Déprimer c’est ok

«Celui qui offre des sacrifices à d’autres dieux qu’à l’Éternel seul sera voué à l’extermination». Exode 22 : 20

Avez-vous remarqué que nos braves militants du FAS ont tendance à se liquéfier pendant l’été? Certains vont jusqu’à parler de «déprime» (hihihi-hahaha-hohoho!) Rassurez-vous chers lecteurs, il n’en est rien. En fait, j’irais jusqu’à dire que les membres en règle sont alors au zénith de leur forme. Je m’explique.

Alors que j’en étais encore à mes premiers balbutiements sur le FAS, j’avais osé écrire un article dans lequel j’avais qualifié mon quotidien délirant de «gothique». N’en déplaise à Bosch, je doute que le délire fascien ait quoi que ce soit à voir avec l’angoisse de la damnation : après tout, FAS vaincra! Non, s’y j’avais à associer notre style de vie à une culture, ce serait peut-être quelque chose comme l’esprit juif. Enfin, celui que Dostoïevski décrit dans ses fameux Carnets de la maison morte. Peut-être vous souvenez-vous (ou pas, peu importe) de cette scène où un prisonnier juif célébrant le shabbat «feint» la tristesse la plus poignante en récitant les prières coutumières pour subitement, l’instant suivant,  éclater de la joie la plus exalté qui soit. Eh bien! Je crois que cette scène dépeint assez bien l’âme fascienne.

Le FAS bipolaire? C’est une interprétation plausible. Pour ma part, j’y vois une nouvelle esthétique, une forme d’exotisme intérieur.

Dommage qu’on ne s’intéresse pas vraiment à l’histoire du FAS. On saurait alors que le FAS est né spontanément lorsque, simultanément et à plusieurs endroits sur Terre : un individu louche pataugeant d’in trou d’bouette aperçu la lumière; un halluciné pris la décision d’être communiste pendant une journée ; un groupuscule terré dans un repère-labyrinthe et propulsé par l’alcool cheap décida de se dévoiler au grand jour afin de militer pour le retour du train dans une banlieue; le zepoulpe remplaça subrepticement les cadavres de nos aînés comme ingrédient de base du pablum. Qu’ont en commun tous ces événements sans lien apparent? Je dirais la déchéance achevée, la prophétie de la victoire finale et la totale acceptation de sa vanité. L’essence du FAS quoi!

Mais la chair est faible. Elle tend à succomber paresseusement au désespoir, elle se tourne alors vers de fausses idoles : «vérité», vie de famille, vidanges, V… C’est au plus sombre moment de son insigne existence, lorsque l’homo fascius croit n’être plus qu’une coquille vide que se manifeste en lui avec l’attirance d’un veau d’word qu’on embroche (veau d’or… non ? ah bon…) ce cri de pirate : FAS vaincra!

Alors pleurez mes amis, pleurez! Je sais que vous sentez alors plus que jamais cet appel qui tonne au fond de votre cœur, ce tropisme intérieur qui vous propulse vers les continents inexplorés. Pleurez, car je vous sais en train de vaincre…

Poufiasse, 26/01/2010 [Déprimer c'est ok, Vol de contenus]

« My drug addiction became the worst it has ever been, » he says. « I didn’t want to wake up in the morning any more. It was just too painful to keep on. »

For about a year he stayed in bed, wrestling the depressive side effects of hepatitis C medication. He stopped writing songs, playing the guitar, seeing friends.

