière de vos « scandales » en quitant le village? ou encore était-ce l’Isra-Hell tant attendu?

Drette-icitte

Et le site d’une compagnie qui en fabrique:

Ne pas consulter au boulot

Cette semaine ça a été la première bordée de neige et on a eu droit à la totale. Presque trois jours de précipitations, dont au moins 24 heures intenses. Moi qui voulait faire l’hiver en vélo, j’ai dû me rendre à l’évidence: c’est une utopie.

J’ai reçu sur Face de bouc une invitation à une bagarre de boules de neige au parc Lafontaine, que j’ai déclinée parce la neige n’était pas tapante. Quand la neige est pas tapante, la boule reste formée jusqu’à ce que ton bras soit en complète extension, puis dès qu’elle quitte la main, elle se désagrège en poussière, en poudre aux yeux, et ça fait des guerres de moumounes.

Mais, pour bien marquer que j’avais quand même gardé mon coeur d’enfant magique, j’ai dit dans ma réponse que j’allais rester chez moi faire un fort. Je vous épargne le récit de l’escalade de propos incendiaires qui s’en est suivi; toujours est-il que je l’ai fait ce fort, avec mon bac de récu, puis j’ai demandé à Zepoulpe de le prendre en photo avec son téléphone portable. Comme toutes ces «photos ordinaires non-appropriées» ont malgré tout, dans mon coeur, un statut artistique, mais surtout qu’elles relatent une action que j’estime – à bon droit me semble-t-il – franchement stupide, j’ai pensé vous en soumettre une petite.

Ensemble de chaises a jardin, 28/11/2007 [Laboratoire de Métaphysique Expérimentale]

« Elle est morte je ne sais plus trop quand, mais elle est morte. À quoi bon vouloir encore penser à elle ? L’homme-arbre (Dede) est plus sexy avec son papillomavirus et son désordre génétique. Est-ce qu’il s’est reproduit ? Qui veut parier que c’est une fille ? Elle incarnerait un bel avenir pour la jeune fille, non ? La fille-arbre. Elle serait couverte de condylomes comme des fruits prêts à fendre pour laisser couler la sève sucrée (l’amour ; parce qu’elle ne serait qu’amour – le barbu avec son papa tout puissant ça ne marche pas pour moi comme métaphore de l’Amour (j’ai eu une enfance difficile vous savez (genre misère des riches – mais quand même ! j’ai eu la Mort pour coloc quand j’ai quitté mes parents))). »

Elle était déjà ailleurs et elle se réinventait dans un quelconque laboratoire de Métaphysique expérimentale en périphérie du tout petit «Tout» où les petits «b» (bourgeois) entrent en communion permanente avec ce que nous nommerons temporairement, par manque de recherches sur le sujet, le Grand Züll.

C’est Mysterious qui m’a fait part des statistiques voulant que, contrairement à la croyance, les couples se forment davantage à l’automne qu’au printemps, et qu’à toute autre saison par ailleurs. Des données à comparer avec l’incidence de suicide, qui est supérieure au printemps qu’en automne, à l’encontre de nos intuitions sur la depression saisonnière. Éros et Thanatos habitent chacun le domaine de l’autre.

Je pensais à cela cette semaine, parce que j’ai remarqué que les filles me regardent avec davantage d’insistance, mais pour une raison qui m’échappe complètement. En fait, j’ai été particulièrement moche ces derniers temps, avec mon bouton dans le front et le manque de sommeil. Alors pourquoi cette passion soudaine ? Mon hypothèse est la suivante : l’automne, à l’heure où les journées raccoucissent, les femmes ont davantage la frousse de sortir, et elles cherchent quelqu’un pour les accompagner. Les couples ainsi formés se fondent sur une commodité de sécurité saisonnière.

Mais l’automne est peut-être aussi la saison où les nuits s’allongent…

Qu’en dites-vous ?

Merci Wikipedia pour ton éclairage sur la nature de la fatwa, qui contrairement à ce que je croyais, ne se doit pas d’être obligatoirement prononcée à l’oral:

Comme il n’existe pas de clergé dans l’Islam sunnite, il n’y a pas de règle unanimement acceptée pour déterminer qui peut émettre une fatwa ; certains savants musulman se plaignent que trop de gens se considèrent comme qualifiés pour en émettre.

(…)

Dans les pays où la loi islamique n’est pas la base du droit national, les fatwas contradictoires coexistent. Les croyants suivent alors celles qui ont été émises par un membre de la même tradition qu’eux-mêmes. Ainsi, un sunnite suivra rarement une fatwa émise par un religieux chiite.

