à la relecture du horla, pas lu depuis mon adolescence, j’éprouve non plus un simple sentiment de terreur, mais un agréable sentiment de complicité et de soulagement. les premières 20 pages me parlent directement, elles font allusion à ces moments où sans raisons concrètes l’angoisse monte en flèche dès le coucher du soleil, moments nocturnes où les comportements irrationnels et les terreurs enfantines me piochent la tête. cette angoisse, la même qui, lorsque je m’éveille couvert de sueur, me fait allumer une veilleuse dans la cuisine et la salle de bain, me tient en éveil jusqu’à l’aube en me torturant l’esprit avec mes problèmes, mes doutes, mes échecs. l’individu néfaste, se faire égorger ou étouffer, se faire observer, juger, triturer comme des doigts sales sur un bouton d’acné. j’y pensais aujourd’hui, assis dans mon bureau cloisonné, en tapotant le clavier d’ordi. ce bureau sordide, de ville d’anjou, où sur le boulevard Louis-Hippolyte Lafontaine je suis payé temporairement un prix surévalué à saisir des données assez inhabituelles. nouveau prix circulaire en vigueur le premier février: cerveaux bleus en jujube, 4.95$ le paquet…
Je suis passé par ici
Je me suis gratté
la pierre de la roche
Ou comment jouer avec la signification divergente des mots français et québécois.
CQFD : une blonde en français est une cigarette et une petite amie en québécois
Je craque une allumette et me brûle les doigts en allumant ma blonde.
Elle me réchauffe de son doux souffle velouté.
Ses volutes sensuelles partent en fumée et dansent dans le vent.
Je roule ma blonde sur les chemins de traverse et apprécie sa sollicitude dans ma solitude.
Je la fume par les deux bouts, rend ses cendre à la terre mère et garde l’éphémère plaisir d’une vie passée à ses cotés.
- Ding-dong! [La porte s'ouvre] Bonjour madame, vous allez bien?
- Bien je vais, Fabien
- N’ayez crainte, brève sera mon incursion en votre domicile
Un grand chapeau j’ai, mais sous ma redingote, point de missile
- … D’une telle pensée, j’avoue que j’étais loin
- Je suis représentant des Huskies de Rouyn
- Oui, cela se voit à votre écharpe, certes
- Vous savez que l’aréna sera bientôt ouverte?
- Je ne suis pas sans en être avisée
Puisque depuis ma fenêtre j’ai supervisé
Depuis un an le chantier et le vacarme…
- Eh bien le 24 enfin, elle déploiera ses charmes
Aux fans dont j’assume que vous faites partie
Et si je me trouve devant votre portique aujourd’hui
C’est pour que, comme tous vos voisins, sans hésiter
Vous bénéficiez…
- Mais c’est mon chum qu’il faut consulter
- Parfait! Je vous montre si fait de quoi il s’agit
On verra bien ce qu’on en dit
Voyez ici, 5 fois des 2 pour 1 sur les entrées
Ça fait d’emblée $75 d’économies
Voilà qui couvre déjà le prix du forfait
Et vous permet d’inviter vos amis
- Mais c’est plus mon chum qui est fan…
- Il n’y a pas de « chum » qui tienne, madame
De l’autre côté de la carte, les rabais pour le resto
Ne me dites pas que dans cette ville de pauvres
Vous n’aimez pas de temps en temps le repos
Qu’au retour de la mine votre chum dans l’alcôve
Ne mérite pas une sortie et un 2 pour 1 sur la bière
- Mais justement, de son patron il reçoit des billets gratuits
Et vos arguments ne m’émeuvent pas plus qu’une pierre
- Mais c’est parfait! Faites-en présent à Noël puis
Envoyez vos parents dans la chambre d’hôtel que voici
Où ils pourront dormir deux nuits pour le prix d’une
- Mais « 2 pour 1 », vous semblez n’avoir que cela en tête
- C’est vous qui, avec votre pierre, de faire deux coups d’une
M’avez suggéré l’idée. Comme je n’y suis pas pour la quête
Dites-moi à quel nom je dois inscrire le forfait
Nous prenons comptant, chèques, débit et crédit
Et je vous laisse mes coordonnées, ainsi
Si dans votre entourage il s’en trouve des jaloux
Qu’ils m’appellent et je soulagerai leur courroux
Traduction libre de СОВЕТСКИЙ МИРНЫЙ ТРАКТОР , par Igor Baïkov.
