à la relecture du horla, pas lu depuis mon adolescence, j’éprouve non plus un simple sentiment de terreur, mais un agréable sentiment de complicité et de soulagement. les premières 20 pages me parlent directement, elles font allusion à ces moments où sans raisons concrètes l’angoisse monte en flèche dès le coucher du soleil, moments nocturnes où les comportements irrationnels et les terreurs enfantines me piochent la tête. cette angoisse, la même qui, lorsque je m’éveille couvert de sueur, me fait allumer une veilleuse dans la cuisine et la salle de bain, me tient en éveil jusqu’à l’aube en me torturant l’esprit avec mes problèmes, mes doutes, mes échecs. l’individu néfaste, se faire égorger ou étouffer, se faire observer, juger, triturer comme des doigts sales sur un bouton d’acné. j’y pensais aujourd’hui, assis dans mon bureau cloisonné, en tapotant le clavier d’ordi. ce bureau sordide, de ville d’anjou, où sur le boulevard Louis-Hippolyte Lafontaine je suis payé temporairement un prix surévalué à saisir des données assez inhabituelles. nouveau prix circulaire en vigueur le premier février: cerveaux bleus en jujube, 4.95$ le paquet…
Quelle belle découverte que le FAS…
Lors d’un entrevue par Skype pour travailler à l’auberge du bout du monde de l’anse saint jean on m’a demandé : « 11 sept, complot ? ». Je leur ai répondu que pour moi c’était principalement le CELS’s Day ! o,O Du coup il a fallu que je leur explique ce qu’était le CELS…
Je suis français et ai travaillé 5 ans dans l’éducation nationale en tant que surveillant. Avec mes collègues et amis du lundi soir nous avions pris l’habitude de nous laisser aller à la folie douce qui nous habitait (et nous habite toujours) une fois les élèves couchés… le tout pour combattre la sinistrose sociétale par l’absurdité volutionnaire (Cf Alain Damasio dans « la zone du dehors ») . Le Club des Enculés du Lundi Soir (CELS) était né ! Nous nous sommes doté d’un « logo » : le fucking golden nain de jardin et allions de l’avant. Nous ne sommes plus collègues aujourd’hui mais plus que jamais amis, et le CELS vit toujours ! Lors du mariage de l’un des membre bien membré en juillet nous lui avons bien entendu offert un exemplaire du « golden fucking nain de jardin » et nous nous somme décidés à créer un CELS’s Day, anniversaire de la connerie humaine… le 11 sept fut unanimement choisie ! Ceci expliquant cela.

Bref lorsque j’ai expliqué tout ça à È. et P. ils m’ont regardé bizarrement, m’ont dit qu’il fallait que je connaisse le FAS et m’ont engagé !!!
Plusieurs mois que je vis avec eux et que ma lecture sur les toilettes sont vos livres… normal pour des annales !
Le FAS et le CELS sont bien cousins et en tant que membre du CELS je me permet de vous écrire pour que le CELS se joigne au FAS pour lutter pour un quotidien délirant !!!
Au plaisir de lutter à vos cotés
Louis PasPire
Il va de soi du reste que « fantômes », « liens », « être suprême », « concept », « scrupules » ne sont que l’expression mentale idéaliste, la représentation apparente de l’individu isolé, la représentation de chaînes et de limites très empiriques à l’intérieur desquelles se meut le mode de production de la vie et le mode d’échanges qu’il implique.
- Karl Marx, L’Idéologie allemande
De Montréal à Ogoki
Une suite de bévues commises par nonchalance entraînèrent mon congédiement du musée où j’étais employé comme gardien. Nous étions en avril et la perspective de passer l’été prisonnier d’une ville humide et bruyante, dans un endroit somme toute ennuyeux, ne m’enchantait guère. Étudiant blasé et perclus, il me fallait du grand air. Je me décidai donc à offrir mes services comme reboiseur en Ontario. Un seul courriel suffit à me faire embaucher.
Tandis qu’à Montréal les arbres avaient revêtu leur feuillage vert tendre et que les déchets, libérés de l’emprise de la neige, virevoltaient librement dans l’air chaud, je préparais mes valises pour m’exiler vers des latitudes plus nordiques, où les lacs étaient encore gelés. J’apportai, en tout, un grand sac à dos et une poche de hockey remplis de ce que je m’imaginais nécessaire à la vie dans un bush camp : un matelas, une vingtaine de paires de bas de rechange, de vieux sous-vêtements, trois paires de pantalons de travail Big Bill, des chemises à carreaux et des articles pour la toilette. Il s’y trouvait également tout l’attirail du planteur, soit les bottes, une gourde en plastique surdimensionnée, un casque et des gants de jardinier. Enfin, l’outil essentiel, la pelle au manche court et à la lame étroite, affûtée et dûment identifiée à l’aide de bandes de duct tape de couleur.
Un bush camp, donc, c’est-à-dire un camp loin, très loin de toute civilisation. L’autobus qui sillonne le nord l’Ontario vous emmène généralement jusqu’à Thunder Bay, mais cette année-là, le jour prévu de mon départ, il s’arrêterait à Hearst. Il me faudrait donc me rendre de mes propres moyens à Longlac, où devaient nous prendre les foremans en camionnettes vers 17h le jeudi, pour nous amener jusqu’au camp par la Ogoki road. Je voulais à tout prix éviter de prendre le train, qui est la plus calamiteuse des limaces en termes de moyen de transport. Comme Longlac se trouve à 200 km à l’ouest de Hearst sur la Transcanadienne, j’estimai que j’aurais tout le temps d’arriver à mon rendez-vous sur le pouce.
Cette estimation devait s’avérer erronée. Flanqué de mes deux gros sacs, je passai toute la journée sous un crachin glacial à attendre au bord de la route, à Hearst. Un entrepreneur, qui faisait la navette entre les deux villes, me prit enfin, au moment où le soleil déclinait sur l’autoroute. J’arrivai à Longlac vers 19h, et bien sûr, tout le monde était parti. À l’hôtel, je téléphonai immédiatement aux bureaux de la compagnie. On me confirma que tous les planteurs étaient en direction du camp et qu’il me faudrait attendre le lendemain qu’une autre camionnette soit envoyée.
J’attendis trois jours. Je dus changer de ville et me rendre à Geraldton. Mes deux nuits passées là, au Golden Nugget, me coûtèrent presque toutes mes économies. Au troisième jour, vers midi, après être revenu de la bibliothèque municipale, je vis un autobus faire irruption dans la cour de l’hôtel. Celle qu’on avait envoyé me chercher était la surveillante de la qualité pour la compagnie de reboisement. Elle s’appelait Karine. C’était une grande fille blonde, mince, à la forte ossature. Un peu timide, mais dévouée à son travail, elle avait déjà été planteuse. Elle savait ce qu’était le treeplanting et elle serait compréhensive envers nous, pensai-je. Encore une conjecture qui serait réfutée.
Je m’efforçai de sympathiser de mon mieux avec elle de mon anglais rouillé, schématique et un peu bègue. Elle m’expliqua qu’elle devait passer par l’aéroport de Nakina avant de revenir au camp. Elle allait chercher une équipe d’Ojibwés Eabametoong qui avait pris l’avion de Fort Hope. À sa façon de me regarder, je sentais que cette mission ne l’enthousiasmait pas outre mesure . Une fois embarqué, il faudrait conduire cet équipage à une aubainerie, le seul commerce de Nakina ouvert le dimanche, afin qu’ils puissent se procurer le matériel nécessaire, impossible à dénicher à Fort Hope. Alors que j’avais pris trois jours pour faire mes préparatifs, eux durent tout faire en une heure. Le résultat fut qu’on chargea un amas d’objets divers en désordre dans l’autobus, et une bonne quantité de chips.
Nous avions pris du retard sur l’horaire. K recevait des appels et semblait stressée. Une fois de retour sur la route, je me mis à socialiser avec les Indians. Il y avait John, le plus âgé du groupe; Danny, qui avait une dizaine d’années d’expérience comme planteur et se trouvait à ce titre le plus expérimenté. Il y avait aussi Mark, qui avait acheté une ligne à pêche bon marché et qui essayait de l’assembler. Les gars buvaient et mangeaient des chips dans le bus en s’envoyant des blagues et des regards chargés de sous-entendus. Puis, on se mit à se passer le calumet de la paix. À un moment, John me fit signe vers l’arrière, en portant à mon attention l’un de leurs camarades, qui avait l’air dans un état second, pour ne pas dire tierce. Je demandai à John la raison de son apparente stupeur et celui-ci se retourna vers les autres, qui s’esclaffèrent tous de rire. J’avais affaire au junkie du groupe, un certain Mike. Mike, avec sa moustache et sa beaver cut, ses yeux jaunâtres striés de veinules, passait instantanément d’un état de béatitude à une attitude de méfiance, redressé sur son banc. Puis, il retombait dans ses songes psychédéliques… (à suivre)
- Ding-dong! [La porte s'ouvre] Bonjour madame, vous allez bien?
- Bien je vais, Fabien
- N’ayez crainte, brève sera mon incursion en votre domicile
Un grand chapeau j’ai, mais sous ma redingote, point de missile
- … D’une telle pensée, j’avoue que j’étais loin
- Je suis représentant des Huskies de Rouyn
- Oui, cela se voit à votre écharpe, certes
- Vous savez que l’aréna sera bientôt ouverte?
