J’ai déjà fait de la kétamine. Comme je suis une chaise, voire plusieurs, pour moi, faire de la kétamine, ça veut dire qu’il y a déjà eu de la kétamine qui a touché ma peau de plastique. Donc vous comprendrez que, pour moi, la drogue d’humain ce n’est pas très efficace. À la place, je regarde des trucs comme ça :
« Sans jamais y consacrer plus de temps que nécessaire, le Front d’action stupide mène, dans la fiction et dans la réalité, un combat pour un quotidien délirant qui se poursuivra jusqu’à la victoire. »
- Mjack
[Par Ensemble de chaises à]
Le précariat triomphant
Les samares me smashent dans face
Une épidémie de bronzage
Frappe au Jean Coutu
Cette émission de radio canada me tape sur les nerfs, mais je ne peut parfois m’empêcher de l’écouter, à la fois pour meubler le silence et pour mieux la mépriser. De toutes les chroniques à y être présentées, celle de monsieur Truc est de loin la plus retardée. Qui, à l’écoute de la chaine nationale, a réellement besoin de savoir qu’en y ajoutant un peu d’eau, il est possible de ré-humidifier nos fruits secs trop secs plutôt que de les jeter?
aujourd’hui cependant Monsieur Truc atteint des sommets en terme de délire auto-ironique, avec l’approbation amusée de l’animatrice, qui laisse ainsi croire qu’elle trouve le concept de l’émission qu’elle anime complètement handicapé mental.
Le sujet aujourd’hui: comment organiser un super party surprise à notre mère. La manière d’éloigner la mère en attendant que les invités arrivent, et se cachent pour le « surprise »: envoyez-la magasiner à la place versailles suivre un atelier de réflexologie interpersonnelle (!!!)
enfin, je crois l’avoir entendu, je confirme demain une fois la baladodiffusion de l’émission mise en ligne.
L’autre jour, en furetant sur mon blogue préféré – après les Annales du FAS, bien sûr – je suis tombée sur un charmant petit article portant sur les sentiers battus en ville par le passage répété des humains. J’ai été tout de suite interpellée, étant moi-même fascinée depuis longtemps par ce phénomène qui incarne si bien la silencieuse révolte quotidienne des citoyens ordinaires contre un pouvoir municipal qui se borne obstinément à leur bloquer le passage.
Petite parenthèse : dans mon quartier, une affirmation beaucoup plus manifeste de ce droit de passage se fait sentir : les trous dans les clôtures. Avec le CN, c’est devenu depuis quelque temps une véritable saga. Chaque fois que le CN referme les trous, un petit malin s’amuse quelques semaines plus tard à ouvrir de nouveaux passages pour permettre aux bonnes gens de traverser la voie ferrée. Le CN en devient aussi psychotique qu’André Serouille : au lieu de rapiécer avec des morceaux de clôture normale, ils referment dorénavant les trous en entremêlant sur place un fouillis absolument chaotique de tiges, de tubes et de grillages de métal, comme pour faire comprendre aux gens : « Attention! Un fou dangereux a soudé cette clôture. Imaginez ce qu’il pourrait vous faire si vous essayez de traverser. »
Pour en revenir aux sentiers battus, il se trouve que ce phénomène porte un nom : desire path est le terme utilisé pour la première fois par Gaston Bachelard en 1958 dans son livre La poétique de l’espace, pour nommer un sentier tracé naturellement par l’érosion due au passage des humains ou des animaux, et qui représente habituellement le chemin le plus court ou le plus facile pour se rendre d’un point A à un point B.
Étrange, puisque Georges Bachelard est français, que je n’arrive à trouver nulle part sur Internet le terme français pour desire path. J’ai cherché en vain sentier du désir, puis chemin du désir, mais tout ce que j’ai trouvé, ce sont des références à des sites sur la spiritualité, l’ésotéristme ou la thérapie sexuelle, et pire encore, des poèmes d’amour publiés sur des pages personnelles.
En anglais, on dit aussi desire line ou social trail. Bien que dans une ébauche concernant l’architecture et l’urbanisme, Wikipédia propose comme traduction le terme ligne de désir, le terme me semble assez pauvre par rapport à desire path, et connote encore trop à mon goût la sexualité – ça me fait penser à la ligne de poils qui relie chez certaines personnes le nombril au pubis.
