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	<title>Les Annales du FAS &#187; Préparations au voyage vers Mars</title>
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	<description>Le site des sympathisants du Front d'Action Stupide pour un quotidien délirant</description>
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		<title>Vaincre et/ou mourir</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 22:22:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[Où l’aventure spatiale est parfois un peu ennuyeuse J&#8217;ai dit que j&#8217;avais pleuré un peu, une fois arrivé dans la demeure du vieil homme, parce que j&#8217;étais incapable d&#8217;articuler aucun mot en martien, mais la raison profonde est que je souhaitais me mettre un peu en scène, afin que l&#8217;on me prenne en charge et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Où l’aventure spatiale est parfois un peu ennuyeuse</p>
<p>J&#8217;ai dit que j&#8217;avais pleuré un peu, une fois arrivé dans la demeure du vieil homme, parce que j&#8217;étais incapable d&#8217;articuler aucun mot en martien, mais la raison profonde est que je souhaitais me mettre un peu en scène, afin que l&#8217;on me prenne en charge et qu&#8217;on me tire du bourbier dans lequel je m&#8217;étais enfoncé. Après tout, j&#8217;étais sur Mars, <a href="http://frontdactionstupide.net/pratique/preparations-au-voyage-vers-mars/comment-je-vis-la-datcha/">j&#8217;avais vu la datcha</a>, et puis mon imagination s&#8217;était tarie; qu&#8217;exiger de plus, au fond? Il s&#8217;agissait maintenant de ramasser deux ou trois cailloux et de rentrer au bercail.<br />
Je sais! Il existe des missions qui prévoient que les cosmonautes resteront toute leur vie sur la planète rouge, mais je ne suis pas de ceux-là. Je ne suis pas trop le type colonisateur.</p>
<p>Les policiers arrivèrent enfin, et ils se mirent à me poser des questions, auxquelles je m&#8217;efforçai de répondre comme je pouvais. À la question « d&#8217;où venez-vous? », je levai mon bras et pointai un minuscule point bleu dans la voûte céleste : « Je viens de la Terre, je suis ici en mission d&#8217;exploration ». Une policière prenait ces informations en note, tandis que tous semblaient déjà échanger des conjectures ou des avis sur la marche à suivre. Ensuite, on me fit m’asseoir sur un banc isolé dans le compartiment arrière d&#8217;une petite fourgonnette, jouxtant la banquette où s&#8217;étaient entassés les policiers, et nous revînment à T*. Je buvais de l&#8217;eau pour tâcher de survivre à la chaleur suffocante qu&#8217;exhalait le moteur du véhicule, situé sous la petite table au centre du compartiment, jonchée de casquettes de flics, tout en essayant de coincer mes pieds sous le siège, pour éviter de m&#8217;y brûler. La route étant cahoteuse à souhait, il fallait bien se cramponner.</p>
<p>Nous arrivâmes au poste de T* où j&#8217;aperçus D* qui m&#8217;attendait. Assis devant une minuscule cellule où moisissait un type en attendant qu&#8217;on lui paie sa caution, je lui racontai tout de mon enlèvement. Il me dit que je pouvais me conter chanceux d&#8217;être encore en vie, et à ces mots je sentis s&#8217;élever en moi quelques objections, que je réprimai cependant. L&#8217;attente fut longue, mais au moins il ne me harcelait pas pour que je chante <em>Le Temps des Cathédrales</em>, ce qui était dans ses habitudes.</p>
<p>Puis la séquence exacte des évènements m&#8217;échappe un peu, mais certainement on me fit entrer dans un bureau (au quatrième, il fallait claudiquer dans les marches jusque là) pour faire une déposition. D*, qui avait appris le martien dans le ventre d&#8217;un tigre, agissait comme traducteur. Il n’était pas impressionné par mon jugement et mon sens du discernement, et à mesure que je racontais mon histoire, j&#8217;entendis plusieurs « дурак » lui échapper, qui culminèrent en un « идиот! » bien senti. Et moi, je ne trouvais rien d&#8217;autre à faire que de regarder la policière qui notait tout, puis le policier arabe, et de mettre tout cas sur le compte de la légèreté de l&#8217;être. </p>
<p>Mais oui, il y a des Arabes sur Mars. À vrai dire, Mars est à peu de chose près indiscernable de la Terre, à part bien sûr la couleur rouge omniprésente, et le fait que la gravité est trois fois moindre.<br />
Comme dans ma déposition je mentionnais un ancien poste de contrôle transformé en dépanneur, que nous avions croisé au village avant de rejoindre la datcha, la préposée de nuit de cet établissement fut contactée et nous la rejoignâmes à un autre bureau. Il fallut remonter dans le bania mobile qu’était la camionnette pour se rendre à l’autre bout de la ville. Elle ne semblait guère enchantée de se trouver là et de me voir, mais on la priât de s&#8217;asseoir et de tracer un portrait-robot des jeunes qu&#8217;elle avait vus passer à son magasin la veille. Bien sûr, elle n&#8217;en avait gardé qu&#8217;un vague souvenir, aussi la tentative fut un échec. Puis, on m&#8217;invita à mon tour à m&#8217;asseoir pour tenter l&#8217;expérience.  </p>
<p>Tracer un portrait-robot n&#8217;est pas une mince affaire. Un phénomène de gestalt fait en sorte que, si nous fixons bel et bien notre attention sur les traits saillants d&#8217;un visage, il s’avère que ces traits ne sont saillants que dans leur contexte, de sorte qu&#8217;il est très difficile, par la suite, de les identifier à partir d&#8217;une banque de traits du visage. Des sourcils, des nez, des oreilles… À mesure que le portrait s&#8217;assemble, on a l&#8217;impression de déguiser une image mentale fuyante de postiches ridicules, puis le cerveau s&#8217;adapte et recompose son image à partir des nouveaux éléments du portrait, ce qui fait en sorte que les deux images – celle du souvenir et celle du portrait – dérivent lentement pour s&#8217;amarrer dans un point arbitraire de l&#8217;espace caractérologique. Le résultat que l’on obtient ressemble à un personnage de jeu vidéo comme The Sims. </p>