À la lumière de ces difficultés qui entourent les FATAWA (ca c’est le pluriel), on peut en conclure que la FATWA du FAS serait une entreprise plutôt complexe, c’est pourquoi j’ai pensé à la base inclure les FATAWA fasiennes dans le LABORATOIRE DE MÉTAPHYSIQUE EXPÉRIMENTALE.

Mais le Mysterious a évoqué l’importance de l’ironie lorsqu’il est question de FATWA, ce qui ne risque pas de protéger le FAS contre une éventuelle FATWA islamique, mais qui a le mérite d’empêcher les poursuites en libelle, un problème déjà reglé par l’avatar OpenSource (ben voyons, j’ai jamais écrit ca, ca doit dêtre un bot!).

Conclusion: oui! à la FATWA du FAS, mais dissimulons-les sous un autre nom, juste pour être kosher.
J’ai pensé, à l’instar des muftis,m’inspirer de la littérature fasienne: Fatwa fasienne = OCTBL

Un nom assez prometteur pour se voir attribuer plus d’une signification.

“Le prochain octbl dans un octbl”

Pour pouvoir répondre à cette question, il faut tout d’abord se familiariser avec la composition de la poudre à canon. Aussi, pour fabriquer de la poudre à canon, vous aurez besoin de :

1) Six (6) parties de salpêtre (Nitrate de potassium – KNO3), trouvé sur les vieux murs humides de la maison de campagne;

2) Une (1) partie de souffre (S), trouvé sur des alumettes dans la maison de campagne;

3) Une (1) partie de charbon de bois, trouvé dans les cendres du foyer de la maison de campagne;

4) Vous mélangez le tout, puis vous testez le potentiel de combustion, pour voir si ça marche;

5) Vous mourrez, brûlé vif.

La question qui nous occupera et qui servira d’hypothèse à cette analyse est la suivante:

Si le mélange des ingrédients permet de fabriquer de la poudre à canon, et si vous pouvez vous procurer tous ces ingrédients dans une maison de campagne, et vous mourrez en l’utilisant, doit-on oui ou non interdire les maisons de campagnes de manière définitive?

Pour pouvoir répondre à cette question, il faut tout d’abord se familiariser avec la composition de la poudre à canon. Aussi, pour fabriquer de la poudre à canon, vous aurez besoin de :

1) Six (6) parties de salpêtre (Nitrate de potassium – KNO3), trouvé sur les vieux murs humides de la maison de campagne;

2) Une (1) partie de souffre (S), trouvé sur des alumettes dans la maison de campagne;

3) Une (1) partie de charbon de bois, trouvé dans les cendres du foyer de la maison de campagne;

4) Vous mélangez le tout, puis vous testez le potentiel de combustion, pour voir si ça marche;

5) Vous mourrez, brûlé vif.

La question qui nous occupera et qui servira d’hypothèse à cette analyse est la suivante:

Si le mélange des ingrédients permet de fabriquer de la poudre à canon, et si vous pouvez vous procurer tous ces ingrédients dans une maison de campagne, et vous mourrez en l’utilisant, doit-on oui ou non interdire les maisons de campagnes de manière définitive?

Extrait des Mémoires de moi-même par Julia Kristeva

Tome XIV, Chapitre XXVII

(…) L’avion toucha le sol, et les imbéciles applaudirent. Je me surpris à me demander s’ils applaudissent aussi lorsque le dentiste leur arrache une dent? Ou lorsque les sappeurs éteignent un feu? Ou lorsqu’un flic leur colle une contredanse?

L’air à l’extérieur de l’appareil pénétrait par les portes béantes, comme le souffle d’un beau ténébreux aux muscles en saillie qui murmure à votre oreille que vous êtes la plus belle femme du monde qu’il ait vue aujourd’hui. Déjà, les palmiers se pâmaient de me voir arriver dans ce pays où le rêve socialiste pouvait se vanter d’avoir confronté les sceptiques. Après la douane – où, à ma demande, on me fouilla à nue – on nous mis dans un autobus climatisé pour nous conduire à l’hôtel. Un homme à la peau basanée – un esclave peut-être? ou tout au moins un membre du petit personnel – nous informa des magnifiques avantages de notre forfait, ainsi que de la manière appropriée de commander un pina colada avec l’accent local. “Ouna pignia colada por favorrrr !” Il nous rappela en patois tropical que dans nos lointaines contrées, il faisait “frette en tabarnouche” et entrepris de nous faire rire. C’était d’un pathétique touchant. Sollers et son humour distingué (comme lorsqu’il imite le Yorkshire de la voisine pendant des heures) me manquait déjà.