Depuis, j’ai essayé trois fois d’emprunter La poétique de l’espace à la grande bibliothèque. Chaque fois, plus un seul exemplaire n’était disponible. C’est là que j’ai réalisé pour la première fois l’effet « battement d’ailes du papillon » de la blogosphère.
Finalement, je crois que je vais simplement me résoudre à faire ma petite recherche sur Gaston Bachelard sur Wikipédia et citer son travail dans mes prochains textes de démarche artistique sans jamais avoir lu un seul de ses livres.
http://yvettesbridalformal.com/index.htm
Un lien volé sans scrupules sur Lève ta jupe.
C’est toi, c’est moi, c’est nous autres ; c’est :
Mr Freedom!!!
Le LME aurait-il financé la publication de cet ouvrage éducatif ?
Amygdale en serait-il secrètement l’auteur ?
Et surtout, qui d’autre aurait pu écrire aussi triviale poésie:
Projets expériences démarche scientifique développement des compétences domaines généraux de formation résolution de problèmes mission simulée rapports de laboratoire astronomie aérospatiale primaire secondaire.
Au moment de sa parution, en 2007, j’ai eu envie de publier sur les Annales du FAS – avant d’en faire la lecture, bien entendu – une critique de l’essai Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? de Pierre Bayard. Même si l’espèce de contre-mise en abime que j’imaginais revêtait pour moi un caractère fascien très à-propos, je fus interrompue dans mon élan lorsque j’aperçus lors d’une visite chez mon père – ce lecteur invétéré – un exemplaire de l’ouvrage en question sur la table du salon. Fait étrange, alors que mon père fréquente assidument la bibliothèque municipale, il n’achète jamais de livres ; cependant, il avait acheté celui-là, et insista pour me le prêter. Je lus donc Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? avec voracité – il fut pour moi une révélation – et j’abandonnai aussitôt mon projet d’article sur les Annales.
Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? est un ouvrage que je vous recommande fortement. Néanmoins – je sais que votre temps est précieux – je vais vous en épargner la lecture en faisant ici un petit résumé basé sur la table des matières – un truc vieux comme le monde évidemment préconisé par l’auteur pour savoir parler des livres que l’on n’a pas lus.
Dans le premier chapitre, Pierre Bayard évoque différentes manières de ne pas lire, outre celle de ne jamais ouvrir un livre, en se basant sur quatre catégories : les livres que l’on ne connaît pas, ceux que l’on a parcourus, ceux dont on a entendu parler et enfin, ceux que l’on a oubliés.
Il nous place ensuite devant certaines situations où nous pourrions être contraints – peut-être parce que le livre en question est censé être connu de toute personne cultivée ou pire, parce qu’il a été écrit par l’ami se trouvant devant nous – de s’exprimer sur des livres que l’on n’a pas lus : dans la vie mondaine, face à un professeur, devant l’auteur du livre ou encore avec l’être aimé. Si l’on est mal préparé, ces circonstances délicates risquent parfois de mettre notre réputation en danger.
Pour parer à cette éventualité, Pierre Bayard nous présente la bonne conduite à tenir : ne pas avoir honte, imposer ses idées, se permettre d’inventer le contenu des livres et, plus que tout, savoir parler de soi. Il conclut que la meilleure façon de parler des livres que l’on a pas lus est enfin de devenir soi-même créateur.
J’ai moi-même tiré les meilleures leçons de cette conclusion. Depuis la lecture de ce livre, j’ai poursuivi deux projets importants dans ma démarche artistique et dont la conception avait été fortement influencée par des idées émises par l’écrivain Jorge Luis Borges dans des livres que je n’avais pas lus.
Vous connaissez déjà mon projet de cartographie subjective. Je n’avais pas osé vous le dire, mais je n’ai même pas la moindre idée du titre du livre dans lequel Borges aurait pu émettre l’idée d’une cartographie de la Terre à l’échelle 1 : 1.