<p>Avec le sentiment d’avoir tout juste obtenu la note de passage, je passai à un autre bureau, où sur un écran je vis défiler la racaille juvénile de la ville de T*, pour tenter d’identifier ceux qui m’avaient enlevé, mais sans succès. Il commençait à se faire tard, et lorsque nous repartîmes en direction du village de V*, il faisait déjà noir. Arrivé là, impossible de rien discerner dans cet amas de masures cordées le long de routes impraticables, menant souvent à des marécages, où nous nous sommes presque enfoncés à deux reprises. Il fallu renoncer et revenir à T*.</p>
<p>Revenu à mon hotel, je n’avais que cinq heures pour dormir, et pourtant la nuit me paru longue. Bien qu’exténué la veille, je m’éveillai une heure d’avance, sans cadran-réveil.</p>
<p>De retour au poste, nous passâmes à la clinique, où on me fit un examen. Je dus me déshabiller devant tout le monde, et ainsi exhiber les centaines de piqûres d’insecte que j’avais sur le ventre et sur les cuisses. On constatât que j’avais l’œil droit injecté de sang et que j’avais saigné de l’oreille gauche. Mais l’ensemble semblait viable, alors ce fut de nouveau l’équipée vers le village de V*. Cette fois, nous sillonnâmes les chemins de façon quasi-systématique, interrogeâmes les gens au sujet de cette datcha, dont j’avais fourni une description assez détaillée. Puis nous nous arrêtions occasionnellement et le policier arabe, qui semblait m’avoir pris en sympathie, mangeait des baies rouges dans un buisson en me questionnant sur la flore de ma planète d’origine. Comme possédé de l&#8217;ours mangé la veille, je goûtai à ces baies : elles étaient pâteuses, sans goût bien défini, mais elles ne présentaient pas de difficulté de mastication pour ma mâchoire endolorie. Pour moi, il y avait drame et urgence, mais pour les flics, c’était une journée de travail, aussi je devais patienter sagement, tandis qu’eux mangeaient leurs galettes de graines de tournesol en discutant de tout et de rien. Enfin, après moult tergiversations et après que je sois retourné au site où je m’étais éveillé la veille, il fallut rentrer, les policiers jugeant sans doute que nous avions brûlé suffisamment de mazout. Là-bas aussi, le pétrole, c’est la puissance.</p>
<p>Les officiers supérieurs s’impatientaient, alors il fut convenu que j’écrirais une note dans laquelle j’abandonnais toute poursuite contre mes agresseurs, en échange de quoi j’obtins une autre note grâce à laquelle je pourrais prendre une navette et décamper de là. </p>
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		<title>Comment je vis la Datcha</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Sep 2011 19:58:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[Où je suis enlevé par des Martiens sur leur propre planète C’était par une splendide journée de la fin juillet, à T*, dans une coquette ville martienne aux abords de l’Etna. Je fus pris d’une extraordinaire envie de boire de la vodka et de déguster un plat d’ours, ce que mon ami D* (que tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Où je suis enlevé par des Martiens sur leur propre planète</p>
<p>C’était par une splendide journée de la fin juillet, à T*, dans une coquette ville martienne aux abords de l’Etna. Je fus pris d’une extraordinaire envie de boire de la vodka et de déguster un plat d’ours, ce que mon ami D* (que tout le monde croyait <a href="http://frontdactionstupide.net/pratique/preparations-au-voyage-vers-mars/le-non-dit-du-non-verbal/">dévoré par un tigre</a>, mais finalement c’est correct) m’avait promis. Nous partîmes donc, à bord d’un minibus délabré, jusqu’à une station à la frontière de la ville, d’où nous pûmes transiger avec un taximan la course pour nous rendre à un restaurant réputé pour ses banquets, où des serveuses en habits traditionnels vous apportent de succulents plats de gibier. Arrivés là-bas, nous nous installâmes à la terrasse, qui donnait sur un ruisseau, car oui, il y a de l’eau sur Mars, et où des enfants jouaient et des voitures passaient à gué, la route s’arrêtant là.<br />
Nous nous assîmes et commandâmes aussitôt des chachliks, et des chachliks royaux, des champignons dans la crème fraîche, du bortsch, du pain noir, du jus de kiwi frais, des pelminis d’ours et d’élan, et bien sûr, du vin et de la vodka, ainsi que le plat spécialement conçu pour et savamment nommé « tout pour la vodka » (всё под водочку). Ce fût un délice, mais je fus seul à boire la vodka, D ayant renoncé à ce spiritueux suite à des abus commis lors d’une sortie à la datcha avec des camarades de classe. Le tout se terminât par des glaces au miel et une partie de billard russe à laquelle je jouai seul, D n’étant pas un adepte de ce passe-temps qui, il faut le dire, est extrêmement ardu là-bas, la table étant plus grande et les trous, plus étroits, tellement plus étroits. Puis arrivèrent G*, le frère de D, et un ami. Ils dînèrent, puis après une seconde tentative infructueuse de mettre à profit ces baguettes et cette table gondolées, nous repartîmes en direction de T*, où G pût me déposer à mon hôtel.<br />
<em>Hostel </em>à vrai dire, où je téléversai les photos de mon dîner pour ensuite réaliser que, tout seul à 21h dans ma chambre, je m’ennuyais. Je décidai donc de sortir prendre l’air, histoire peut-être de prendre quelques autres clichés de la ville (et dans tous les cas, mû par la dialectique).<br />
Je rencontrai par hasard une grosse fille à un arrêt d’autobus, qui elle aussi devait s’ennuyer, et après avoir rapidement fait connaissance, nous entrâmes tous deux dans un taxi et filâmes vers la banque, où je retirai une importante quantité de liquide, puis nous nous dirigeâmes vers le lac Blanc, où se tenait une danse party. L’ambiance était parfaite et j’étais très satisfait, alors je commandai de la bière et but encore, dansai, but, vomit, me fit montrer la sortie et partit seul retrouver mon hôtel, ce que je parvins à faire on ne sait trop comment.<br />