« The good thing is that my life finally became so intolerable that I could no longer be bothered to go out and buy drugs, » he concludes with a parched cackle that shakes his wraithlike body. « As a consequence, in the last year and a half, a lot of good things have started to happen to me. »

source: Michael Dwyer (http://www.smh.com.au/news/entertainment/arts/still-the-boy-next-door/2008/10/31/1224956299409.html)

Bon, ça fait une bonne année déjà que je songe à recevoir pour Noël, c’est-à-dire caller un Noël des mal-aimés***. (suite…)

Chère Maman, (suite…)

Je n’ai pas d’idées précises, c’est plutôt une émotion, une intuition, une vague vision, que je développe, en tâtonnant; c’est que je n’ai pas de mémoire, pratiquement aucune, j’oublie tout, chaque détail, les raisons, les gens, leurs histoires, tout comme mes cours d’histoire, ma culture générale, les règles des jeux de cartes, les livres et films que je regarde, sauf ceux visionnés cent fois, encodés par la force. les visages me disent quelque chose, j’essaie de comprendre d’où ils me viennent, qu’est-ce qu’ils me signifient, il faut qu’on m’aide à me souvenir. Je ressens un vide cervical, dans ces moments là, il faut que je me frotte le dessus de la tête avec vigueur, comme pour stimuler quelque chose, ce qu’il reste, ce qui fonctionne encore. Est-ce que j’ai pris trop de drogue ? Est-ce ma tête qui cherche à me protéger de mes pires souvenirs, ou est-ce que j’ai juste trop bouffé de sandwichs emballés dans du papier d’aluminium ?! Comme ma grand-mère, vais-je finir sénile, alzheimer, radotant, inquiet et agressif. Je lis «un roman français» de Beigbeder, il parle justement de son amnésie, et comme moi, il en souffre. Puis il y a ces gens oubliés qui pensent qu’on se fous d’eux, que c’est par snobisme, par mauvaise foi, si on se souvient plus de les avoir frenchés en secondaire 4. pourtant ça n’a rien à voir, c’est comme s’il faut vraiment que ça brasse fort pour rester imprimé et si ça brasse trop, on l’oublie aussi. Ça me réconforte de ne pas être seul à oublier, je ne me souviens absolument pas de mon enfance et j’ai perdu des grands bouts de mon adolescence, alors il y a cette phrase tout de même qui a attirée mon attention et retenue mon approbation, dans la lecture du Beigbeder, elle parle de la musique, cette musique qui, profonde et hallucinante, sait mieux que n’importe lequel exercice de mémoire, faire remonter des vagues de souvenirs enfouies dans les abysses de ce drôle d’intestin crânien, où tout à coup des bribes de conversations ou d’émotions vives, reliées à un passé incertain, ressurgissent sans qu’on ne comprenne trop pourquoi tout à coup, ça y est… il est écrit «la musique reste mon véhicule temporel préféré, le plus rapide moyen de ruminer le passé : je suis convaincu que ma collection de 45 tours grésillants contient l’histoire dont mon cerveau m’a dépossédé.» Pour avoir souvent pleuré sans prévenir, à l’écoute de certains vieux tubes, je pense que c’est pas mal ça.

Amygdale, 16/11/2009 [Déprimer c'est ok]

Assis sur le rebord de mon lit, les mains devant le visage, je sanglote. Ma blessure est sans rémission, ma vie sans espoir, mon trouble sans accalmie. Ma plainte, si c’en est une, n’est perçue que de mon chat. Mes larmes ne mouillent que mes mains, cette lande stérile. Mes tremblements ne dissipent pas ma contrition; ma contrition ne jugule pas mes tremblements. Ma gorge est un noeud que je voudrais trancher d’un coup de dague. Je suis seul – ô combien triste et absolument seul – depuis des mois, des années, prisonnier d’un circuit dérisoire, passant par autant de tâches ingrates, saugrenues, inutiles. Je me bats, mais la lutte est vaine, je me rends et la guerre continue. Je suis tué et fragmenté. Je suis un gouffre de désespoir, un trou noir d’albédo zéro, et mon horizon est là où s’engouffrent les dernières lueurs.

La lumière est une onde
Comme ta chevelure blonde
Ou une particule
Comme tes yeux minuscules?

Las! Las! Las! Je ne me repais plus des lendemains qui chantent, car ils chantent tous faux! Tout m’est insupportable, abject, toxique. En un mot, c’est novembre.