Mon autre projet, Les étoiles de Babel, constitue une réflexion sur la nature de l’art imprimé – mon médium de prédilection. Basé sur une série de vingt-cinq linogravures circulaires de petit format inspirées de l’imagerie spatiale – les étoiles, les galaxies, les constellations – il se développe selon un processus de création inspiré de la Bibliothèque de Babel imaginée par Borges : une vaste bibliothèque contenant tous les livres possibles écrits au hasard à partir d’un alphabet de vingt-cinq caractères.
Dans Les étoiles de Babel, j’identifie les matrices gravées aux caractères typographiques composant les livres de la bibliothèque – le motif des étoiles se prêtant à la démesure des possibilités. À l’image des livres de la bibliothèque, imprimés par un assemblage de caractères de plomb sur une presse typographique, j’établis, dans Les étoiles de Babel, des processus combinatoires me permettant de générer – théoriquement – toutes les estampes possibles à partir d’un « alphabet » de vingt-cinq matrices gravées. En variant les encrages et l’ordre d’impression des matrices, j’imprime une multitude d’estampes différentes, comme autant de vues par télescope d’un paysage spatial imaginaire.
Lors de ma dernière exposition, une journaliste locale me demanda de préciser le lien entre mon projet et la nouvelle de Borges à laquelle j’avais référé. Comme je vous disais, je n’avais jamais lu La bibliothèque de Babel, ni, soit dit en passant, aucun autre livre du même auteur. Tout ce que je savais, grâce à Wikipédia, c’est qu’il s’agissait d’une bibliothèque imaginaire de taille gigantesque contenant tous les livres de 410 pages possibles écrits au hasard avec le même nombre de signes provenant d’un alphabet vingt-cinq caractères. Pour moi c’était amplement suffisant. Je croyais qu’une fois une idée lancée dans l’univers, il appartenait à chacun de se l’approprier et d’en faire usage comme bon lui semble.
Mais madame la journaliste ne voyait pas la création du même oeil et s’attarda au fait qu’il n’y avait que 25 lettres dans cet alphabet et que selon elle, c’était une incohérence puisque notre alphabet en comprenait 26. Bafouillant, j’avançai que Borges était portugais, ou plutôt argentin, que peut-être son alphabet n’avait que 25 lettres et que de toutes façons, c’était à lui qu’il fallait demander pourquoi il avait choisi ce nombre de lettre pour les livres de sa bibliothèque, pas à moi. Moi, j’avais fait un ciel étoilé, pas une bibliothèque.
En mon for intérieur, je me dis que la réponse à la question de la journaliste était peut-être dans la nouvelle et que pour éviter l’embarras, j’aurais sûrement dû la lire avant d’y référer dans mon texte de démarche. Après tout, ce n’était qu’un petit texte d’une demi-douzaine de pages, tout au plus – ça ne pouvait pas être si pénible que ça à lire.
Quelques mois plus tard, j’empruntai donc Fictions, le recueil dans lequel se trouvait La bibliothèque de Babel, à mon ami Mysterious. Je lus la nouvelle qui m’intéressait et quelques autres, pour enfin comprendre les motivations profondes qui avaient poussé Pierre Bayard à écrire Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? Il y a des livres comme ça qu’il est inutile d’avoir lus, tout simplement parce qu’ils sont trop plates. Cela dit, loin de moi l’idée d’enlever à Borges ce qui appartient à Borges. « Après l’avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. » (Claude Mauriac) Mais je savais maintenant que n’avais pas besoin d’avoir lu La bibliothèque de Babel pour m’en inspirer. L’idée de la bibliothèque, telle une petite graine, s’était implantée dans mon cerveau, y avait germé et s’y était développée comme une entité autonome, indépendamment de la plante-mère, dans le terreau de ma pensée. La bibliothèque de Babel n’avait plus besoin de Borges.
Borges lui-même serait d’accord, j’en suis sûre, lui qui croyait que certains livres, bien que basés sur des idées géniales, ne valaient même pas la peine d’être écrits. Il alla même jusqu’à déclarer, en prologue à Fictions : « Délire laborieux et appauvrissant que de composer de vastes livres, de développer en cinq cents pages une idée que l’on peut très bien exposer oralement en quelques minutes. Mieux vaut feindre que ces livres existent déjà, et en offrir un résumé, un commentaire. »
Je comprends maintenant mieux les tendances mystificatrices dans l’écriture de Mysterious.