Mais, arrivé là, je réalisai que je me trouvais en panne de cigarettes, alors je décidai aussitôt d’aller en chercher au magasin du coin. C’est là que je rencontrai une bande de jeunes qui buvaient de la bière, assis sur un banc en face des kiosques, de l’autre côté de la voie ferrée. Ceux-ci me demandèrent une cigarette, que je leur offris, puis je m’assieds avec eux et commençai à discuter. La proposition vint enfin d’acheter de nouveau quelques bières et de partir marcher dans la ville, ce à quoi j’acquiesçai, bien que j’eusse déjà bu pour, disons, une compagnie de lutins.<br />
Nous marchâmes, marchâmes, nous arrêtâmes à quelques endroits pour boire et recruter de nouveaux membres, et bientôt nous nous trouvâmes une demi-douzaine à déambuler dans la ville et à boire. À un moment, je réalisai qu’on m’avait subtilisé mon appareil photo. Je me mis alors à traiter ma compagnie de voleurs et piquai une crise d’ivrogne, tentant de les attendrir en soutenant que j’avais travaillé très fort pour gagner cet argent, dans la forêt, et qu’ils ne devaient pas me prendre pour un boyard ou un bankomat. À ma grande surprise, l’un d’eux partit et revint quelques minutes plus tard avec l’appareil, et moi, plutôt que de m’enfuir, je décidai de pardonner le méfait et de poursuivre mon aventure. Nous nous dirigeâmes alors dans un parc où nous prîmes des photos idiotes. Puis vint la proposition d’aller à la datcha, proposition qui à vrai dire planait déjà depuis un certain temps et pour laquelle je nourrissais un enthousiasme débordant. Il fallut faire un autre retrait, acheter davantage d’alcool et héler un taxi, puis nous décollâmes pour la campagne. </p>
<p>La route fut agréable, mais tortueuse, et que le diable m’emporte si je rappelle du chemin. Mais elle en valait la peine : enfin parût la datcha, une si coquette petite maison non loin d’un village, toute en bois avec son toit pentu rouge. De plus, elle était équipée d’un banya et d’un barbecue. Dans la cour se trouvaient également deux serres où on faisait pousser des fleurs et des légumes. À l’intérieur de la datcha, on trouvait, dès franchit le pas de la porte, un foyer en brique, puis à droite un comptoir avec un frigo; au fond, un escalier menant au deuxième, tandis qu’à gauche se tenaient une table ronde et un lit placé contre le mur. L’ensemble était décoré de tapisserie et d’artéfacts pittoresques et je ne me méfiais pas le moins du monde, hormis de ce type au crâne rasé en tenue sportive qui semblait parcouru d’impulsions violentes. J’engageai avec lui une brève conversation et prétextai devoir aider à transporter des bûches au banya pour me défiler.<br />
On trouvait ces bûches dans une petite cordée à l’arrière, accessible par un trottoir en bois. Mon chargement pris, j’entrai dans le banya, où déjà quelqu’un s’activait à alimenter le feu. Je déposai les bûches et en profitai pour jeter un rapide coup d’œil dans la chambre, où se trouvaient les bancs pour s’asseoir, ainsi qu’une demi-douzaine de plats en fonte laquée. J’avais pour ainsi dire vu la chambre secrète et atteint un des objectifs de mon voyage, et c’est le cœur plein d’enthousiasme que je retournai à l’extérieur, pris une photo de la datcha, discutai en martien avec un peu tout le monde, puis je rentrai pour continuer à boire.<br />
J’engageai la conversation avec un jeune homme à qui semblait appartenir la datcha, et dont j&#8217;ai oublié la teneur, mais il semble qu’elle portait sur la Sibérie et peut-être la généalogie. Cette conversation durât environ 15 ou 20 minutes, peut-être plus.</p>
<p>***</p>
<p>Mais ici il y a une césure, car on me frappa violemment à la tête, avec une bûche, puis on me pilonna le thorax des pieds, avant de me brûler la main avec une cigarette. Lorsque je m’éveillai le lendemain, je réalisai immédiatement, avant même d’avoir ouvert les yeux, que je me trouvais à l’extérieur et incidemment, dans le pétrin. J’espérai une fraction de seconde avoir dormi dans la cour de la datcha, une espérance évanouie en un clignement d&#8217;yeux. Je constatai que j’avais tout perdu, jusqu’à mes chaussettes, et en fouillant dans mes poches je compris qu’on m’avait également pris mon passeport. Mes pieds, à force de piqûres d&#8217;insectes, étaient tout boursouflés, à l’image de ma gueule, comme j’allais le découvrir plus tard. De plus, mes pantalons étaient détachés, ce qui me porte à croire qu’on m’a fait des choses innommables, mais ce n’est qu’une induction faite sur un cas spécial d’abduction.<br />
Donc, il fallut me lever et rattacher mes pantalons, et me diriger quelque part. Mais songez que je me trouve sur Mars, à 30 km de la ville la plus proche, en pleine forêt. D&#8217;abord, j’allai en direction d’un village, mais il s’y trouvait trop de clôtures, alors je rebroussai chemin. Comme j’entendais des bruits de machinerie sur ma droite, je m’y dirigeai, sans rien y trouver d’autre qu’une voie en terre battue, qui allait sans doute servir à construire une route. Comme cette terre molle était providentielle pour le vas-nu-pied que j’étais désormais devenu, et qu’elle semblait mener à un petit ruisseau, je m’y engageai. Après avoir bu au ruisseau, je rencontrai une paysanne, lui expliquai dans mon martien appris sur le tas que j&#8217;éprouvais des difficultés, ce qu’elle admit sans difficulté, et m’engagea à la suivre. Puis nous croisâmes encore une autre paysanne, puis un vieil homme, qui m’invitât à me rendre chez lui. Le vieil homme habitait avec son fils dans une cabane en bois rudimentaire. Il m’invitât à m’assoir, m’offrit à manger et à boire. Il me donna également une paire de vieilles sandales. Je mangeai, bu, pleurai un peu, car j’étais ému, épuisé, et je souffrais du dépit d’être incapable d’engager la conversation.<br />
Puis ce fut l’attente et les policiers arrivèrent. La suite consiste uniquement en une quête vaine de retrouver la datcha, qui était vraisemblablement disparue comme par enchantement, ou pour mieux dire, téléportée.<br />
Et c’est ainsi que je fus enlevé par des extra-terrestres sur leur propre planète.</p>