Je vais parler d’un fait évident:
Sur les rives de l’Amour, en de vastes champs
Se trouve notre tracteur soviétique
À portée de six batteries asiatiques
Un salve frappe, les munitions criblent
Mais le conducteur a toute sa tête:
Il appuie sur les freins, et n’est plus cible
Au coeur d’une fumée de salpêtre
Le tracteur se braque contre l’ubac
Et du coup, l’agresseur, en guise de réplique
Pour nous inspirer la crainte du combat
Frappe d’une salve de missiles tactiques
Et notre conducteur, le capitaine Litvino
Regarde la carte et enclenche la nitro
Bombarde tranquillement Pékin
Puis s’engage en une courbe, serein
Au-delà de l’Amour il éteint le réacteur
Pour ne pas effrayer les chèvres et les moutons
Volant dans le ciel, nos fiers tracteurs
Enfin se ravitaillent en leur canton
Si l’ennemi à nouveau s’essaie
À troubler les récoltes fastidieuses
Sur ordre express de l’URSS
Nous envoyons les moissonneuses-batteuses!
Haikus are easy
But they don’t always make sense
Refrigerator
les coquins mordent le rein
les coquets vivent de rien
mes coquelicots
fracassés contre la coque
« Yeah, you know…
Il avait une grosse coq. »
Sans faire dans la dentelle +
La tondeuse me coupera les cheveux =
Mohawk accidentel
Toute cette Terre abattue
Me donne envie de jouer au pénis.
En double
Parkeur,
Ambianceur,
Moutonnier,
Dolotière,
Faux-type,
Sap-sap,
Bailleur,
Contrôle des plantes!
tu aimes les fleurs et tu leur coupes la queue
je sais que tu m’aimes, j’avoue j’ai peur un peu.
Cent trente deux quatre
Cent trente deux quatre
Communiquez
À mon maître Amygdale, cela va comme suit…
Tu vas vers le boulot
Quand j’embrasse le goulot
Quand tu prends le métro
Moi, je prends l’apéro
Continent de plastique, polymère atoll
Golfe persique et du Mexique
Rutilants de sombre opal, pétrole
Laque des eaux toxiques
Marre du fioul, des plottes à gaz
Le kérosène jouissant des bas-fonds
Sucé sous les nappes – extase
Souille de sa nocturne pollution
Là un pélican d’envergure
Que le poids courbature
Couvert de mazout
De son goitre en entonnoir
Contre les séraphins noirs
Sors un cri qui dégoute
[Par Ensemble de chaises à]
Le précariat triomphant
Les samares me smashent dans face
Une épidémie de bronzage
Frappe au Jean Coutu
Je retire lentement le vélo du support
Et l’enfourche, mains sur le guidon
Roulant déjà, car de prime à bord
Je n’ai rien à faire dans cet endroit bidon
Je vois que sur moi recule une voiture
Prestement, m’aplatissant presque
Je souffle un mot contre sa voilure
Un petit «hep» poussé par réflexe
Mais le chauffard, sûr de son droit
Me fait bravade dans son miroir
Gaiment, je lui montre un doigt
Reprenant aussitôt ma trajectoire
Le voilà qui m’invective, tant
Et si bien, que je me retourne;
Il n’en fallait pas tant
Pour qu’il sorte de sa minoune
Il s’approche, résolu à m’affronter
Aussitôt qu’il m’atteint, me pousse
Et moi je riposte, effronté
Bien loin d’en vouloir à cette gousse
Et vlan! et re-vlan, c’était donc ça
Que tu voulais, me frapper
Depuis le départ, et en-deçà
De ma mâchoire un brin disloquée
Le voilà qui se retourne, penaud
Croyant m’avoir fait comprendre
Mais je ne laisserai pas le salaud
Sans la monnaie de sa pièce, lui rendre
Entre-temps une fille en courant
Se pointe, qui m’enjoint à déguerpir
Mais j’ai encore un argument
En entre-met à lui servir
Mon pied visite son arrière-train
Violemment; voilà sa pitance
Cela me coûte encore quelques pains
Que je déguste en silence
Las! C’en est assez, allons-nous-en
Je n’y suis pas pour apprendre aux voyous
Le code de la route, et ces enfants
Savent mieux que moi porter les coups
Je reprends ma bécane, toujours calme
Et je repars tranquillement, vers
Un endroit plus poli, un coin plus alme
Pour mettre à l’endroit, cette histoire en vers.