- Je ne suis pas sans en être avisée
Puisque depuis ma fenêtre j’ai supervisé
Depuis un an le chantier et le vacarme…
- Eh bien le 24 enfin, elle déploiera ses charmes
Aux fans dont j’assume que vous faites partie
Et si je me trouve devant votre portique aujourd’hui
C’est pour que, comme tous vos voisins, sans hésiter
Vous bénéficiez…
- Mais c’est mon chum qu’il faut consulter
- Parfait! Je vous montre si fait de quoi il s’agit
On verra bien ce qu’on en dit
Voyez ici, 5 fois des 2 pour 1 sur les entrées
Ça fait d’emblée $75 d’économies
Voilà qui couvre déjà le prix du forfait
Et vous permet d’inviter vos amis
- Mais c’est plus mon chum qui est fan…
- Il n’y a pas de « chum » qui tienne, madame
De l’autre côté de la carte, les rabais pour le resto
Ne me dites pas que dans cette ville de pauvres
Vous n’aimez pas de temps en temps le repos
Qu’au retour de la mine votre chum dans l’alcôve
Ne mérite pas une sortie et un 2 pour 1 sur la bière
- Mais justement, de son patron il reçoit des billets gratuits
Et vos arguments ne m’émeuvent pas plus qu’une pierre
- Mais c’est parfait! Faites-en présent à Noël puis
Envoyez vos parents dans la chambre d’hôtel que voici
Où ils pourront dormir deux nuits pour le prix d’une
- Mais « 2 pour 1 », vous semblez n’avoir que cela en tête
- C’est vous qui, avec votre pierre, de faire deux coups d’une
M’avez suggéré l’idée. Comme je n’y suis pas pour la quête
Dites-moi à quel nom je dois inscrire le forfait
Nous prenons comptant, chèques, débit et crédit
Et je vous laisse mes coordonnées, ainsi
Si dans votre entourage il s’en trouve des jaloux
Qu’ils m’appellent et je soulagerai leur courroux
J e m’en veux d’avoir négligé de porter ce sac ventral pour des considérations esthétiques. Un pickpocket m’a eu au moment où je me disais « avec ce bras en l’air pour te tenir dans le métro, tu es une proie facile. » Les 15 secondes d’ouverture des portes n’ont pas suffi à me faire prendre conscience de l’affaire, et j’ai quitté la station tout nu, sans mes cartes, sans mon argent. Et puis je suis comme par hasard sorti à la station Kropotkine, près de l’ambassade canadienne, où je suis allé mourir. L’ambassadrice est une femme très occupée, mais également très attentionnée. Elle m’a laissé son numéro de cell; devrais-je la rappeler? Il me semble qu’il faudrait que les relations russo-canadiennes se réchauffent; comment lui faire comprendre? Et puis j’ai rencontré mon ami sibérien D*, un vrai de vrai raciste, machiste, avec cette déformation du nez qui lui interdit de ne jamais montrer autre chose que son derrière dans les photos. Il est insupportable, mais j’assure la note. Et le lendemain, ma chère L*, qui a de belles jambes et une verrue sur le menton, ce qui lui donne le droit de me donner un bracelet en cordon de coton rouge, noué sept fois, pour me protéger. Me protéger de tout, moi qui suis vraiment inapte au voyage. Et si jamais vous vous retrouvez seul avec deux gros types poilus de connivence dans une ruelle, remerciez le hasard (ou la nécessité) de vous avoir donné trois mois de planting et des muscles pour vous sortir de l’imbroglio.
Par contre, l’hôtel est sympa, la cour arrière donne sur une jolie basilique qui met tout plein de turquoise dans ma ville.
L’autre jour, j’étais dans une maison des Laurentides qui a ceci de déprimant qu’il faut parfois la quitter pour aller ailleurs.
Je ne crois pas au paradis, mais si j’avais à écrire une comédie musicale (genre la nouvelle version des Filles de Caleb dont j’ai commandé des billets pour – wait for it – absolument jamais), je choisirais ce set-up parce que c’est juste cute. Il y a des cèdres et des pins et des bourgeons et de la neige qui refuse de fondre et un marécage qui suinte et sent mauvais et un arbre bossu et une branche cassée que j’aime bien.
Parfaitement satisfait, assis sur une chaise de bois et baignant dans un soleil printannier jaune tirant sur le gris, je lisais le magazine American Scientist – ce qui en dit juste assez sur mon passé de nerd. Je parcourais mollement un article portant sur des serpents à tentacules qui attrapent leurs proies en les piégeant solide, un dossier faisant état des nouvelles découvertes en mathématiques sur la limite de Planck (je n’en pouvais plus d’attendre) et un papier sur le dégèlement de quelque chose d’important dû au méthane. Tout cela était bel et bon.
Mais soudain – au moment où je me demandais si le monde était vraiment aussi beau ou si c’était juste une question de lunettes de soleil – une voiture se pointe.
Il faut comprendre que la maison est située au bout d’un cul-de-sac qui est rarement emprunté et donc la survenance d’un véhicule non-désiré était bizarre. La voiture était sobre, peut-être louée. En descend un homme de petite taille, trapu jusqu’aux mollets et habillé somme toute assez casual pour un témoin de Jéhovah. Car, oui, j’avais devant moi le premier et peut-être le dernier TDJ à s’aventurer dans ce nid de païens qu’est le rang Brière.
Avais-je mentionné que j’étais superbement ivre? Ben quoi!? Avec cette superbe bouteille de Barollo à 26 piasses que je m’étais payée, j’allais faire quoi : attendre de la compagnie qui viendrait me la piquer par ce beau matin d’avril? Je ne pense pas non.
Le TDJ, tout sourir, le regard plein de certitudes bien classées s’approche et dit :
- Oulalalala, c’est un beau spot que vous avez là!
- Mets-en ! En plus ce qui a de bien, c’est que la plupart du temps personne ne vient nous déranger.
- Je ne vous dérangerai pas longtemps, c’est juste qu’il y a une promotion.
- Une promotion? dis-je espérant idiotement que ce soit une promotion sur des verres à vin (je venais d’en casser un). Une promotion sur quoi, la vie éternelle? Les transfusions non-utilisées?
- Je vois que j’ai affaire : à quelqu’un qui a l’esprit pratique.
Tout en parlant, il s’était approché à environ 45 pieds de l’endroit où je me trouvais. Je lui laissais jusqu’à 25 pieds avant d’intervenir physiquement. Peu importe l’équipement sportif à utiliser.
- Faut vraiment qu’on se parle, a-t-il continué.
- M’étonnerais.
- Non, non, faut vraiment qu’on se parle. Qu’est-ce que vous pensez qu’il arrive après la mort?
- La mienne ou la vôtre?
- La mienne, la vôtre, la nôtre à tous…. hahaha !
- Quelqu’un te trouve, appelle quelqu’un d’autre qui appelle ta famille, les gens sont tristes et écrivent des mots tristes comme : (, on doit signer des papiers et payer des dollars et, finalement, quelqu’un est pogné pour aller retourner tes vides?
- Euh… Oui, mais après, qu’est-ce qui se passe?
- Le hockey recommence?
Le TDJ commençait à voir à mon attitude que j’étais non seulement une cause perdue, une âme en peine, une brebis égarée, etc., mais que mon non-verbal pouvait lui câlisser une volée à tout moment. Il reculait vers son auto.
- Écoutez, je peux vous laisser des pamphlets et repasser parce qu’il faut vraiment qu’on se parle !
Avant que je puisse répondre – « non » ou « fuck off » ou quelque chose du genre – je comprends que mon TDJ est accompagné de trois autres adeptes qui se sont répartis les maisons du rang et qui reviennent – j’imagine bredouilles – vers l’auto. Le problème – ou plutôt leur problème – c’est que, rendu au cul-de-sac, le chemin fait une brève et abrupte montée qui, en ce dégel printannier, s’était changée en une rigolote rigole de bouette. Les trois autres TDJs luttaient et patinaient dans la bouetterie dans leurs beaux habits, spectacle plus agréable encore que quelqu’un qui finit d’utiliser une perceuse.
Des souliers propres sont devenus sales et ce qui pouvait arriver – je l’espérais du fond du coeur - arriva : deux d’entres eux perdirent pied et glissèrent dans le rang de boue froide et collante vers le bas de la côte. Je ne sais pas s’ils avaient répété ou quelque chose, mais la chorégraphie était parfaite : l’un perd l’équilibre et tente de s’accrocher à l’autre qui perd l’équilibre et s’affale. On aurait dit du Dave St-Pierre mais avec vachement moins de pathos.
Voyant cela, mon TDJ, celui qui était au sec, près de l’auto, regarda la scène un instant, puis, à mon grand étonnement, se retourna vers moi qui riais, sortit nonchalamment une clope de la poche intérieure de veston (ils ont le droit de fumer?), l’alluma avec ce qui me sembla être un briquet à BBQ, puis, parfaitement imperméable aux appels à l’aide de ces accolytes, souffla la fumée en petits ronds, me sourit avec complicité et me dit :
- Ouain, c’est vraiment un beau spot que vous avez là. Je suis content d’être venu.
Sérieux, il a failli accepter le verre de Barollo que je lui proposais.