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		<title>De la Place à la planète rouge</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Aug 2011 16:28:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[Premier jour d’un voyage sidéral On dit que le temps passe plus vite dans l’espace, mais c’est une erreur : confiné à ce petit compartiment cahotant dans les espaces évidés du cosmos, il semble que rien ne ressemble davantage à une heure qu’une autre; rien ne rappelle tant une conversation qu’une autre, rien n’est aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Premier jour d’un voyage sidéral</p>
<p>On dit que le temps passe plus vite dans l’espace, mais c’est une erreur : confiné à ce petit compartiment cahotant dans les espaces évidés du cosmos, il semble que rien ne ressemble davantage à une heure qu’une autre; rien ne rappelle tant une conversation qu’une autre, rien n’est aussi néantisant, en somme, que le néant lui-même. Et j’ai perdu toutes mes bases de russe, ce qui fait que je suis réduit à les regarder manger des graines de tournesol et boire de la vodka dans des contenants hermétiques. </p>
<p><a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/263210_10150318441624134_533019133_9224352_4535303_n.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/263210_10150318441624134_533019133_9224352_4535303_n-225x300.jpg" alt="" title="263210_10150318441624134_533019133_9224352_4535303_n" width="225" height="300" class="aligncenter size-medium wp-image-4005" /></a></p>
<p>Pourtant, ce temps mort est bienvenu, car tout s’est déroulé si vite dans les dernières semaines : après un rude entraînement dans les Rocheuses, à des altitudes où l’oxygène se raréfie, j’ai mis la main sur une combinaison et une fusée, le tout en un temps record, à faire rougir Koroliov, puis j’ai réuni mon équipe et nous avons décollé, sans même prendre le temps de nous arrêter à la Station Spatiale Internationale. Qu’ils aillent se pendre, ceux-là, s’ils le peuvent. Nous, on file vers Mars, vers la Planète rouge, l’œil sur l’objectif. En ce moment, je ne peux m’empêcher de ressentir un brin de mépris envers ceux et celles qui rêvent d’hôtels sur la Lune, ou qui pensent déjà à explorer d’autres systèmes solaires. Vraiment, tout pour fuir la réalité!</p>
<p><a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/283498_10150325121034134_533019133_9295293_1634450_n.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2011/08/283498_10150325121034134_533019133_9295293_1634450_n-300x225.jpg" alt="" title="283498_10150325121034134_533019133_9295293_1634450_n" width="300" height="225" class="aligncenter size-medium wp-image-4007" /></a></p>
<p>Mais quel équipage! On ne sait parfois plus où suspendre son jugement. Et de regarder des revues de bagnoles! Sacrés Russes. Je ne peux pas leur en vouloir; d&#8217;abord, il faut chasser l’ennui, et d’autre part, il est évident qu’un jour, Mars sera une banlieue de la terre, avec ses centres d’achats et ses parkings, et on aura besoin de chars. Tout d’abord, il y aura de gigantesques serres, et comme Bradbury l’a bien compris, la vie y prendra tous les tours de la vie sur un ranch. Puis, dans 350 ans je dirais, on pourra y circuler avec des masques à gaz, et ce sera comme dans n’importe quelle métropole, somme toute. Et lorsqu’enfin l’air y sera respirable – dans 10 000 ans –, nous en aurons déjà fait une planète de plastique, un gigantesque dépotoir mauve et lilas. Nous serons alors en route vers une quelconque exoplanète. Mais (mais!) ce n’est pas demain, ce n’est pas demain. Il faut patienter, tuer le temps comme on peut. </p>
<p>Je crois que je vais aller fumer une clope dans le sas. </p>
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		<title>Entraînement terminé</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Nov 2010 22:30:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[« La certitude consiste à connaître sa destination alors même que toute résistance a cessé ». - Sévère de Bourret-Marais Voilà maintenant plus de trois ans que je m’entraîne pour me rendre apte à l’aventure spatiale. Je me suis astreins à une rude discipline. J’ai assemblé une à une les composantes nécessaires à mon voyage [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« La certitude consiste à connaître sa destination alors même que toute résistance a cessé ».<br />
- Sévère de Bourret-Marais</p>
<p>Voilà maintenant plus de trois ans que je m’entraîne pour me rendre apte à l’aventure spatiale. Je me suis astreins à une rude discipline. J’ai assemblé une à une les composantes nécessaires à mon voyage – la combinaison, la rampe de lancement, et, juste au moment où j’allais me décider à employer la méthode de propulsion d&#8217;Ilia Kabakov, l&#8217;élastique, j’ai réussi à mettre la main sur une fusée sans pareille, un vrai petit bijou que j’ai aperçu au détour d’une route de campagne, me dirigeant vers le chalet d’A*C*V*. Imaginez : elle servait d&#8217;emblème au dépanneur du coin. En ce qui concerne les modules martiens, je compte m’en dispenser. La marche à pieds, il n&#8217;y a que ça de vrai.</p>
<p>Adieu, eskers, swompes, lochs et glaciers<br />
J’embarque pour Mars, mon visage émacié<br />
Prêt pour un voyage de cinq cents jours<br />
Je n’attends plus que le compte à rebours</p>
<p>J’ai nommé ma fusée Darogaïa, ma « chère ». Avec elle, auprès d’elle, en elle, je parcourrai sans crainte les quelque 335 millions de kilomètres qui me séparent de mon objectif (24/09/2010 13:20). Le voyage sur Mars est une entreprise de haute voltige, qui comporte une dimension de métaphysique expérimentale. </p>
<p>***</p>
<p>J&#8217;entre dans un bureau où sont déjà assis un homme et une femme. Ils s&#8217;affairent à remplir un formulaire, celui que me tend l&#8217;homme en cravate, qui me demande de m&#8217;asseoir et de le remplir à mon tour. Entre un autre homme, puis la séance commence.<br />
« Personne n&#8217;a jamais rêvé de devenir vendeur d&#8217;assurance », commence l&#8217;homme en cravate, « étant petit, nous voulions devenir médecins, ou astronautes&#8230; »<br />