Quoi de plus naturel que de s’emparer de l’identité de Spirit Duplicata pour publier un article sur les Annales du FAS ? C’est tout à fait dans la lignée des projets chéris de Poufiasse « poutine sur Poutine » ou « lancer une cenne noire dans la face de la reine ». Ou encore de cracher dans la bouche de quelqu’un.
MIAMI – Des fidèles, qui ont suivi une pratique présentée comme conforme à une religion traditionnelle africaine par un homme de Miami, sont tombés très malades après avoir ingéré le mucus d’un escargot géant africain, perdant du poids et sécrétant d’étranges grosseurs dans le ventre.
Les autorités fédérales américaines ont perquisitionné en janvier chez Charles Stewart, après avoir reçu des plaintes. L’homme n’est pas poursuivi au pénal mais les procureurs et les agences nationales et fédérales de l’environnement ont ouvert une enquête, l’escargot géant africain étant interdit aux Etats-Unis sans autorisation spéciale.
Les experts estiment que cette espèce dévaste les nouveaux écosystèmes dans lesquels elle s’installe. Sa taille peut atteindre les 25,4cm de long. Il est même capable d’ingurgiter du plâtre. Hermaphrodite, ce type d’escargot produit spermatozoïdes et ovules et peut donc se reproduire tout seul.
Charles Stewart a expliqué au « Miami Herald » ne pas avoir eu d’intention de nuire, ces escargots étant utilisés chez lui lors des cérémonies de guérison. Son mucus contient en effet des substances qui seraient utilisées en pharmacologie.
Je vous ai manqué?
Poufiasse, lors d’une entrée récente, s’interrogeait sur le temps nécessaire à laisser passer avant de pouvoir (de nouveau) faire des blagues sur Haïti. Ma réponse était claire : 6 semaines (voir mon commentaire ici). Mais comme je sais que l’attente est, en soi, vachement terrible, voici un gag incroyablement cosmopolite que j’ai inventé (ou qui m’a été conté, who cares ?) :
___
C’est un Chinois et un Juif qui se parlent pour la première fois. Le Juif demande au Chinois :
- Tu t’appelles comment?
- Chen.
- Ouain, mais en tout cas, moi je vous ai jamais pardonné à vous autres les Coréens pour avoir bombardé Pearl Harbor.
- Euh… d’abord je ne suis pas Coréen, je suis Chinois et deuxièmement ce ne sont pas les Coréens mais les Japonais qui ont bombardé Pearl Harbor.
- Ouais-ouais… Chinois, Japonais, Coréens, de toute façon c’est toutte pareil…
- (après une pause) Moi je n’ai jamais pardonné aux Juifs d’avoir coulé le Titanic.
- Quoi!?! Mais c’est un iceberg qui a coulé le Titanic!
- Goldberg, Steinberg, Iceberg, de toute façon c’est toutte pareil…
« My drug addiction became the worst it has ever been, » he says. « I didn’t want to wake up in the morning any more. It was just too painful to keep on. »
For about a year he stayed in bed, wrestling the depressive side effects of hepatitis C medication. He stopped writing songs, playing the guitar, seeing friends.
« The good thing is that my life finally became so intolerable that I could no longer be bothered to go out and buy drugs, » he concludes with a parched cackle that shakes his wraithlike body. « As a consequence, in the last year and a half, a lot of good things have started to happen to me. »
source: Michael Dwyer (http://www.smh.com.au/news/entertainment/arts/still-the-boy-next-door/2008/10/31/1224956299409.html)
Dear Pat Robertson,
I know that you know that all press is good press, so I appreciate the shout-out. And you make God look like a big mean bully who kicks people when they are down, so I’m all over that action.
But when you say that Haiti has made a pact with me, it is totally humiliating.