J’aurais dû y penser deux fois avant de parler d’aventure. Dans mon wagon, une famille noire sortie tout droit d’un sitcom américain fait tout un boucan depuis le début du trajet. La mère a l’air vraiment trash et n’arrête pas de faire shush à ses cinq enfants pour qu’ils la ferment. Elle doit avoir à peu près vingt-cinq ans. Le père, je ne l’ai pas vu, mais tout ce qu’il semble capable de dire c’est sit down pis shut up. À la tombée de la nuit, les enfants s’endorment enfin et je crois avoir trouvé une position confortable pour dormir. Il faut dire que les bancs sont assez spacieux et qu’il n’y a personne à côté de moi. Le train s’arrête. Je n’arrive pas à m’endormir. Il y a un Québécois et une Anglaise dans le wagon qui sont pas mal sur le party et qui essaient de communiquer entre eux malgré leur unilinguisme. Ils parlent fort. Le Québécois est visiblement saoul et empêche tout le monde de dormir. Comme j’ai rabattu la visière et descendu les cache-oreilles de mon chapeau de poil pour m’aider à dormir, j’entends tout ce théâtre en sourdine. J’entends quelqu’un dire que le moteur est étouffé. Une Acadienne demande poliment au gars de baisser le ton. Le ton monte. Il lui répond que si elle voulait avoir la paix, elle n’avait qu’à se payer une couchette. Il continue en disant à la vieille Anglo qu’on a qu’une seule vie et qu’elle est faite pour s’amuser. Les fumeurs commencent à s’énerver parce qu’ils n’ont pas le droit de sortir étant donné qu’on est arrêté au milieu de nulle part. Le contrôleur ajoute que c’est parce qu’il faut que tout le monde soit à bord au cas où le moteur se remettrait en marche. Ça me fait penser à la fois où j’ai été obligée de pisser dans une bouteille, au planting, parce qu’après avoir tripoté dans le moteur pendant deux heures avant de faire décoller la van — on avait eu le temps de boire une caisse de 24 —, le foreman refusait de s’arrêter avant d’arriver au camp. L’ivrogne continue à s’époumoner. Un Français finit par se lever et crie à tue-tête :
— Vas-tu fermer ta putain de gueule, connard? Si tu veux continuer à faire la fête, va-t’en au wagon-bar et arrête d’emmerder tout le monde!
La mère trash se met à hurler :
— I’ve got motherfucking kids here trying to sleep!
Les kids se réveillent et se remettent à chialer. Il est minuit et je pense que ça fait bien une heure qu’on est arrêtés. Là, je suis réveillée pour de bon. J’entends le Québécois menacer le Français qu’il est mieux de ne pas débarquer à la gare Centrale à Montréal sinon ça va barder. Ça fait au moins une deux heures que le train est arrêté. Je me rassois sur mon banc et fouille dans mon sac pour trouver mes lunettes. Il commence à y avoir vraiment de l’action et je veux voir de quoi ont l’air tous ces personnages. Le Français se lève pour aller se plaindre au personnel des menaces du gros chauve avec le pyjama rayé. Les fumeurs sont sur les nerfs et un Amérindien a l’air de prendre un malin plaisir à toute cette agitation. Quelqu’un s’exclame:
— Cigarette break!
Mais c’est une fausse alerte. C’est encore interdit de sortir. Les fumeurs sont au bord de l’agonie. L’Amérindien semble s’être donné pour mission de faire crisser l’emmerdeur dehors du train. Il s’excite :
— They’re making phone calls right now, they’re gonna call the police, he wanted to pick a fight with me, etc.
Les lumières du train s’allument et le train repart tranquillement. J’entends des voix soupirer « Thank God! ». Mais c’est encore une fausse alerte. Le train avance d’à peu près cent mètres et s’arrête à nouveau, à bout de souffle, juste devant une gare. Parmi les fumeurs scandalisés à l’unisson, il y a un vieux bonhomme à la moustache jaunâtre et la face plissée qui me fait penser à un personnage de Muñoz Sampayo. Lui, il a vraiment besoin d’une cigarette. Mais même si on est juste à côté de la gare, c’est toujours interdit de sortir. Le train repart encore une fois. Par la fenêtre, je vois le gros chauve dehors, en pyjama, avec son petit sac de voyage, s’obstiner avec le chef de gare.
***
Au matin, je me lève pour aller prendre un café au wagon-cantine. J’apprends qu’on va être au moins trois heures en retard et que pour compenser, le café est gratuit. Wow, quelle aubaine : 2 $ de sauvés pour compenser 3 heures de ma vie. L’Amérindien est là et je commence à jaser avec lui. Il porte des jeans un peu râpés et un kangourou bleu marin délavé. Il a laissé son manteau de cuir sur son banc, mais il a mis son beau chapeau noir style gangster des années 50. Il s’appelle Jackie. Il a peur de l’avion. C’est pour ça qu’il prend le train. Il arrive de Nouvelle-Écosse et s’en va à Toronto. Je lui donne au plus la quarantaine, avec un air juste un tout petit peu magané pour son âge. Je dois mettre ça sur le dos du fait qu’il est amérindien. Pourtant, il a l’air pas mal en forme. Dans un western, il jouerait probablement le chasseur expérimenté ou le futur chef du village.
Au fil de la conversation — il fallait s’en douter —, je mentionne que j’ai déjà travaillé comme planteuse d’arbres, et que je m’ennuie de travailler dehors. Et du temps que j’étais en super forme. Il répond qu’il est lui-même en super forme, à cause de son métier. Il me demande d’attendre deux minutes: il va chercher son iPhone et pour me montrer une photo. C’est la photo d’un bodybuilder, genre monsieur Univers. Je dis en riant:
— That’s not you!
Il fléchit l’avant bras pour contracter ses muscles et m’invite à toucher.
— All right, I beleive you.
Je dis ça juste pour éviter de lui tripoter les muscles.
— Go ahead, touch it!
Incrédule, je touche. C’est effectivement le muscle le plus dur sur lequel j’ai mis la main de toute ma vie. Il me dit qu’il travaille « as an overage model ».
— Overage model? What does that mean?
— How old do you think I am?
— I dunno. I’m not good with ages.
— Well, I’m 64.
— You’re kidding me. You’re not 64.
— Why would I lie? People lie under their age, not over.
— Well, show me you ID.
Au début, il refuse. Il dit que ça ne compte pas, qu’elles pourraient être fakes, mais j’insiste. J’ai besoin d’une preuve pour écrire cette histoire sur le FAS en toute honnêteté. Alors il sort son portefeuille et me montre deux cartes: certificat de naissance et permis de conduire. Authentique. Date de naissance: 1947. C’est pour ça que le gros chauve voulait se battre avec lui. Monsieur Univers lui avait montré sa photo et le gros chauve ne croyait pas que c’était lui. Alors il lui a demandé d’enlever son chandail pour le prouver. Monsieur Univers a dit que c’était 75$ pour enlever son chandail et ça a dégénéré. Prétextant que je m’en vais travailler, je retourne à mon siège pour écrire cet article.
***
Le train est arrivé 3h30 en retard. En tous cas, je vais avoir 50 % de rabais sur mon prochain voyage en train.
Cher ami,
Il y aura de ça bientôt trente-et-une années que nous nous somme vus, bien des choses se sont passées depuis.
La lecture du dernier article de Bébé Astronaute m’inspire des confessions. Je dois partir dans l’Ouest à la fin du mois d’avril pour planter des arbres. Partir mourir ailleurs au Canada. Et je pourrais me contenter de dire que j’ai la flemme d’y aller, comme on rechigne à l’approche de la mort, où on se met à imaginer un meilleur monde, où peut-être on pourrait planter dans la crème pour l’éternité. Mais à vrai dire, mon problème, c’est surtout que j’ai la chienne d’y aller. J’en ai rêvé cette nuit. C’était un contrat de treeplanting au Québec, par contre, avec des têtes connues de l’Ontario: M* et B* comme foremans. On commençait en plein été, il faisait chaud, on entendait les grillons, j’étais complètement désorganisé, mes sacs se perdaient dans une autre van, je me traînais les pieds, je ne voulais pas le faire.
Mais avoir peur de partir, ça c’est gênant. Si ça continue comme ça, d’ailleurs, j’aurai bu toutes mes économies avant d’avoir acheté l’équipement nécessaire. Alors quoi? Serais-je devenu vieux?
C’est ma dernière soirée à Moncton et comme j’ai pas mal fini le projet que je suis venue réaliser ici, je profite de ma soirée pour faire du ménage dans mon ordi. Un foutu fouillis selon mes standards. En tous cas, je suis tombée sur un document où j’avais copié-collé plein de vieux courriels écrits ou reçus entre 2004 et 2007. Je crois qu’à un moment donné, je m’étais mise à farfouiller au fond de ma boîte de réception et j’avais eu envie d’organiser tout ça pour écrire un livre. Aussitôt amorcé, le projet a avorté, je pense, au moment où j’ai eu honte en me souvenant d’une fois où, adolescente, j’étais rentrée aux petites heures du matin et que j’avais surpris mon père en train d’écrire son autobiographie. Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’avait terriblement gênée. En tous cas, j’ai relu le document en diagonale et finalement, c’était plutôt captivant. Sauf que ça m’a rappelé non sans mélancolie que ma vie avait déjà été vraiment palpitante et remplie d’aventures et que maintenant il ne m’arrive plus jamais rien digne de mention.
C’est pas pour être cruelle avec Amygdale, mais quand j’ai vu la pleine lune à son périgée hier, j’ai repensé à cette conversation que j’ai eue avec mon frère, un soir, sur son balcon:
Moi (romantique): Ah! ça me rassure quand je vois la pleine lune en ville. Ça me rappelle que la nature existe encore.
Lui (désabusé): Moi ça me rappelle à quel point ça fait longtemps que j’ai pas fourré.
Même si je m’efforce, depuis que je suis à Moncton, de dissimuler toute trace d’attitude métropocentriste – pour autant que j’en aie -, quelques secondes d’hésitation m’ont trahi quand une fille m’a demandé: « de quelle place que c’est qu’tu viens de? » On est loin du « j’te bet tu sais pas d’ousque chu from » franco-ontarien, mais quand même…
Vu sur le pannneau publicitaire d’une église à Moncton:
« The best vitamin for Christians is B! »
Quelqu’un peut m’expliquer?