C’était valonneux.
Un vallon, on pourrait dire que ce n’est rien d’autre qu’un long trou entouré de montagnes, mais ce serait mal connaître la susceptibilité des gens de la région de Thetford Mines lorsqu’on parle de trous…
La mine, ce n’est pas franchement ce qui est impressionnant : ça, c’est un gros trou sans ambition. Ce qui l’est par contre, ce sont les immenses tas de roches sortis au cours du dernier siècle de pelletage et qui jonchent la région à la manière de mastodontes inanimés. Une pelletée pour un lingot.
Mais Saint-Pierre-de-Brougthon, où on s’est réunis pour une festivité champêtre, n’est pas un trou. Non. C’est un beau petit village de 800 habitants, sis au fond d’un vau et peuplé de gens sympathiques dont certains sont presque ouverts d’esprit.
C’est dans cet environnement bucolique que nous prîmes pied, un jour de septembre pour y rencontrer de la boisson et des gigots que je m’apprêtais à faire en méchoui. SPDB est situé quelque part dans Chaudière-Appalaches, entre la Beauce et la région de Thetford.
Lorsque je me suis enquéris auprès de la caissière du dépanneur pour savoir si on était bel et bien en Beauce, elle s’est arrêtée de vendre des gratteux une seconde, s’est retournée vers moi et m’a dit d’un drôle d’air : « Ça, personne ne le sait…. » (En fait, elle a plutôt dit quelque chose comme « Chat, parchone le chavent », mais on se comprenait moi pis elle.) Ensuite, elle a rajouté : « Moi, si j’étais vous, je ne poserais pas trop cette question-là aux alentours… » (Moiche, chi ch’tais toé, je chierais pas trop dans ces champs-là »).
Reprenant nos denrées et poursuivant notre chemin, nous rencontrâmes deux vieillards qui discutaient :
- Ouais ben, je peux-tu dire qu’on a pris une sacrée rince hier soir?
- Mets-en !
- Entre toi pis moi, je me suis réveillé à matin pis QUELQU’UN avait chié dans mes culottes !
- Ça, ça se fait pas.
- Je peux pas te dire qui c’était, sauf qu’il aimait vraiment le maïs.
On a finalement pas posé la question et continué notre chemin.
Une amie, fort cultivée et intéressante – comme il en faut dans un chalet conçu pour recevoir un maximum de sept personnes lorsqu’on est treize, – tomba sur un recueil de poèmes de Rimbaud. S’exclammant bruyamment toute seule dans le noir d’un salon attenant, nous la priâmes de venir partager avec le groupe le résultat de ses lectures. Elle entreprit donc de nous lire Le sonnet du trou du cul de Roger Rimbaud (ou était-ce Kevin?). Ça donnait ceci :
Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu’au bord de son ourlet.
Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l’autan cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s’en aller où la pente les appelait.
Ma bouche s’accoupla souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.
C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !
Charmés devant tant de magie, nous soupâmes en paix en méditant la profondeur des mots de ce grand homme.
Ah oui ! Les gigots étaient parfaits.
Contexte
Comment faire valser la langue jusqu’à ce qu’elle ait le tournis et qu’elle nous remercie nous vomissant au visage ? Voici quelques indices.
Une figure de style se répand au Québec comme la gangrène autour d’un membre gangrené. Elle consiste à s’amuser avec les mots en substantivant des verbes et en les accolant à des compléments du nom insolites. Dans ce style, un chanteur québécois nous avait déjà proposé un chic barbouilleur de parchemin. On a trouvé ça charmant, sans savoir que le trépas stylistique approchait.
Vous penserez subitement à ce conteur québécois, F* P*, qui est tombé dans ce MSG poétique quand il était petit. Il titille notre imaginaire et nous fait voyager dans des contrées lointaines à l’aide d’expressions telles que parcourreur d’extraordinaire. Je croyais à un phénomène isolé jusqu’à tout récemment, alors que je fus interloquée par l’utilisation de cette même figure par un documentariste à qui je dois un grand respect. Il m’a servi un sillonneur de paysage, dans une prononciation allongée et complaisante. Si bien qu’hier, en me réveillant, une interjection me prit d’assaut ; « Parcelle de soleil ! » m’écriais-je. Ça y était : j’étais sous l’emprise des enfirouapeurs de merveilleux.
Il nous faut connaître cette figure de style de l’intérieur pour mieux la combattre. Voici pourquoi je vous propose ce jeu. Certains d’entre vous penseront peut-être: « c’est une renfrogneuse d’initiatives, une enliseuse de liberté ! » À vous je réponds : « Vous n’êtes que des pas gameux de jeux d’enfant »
À vous de jouer
Instructions : Parmi la liste suivante, choisissez un verbe, transformez-le en substantif, et joignez-le à un complément du nom.
Ex : Lessiveur de poulardes
Verbes
Lessiver
Brandir
Tergiverser
Inonder
Éternuer
Raidir
Compléments du nom
De vinasse
De poignées de portes
D’individus prépubaires
De poulardes
De rimbambelles
De choux-fleurs pourris
De mondes cosmiques
De craque de boules
…
La famille des courges,
avec les mouches en quadrille,
se plaît à en découdre
et à partir en vrille.
…
Les galets du chemin,
tournent toujours le dos,
à ce qui les à vu naître,
à ce qui les garde au chaud.
…
Les asperges se rassemblent,
au grand dam des lucioles,
qui se frottent le ventre,
mais préfèrent les fagots.
…
Les laitues cessent
immédiatement d’être belles,
à l’arrivée des tortues,
qui les prennent d’assaut.
…
Les tomates se gonflent et se font pansues,
dans l’unique but de se montrer plus grosses
que la citrouille ou la pomme ou du moins la voisine,
parce que, pour une tomate, être grosse c’est aussi être vue.
…
Devant chez moi, deux obèses défient les règles de la triviale poésie :
Côté Ouest de la rue
Accotés sur le hood
Deux obèses se tâtent
Les poignées d’amour
Parkés en parallèle
Bumper à bumper
![]()
Biom biom biom biom biom
(Frout-frout)
Biom biom biom biom biom
(Frout-frout)
![]()
Cui-da dui-ka da-cui
….. ||| …. \\\ …….
Pouit pouet poulet
(Frout-frout) : da?
![]()
ama em te elav
mus ogre otigoc
irev muligis xelpmis
Frout-frout?
lol
Je me demande quoi faire, ou ne
Pas faire; me trouver une pitoune
Qui me cuisinerait de la sloune?
L’appeler « chouchoune », ma poupoune
Embaumant la guidoune
Dans son Barbourjacke en doudoune?