I may be evil incarnate, but I’m no welcher. The way you put it, making a deal with me leaves folks desperate and impoverished. Sure, in the afterlife, but when I strike bargains with people, they first get something here on earth — glamour, beauty, talent, wealth, fame, glory, a golden fiddle. Those Haitians have nothing, and I mean nothing. And that was before the earthquake. Haven’t you seen « Crossroads »? Or « Damn Yankees »? If I had a thing going with Haiti, there’d be lots of banks, skyscrapers, SUVs, exclusive night clubs, Botox — that kind of thing. An 80 percent poverty rate is so not my style. Nothing against it — I’m just saying: Not how I roll.
You’re doing great work, Pat, and I don’t want to clip your wings — just, come on, you’re making me look bad. And not the good kind of bad. Keep blaming God. That’s working. But leave me out of it, please. Or we may need to renegotiate your own contract.
-Best, Satan
source: The Star Tribune
Mais qu’ai-je bien pu vouloir dire par là ? (suite…)
Je n’ai pas d’idées précises, c’est plutôt une émotion, une intuition, une vague vision, que je développe, en tâtonnant; c’est que je n’ai pas de mémoire, pratiquement aucune, j’oublie tout, chaque détail, les raisons, les gens, leurs histoires, tout comme mes cours d’histoire, ma culture générale, les règles des jeux de cartes, les livres et films que je regarde, sauf ceux visionnés cent fois, encodés par la force. les visages me disent quelque chose, j’essaie de comprendre d’où ils me viennent, qu’est-ce qu’ils me signifient, il faut qu’on m’aide à me souvenir. Je ressens un vide cervical, dans ces moments là, il faut que je me frotte le dessus de la tête avec vigueur, comme pour stimuler quelque chose, ce qu’il reste, ce qui fonctionne encore. Est-ce que j’ai pris trop de drogue ? Est-ce ma tête qui cherche à me protéger de mes pires souvenirs, ou est-ce que j’ai juste trop bouffé de sandwichs emballés dans du papier d’aluminium ?! Comme ma grand-mère, vais-je finir sénile, alzheimer, radotant, inquiet et agressif. Je lis «un roman français» de Beigbeder, il parle justement de son amnésie, et comme moi, il en souffre. Puis il y a ces gens oubliés qui pensent qu’on se fous d’eux, que c’est par snobisme, par mauvaise foi, si on se souvient plus de les avoir frenchés en secondaire 4. pourtant ça n’a rien à voir, c’est comme s’il faut vraiment que ça brasse fort pour rester imprimé et si ça brasse trop, on l’oublie aussi. Ça me réconforte de ne pas être seul à oublier, je ne me souviens absolument pas de mon enfance et j’ai perdu des grands bouts de mon adolescence, alors il y a cette phrase tout de même qui a attirée mon attention et retenue mon approbation, dans la lecture du Beigbeder, elle parle de la musique, cette musique qui, profonde et hallucinante, sait mieux que n’importe lequel exercice de mémoire, faire remonter des vagues de souvenirs enfouies dans les abysses de ce drôle d’intestin crânien, où tout à coup des bribes de conversations ou d’émotions vives, reliées à un passé incertain, ressurgissent sans qu’on ne comprenne trop pourquoi tout à coup, ça y est… il est écrit «la musique reste mon véhicule temporel préféré, le plus rapide moyen de ruminer le passé : je suis convaincu que ma collection de 45 tours grésillants contient l’histoire dont mon cerveau m’a dépossédé.» Pour avoir souvent pleuré sans prévenir, à l’écoute de certains vieux tubes, je pense que c’est pas mal ça.
À l’occasion du rendez-vous des publications paradoxales 2009 (à Québec), des activistes du FAS sous le couvert de l’anonymat ont fait une :
Lecture publique du manifeste du FAS
En aucun cas… des fois, par exemple… pas tout le temps… juste quand ça nous tente… FAS vaincra!
C’est une vieille caucasienne à la taille forte et à la voix stridente, mais elle a la grâce du cygne qui balbutie ingénument ses premières envolées. Notre première rencontre, il y a de cela deux ans, fût décisive : je savais qu’elle me traînerait aux confins de l’ascétisme, que pour elle, je me saignerais à blanc.