Quand je l’ai finalement vu – avec cette ridicule région de la rétine qui imprime les choses situées en périphérie de l’action, comme les accidents de mobylettes impliquant des drag-queens ou les rebords de couchers de soleil – j’ai su que c’était vraiment un vendeur de chars.
Mais clairement façon nouvelle génération. The New and Improved Shit. La bédaine et la moustache? Gone. L’air fourreur et le regard crosseur? Vanished.
Il était mince, bronzé, en forme et, évidemment, hautement insupportable. Sa chemise entrouverte laissait deviner l’absence calculée de poils chestaires, de même qu’un très original collier de billes de bois. J’allais très vite apprendre, sans le demander, que cet homme vaguement chauve (mais qui s’assume), s’entraînait pour le Iron Man – c’est-à-dire un hobby de Forest Gumps sur le crack permettant d’avoir toujours une excuse sous la main pour expliquer ses courbatures et ses après-midi passés en short serrées à courir (nager, bécycler) vers nulle part.
Il avait le regard presque honnête et affichait les façons d’un père 2.0 – i.e. qui écoute avec ouverture les demandes de ses enfants avant de leur crisser une volée légale. Son prénom m’avait donné une idée de son âge – entre 45 et 55 ans – et ses bas remontés haut, de même que ses diplômes de masso-naturopathe acupuncteur/chiro/philothérapeute, m’avaient convaincu que j’avais affaire ici à quelqu’un qui pensait avoir de la personalité.
Ç’a allait se révéler être terriblement pas le cas.
** Il est important de dire à ce stade que toute cette non-aventure se déroulait à Laval. Et pas dans cette belle partie où le métro n’a pas peur d’aller.
Les chars que Stéphane – ou plutôt Stéfane, comme si cela changeait quoi que soit – souhaitait vendre étaient disposés dans un endroit que l’on doit, parce qu’il n’y pas d’autre mot, qualifier de garage. Mais cet endroit, en tant que garage, était beaucoup trop petit pour les ambitions de son propriétaire. Ce qui faisait qu’il était rempli à rabord de chars à vendre – au moins 20 – stationnés dans un endroit qui aurait pu en contenir relaxe 6 ou 7. Un esprit adroit – genre Gary Kasparov ou Paul Auster – eût pu en parquer 10 ou 12, sans se forcer. D’autres plus maladroits – genre Mel Gibson ou Lindsay Lohan – auraient clairement pris soin de bien mélanger les couleurs.
Les 20 chars en questions se trouvaient tous dans une pièce vraiment trop propre pour un garage, à l’arrière d’un bureau vraiment trop sale pour un bureau. Chaque véhicule était situé à moins de 9 cm de son voisin, dans un configuration somme toute remarquable et presque belle mais, disons, loin d’être aérée. N’importe quel mathématicien ou rainmen (au pluriel) auraient tout de suite compris que ces voitures (de marques par ailleurs célèbres) étaient disposées dans l’unique et seule configuration possible dans l’espace disponible. En effet, pour rentrer plus de putains de chars dans un espace aussi restreint – sans évidemment les empiler les uns par dessus les autres, ce qui aurait été de la tricherie vraiment magnifique à voir – il aurait fallu penser en quatre ou cinq dimensions. Mais, pour Stéfane, le temps manquait pour réfléchir à tout ça et, de tout façon, il y avait du roulement.
Le potentiel d’amusement ne m’avait pas flaché à mon arrivée dans le garage gigantesquement petit, mais après un certain temps à regarder ces autos cordées comme si elles étaient des bas dans le tiroir d’un comptable, celui-ci me sauta au yeux et je dis :
- Celle-là, dis-je en pointant l’auto la plus près de la porte du bureau et donc la plus loin de la porte du garage située à l’autre bout complètement, on peut-tu l’essayer?
- Pas de problème, dit Stéfane en n’hésitant pas plus que 42 centièmes de seconde.
Il alla donc chercher un porte-clés (le genre fait pour les contrôler tous) et, à distance, ouvrit la porte du garage, au loin.
Ce qui s’en suivit fut simplement grandiose. Stéfane entreprit de sortir, l’une après l’autre, les 19 voitures qui bloquaient la voie de celle que nous voulions tester. De haut, ç’a aurait eu l’air d’un jeu pour iPod qui consiste à résoudre un casse-tête très simple. Mais dans les faits, il fallait sortir la première assez loin sur la rue (genre pas mal loin), revenir à la course chercher la 2e et ainsi de suite x 19. Cela lui prit 37 minutes (j’ai compté).
Comme il fallait s’y attendre (mais Stéfane ne s’y attendait pas), après que celle que nous voulions fut libre et à l’extérieur, je dis :
- Chérie, es-tu sûre de la couleur. Me semble que ça ne nous ressemble pas. Qu’en penses-tu?
- Ouain, c’est un peu trop beige pour nous.
- Et les autres?
- Bien trop chères.
- En tous cas, merci Stéfane pour ton temps. On reste en contact.
Bref, on a adoré Laval.
Aujourd’hui, j’étais tellement déprimée à propos de l’art que j’ai souhaité subir une lobotomie qui m’enlèverait toute envie d’en faire. Comme ça je pourrais enfin passer mes temps libres à travailler pour de l’argent et me sortir de cette vie misérable.
Plus tard, en lisant les chroniques africaines de Poufiasse, je me suis dit que si la vie me semblait si médiocre, c’est peut-être que depuis belle lurette, rien n’avait été publié sur le FAS pour mettre un peu de délire dans mon quotidien. Je me suis souvenue que d’écrire sur le FAS me libérait des textes de démarche artistique alambiqués que je rédige d’ordinaire, donc voici:
Fidèle à mon habitude (ou à ma maladie mentale), j’ai entrepris un nouveau projet sisyphien. Charmée par la poésie de certains noms de lieux, j’ai décidé de numériser les pages de mon atlas toponymique et d’y effacer systématiquement tous les noms de lieux, sauf ceux dont le sens frappe mon imagination: des concepts flous qui semblent avoir trouvé, entre les pages d’un atlas, leur position géographique exacte – Bout-du-Monde, Déception, Misère, ou encore L’Avenir, L’Espérance ou La Guerre.
Le problème c’est que ça prend un temps fou à effacer et qu’à force de passer mon temps là-dessus, j’ai peur d’être en train développer un trouble obsessionnel complusif. Déjà, je me suis surprise quelques fois en train d’effacer mentalement les défauts sur un plancher ou pire, la tête des gens avec qui je parlais. Et en plus de devenir folle, je dois me taper des commentaires du genre: ah! si t’étais prof d’université, tu pourrais te payer un assistant de recherche pour faire ça à ta place – ce qui n’est pas pour m’encourager.
Alors l’autre jour, à l’atelier, quand j’ai expliqué mon projet à J*D*, elle m’a fait une confidence: quand elle était plus jeune, elle rêvait de faire une fugue pour aller vivre à Val-Paradis. Quel romantisme! Moi qui ne suis pas allée plus loin que de m’imaginer vivre à Contrecoeur.
Hier, j’ai mis fin à quatre mois d’errance en déménageant enfin dans l’appartement que B* m’a cédé. On en a aussi profité pour déménager Mjack – qui vient de se séparer de Spirit – dans un ancien crack house. Un vrai appart de punk. Parfait pour boire de la vodka à en repeinturer les murs de vomissure ; parfait aussi pour ramener des filles en art à la maison. En plus, cet appart, c’est aussi l’atelier des gars de WAW, ce qui devrait plaire aux filles en art. Enfin bref, après le déménagement, on se rejoint quelques-uns dans mon nouvel appart pour boire des coups et puis bouffer entre les boîtes. C’est encore l’après-midi, mais le plan est clair : on va se torcher la face. On attaque aux vodkas pickles, puis pastis, bière, vin, pastis… Il y a B* qui parle taoïsme et adolescence punk à Monaco. Il y a L*L* qui m’offre une BD avec des filles à poil dedans. Il y a Amygdale qui cherche ses clopes dans la poubelle. D’autres amis (C*, F*, A-C*, O*, T*) nous rejoignent bientôt. On commence à danser entre les boîtes. Amygdale dit : « On va chez moi : on va pouvoir mettre la musique plus fort, faire mieux la fête ». Là-bas, on danse, on roule par terre, on éclate un globe terrestre. Puis Amygdale – leader officiel de la soirée – dit : « Il y a une fête de satanistes ce soir, on y va ! » – qui ne peut être attiré par un concept aussi débile ? Ça se déroule dans un genre d’appart, tout près de l’ancienne gare de triage d’Outremont, dans une ancienne zone d’entrepôts et de manufactures, qui bien sûr se condoifie. Devant le party de satanistes, il y une école juive. Des gens saouls sont affalés sur ses marches et y fument des pétards. Le party de sataniste, en fait, c’est une sorte de party de hipsters. Les gens regardent le show de genre de noise grind, sans bouger, avec un sérieux déprimant, en ayant l’air de s’emmerder, mais Amygdale, lui, avec son légendaire sens de l’épique, il va danser en avant, bientôt rejoint par une sorte de géant bisexuel qui semble fermement décidé à l’enculer (ce mec-là y taille pas des pipes, il encule : c’est clair). Ensuite, c’est un peu confus. À la sortie du show y’a un sataniste (le même géant ?) qui me soulève dans les airs sans raison et me projette violemment sur le sol. J’ai mal, mais j’arrive pas trop à lui en vouloir (après tout, je suis activiste du Front d’action stupide) : son geste est tellement infondé. Je peux pas m’empêcher de me dire que c’est pour lui une façon de se rire de la vie, d’agir arbitrairement, le sourire aux lèvres. J’essaie d’expliquer ça à F*, qui pencherait plutôt pour aller se battre avec le type – y comprend pas trop mon point de vue, sans doute avec raison. La suite est encore plus floue. Y’a Poufiasse et Rhâââ qui arrivent inopinément (là, on est quand même un gros paquet d’activistes du FAS : Mysterioux, Amygdale, Mjack, Rhâââ, Poufiasse…). Je suis obsédé par l’idée d’aller poursuivre la fête dans l’ancienne gare de triage d’Outremont. On se retrouve plutôt une quinzaine dans un long escalier qui grimpe le long d’un immeuble en briques. Ensuite, on parle d’aller danser avec des cougars à la Taverna. Pis là c’est encore vraiment plus flou. Je me perds dans la nuit (c’est la nuit où on change d’heure – et je soupçonne m’être égaré dans l’heure perdue du changement d’heure). Je monte dans un taxi ; le chauffeur me fout dehors. J’erre encore. Et comme par magie, je me retrouve enfin chez l’exquise C*. Je sonne. Ça répond pas. Je pars. Je veux lui téléphoner. Je trouve pas de cabine. Je me dis : c’est trop con, je veux dormir avec elle, pis j’ai plus la force de rentrer chez moi. Je retourne chez elle. Je sonne. Elle répond. Elle arrive tout juste. Elle me cherchait dans la nuit. Je me sens un peu con de l’avoir fait paniquer. Larmes et tendresse.