Il poursuit son briefing sur la vente d&#8217;assurance chez I.A., un job qui selon lui offre le meilleur des deux mondes, j&#8217;entends celui du salariat et de l&#8217;entreprenariat. Un autre homme arrive en plein milieu de la séance. L&#8217;homme à cravate l&#8217;invite à s’asseoir, puis poursuit « nous vous avons donné un document avec une adresse et un code, ils donnent accès à un questionnaire destiné à évaluer vos qualités de détermination et de courage, essentielles au métier que nous exerçons ». L&#8217;homme arrivé au milieu de la séance prend la parole et affirme qu&#8217;il s&#8217;est trompé d&#8217;endroit, il doit y avoir un malentendu, etc. L&#8217;homme à cravate l&#8217;interrompt et l&#8217;enjoint de quitter les lieux sans s&#8217;étendre en explications. </p>
<p>J&#8217;en profite pour me demander pourquoi je suis là, moi-même. Je croyais venir à L* pour passer une entrevue afin d&#8217;obtenir un poste d&#8217;agent de service à la clientèle, et j&#8217;avais oublié pour quelle institution financière, mais ce n&#8217;était pas l&#8217;I.A. Ce devait être la R*B*C*. Oui, c&#8217;est ça. Mais je me suis fait avoir, car les locaux de l&#8217;I.A. sont situés dans l&#8217;immeuble de la RBC. Enfin. Ce que je veux dire, quand je demande « ce que je fais là », cela a un sens plus profond. Cela touche à quelque chose de plus intime et de plus lointain à la fois.</p>
<p>Je sors de cette entrevue songeur, en me remémorant ces mots « détermination, courage&#8230; astronaute. » Retournant vers la gare d&#8217;autobus, je prends le boulevard Terry Fox, puis j&#8217;oblique à travers un petit boisé menant à un gigantesque bâtiment en tôle grise. Je passe par le stationnement arrière et me dirige vers l&#8217;entrée, où je peux successivement lire, écrit en gros caractères sur l&#8217;immeuble, « centre des sciences de L* », « camp spatial » et enfin, « cosmodrome ». J&#8217;entre. Je passe devant la billetterie sans payer (j&#8217;ai des privilèges) et je m&#8217;enfonce, avide, dans le coeur de cette exposition peuplée de maquettes et de géants métalliques véritables, dont l&#8217;impressionnant réacteur que l&#8217;on peut voir au fond, sur cette image.<br />
<a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/11/YP_3589.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/11/YP_3589.jpg" alt="" title="_YP_3589" width="340" height="226" class="aligncenter size-full wp-image-3205" /></a></p>
<p>Je m&#8217;informe sur tout et rien, je m&#8217;introduis dans une reproduction d&#8217;un module de la station spatiale internationale, où l&#8217;on peut faire l&#8217;expérience de la désorientation que provoque l&#8217;apesanteur. On doit monter sur une plaque posée devant un mur. Sur ce mur se trouve une surface concave parsemée de points multicolores. En appuyant sur les deux boutons d&#8217;une manette, l&#8217;ensemble se met à tanguer et à tourner, tandis que l&#8217;on doit fixer un point au centre de la surface picotée&#8230; À un moment, nous dit le guide audio, nous devrions sentir que c&#8217;est non plus le mur, mais nous qui tournons.</p>
<p>Je m&#8217;approche ensuite d&#8217;un groupe suivant un guide posté devant une combinaison spatiale. Il insiste sur la ressemblance entre la semelle des bottes d&#8217;astronaute et celle des N* <em>air</em>. Je me dirige immédiatement vers l&#8217;autre guide, qui explique à un groupe de jeunes du secondaire, appuyés sur une rampe encerclant une reproduction de Pluton, pourquoi ce corps céleste a déchu de son titre de planète. </p>
<p>Éduquons. Pour être une planète, un corps doit:<br />
a) être sphérique b) tourner autour du Soleil<br />
c) avoir un axe orbital stable</p>
<p>Pluton satisfait aux conditions a) et b), mais est pris en faute à la troisième condition. En effet, Pluton possède un satellite qui, de sa surface, paraît six fois plus grand que notre Lune. Ce satellite exerce une telle attraction sur Pluton que celle-ci est carrément entraînée par son propre satellite! Un ado perplexe maintient pourtant sa position: « elle est pas une planète, parce qu&#8217;elle est trop p&#8217;tite! » C&#8217;est ça, avoir relativement raison.</p>
<p>Mais je quitte bientôt ce deuxième groupe pour me diriger vers le « camp d&#8217;entraînement », où sont stationnés certains des équipements destinés à mettre à l&#8217;épreuve les cosmonautes et surtout une réplique de la navette Endeavour.<br />
<a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/11/YP_3663_Petit.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/11/YP_3663_Petit.jpg" alt="" title="_YP_3663_Petit" width="340" height="243" class="aligncenter size-full wp-image-3206" /></a><br />
Je contourne l&#8217;appareil, et j&#8217;aperçois bientôt un escalier menant à une porte grande ouverte qui mène au cockpit. Personne à l&#8217;horizon. COMMENT RÉSISTER?!?<br />
J&#8217;entre. Voilà des sièges (3) posés devant des écrans. Voilà une porte, qui mène à la verrière et au nez de l&#8217;appareil. J&#8217;ouvre. Il y a des casques à l&#8217;intérieur. J&#8217;en saisis un avec des phares sur les côtés. Je songe à un larcin, mais je réalise rapidement que c&#8217;est impossible. Je repose le casque et reviens dans la cabine, où j&#8217;aperçois des vêtements posés sur des tablettes. Serait-ce&#8230; Non! Pas possible! des combinaisons d&#8217;astronaute!<br />
Et je suis entré sans payer, donc sans passer au vestiaire, donc sans y laisser mon sac&#8230;</p>
<p>Je regrette de ne pas avoir pris la salopette qui va avec, mais ça aurait vraiment trop fait colis suspect. Peut-être une autre fois. En attendant, je me sens, dans ma veste (c&#8217;est plutôt un <em>top </em> bourré de velcro en fait), à un pas plus près de Mars. Je peux maintenant répondre à ce questionnaire pour devenir vendeur d&#8217;assurance sans la moindre crainte.<br />
<a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/11/cosmonaute1.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/11/cosmonaute1-216x300.jpg" alt="" title="cosmonaute1" width="216" height="300" class="aligncenter size-medium wp-image-3241" /></a></p>