Ma nouvelle maîtresse de ballet a un patronyme qui se termine en ov. Un détail le fun qui incarne sans nuance la tradition. (Et ça tombe bien car je cherche dans mes activités quotidiennes ce brin d’exotisme qui puisse me consoler de ne pas pouvoir voyager quand bon me semble.) Son français est approximatif son anglais est un amalgame de mots français prononcés avec ce qu’elle croit être un accent anglais. Quant à son russe, je n’ai eu qu’à prêter l’oreille aux « insides jokes » qu’elle partage avec une des étudiantes, dont toutes les deux sortent hilares, pour conclure qu’elle maîtrise au moins cette langue correctement. Mais jamais je n’aurais douté que mes attentes en matière d’exotisme seraient comblées de façon aussi peu subtile. Ma foi, j’ai été servie. Et cette semaine, elle a atteint le sommet de cette gloire que je lui confie secrètement.
« Les garçons, les filles ! Pour faire les pirouettes, il faut penser que vous êtes le soldat ! Dur, dur, tronc solide, jambes comme les matraques! pensez que vous avez la kalachnikov dans les mains et Ratatatatatatatatatatatatatatatatatat !!!!! »
« Les garçons, les filles ! Pour faire le port de bras, il faut le bras solide. Toi, viens, frappe mon bras. Plus fort, plus fort, plus fort, plus fort, je veux avoir l’ecchymose. Choisissez, l’honneur ou le goulag ! »
« Les garçons, les filles ! Pour faire Adagio, il faut la mémoire. Pour avoir la mémoire, mangez le caviar! »
Juste pour ça, je la laisse me taper les fesses et me déboîter une jambe en public de temps en temps.
Ps : bulle pétée : Je « google-image » Vaslav Nijinski, figure mythique du ballet, dans le souhait de revoir quelques unes de ces gravures sur feuilles d’or qui datent du début du siècle et qui représentent le virtuose dans des poses et des déguisements assi magnifiques qu’improbables. Mais, horreur, je tombe sur une photo de sa tombe au cimetière de Montmartre. OUACHE !!! Ils ont transformé mon idole en un paillasse déchu avec des bottes de cow boy.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Vaslav_Nijinsky_tombstone.jpg
Pour rameuter les bougaloos: Est-ce que vaincre c’est être récuperés?
YÉYÉ *
*Lien codé direct en html (this is so getting me laid)
Je roule sur des corps que mon regard attise,
un champ de chair offerte à l’infini de l’oeil,
Et j’entends par millier des voix tendres qui disent
« La nuit commence ici, tu ne sera plus jamais seul »
- Gilles Vigneault
L’environ était à première vue assez décevant. Quelques maisons revêtues de clabord beige, des jardinières ronflantes, des chalets agglutinés, des pins plantés trop près les uns des autres et qui, en poussant, avaient dû jouer du coude pour pogner de la lumière; côté grands singes, on apercevait des enfants (BEAUCOUP d’enfants) et des Ontariens qui croyaient sincèrement (nous allions l’apprendre plus tard) que les festivités de Canada Day ont une importance symbolique réelle dans le canadian-state-of-mind.
Pourtant, au loin, il y avait du potentiel : un lac formait un large bras qui entourait l’isthme sur lequel on avait construit le domaine. Ce lac était connecté à un autre lac par une petite rivière, puis à un autre lac, etc., et l’ensemble permettait d’anticiper une certaine forme de rêverie champêtre. N’eût été des crisses de mouches à chevreuil (pique-moi pis décalisse viarge!), on aurait presque pu parler d’un environnement charmant propice aux lamartinages.
C’est au moment où je m’avançais vers ce semi-éden (mais sans personne assez à l’aise avec sa nudité pour défier Dieu), conduisant la voiture de ma belle-mère, que j’eus souvenance d’un adage cité par un ami, fan de feu Trank Spiroberg : « Quand c’est si beau si jeune, ça peut juste aller vers plus lette en vieillissant ».
Et en effet, un événement d’une grande laideur s’en allait survenir juste là-là.