Ouais, ce matin Amygdale a écrit sur F* qu’il se sentait un peu trahi et ambigu. C’est vrai que le satanisme n’est plus ce qu’il était. Pis je le soupçonne de regretter secrètement d’avoir pas joué un peu plus (juste un p’tit peu) le jeu avec le géant bisexuel. Moi, je suis surtout rassuré d’être intact et un peu fasciné par l’improbabilité de cette soirée. Vous allez me dire que c’est rien qu’une autre histoire de cuite, vous aurez sans doute un peu raison, mais c’est peut-être aussi pas mal ça le quotidien délirant. FAS vaincra !
j’comprends pu rien
aujourd’hui j’suis allé à Ottawa (voir les chats du Parlement et me faire donner un fauteuil de cuir par une dame habitant une grande tour blanche)
le fauteuil de cuir est trop grand pour mon appartement
je ne suis même pas parvenu à voler un chat du Parlement
avant hier j’étais à Québec (voir des Russes qui m’ont servi des saucisses à hot dog et des œufs durs pour déjeuner)
j’ai un peu l’impression de m’être fait fourrer
j’sais pas où j’irai demain
je parle un langage que je ne comprends pas
qu’y puis-je ?
La lecture du guide intitulé Protection personnelle à l’étranger est édifiante. Merci Foreign Affairs Canada. À la page 9, on y trouve le chapitre deux : LE TERRORISME. En bas à gauche, un diagramme me rappelle un des modèles des nouveaux T-shirt du FAS, celui avec le diagramme du non apprivoisable et du non domesticable. Je vais tenter de le reproduire pour vous:
Rappel:
Même heure +
Même endroit =
Cible éventuelle
J’en prends bonne note. À la page 11, je trouve le point 4 : La sécurité au bureau. Étant moi-même au bureau, j’en profite pour m’informer davantage sur ma sécurité. Je me trouve au même endroit qu’hier à la même heure ; si je me trouvais à l’étranger, je serais déjà une « cible éventuelle ». Le texte du guide se veut direct et rassurant:
Les terroristes affectionnent les bureaux pour y commettre leurs méfaits…
Ah oui, c’est inquiétant mais ça ne m’étonne pas. Personnellement, je déteste les bureaux, je ne devrais donc pas m’étonner que les terroristes les affectionnent.
… qu’il s’agisse d’attentats à la bombe, de sabotage, d’enlèvements ou d’assassinats. Il est possible de dissuader les auteurs de tels actes en recourant à certaines mesures de sécurité.
Super. Mais je doute que dissuader soit le verbe qui s’applique le mieux.
Certaines précautions font appel au simple bon sens et ne coûtent à peu près rien.
Pas cher, pas cher, j’achète. Dites-m’en plus.
Variez vos heures d’arrivée et de départ du bureau.
Excellente idée, je vais en parler à mon patron.
Soyez attentif à la présence de toute personne flânant près du bureau.
Pffff.
Les bureaux situés au rez-de-chaussée sont particulièrement vulnérables et sont les plus susceptibles d’être la cible de terroristes.
Vous êtes maintenant libre de faire un lien avec le titre.
«Celui qui offre des sacrifices à d’autres dieux qu’à l’Éternel seul sera voué à l’extermination». Exode 22 : 20
Avez-vous remarqué que nos braves militants du FAS ont tendance à se liquéfier pendant l’été? Certains vont jusqu’à parler de «déprime» (hihihi-hahaha-hohoho!) Rassurez-vous chers lecteurs, il n’en est rien. En fait, j’irais jusqu’à dire que les membres en règle sont alors au zénith de leur forme. Je m’explique.
Alors que j’en étais encore à mes premiers balbutiements sur le FAS, j’avais osé écrire un article dans lequel j’avais qualifié mon quotidien délirant de «gothique». N’en déplaise à Bosch, je doute que le délire fascien ait quoi que ce soit à voir avec l’angoisse de la damnation : après tout, FAS vaincra! Non, s’y j’avais à associer notre style de vie à une culture, ce serait peut-être quelque chose comme l’esprit juif. Enfin, celui que Dostoïevski décrit dans ses fameux Carnets de la maison morte. Peut-être vous souvenez-vous (ou pas, peu importe) de cette scène où un prisonnier juif célébrant le shabbat «feint» la tristesse la plus poignante en récitant les prières coutumières pour subitement, l’instant suivant, éclater de la joie la plus exalté qui soit. Eh bien! Je crois que cette scène dépeint assez bien l’âme fascienne.
Le FAS bipolaire? C’est une interprétation plausible. Pour ma part, j’y vois une nouvelle esthétique, une forme d’exotisme intérieur.
Dommage qu’on ne s’intéresse pas vraiment à l’histoire du FAS. On saurait alors que le FAS est né spontanément lorsque, simultanément et à plusieurs endroits sur Terre : un individu louche pataugeant d’in trou d’bouette aperçu la lumière; un halluciné pris la décision d’être communiste pendant une journée ; un groupuscule terré dans un repère-labyrinthe et propulsé par l’alcool cheap décida de se dévoiler au grand jour afin de militer pour le retour du train dans une banlieue; le zepoulpe remplaça subrepticement les cadavres de nos aînés comme ingrédient de base du pablum. Qu’ont en commun tous ces événements sans lien apparent? Je dirais la déchéance achevée, la prophétie de la victoire finale et la totale acceptation de sa vanité. L’essence du FAS quoi!
Mais la chair est faible. Elle tend à succomber paresseusement au désespoir, elle se tourne alors vers de fausses idoles : «vérité», vie de famille, vidanges, V… C’est au plus sombre moment de son insigne existence, lorsque l’homo fascius croit n’être plus qu’une coquille vide que se manifeste en lui avec l’attirance d’un veau d’word qu’on embroche (veau d’or… non ? ah bon…) ce cri de pirate : FAS vaincra!
Alors pleurez mes amis, pleurez! Je sais que vous sentez alors plus que jamais cet appel qui tonne au fond de votre cœur, ce tropisme intérieur qui vous propulse vers les continents inexplorés. Pleurez, car je vous sais en train de vaincre…
À cheval sur ma bécane, je dévale à toute allure la côte Berri (je roule si vite que le ciel devient rouge). J’attache mon véhicule au premier poteau d’acier venu, je passe ma main sur mon front pour en retirer la sueur et je m’engouffre dans la station d’autobus voyageur, juste à temps pour attraper Poule de luxe et Fonny Gozier qui s’apprêtent à partir mourir ailleurs au Canada. Ils me filent les clefs de leur appartement, tout juste acquis à Saint-Henri, m’embrassent chaleureusement (leur amitié m’émeut – je suis un tendre) et disparaissent valise en main dans leur autobus. J’ajoute leurs clefs à mon trousseau, puis je repars sur ma bécane.
Le soleil me brûle le crâne. Des auréoles de sueur grandissent sous mes bras. Je remonte la ville. Bientôt, j’arrive chez T* et Bébé Astronaute dans la Petite Patrie. Je sors mon trousseau de clefs et j’ouvre leur porte. Par terre dans leur salon, mon sac de couchage déroulé et quelques effets personnels. Je récupère le tout. Bébé revient le jour même (de mourir ailleurs au Canada) et je veux lui laisser son appartement et les bras musclés de T*. Je repars.
Je roule encore. J’arrive chez moi, dans Villeray, ou du moins dans ce qu’il y a peu était encore vraiment chez moi. Je sors mon trousseau de clefs. J’ouvre la porte. J’ai l’impression de marcher dans un appartement fantôme, dans un lieu du passé, où tous les signes de ce que j’ai pu être, jour après jour, me semblent de plus en plus abstraits – c’est bien là que je dormais, toujours avec la même personne, toutes les nuits ? Je ne suis plus sûr de savoir ce qui m’attachait tant à cette personne et à ce lieu, ça me dégoûte et la nausée me monte à la gorge. Je retire mon t-shirt humide, me passe une serviette sur le corps, enfile un autre t-shirt, récupère quelques effets personnels et m’apprête à repartir lorsque – soudain – j’entre dans mon bureau, prends un gros crayon feutre vert fluo et cours dans la chambre y dessiner sur le mur une gigantesque hermine (ou une belette, ou je ne sais quel autre mustélidé) à la bouche baveuse, et je repars.