Mais elle serait un peu nounoune
Et une fois devenue toutoune
Elle me ferait la baboune
Dans ses gougounes.
Alors, je lui chanterais la toune :
«Es-tu tombée su’a noune ?»
Je partirais sur une balloune
Au volant d’une vieille minoune
Transhumant comme un Pachtoune
Moi qui n’est pas une moumoune
J’irais me faire griller les foufounes
Aussi loin que je peux, tiens: à Oune
Le poulpe, qui n’a pas de sang, et enchevêtre
dans le creux des rochers son noeud de tentacules
en changeant ses couleurs, je le hais…
Ion, fragment.
J’ai fait un petit montage inspiré par les séries éliminatoires!
http://i402.photobucket.com/albums/pp109/mordicus23/HigginstueLucic.jpg
Lorraine Ipsum dolor sit amet,
consetetur sadipscing elitr,
sed diam nonumy eirmod tempor invidunt ut labore.
Glané sur un gabarit de newletter sur le site d’un fournisseur de courriéleur gérant des envois massifs, cette triviale poésie m’a semblé émaner un puissant effet d’inquiétante étrangeté. Dans une démarche tout aussi étrange, j’ai ajouté les virgules et permuté « Lorem » pour « Lorraine ».
À consomer en HD, sinon les poils du chest se confondent dans une mer de pixel c’est alors qu’on rate l’essentiel!
Une pelote de l’aine
Si grosse en effet
Qu’une fois écorchée
Puis tannée
On eu pu en couvrir
L’armure d’un guerrier;
Fût-elle blonde
Jason lui-même
L’aurait jalousé
J’y ai ouvert les cuisses
Et l’ai renvoyée aux vers
Ceinte à son désir favori
Empalée sur un grigri
Sur ta panse ondulante recouverte
D’un épais lainage de sphaigne verte
Tel un chat je te masse et sur toi me meus
Au coeur de la taïga, tourbière tu m’émeus
C’est fatal; les remous de ce grand lit d’eau
Attisent, par sympathie, mon indolente libido
Soudain tu perces sous mes pas somnambules
Et le sang afflue dans mes ventricules
Alors, me voilà fait, pris comme un cierge
Mon nez à hauteur d’un sabot de la vierge
Non que je répugne à ce milieu humide
Ou que me gêne son atmosphère torride
Je souffrirais bien une nuit sa pestilence
Pour voir les feux follets ses flatulences
Mais je crains fort que l’instant d’un spasme
Ait suffit à m’étreindre à jamais en ses miasmes
Bel oasis, mais je trouve un peu tristes
Tes méphitiques répliques à cet oaristys!
(Je ne puis me mouvoir et me sens m’engloutir
En ce poème, qui ne trouve pas l’heur d’aboutir)
Horreur! Qu’est-ce qui, outre cette succion de plotte
S’agrippe à ma jambe et tire sur ma botte?
Serait-ce une momie blottie au fond du bassin
Voulant m’entraîner dans son tombeau abyssin?
***
J’aurais pu y périr, mais une décharge crépitante
M’a téléporté hors de cette boue palpitante.
QUOI de plus trivial et stupide, au fond, que l’amour, la mort, la liberté et le divin? La triviale poésie, en se privant de ces thèmes, ne cherche-t-elle pas à se sublimer d’une certaine façon, à se faire jouir par strangulation?
Y a des moments comme ça… On sait pas trop pourquoi…
Tu es là, je te « voix » mais tu ne m’entend pas.
L’œil invisible qui guette le chasseur… La proie qui glisse entre les tes doigts…

Ne te fait pas douleur, reste avec moi j’ai froid.
petit exercice de diction pour analphabètes, en un seul verbe.
Un urubu barbu
Chut su’l sue
sous le d’sous
d’bras d’Barbara
tête en bas
T.H.C* et autres critiques grasses
Dis-moi petit pot de leurres.