Et c’est là que nous arrivâmes… L’hôtel, ou le “rizorte”, était magnifique dans l’obscurité : vaste et obsédant, avec de grands arbres inconnus qui battaient au vent. L’océan se tenait tapi dans l’ombre, comme un père absent prêt à punir sa petite fille qui découvre avec effarement ce que le maoïsme peut faire pour elle et pour sa sexualité naissante. Au comptoir, on nous attacha un bracelet coloré, insigne humiliant qui nous permettait de commander du rhum et des nourritures barbares. Un autre esclave me conduisit à ma chambre, laquelle on avait eu la drôle d’idée de peindre aux couleurs de la Grèce : bleu et blanc dans le sens de la longueur. Une minuscule grenouille m’attendait là, immobile, sur le plancher de céramique. Je la baptisai aussitôt 席语录 (Zhǔxí Yǔlù) – Petit Livre Rouge. Je l’attrapai de ma main preste et je la donnai au jeune homme qui venait de déposer mes valises et qui me tendait la main en souriant.

Il cessa de sourire et je refermai la porte sur sa déconfiture.

Le lendemain matin, après une nuit solitaire quoique fumante, j’entrepris d’aller voir la mer. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’elle était là, sous ma fenêtre, à quelque mètres de ma chambre, rutilante et ondoyante, comme seule une mer socialiste peut l’être. Tout près, un bar avec un autre membre du petit personnel. Je lui demandai combien coûtait un café. Il me répondit

- It’s all inclusive!

- You miiiine, haille coude ordeur anézing haille ouante?

- Sure, it’s all inclusive!

Je réfléchis quelques secondes. Une idée diabolique germa alors dans mon esprit. Ce fut comme la fin d’un concerto d’orgue dans une église : un pur délice. Je me sentis revivre, métamorphosée. Une idée révolutionnaire, au premier sens du terme. Je savais comment permettre à ce pays socialiste de devenir la plus grande puisssance économique du monde ! Comme je pouvais commander des drinques à l’infini, j’allais pouvoir contribuer d’une manière infinie au PIB de cette perle des Antilles (ou plutôt de cette deuxième perle des Antilles, la première étant bien sûr Paris) : je n’avais qu’à commander sans discontinuer des milliers voire des millions de drinques et ainsi favoriser la culture de la cane à sucre et l’embauche de centaines de travailleurs et travailleuses employés à me servir ! D’ici quelques temps, l’économie roulerait sur l’or et les puissances capitalistes n’auraient qu’à bien se tenir !

Aussitôt dit, aussitôt fait ! Je commandai 30 verres de rhum pur. Le barman, après un moment d’hésitation, obéit en murmurant quelques mots en langage tropical. Probablement des félicitations pour ma trouvaille. Armée de mon plateau bien garni, je m’assis sur la plage et je me mis à penser à Philippe Sollers que j’avais dû faire garder par la voisine pendant mon absence.

Après une gorgée du délicieux breuvage, Sollers me manquait.

Après un verre, je pensais à son pelage.

Après deux verres, j’espérais qu’il pense à moi.

Après trois verres, son existence me paraissait absurde.

Après cinq verres, je parlais lettres attachées.

Après six, je dansais nue avec un homme musclé qui me tenait fermement en me plottant.

(…) Le lendemain matin, j’entrepris de corriger le tir. Mon plan avait une faille… Jamais je n’arriverais à consommer les millions de coquetèles nécessaires à l’envahissement des États-Unis par l’armée socialiste venue des Caraïbes… Il me fallait trouver une astuce… Je mis les trois hommes hors de ma chambre, me délaissai de mon harnais et des accessoires, descendis ma jupe et me rendis au bar de la plage où je commandai de nouveau 30 verres de rhum pur. Le barman – un nouveau – me regarda ébahi et soupira lui aussi en langage tropical. Au lieu de tout boire, je versai diaboliquement le contenu des verres dans une plante qui se mit aussitôt à tituber. Je retournai au bar, la mine déconfite, recommander 30 verres de rhum pur.

Le barman – le même – me demanda si j’avais tout bu? Je lui répondis dans mon meilleur anglais :

- Cheurre ! Ken haille havre maurrre?

- Si signora, no problema ! répondit-il, sincèrement admiratif.

De nouveau je renversai les 30 verres dans la plante qui se mit aussitôt à vomir son 4 heures. Ça marchait ! Mon plan allait permettre de bouleverser la planète, de rendre palpable le rêve du Tché, de revaloriser la lutte des classes. Ahhhh…. si seulement Sollers n’avait pas besoin d’un toilettage quotidien…. Il serait si fier de moi ! Moi, sacrifiant les plantes pour le bien des hommes, est-ce qu’on me donnera le prix Nobel de la Paix ?

(…) tout de même après plusieurs jours de détention. On me libéra en me faisant promettre de ne plus m’approcher d’une bouteille de rhum et de la flore indigène. Mais comment aurais-je pu savoir que je détruisais des canes à sucre, moi?

Je suis une intellectuelle de grande gauche, pas une potagère ! Non mais !