Quelques minutes plus tard, toujours dans Villeray, j’ouvre la porte de B*, qui m’a refilé ses clefs le matin même, avant de partir chanter du côté de Tadoussac au milieu des carcasses de baleines en putréfaction (est-ce cela, mourir au Canada ?). Je m’assois derrière le bureau de sa chambre, face à sa fenêtre ouverte. Dans ma poche, mon trousseau de clefs pèse lourd. Je me dis qu’aucune porte ne peut me résister, mais j’ai vraiment l’impression d’être nulle part. Est-ce ça, le nouvel exotisme ? J’habite un territoire trouble. Je me perds dans ma cartographie subjective, allant dans toutes les directions à la fois. Demain, je ne sais pas, j’irai peut-être à Saint-Henri. J’ouvrirai les portes de l’appartement de Fonny et Poule. Ils viennent tout juste d’y arriver. Leurs boîtes ne sont pas même ouvertes. C’est un espace en transition, aux frontières poreuses – l’occasion de se laisser couler vers l’ailleurs ? Je crois que je me coucherai en boule dans un coin et que lentement, je me liquéfierai.
c’qui se passe avec poufiasse ? elle a complètement disparue de la carte, où est-elle allée se foutre ? avec qui ? faudrait songer organiser une battue et pour le moins retrouver son corps, elle mérite peut-être pas de vraies funérailles catholiques, mais un coup on pourrait fermer les yeux et lui chanter l’ave maria en oubliant son passé de catin…
Bonheur! Extase! Ces deux fascicules peuvent désormais être commandés sur Le Pressier (livraison gratuite au Canada durant toute l’année 2010 – 3$ le fascicule de près de 100 pages avec couverture sérigraphiée). Lecteurs de Lebel-sur-Quevillon (QC), Geralton (ON) ou Golden (BC), c’est peut-être maintenant ou jamais!
FAS vaincra!
De voir tous ces jeunes punks attendrissants hier, ça m’a rappelé la plus grande débarque d’idéalisme dont j’ai été témoin dans ma vie. Ça faisait plusieurs semaines qu’on n’était pas sortis du bois, P*, R* et moi, et un ennui abyssal nous avait poussés à faire cinq heures de voiture un bon samedi pour aller voir Spiderman au cinéma.
Jusqu’alors, je n’aurais jamais imaginé qu’une autre forme de vie sur terre aurait pu dégager une puanteur plus nauséabonde qu’un planteur d’arbre fraîchement sorti du bois. À nous trois dans un char, je croyais sincèrement que ce serait dur à battre et j’avoue que j’en étais même un peu gênée au moment d’embarquer deux crusty punks qui faisaient du pouce avec leurs chiens. Finalement, le quatuor surpassait tous les records et je vous jure que même les planteurs qui ont déjà failli vomir en respirant leur propre odeur en auraient pris pour leur rhume.
Évidemment, les deux filles arboraient de nombreux tatouages, et l’une d’entre elles rapprocha ses deux poings pour me montrer les huit lettres tatouées sur ses jointures. Elle m’expliqua qu’à l’origine, ces lettres formaient les mots FREE SOUL, et qu’avec le temps, elle avait perdu un peu la foi et avait décidé de faire changer le L pour un P. Commençant déjà à en avoir marre de la soupe, elle me confia que son prochain projet était de transformer l’U en A. Quelle bonne idée.
« Que penser du Kanata dans ses rapports avec les premières nations? Ce grand pays démocratique diffuse partout sur la planète, en guise de promotion de la tenue des Jeux Olympiques d’hiver 2010 à Vancouver, son logo en forme d’inukshuk coloré, reflet graphiques de ces sculptures de pierres en forme d’humains. Simultanément, par le biais de son ministère Santé Canada, c’est la même contrée qui fait malencontreusement parvenir dans les réserves indiennes, alors que les effets de la maladie y sont plus graves qu’ailleurs étant donné les conditions de vie souvent précaires, des housses dans lesquelles on place les cadavres parmi le matériel dit de prévention contre la pandémie mondiale de la grippe A (H1N1)!! Mais surtout, le gouvernement canadien demeure l’un des seuls qui refuse, avec les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, de signer la Déclaration Universelle des droits des peuples autochtones adoptée par l’ONU en 2007! »
Guy Sioui Durand
« My drug addiction became the worst it has ever been, » he says. « I didn’t want to wake up in the morning any more. It was just too painful to keep on. »
For about a year he stayed in bed, wrestling the depressive side effects of hepatitis C medication. He stopped writing songs, playing the guitar, seeing friends.
« The good thing is that my life finally became so intolerable that I could no longer be bothered to go out and buy drugs, » he concludes with a parched cackle that shakes his wraithlike body. « As a consequence, in the last year and a half, a lot of good things have started to happen to me. »
source: Michael Dwyer (http://www.smh.com.au/news/entertainment/arts/still-the-boy-next-door/2008/10/31/1224956299409.html)
Bon, ça fait une bonne année déjà que je songe à recevoir pour Noël, c’est-à-dire caller un Noël des mal-aimés***. (suite…)
Chère Maman, (suite…)
Je n’ai pas d’idées précises, c’est plutôt une émotion, une intuition, une vague vision, que je développe, en tâtonnant; c’est que je n’ai pas de mémoire, pratiquement aucune, j’oublie tout, chaque détail, les raisons, les gens, leurs histoires, tout comme mes cours d’histoire, ma culture générale, les règles des jeux de cartes, les livres et films que je regarde, sauf ceux visionnés cent fois, encodés par la force. les visages me disent quelque chose, j’essaie de comprendre d’où ils me viennent, qu’est-ce qu’ils me signifient, il faut qu’on m’aide à me souvenir. Je ressens un vide cervical, dans ces moments là, il faut que je me frotte le dessus de la tête avec vigueur, comme pour stimuler quelque chose, ce qu’il reste, ce qui fonctionne encore. Est-ce que j’ai pris trop de drogue ? Est-ce ma tête qui cherche à me protéger de mes pires souvenirs, ou est-ce que j’ai juste trop bouffé de sandwichs emballés dans du papier d’aluminium ?! Comme ma grand-mère, vais-je finir sénile, alzheimer, radotant, inquiet et agressif. Je lis «un roman français» de Beigbeder, il parle justement de son amnésie, et comme moi, il en souffre. Puis il y a ces gens oubliés qui pensent qu’on se fous d’eux, que c’est par snobisme, par mauvaise foi, si on se souvient plus de les avoir frenchés en secondaire 4. pourtant ça n’a rien à voir, c’est comme s’il faut vraiment que ça brasse fort pour rester imprimé et si ça brasse trop, on l’oublie aussi. Ça me réconforte de ne pas être seul à oublier, je ne me souviens absolument pas de mon enfance et j’ai perdu des grands bouts de mon adolescence, alors il y a cette phrase tout de même qui a attirée mon attention et retenue mon approbation, dans la lecture du Beigbeder, elle parle de la musique, cette musique qui, profonde et hallucinante, sait mieux que n’importe lequel exercice de mémoire, faire remonter des vagues de souvenirs enfouies dans les abysses de ce drôle d’intestin crânien, où tout à coup des bribes de conversations ou d’émotions vives, reliées à un passé incertain, ressurgissent sans qu’on ne comprenne trop pourquoi tout à coup, ça y est… il est écrit «la musique reste mon véhicule temporel préféré, le plus rapide moyen de ruminer le passé : je suis convaincu que ma collection de 45 tours grésillants contient l’histoire dont mon cerveau m’a dépossédé.» Pour avoir souvent pleuré sans prévenir, à l’écoute de certains vieux tubes, je pense que c’est pas mal ça.
Assis sur le rebord de mon lit, les mains devant le visage, je sanglote. Ma blessure est sans rémission, ma vie sans espoir, mon trouble sans accalmie. Ma plainte, si c’en est une, n’est perçue que de mon chat. Mes larmes ne mouillent que mes mains, cette lande stérile. Mes tremblements ne dissipent pas ma contrition; ma contrition ne jugule pas mes tremblements. Ma gorge est un noeud que je voudrais trancher d’un coup de dague. Je suis seul – ô combien triste et absolument seul – depuis des mois, des années, prisonnier d’un circuit dérisoire, passant par autant de tâches ingrates, saugrenues, inutiles. Je me bats, mais la lutte est vaine, je me rends et la guerre continue. Je suis tué et fragmenté. Je suis un gouffre de désespoir, un trou noir d’albédo zéro, et mon horizon est là où s’engouffrent les dernières lueurs.
La lumière est une onde
Comme ta chevelure blonde
Ou une particule
Comme tes yeux minuscules?
Las! Las! Las! Je ne me repais plus des lendemains qui chantent, car ils chantent tous faux! Tout m’est insupportable, abject, toxique. En un mot, c’est novembre.
my sity is not far from Moscow.In USSR times,my sity was a close city(military),because this is a lot of military factory
- Dmitriy Boytsov
Si on la juge à la quantité de librairie qu’on y retrouve, on pourrait imaginer que Halifax est une ville plate. Pourtant on se rend rapidement compte qu’elle torche toutes les (suite…)
C’était valonneux.
Un vallon, on pourrait dire que ce n’est rien d’autre qu’un long trou entouré de montagnes, mais ce serait mal connaître la susceptibilité des gens de la région de Thetford Mines lorsqu’on parle de trous…
La mine, ce n’est pas franchement ce qui est impressionnant : ça, c’est un gros trou sans ambition. Ce qui l’est par contre, ce sont les immenses tas de roches sortis au cours du dernier siècle de pelletage et qui jonchent la région à la manière de mastodontes inanimés. Une pelletée pour un lingot.
Mais Saint-Pierre-de-Brougthon, où on s’est réunis pour une festivité champêtre, n’est pas un trou. Non. C’est un beau petit village de 800 habitants, sis au fond d’un vau et peuplé de gens sympathiques dont certains sont presque ouverts d’esprit.