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		<title>Le non-dit du non-verbal</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Aug 2010 21:48:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>17/12 > Nous voici à quelques lieues de Yakutsk, prisonniers d&#8217;un jour blanc qui dure depuis plusieurs heures. Sans doute avaient-ils torts, ceux qui niaient l&#8217;existence du corps. S&#8217;ils niaient une chose telle que cette main, assurément ils ignoraient qu&#8217;il peut se trouver un état de chose derrière la porte d&#8217;un congélateur, et que cette chose peut vivoter momentanément. Pourtant, aujourd&#8217;hui, je serais tenté de leur donner raison. Car qu&#8217;est-ce qu&#8217;une main comme ma main, bleue, roide, inepte? Une main qui passe son temps sous une aisselle n&#8217;est pas une main.</p>
<p>- Дай мне банку, пожалуйста. Я проголодался. </p>
<p>Je passe la boîte de Zepoulpe à Dmitri, qu&#8217;il ouvre à l&#8217;aide de son couteau de poche. Le contenu en est cryogénisé. Par chance, nous avons réussi à réchapper un Hibachi et une bouteille de butane de l&#8217;écrasement de notre Antonov. Grâce aux parois de neige érigées autour de notre camp de fortune, il arrive à produire une flamme suffisamment persuasive pour cuire des aliments. Je doute cependant que nous puissions tenir plus de deux jours dans ces conditions.</p>
<p>Dmitri engloutit la dernière tentacule embrochée à la pointe de sa lame. Son regard est livide, ses gestes sont ceux d&#8217;un animal à sang froid, lents, économes. Il porte à sa bouche un peu de neige, qu&#8217;il fait fondre lentement, puis, après gargarisme, il aspire l&#8217;eau en pinçant les joues. Cette tempête pourrait durer plusieurs jours. Je prends quelques instants pour prendre conscience du fait que mon collègue m&#8217;est inconnu. Certes, nous avons fait une partie de l&#8217;entraînement ensemble, mais, somme toute, tout ce que je sais à son sujet, c&#8217;est qu&#8217;il a une étrange difformité au visage, qu&#8217;il est originaire de T* et qu&#8217;il joue gardien de but au foot. Or, il me semble que quelque chose a changé dans sa physionomie, dans sa posture. Le dos courbé, il a périodiquement de ces étranges spasmes qui lui font arquer les épaules, accompagnés de pincements des lèvres. J&#8217;ai l&#8217;étrange sentiment qu&#8217;il va se transformer en gallinacée. Soudain, son pied botte la truelle, qui s&#8217;en va virevolter contre mon <em>rücksack</em>, tandis que lui se projette contre la paroi du campement, haletant, poussant d&#8217;étranges gémissements. Me voilà pris de stupeur, seul avec lui dans cet espace confiné qui pourrait être un module spatial.</p>
<p>- Que se passe-t-il, Dmitri?</p>
<p>Aucune réponse. Il a le souffle court et des plaques rouges sur le visage. Ce doit être le mal cosmique. Il tend le bras dans ma direction, ou plutôt vers l&#8217;ouverture de l&#8217;abri.</p>
<p>- т&#8230; т&#8230; тигр! ТИГР!!!</p>
<p>Je me retourne et j&#8217;aperçois un superbe spécimen de tigre de Sibérie à deux pas du campement. Que fait-il là, perdu en plein blizzard? Je n&#8217;ai pas le temps de me poser cette question idiote que déjà, la conserve de Zepoulpe voltige dans sa direction. Voyant que le félidé s&#8217;y intéresse, Dmitri en profite pour prendre la poudre d&#8217;escampette. Mieux vaut affronter une mort certaine par le froid qu&#8217;une mort certaine entre les crocs d&#8217;un fauve. Je cours, cours, cours. J&#8217;entends le bruit du souffle et des pas de Dmitri se faire de plus en plus sourd, lointain&#8230;</p>
<p>***</p>
<p>Mars, on y va pour ses paysages cyclopéens, on y reste pour ses microorganismes. Mais les stations spatiales, qu&#8217;ont-elles de si intéressant? Cela représente un travail d&#8217;entretient continuel; toujours des boulons à resserrer, des modules à ajouter, quand ce n&#8217;est pas l&#8217;habituel protocole de manipulations d&#8217;enzymes. Et je suis là en train de ressouder cette cellule photovoltaïque, mais était-ce bien cela que j&#8217;étais venu faire? Quelle était le but de cette sortie, déjà? Quel était la mission de ce vol, au juste? Où sont mes camarades? Partis: la navette a disparu. Alors, lentement, je me détache de la station. Je dérive en tournoyant dans l&#8217;espace, sans but. La station n&#8217;est rapidement plus qu&#8217;on objet distant très brillant. Je sens que je prends de la vitesse; le vertige m&#8217;envahit jusque dans les artères. Ma combinaison se réchauffe, elle s&#8217;embrunit. Mes gants prennent feu: j&#8217;entre dans l&#8217;atmosphère terrestre. Je peux voir les flammes m&#8217;envelopper tandis que dans la combinaison, je suffoque. Je n&#8217;en ai plus que pour quelques secondes à vivre avant de me désintégrer dans l&#8217;atmosphère. La chaleur monte, monte&#8230;</p>
<p>- Он просыпается.</p>
<p>Autour de moi, des ambulanciers s&#8217;affairent. J&#8217;entends le ronronnement des hélices de l&#8217;hélicoptère médical. Je parviens tant bien que mal à sortir mon bras de la couverture thermique dont on m&#8217;a emmitouflé. Je respire enfin.</p>
<p>- А где Дмитрий? </p>
<p>Aucune réponse.</p>
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		<title>Faire un cosmonaute de soi</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Apr 2010 14:18:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="640" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/Q_xVXQCrPxQ&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/Q_xVXQCrPxQ&#038;hl=fr_FR&#038;fs=1&#038;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="640" height="385"></embed></object></p>
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		<title>Une mission spatiale simulée</title>
		<link>http://frontdactionstupide.net/pratique/vol-de-contenus/une-mission-spatiale-simulee/</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Mar 2010 01:10:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mysterious</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>
		<category><![CDATA[Vol de contenus]]></category>