Quand te dé-petit-pot-de-leurreras-tu?
Je me dépetitpotdeleurrerai tout à l’heure!
*Théories Humanistes Cohérentes
Comme maintes baies séchées
Les bleues, au creux de ma main
Sont entre toutes mes préférées;
C’est pourquoi j’en prend huit chaque matin
Puis, réconcilié avec le mobilier
Devenu chat, nature animalière
Je sors, et va comme l’écolier
Faire dans les rues l’école buissonnière
Je caresse les arbustes, j’épie les bosquets
Je fais mon Liban de cette haie de cèdres
Mes jardins suspendus de ce joli bouquet
Et tout mon quartier devient un polyèdre
Gemme aux milles aspects
Dé roulant sur ses faces
Grand Œil de l’insecte
Temple de Samothrace
Prenant soudain conscience
Des tyrannies de la faim
Pour satisfaire ma panse
Je dois stopper en train
Comme par bonheur,
Se trouve là une beignerie,
Aussitôt, j’entre en sueur
Lupus dans une bergerie
M’approchant du comptoir,
Sachant pourtant que j’ai tors,
Je fonde tous mes espoirs
Sur la pensée d’un mol tore
Combien de choix! Combien de saveurs!
Je ne puis un instant mon appétit différer
Qu’aux baies l’on me gâte, par faveur!
Je demande les bleues, mes préférées
Je jette encore un coup d’œil
Vers la frange bleutée des vitrines
Une fleur en plastique je me cueille
Qui rappelle la robe d’une ballerine
Te quittant fontaine, vieillard étique
Et croissant lustrés, je m’enfonce
Dans cette obscurité magnétique
Vers une énigme absconse
Ici, nul article d’un bonheur occasionnel
Mais grondement du métro sempiternel
À la noirceur des lieux je m’accoutumai
Plus vite qu’un toucan que l’on eut déplumé
La lumière me parvient par la fissure svelte
Wie für Kepler unter seinem sternen Zelt
Et comme lentement la lune pour lui se dessine
Dans la pénombre, ce décor que je devine :
Là des sacs de plastiques
Sans doute une poubelle
Ici des tablettes métalliques
Remplis de mauvaises nouvelles
Plus loin, des caisses renforcées
Dont reluit la serrure
Et des chariots alignés
Sur leurs roues peu sures
Une décharge en contrebas
Puis, un escalier vers l’étage
L’arrière boutique d’une Casbah ?
Non, les égouts du quartier chinois…
Un barbu un peu crépu mais, pas du tout poilu, marchait nue dans la rue…
Oh! S’il avait su que des gens à l’esprit tordu, voir obtus et même incongru, disaient de lui qu’il était un troue-du-cul il ne l’aurait sûrement pas cru.
Faut dire qu’au chant du turdus, il connaissait bien Monsieur Pointue par le biai de sa bru.
Je tente ici de rester «politicaly correct» pour éviter de me retrouver sous les projectiles tirés à partir d’une vielle Lincoln noir immatriculé «GOUV» fuyant en trombe vers l’on ne sait ou! (peut-être vers la zone 51 à PortCartier ou Nataskwan)
Sunglasses in the dark
In my eye the spark
Oh, baby! I’m a shark
Graffiti lu dans un autobus de planteurs à Ogoki, dans le nord de l’Ontario. Je repense à ce poème régulièrement et je soupçonne Amygdale de l’avoir composé.
Calcul erroné
Fracture du péroné
T’as mal fait tes maths
T’en subit les aftermaths
Tu te dis qu’ça s’fait tout seul
Pis c’est là qu’tu pètes la gueule
Yo
Man
Chill
Out™
Tu veux sauter les étapes
Mais y’a comme un gap
Entre un escalier
Pis un catwalk
D’un ou deux pieds
Que t’as dans l’plât’e
Yo
Man
Chill
Out™