C’est dans cet environnement bucolique que nous prîmes pied, un jour de septembre pour y rencontrer de la boisson et des gigots que je m’apprêtais à faire en méchoui. SPDB est situé quelque part dans Chaudière-Appalaches, entre la Beauce et la région de Thetford.
Lorsque je me suis enquéris auprès de la caissière du dépanneur pour savoir si on était bel et bien en Beauce, elle s’est arrêtée de vendre des gratteux une seconde, s’est retournée vers moi et m’a dit d’un drôle d’air : « Ça, personne ne le sait…. » (En fait, elle a plutôt dit quelque chose comme « Chat, parchone le chavent », mais on se comprenait moi pis elle.) Ensuite, elle a rajouté : « Moi, si j’étais vous, je ne poserais pas trop cette question-là aux alentours… » (Moiche, chi ch’tais toé, je chierais pas trop dans ces champs-là »).
Reprenant nos denrées et poursuivant notre chemin, nous rencontrâmes deux vieillards qui discutaient :
- Ouais ben, je peux-tu dire qu’on a pris une sacrée rince hier soir?
- Mets-en !
- Entre toi pis moi, je me suis réveillé à matin pis QUELQU’UN avait chié dans mes culottes !
- Ça, ça se fait pas.
- Je peux pas te dire qui c’était, sauf qu’il aimait vraiment le maïs.
On a finalement pas posé la question et continué notre chemin.
Une amie, fort cultivée et intéressante – comme il en faut dans un chalet conçu pour recevoir un maximum de sept personnes lorsqu’on est treize, – tomba sur un recueil de poèmes de Rimbaud. S’exclammant bruyamment toute seule dans le noir d’un salon attenant, nous la priâmes de venir partager avec le groupe le résultat de ses lectures. Elle entreprit donc de nous lire Le sonnet du trou du cul de Roger Rimbaud (ou était-ce Kevin?). Ça donnait ceci :
Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu’au bord de son ourlet.
Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l’autan cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s’en aller où la pente les appelait.
Ma bouche s’accoupla souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.
C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !
Charmés devant tant de magie, nous soupâmes en paix en méditant la profondeur des mots de ce grand homme.
Ah oui ! Les gigots étaient parfaits.
L’environ était à première vue assez décevant. Quelques maisons revêtues de clabord beige, des jardinières ronflantes, des chalets agglutinés, des pins plantés trop près les uns des autres et qui, en poussant, avaient dû jouer du coude pour pogner de la lumière; côté grands singes, on apercevait des enfants (BEAUCOUP d’enfants) et des Ontariens qui croyaient sincèrement (nous allions l’apprendre plus tard) que les festivités de Canada Day ont une importance symbolique réelle dans le canadian-state-of-mind.
Pourtant, au loin, il y avait du potentiel : un lac formait un large bras qui entourait l’isthme sur lequel on avait construit le domaine. Ce lac était connecté à un autre lac par une petite rivière, puis à un autre lac, etc., et l’ensemble permettait d’anticiper une certaine forme de rêverie champêtre. N’eût été des crisses de mouches à chevreuil (pique-moi pis décalisse viarge!), on aurait presque pu parler d’un environnement charmant propice aux lamartinages.
C’est au moment où je m’avançais vers ce semi-éden (mais sans personne assez à l’aise avec sa nudité pour défier Dieu), conduisant la voiture de ma belle-mère, que j’eus souvenance d’un adage cité par un ami, fan de feu Trank Spiroberg : « Quand c’est si beau si jeune, ça peut juste aller vers plus lette en vieillissant ».
Et en effet, un événement d’une grande laideur s’en allait survenir juste là-là.
Les bureaux de la réception étaient mal indiqués et nous dûmes nous stationner dans un endroit interdit aux civils et strictement réservé aux employés. Au feeling, il ne me semblait pas que le taux de criminalité soit très élevé à St-Émile (population : 126) et je me dis que le nombre de membres bedonnants et inefficaces de la SQ et le nombre de remorqueuses devaient être à l’avenant. Personnellement, j’allais rapidement découvrir que pas pentoute; collectivement, nous allions l’apprendre plus tard…
La jeune fille de la réception – une beauté lacustre de 21 ans avec des belles fesses et une attitude genre « c’est moi qui dit à Dieu de ramasser ses bas sales » – nous expliqua tout ce qu’il fallait savoir sur St-Émile-de-Suffolk (ça tenait sur le recto d’un feuillet noir et blanc) et nous informa sur les attractions du camp familial. Nous apprîmes ainsi que des dizaines de sports étaient physiquement à portée de main : kayak, pétanque, tennis, canot, badminton, volleyball, basketball, vélo, shuffleboard (!), natation, freese-bee, etc.
Elle en était à nous dire l’heure des repas (bordel, QUI soupe entre 17h30 et 18h30 à l’extérieur d’un centre hospitalier!??) quand nous vîmes passer le véhicule rouge dans lequel nous arrivâmes (et qui appartient toujours à ma belle-mère), rempli de tous nos bagages; le véhicule en question était curieusement monté sur une remorqueuse de fortune, genre de tracteur rouge-hémorroïde avec un treuil qui semblait s’en aller vers autre part dans un nuage de fumée bleue et nauséabonde.
N’écoutant que mon impolitesse, j’interrompis la fille lacustre et me précipitai dehors pour stopper la manœuvre. Mais trop tard ! Un gros con, parfaitement sûr de lui, s’en allait sans s’arrêter, même si je rattrapais son putain de tracteur en joggant ! Même en lui criant que mon insuline était dans la voiture, bien rangée en compagnie de mon défibrillateur, de ma seringue d’épinéphrine, de mes retro-viraux, de mes médicaments contre la pression, de mon ventolin, de ma pompe à dick et de mes boules chinoises, rien n’y fit et l’insensible continua son pout-pout de chemin.
Mothafucka…
Je revins vers la réception dans un état psychologique qui ressemble à celui dans lequel je me trouve quand je lis les commentaires donnés à ma vidéo sur FAS-rencontre.
La jeune fille lacustre, tentant probablement de dédramatiser la situation, projeta de nous rassurer en nous affirmant que « Bob est toujours comme ça avec les étrangers qui tentent de contourner les réglements… » Peu enclins à croire cette jeune plotte de campagne, et surtout peu enclins à rester dans nos suits de voyage (dans mon cas, un super one-piece en coton ouaté beige : conçu pour une femme sur le BS, mais assez fort pour un homme comme Zepoulpe !), nous nous informâmes du lieu pour trouver le Bob en question.
« Il reste pas loin, une couple de milles vers Namur, 6 ou 7 max. »
« Ok, mais comment on fait pour aller à Namur avec pas de char? »
« Hihohi! C’est vrai, on vient de vous le tower ! »
« C’est ça oui. »
« Le mieux, c’est de demander à Bob de vous emmener. »
« Bob, c’est pas celui qui vient de nous tower? »
« Ouain pis? »
« … »
« Il revient quand Bob qu’on y jase sérieux? »
« Dès qu’il aura démonté votre char. »
« Quand tu dis démonter, tu parles de le descendre par terre ou de le démonter pour vendre les pièces? »
« Euhhhh… »
« Laisse faire. »
… J’attendais moi-même la suite (que nous allions apprendre plus tard) …
J’ai passé la soirée d’hier à naviguer sur Internet, en commençant par la lecture d’une série d’articles du Devoir sur différentes façons de s’approprier la ville. J’y appris bien peu de choses — familière avec les mouvements de jardinage guérilla, j’avais déjà entendu parler des jardiniers de la Pointe libertaire, du Roerich Project d’Emily Rose Michaud et d’apiculture urbaine (j’ai un ami punk en banlieue de Paris qui produit un miel très prisé des gastronomes grâce aux interdictions municipales en matière de pesticides et aux nectars exotiques des jardins particuliers) — mais je pris quand même un certain plaisir à voir que je n’étais pas la seule à chercher des trésors cachés dans les interstices de la ville et que maintenant, les journaux sérieux en parlaient. Je terminai mon périple sur le blogue d’un espèce de naturaliste urbain y relatant les observations faites au cours de ses promenades quotidiennes à la découverte de la flore montréalaise. Tout comme moi, ce gars-là rêvait d’un « réseau d’espaces verts interconnectés » s’immisçant dans le tissu urbain.
Aujourd’hui, levée de bon matin et motivée à passer une journée productive de création, je résolus, après maintes tentatives infructueuses, de me rendre au Home Dépôt près de chez moi pour trouver le petit outil introuvable dont j’avais absolument besoin pour commencer à travailler. J’ai pensé que pourrais en profiter pour passer dire bonjour à mon arbre préféré, le févier mâle, dont les épines piquantes surpassent aisément en longueur et en rigidité celles de la couronne du Christ.
Ma visite au Home Dépôt me laissa toutefois insatisfaite. J’avais tout trouvé, sauf ce que je cherchais. Dépitée, je décidai, plutôt que d’aller saluer mon févier, de prendre une marche en passant par le terrain vague en pointe de tarte qui m’avait toujours intriguée, mais dont j’avais toujours remis à plus tard l’exploration.
Il semblait abandonné depuis longtemps, colonisé par des peupliers déjà matures, des chicots, des vinaigriers, plein de beaux arbres, quoi. Il était plein de déchets, ça sentait un peu la merde, mais moi, dissimulée par le feuillage, entre deux trois édifices industriels et leurs stationnements, j’avais l’impression de découvrir quelque chose d’extraodinaire : une zone oubliée du cadastre, une erreur d’arpentage, une enclave verdoyante au milieu d’un territoire stérile.