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		<description><![CDATA[﻿Des thèmes « espace ». Le LME aurait-il financé la publication de cet ouvrage éducatif ? Amygdale en  serait-il secrètement l&#8217;auteur ? Et surtout, qui d&#8217;autre aurait pu écrire aussi triviale poésie: Projets expériences démarche scientifique développement des compétences domaines généraux de formation résolution de problèmes mission simulée rapports de laboratoire astronomie aérospatiale primaire secondaire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><a href="http://www.marceldidier.com/catalogue/1364.html">﻿Des thèmes « espace ».</a></p>
<p style="text-align: left;">Le  LME aurait-il financé la publication de cet ouvrage éducatif ?</p>
<p style="text-align: left;">Amygdale en  serait-il secrètement l&#8217;auteur ?</p>
<p style="text-align: left;">Et surtout, qui d&#8217;autre aurait pu écrire aussi triviale poésie:</p>
<p>Projets expériences démarche scientifique développement des compétences domaines généraux de formation résolution de problèmes mission simulée rapports de laboratoire astronomie aérospatiale primaire secondaire.</p>
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		<title>Le double insu</title>
		<link>http://frontdactionstupide.net/pratique/preparations-au-voyage-vers-mars/le-double-insu/</link>
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		<pubDate>Wed, 03 Mar 2010 17:00:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[02/10. Des tests, des batteries de tests. Dès cinq heures, je m&#8217;éveille. Le protocole de mise à l&#8217;épreuve d&#8217;un l&#8217;oligonucléotide expérimental s&#8217;enclenche aussitôt. Celui-ci a été élaboré afin d&#8217;éviter l&#8217;embonpoint de l&#8217;espace, trop fréquent dans ces modules exigus, où l&#8217;activité physique est limitée. On me colle tout d&#8217;abord des électrodes, 9 en tout, sur les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>02/10.  Des tests, des batteries de tests.  Dès cinq heures, je m&#8217;éveille.  Le protocole de mise à l&#8217;épreuve d&#8217;un l&#8217;oligonucléotide expérimental s&#8217;enclenche aussitôt.  Celui-ci a été élaboré afin d&#8217;éviter l&#8217;embonpoint de l&#8217;espace, trop fréquent dans ces modules exigus, où l&#8217;activité physique est limitée.  On me colle tout d&#8217;abord des électrodes, 9 en tout, sur les chevilles, les bras et la poitrine.  Puis, sous l&#8217;oeil imperturbable du docteur A. R. L*, des auxiliaires me piquent dans les bras, les cuisses, sur les flancs et sous l&#8217;ombilic, soit pour m&#8217;injecter le sérum &#8212; ou le placebo, je l&#8217;ignore et les auxiliaires également.  Je dois ensuite demeurer immobile, en position semi-inclinée, pendant six heures, sans manger ni boire.  À chaque demie-heure, un prélèvement sanguin est effectué à partir d&#8217;un cathéter inséré dans mon bras.  Enfin, on inspecte les sites d&#8217;injection. Une infirmière me palpe, notant la moindre induration.</p>
<p>- Это больно?<br />
- Нет, не больно.</p>
<p>Ensuite, le premier repas du jour.  Les portions sont calibrées en fonction de mon indice de masse corporelle.  Interdiction de partager.  Je porte un bracelet muni d&#8217;une puce magnétique me permettant de me déplacer dans le laboratoire, soit pour aller à la toilette, soit pour aller au salon, mais il est impossible de quitter le bâtiment, même pour une courte marche dans l&#8217;enceinte.  Je dois me satisfaire des rayons obliques qui entrent par la fenêtre du salon.  La seule chose à faire, pour passer le temps, est de se familiariser avec l&#8217;équipage.  Par exemple, il y a ce Roumain, S*, qui tient absolument à me faire connaître Miles Davis.  Pour moi, il représente un curieux mélange de virilité latine et de brusquerie slave.  Il ne croit pas à la notion de degré.  Jusqu&#8217;ici, j&#8217;ai réussi à l&#8217;éviter en me réfugiant auprès d&#8217;un Britannique amateur de films d&#8217;espionnage de série B, mais ce dernier a été transféré dans une autre équipe.  Il a donc fallu que je fasse la conversation avec le Roumain, qui à vrai dire, ressemblait davantage à un interrogatoire prenant rapidement des proportions métaphysiques.  Il insistait pour que je lui dise la vérité sur tout.  Lassé, je lui ai demandé « what is truth ? » Il m&#8217;a alors répondu « Truth is what we think ».</p>
<p>09/10. En faisant des tests, les psychologues ont découvert chez moi une nouvelle forme de synesthésie, qu&#8217;ils nomment la synesthésie du touché miroir.  Lorsque je vois quelqu&#8217;un se blesser, je ressens de la douleur au même endroit.  Ce n&#8217;est pas de l&#8217;empathie, mais une réaction instantanée et pour ainsi dire mécanique de mon cerveau, due à l&#8217;élagage atypique des connections synaptiques de ma circonvolution fusiforme.  Rien de particulièrement inquiétant, mais les médecins ne peuvent s&#8217;empêcher de vous faire sentir que la moindre anomalie pourrait compromettre votre départ: « nous allons nous consulter ».  S&#8217;il savaient que je me fiche de leur programme!  Car en effet, vous le savez, j&#8217;ai décidé d&#8217;aller sur Mars par mes propres moyens.</p>
<p>13/10. Test de la cabine de pilotage avec L*, la copilote.  Française, elle a l&#8217;hypertrophie du jugement.  Du coup, elle me tape. « Elle est un peu petite, cette carlingue, non ? » Et aussi « ça me saoule tous ces boutons », ou encore « tu comptes vraiment apporter ce chat dans l&#8217;espace ? »  Mais il faut bien admettre qu&#8217;elle a un sens de l&#8217;orientation à toute épreuve : que le vaisseau se mette à virevolter dans tous les sens, elle ne perdra pas de vue son sextoy.</p>
<p>19/10.  C&#8217;est mardi, le temps est frais, mais ensoleillé.  L&#8217;air est léger et la vue, dans cette plaine Sibérienne, porte à l&#8217;infini.  Premier exercice d&#8217;apesanteur en vol parabolique.  Étrangement, ce qui s&#8217;annonçait comme un exercice de familiarisation s&#8217;est avéré être une curieuse expérience d&#8217;aliénation somatique.  Alors que nous commencions à léviter, j&#8217;ai senti un fort vertige, qui s&#8217;est rapidement résorbé.  Mais, pendant environ 20 secondes, je me suis mis à voir <em>derrière moi</em>&#8230; comme si j&#8217;avais pivoté à 180 degrés, mais sans bouger!  Je pouvais voir L* jubiler en se voyant flotter dans la soute.  Je n&#8217;en ai pas parlé aux médecins, ni à L* d&#8217;ailleurs.  J&#8217;ai passé la soirée à écouter des documentaires sur le paranormal, seul dans mon appartement de Chtchiolkovo.</p>