Au bout de la pointe, le terrain vague se transformait en un long corridor, puis un fossé grouillant rempli d’arbres mangeurs de clôtures. Ce n’était plus qu’une frontière dérisoire avalée par la végétation, l’emplacement parfait pour une section de parc linéaire. Je m’emballai et, comme à chaque fois que je traverse un terrain vague, je me pris à imaginer un sentier, quelques bancs, des fleurs, des tables à pique-nique. J’y vis aussi le prolongement de la piste cyclable s’arrêtant à côté du Home Dépôt.
Je continuai ma promenade dans les ruelles de ce quartier étrange en pleine mutation, coincé entre la Petite Italie, le Mile-End et Parc Extension, où se côtoient les lofts des édifices staliniens de l’ère industrielle et des maisons d’architectes, des entrepôts, des « boîtes à lunch » de pauvres et des condos de luxe. J’étais comme droguée aux champignons magiques. J’hallucinais. Les jardins explosaient. Le béton des ruelles était soulevé par les plantes qui jaillissaient des fissures : plantain, chardon et chicorée, mais aussi roses trémières, onagres, gloires du matin… Tout ça me semblait si beau et je me sentis pleine d’espoir pour la suite du monde.
Je me dirigeai ensuite vers la rue Saint-Hubert car je voulais aller acheter un livre sur la flore urbaine à la librairie Raffin. C’était la vente trottoir sur Saint-Hubert et j’ai vraiment débuzzé.
Je vous ai déjà parlé de ma vieille voisine indienne ? Elle est toujours là, sur le balcon, à surveiller les enfants. Elle ne parle ni français ni anglais, du moins pas plus que quelques mots, et j’imagine qu’elle doit souffrir parfois d’une terrible envie de communiquer avec d’autres personnes que les seuls membres de sa famille. De temps en temps, on se fait des petits brins de conversation ensemble, chacune dans notre langue, sans vraiment se comprendre. Dans le fond, ça ou dire salut ça va à ma voisine d’en haut, pour moi, c’est du pareil au même : un petit geste de bon voisinage, tout simplement. J’avais déjà réussi à déduire, à force de simagrées, que la vieille indienne voulait m’emprunter un râteau, mais là… J’étais en train d’attacher mes plants de tomates à leur tuteur en me disant que les coquilles d’oeufs, ça avait ben marché en ta cette année, quand elle s’approche et commence à me baragouiner quelque chose. Bien sûr, je ne comprends rien, mais je lui réponds quand même en français : ah oui, ils sont vraiment plus grands que l’année passée ! Dans l’embrasure de la porte, bébé au bras, sa fille me répond : c’est vrai, c’est ce que ma mère vient de dire…
Le 11 juin dernier, j’écoutais sur les ondes de Radio-Canada un entretien de l’animateur Patrick Masbourian avec Richard Arel, ex-propriétaire et fondateur du Madrid, lors d’une émission spéciale de deux heures consacrée au fameux restaurant sis au bord de la 20, à mi-chemin entre Montréal et Québec.
Après avoir raconté l’histoire de ses célèbres « monster trucks » et de ses non moins célèbres dinosaures, M. Arel déclara, lorsque l’animateur l’interrogea sur ses projets futurs, qu’il travaillait actuellement à développer « une forme d’énergie qui va transformer la planète au complet ».
Voilà, mes amis, la confirmation de nos soupçons sur la mystérieuse turbine aperçue dans le stationnement du Madrid au retour du RVPP.
Le samedi 23 mai, de 11h à 18h, se tiendra la troisième édition du Rendez-Vous des Publications Parallèles (RVDPP) dans le (fameux) sous-sol de l’église St-Jean-Baptiste à Québec (470 rue St-Jean). Des activistes du FAS y seront, armés de leurs AK-47 en foam authentique du Continent de plastique. Dans le sous-sol de cette église se cachent, sous des piles de fanzines cathos imbibés de bière, des petites bêtes non apprivoisables dont les pupilles ont la forme du Zepoulpe. La rumeur veut aussi qu’Henri H., le fondateur du célèbre Club de Richmond, y vive reclus, enfermé dans un confessionnal. Mon âme (cette salope) y ère aussi, parfois. Je l’ai perdu, un soir d’ivresse, en récitant de la triviale poésie la tête plongée dans un bénitier.
Maman, dis-moi, pourquoi dois-je y retourner? FAS vaincra!
Le samedi 25 avril, à L’Escogriffe (4467, rue Saint-Denis, Montréal, au Canada, ce pays où l’on meurt), se tiendra le très chic concert de rock apocalyptique suivant :
BRIGITTE BORDEL (dont le nom, m’a-t-on dit, inspire la terreur) ;
PEDO PEDRO ET SES ENFANTS (PP, c’est l’avenir du rock, la combinaison parfaite entre la pureté de l’adolescence et un anarcho-primitivisme à la Rock « Moïse » Thériault) ;
J’AI LE CANCER (un groupe de Trois-Rivières, ville natale de ma mère et haut lieu de poésie).
Mais ce concert, c’est peut-être avant tout cette incroyable affiche :

J’ai trouvé cette perle dans la délicieuse Gazette de la Gendarmerie Royale du Canada.
« Nous n’enquêtons pas seulement sur des crimes, nous faisons réellement partie de la collectivité »
-Le caporal Ben Sewell, Gazette de la GRC, Vol. 71, no. 1, 2009, p.11
Courriel reçu pour Xième fois depuis mon arrivé sur internet (1995)
Permettez-moi de vous informer de mon desir d’entre dans le rapport d’affaires avec vous. J’ai prie plus et après cela j’ai choisi votre nom entre tant d’autres .
je pense que vous etes digne de la recommandation de ma prière. je me nomme Mlle FADIGA MIRIAM la seule fille des defunts M. et Mme FADIGA moustapha Mon père etait un negociant de cacao et exploitant d’or à Abidjan la capitale economique de la Cote d’Ivoire, mon père a ete empoisonne par ses associes d’affaires. j’aimerais que vous me temoignez votre confiance afin que je fasse des affaires avec vous. Ainsi je n’aurai aucune hesitation, me fier vous pour des affaires simples et sincères. Ma mère est morte quand j’etais un bebe et depuis lors mon père
m’a pris a sa charge. Avant la mort de mon père le 29novembre 2003 à abidjan. Avant son deces il m’a appelé au chevet et m’expliqua qu’il avait la somme de six millions cinq cents mille dollars USD ($6,500.000) dans un compte d’ordre fixe/ordre dans la banque principale ici à abidjan il l’a deposé à mon nom comme etant le beneficiare de cet heritage.Il m’a egalement explique que c’etait en raison de cette richesse qu’il a ete empoisonne par ses associes d’affaires. Il à aussi conseillé de chercher un associe etranger dans un pays de mon choix ou je transfererai cet argent et l’employerai dans des investissements tel que la gestion de biens immobiliers ou la gestion d’hotel. Monsieur, je cherche honorablement votre aide des manières suivantes: (1) pour fournir un compte bancaire sur lequel transferer cet argent.(2) pour servir de gardien de ces fonds puisque j’ai seulement 22 ans.(3) Pour m’aider à immigrer dans votre pays avec une attestation de residence afin que je puisse y poursuivre mes etudes. Ainsi dit , je suis dispose à vous offrir 15% de toute la somme qui represente mon heritage en compensation pour votre effort après le transfert de ces fonds sur votre compte. En outre, vous indiquez vos options pour m’aider sachant pour
moi, j’ai la foi que cette transaction peut se faire le plus vite possible. J’aimerai avoir votre point de vue sur la question et cela selon votre disponibilite. Vous pourrez me joindre dès reception du present message a mon
email: fad_miria2003@yahoo.fr
Merci , que Dieu vous benisse immensement.
Fadiga Miriam
Je me suis permis de rêver plusieurs fois de Mlle Fadiga, je me suis imaginé ce que ça pouvait être partager des millions de dollars avec une princesse africaine. Avant son arrivée au Canada on aurait échangé des lettres pour mieux se connaître, après tout elle me confiait sa fortune familiale, elle aurait sûrement voulu mieux me connaître. Je lui aurais parlé des méchantes filles de Montréal qui nous abandonne à nous même sans nous donner la moindre chance de leur crier notre amour! Comme je l’imaginais, il est certain que Mlle Fadiga en aurait été outrée!
« Robodrigue, qu’elle me dit, les femmes canadiennes ne sont que de petites sottes, un androdrigue de votre qualité! abandonné! C’est contre-productif. Laissez-moi m’occuper de vous, dès mon arrivée à Montréal quand je sortirai de l’avion je vous reconnaîtrai, même si je ne vous ai jamais vu je sais que je vous reconnaîtrai! C’est vôtre manière d’écrire vos lettres, j’y ressens une grande tristesse… il y a deux robots en vous, laissez-moi les aimer »
Comme elle me comprend bien Miriame, woauuuuu… Alors moi je continue ma petite vie à Montréal en attendant qu’elle arrive. Je suis bien et les gens se disent « Robodrigue a un je ne sais quoi » c’est parce que bien loin d’ici il y aune femme qui m’aime et que j’estime plus que vous tous! Quand vous allez la voir, vous allez dire « Hé bien ce chenapan avait conquis le coeur d’une superbe femme d’un pays lointain et il est rendu millionnaire, quels idiots on fait! »
…
Mais depuis 5-6 ans toutes les fois où j’essaie de rêver à Mlle Fadiga je ne peux que m’imaginer quelques poilus arnaqueurs devant leur écran d’ordinateur espérant me soutirer du fric pour payer leur coke et leur tapineuse… Et je me dis que ça serait un sacré bon moyen pour payer mes « excès »; j’imagine que c’est ça perdre son innocence.