<p>Je ne sais pas ce qui m&#8217;attend dans les prochains jours.  Peut-être la centrifugeuse, peut-être le confinement ou la piscine.  J&#8217;ai entendu dire que les Russes suivaient un entraînement commando; ça ne sera pas une sinécure. Bah!  Après tout, ce sera comme les scouts.  On mangera des conserves gelées et, dans le pire des cas, j&#8217;y laisserai un orteil ou deux.<br />
<a href="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/03/Le-double-insu-p81.jpg"><img src="http://frontdactionstupide.net/wp-content/uploads/2010/03/Le-double-insu-p81-230x300.jpg" alt="" title="Le double insu p81" width="230" height="300" class="aligncenter size-medium wp-image-2750" /></a></p>
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		<title>LE COURRIEL DU FUTUR.</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 18:56:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Poufiasse</dc:creator>
				<category><![CDATA[L'improbable missive]]></category>
		<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[La chaleur est insoutenable, contraste évident avec les froids polaires qui sévissent a l&#8217;extérieur de mon scaphandre spatio-cosmique, de même qu&#8217;avec le fait que je sois plus près de l&#8217;équateur que de quelque pôle que ce soit. Pourquoi ai-je accepté de faire ce voyage? Suis-je vraiment la seule personne qualifiée pour identifer de possibles sources [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La chaleur est insoutenable, contraste évident avec les froids polaires qui sévissent a l&#8217;extérieur de mon scaphandre spatio-cosmique, de même qu&#8217;avec le fait que je sois plus près de l&#8217;équateur que de quelque pôle que ce soit.<span id="more-2259"></span></p>
<p>Pourquoi ai-je accepté de faire ce voyage? Suis-je vraiment la seule personne qualifiée pour identifer de possibles sources d&#8217;eau potable sur Mars? 1/4 de pouce, une mesure si infime, mais pourtant la raison qui m&#8217;a conduit j&#8217;usqu&#8217;ici, à quelque 80 millions de kilomètres de chez moi, quand on est chanceux. Je me demande comment vont les plantes?</p>
<p>Un 1/4 de pouce, bordel. Si A* avait pu entrer dans le scaphandre spatio-cosmique, je serais toujours dans la province du Canada à <em>cruncher</em> des algorithmes. D&#8217;autant plus que le voyage l&#8217;emballait beaucoup plus que moi, au départ.</p>
<p>La vue est splendide cependant. À chaque deux heures, j&#8217;ai envie de m&#8217;exclamer : &laquo;&nbsp;regardez-moi ce canyon!&nbsp;&raquo;. Mais bon, j&#8217;ai décidé de me taire pour la postérité. Je me demande si ces spatio-courriels sont aussi confidentiels qu&#8217;ils me l&#8217;assurent. Jusqu&#8217;ici, mes seules paroles sur Mars ont été : &laquo;&nbsp;Roger, Roger&nbsp;&raquo;, prononcé à la française, ce qui fait toujours marrer Ilyouchkine du centre de liaison ( il a étudié à Paris). Je me demande si Ilyouchkine lit mes courriels ?</p>
<p>Là je me dirige vers une formation géologique qui a drôlement la forme d&#8217;une bouteille d&#8217;Orangina (les petites). Il me faudra quelques heures pour avoir suffisamment de temps d&#8217;exposition, et après, je devrais être de retour à Rawdon pour souper, à moins qu&#8217;Ilyouchkine ne me refasse le coup de la fenêtre spatio-cosmique fermée. Quand il me la sort celle-là, j&#8217;ai toujours l&#8217;impression qu&#8217;il me parle des chakras de C* et ça m&#8217;est difficile de le croire. Sacré Ilyouchkine!</p>
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		<title>Excuses diplomatiques</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Jun 2009 14:06:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Amygdale</dc:creator>
				<category><![CDATA[Préparations au voyage vers Mars]]></category>

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		<description><![CDATA[Guy Laliberté, tu es un imbécile. Tu es un être profondément ignorant et stupide, bête, plat, absolument indigne de la conquête spatiale. Je n&#8217;en reviens toujours pas: refuser un voyage dans l&#8217;espace sous prétexte que les navettes russes sont un peu usées! Quel abruti! Ne sais-tu pas que les navettes américaines ont plus d&#8217;une trentaine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Guy Laliberté, tu es un imbécile.  Tu es un être profondément ignorant et stupide, bête, plat, absolument indigne de la conquête spatiale.  Je n&#8217;en reviens toujours pas: refuser un voyage dans l&#8217;espace sous prétexte que les navettes russes sont un peu usées!  Quel abruti!  Ne sais-tu pas que les navettes américaines ont plus d&#8217;une trentaine d&#8217;années?  Voilà bien un symptôme de superstition populacière de l&#8217;ordre de la psychologie de lavandière.  Tu n&#8217;es qu&#8217;un guignol de boulevard puissance mille.  </p>
<p>Guy, tu as des montagnes d&#8217;argent: puisses-tu t&#8217;y creuser un trou et n&#8217;en plus jamais sortir, car ta seule existence est une gêne pénible pour le cosmos en entier.  Ah non!  Je ne veux rien entendre, c&#8217;est trop de chagrin, trop de douleur, trop de honte.  J&#8217;aime mieux ma nausée.</p>
<p>Pardon, pardon amis Russes!  Pardon Baïkonour, pardon Laïka, Belka et Strelka, pardon Youri, pardon Tsiolkovsky, Korolyov, pardon à Soyuz, Proton et Energia, nous sommes tous abattus, navrés devant cet incompréhensible &#8211; mais ô combien trop explicable &#8211; bourde.  Nous promettons de veiller à ce que M. Laliberté demeure captif de son cirque, sous le chapiteau de la stratosphère, car aujourd&#8217;hui il est une gêne même pour le Soleil.</p>
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