Les bureaux de la réception étaient mal indiqués et nous dûmes nous stationner dans un endroit interdit aux civils et strictement réservé aux employés. Au feeling, il ne me semblait pas que le taux de criminalité soit très élevé à St-Émile (population : 126) et je me dis que le nombre de membres bedonnants et inefficaces de la SQ et le nombre de remorqueuses devaient être à l’avenant. Personnellement, j’allais rapidement découvrir que pas pentoute; collectivement, nous allions l’apprendre plus tard…
La jeune fille de la réception – une beauté lacustre de 21 ans avec des belles fesses et une attitude genre « c’est moi qui dit à Dieu de ramasser ses bas sales » – nous expliqua tout ce qu’il fallait savoir sur St-Émile-de-Suffolk (ça tenait sur le recto d’un feuillet noir et blanc) et nous informa sur les attractions du camp familial. Nous apprîmes ainsi que des dizaines de sports étaient physiquement à portée de main : kayak, pétanque, tennis, canot, badminton, volleyball, basketball, vélo, shuffleboard (!), natation, freese-bee, etc.
Elle en était à nous dire l’heure des repas (bordel, QUI soupe entre 17h30 et 18h30 à l’extérieur d’un centre hospitalier!??) quand nous vîmes passer le véhicule rouge dans lequel nous arrivâmes (et qui appartient toujours à ma belle-mère), rempli de tous nos bagages; le véhicule en question était curieusement monté sur une remorqueuse de fortune, genre de tracteur rouge-hémorroïde avec un treuil qui semblait s’en aller vers autre part dans un nuage de fumée bleue et nauséabonde.
N’écoutant que mon impolitesse, j’interrompis la fille lacustre et me précipitai dehors pour stopper la manœuvre. Mais trop tard ! Un gros con, parfaitement sûr de lui, s’en allait sans s’arrêter, même si je rattrapais son putain de tracteur en joggant ! Même en lui criant que mon insuline était dans la voiture, bien rangée en compagnie de mon défibrillateur, de ma seringue d’épinéphrine, de mes retro-viraux, de mes médicaments contre la pression, de mon ventolin, de ma pompe à dick et de mes boules chinoises, rien n’y fit et l’insensible continua son pout-pout de chemin.
Mothafucka…
Je revins vers la réception dans un état psychologique qui ressemble à celui dans lequel je me trouve quand je lis les commentaires donnés à ma vidéo sur FAS-rencontre.
La jeune fille lacustre, tentant probablement de dédramatiser la situation, projeta de nous rassurer en nous affirmant que « Bob est toujours comme ça avec les étrangers qui tentent de contourner les réglements… » Peu enclins à croire cette jeune plotte de campagne, et surtout peu enclins à rester dans nos suits de voyage (dans mon cas, un super one-piece en coton ouaté beige : conçu pour une femme sur le BS, mais assez fort pour un homme comme Zepoulpe !), nous nous informâmes du lieu pour trouver le Bob en question.
« Il reste pas loin, une couple de milles vers Namur, 6 ou 7 max. »
« Ok, mais comment on fait pour aller à Namur avec pas de char? »
« Hihohi! C’est vrai, on vient de vous le tower ! »
« C’est ça oui. »
« Le mieux, c’est de demander à Bob de vous emmener. »
« Bob, c’est pas celui qui vient de nous tower? »
« Ouain pis? »
« … »
« Il revient quand Bob qu’on y jase sérieux? »
« Dès qu’il aura démonté votre char. »
« Quand tu dis démonter, tu parles de le descendre par terre ou de le démonter pour vendre les pièces? »
« Euhhhh… »
« Laisse faire. »
… J’attendais moi-même la suite (que nous allions apprendre plus tard) …
« Combien d’artistes de performance ça prend pour changer une ampoule ? »
« Je ne sais pas, je suis partie après la cinquième heure. »
Dévoué pour la cause – pas de temps mort ni de repos
Réveil à six heures du mat. Rendez-vous à huit heures à la place E*G*. J’y arrive, traînant avec moi la fameuse valise du FAS débordante de livres et de fanzines. M’y attendaient Mjack, Bébé Astronaute et plusieurs exposants du RVPP. Vroum. Départ pour Québec dans un véhicule dirigé d’une main de maître par Mjack. Nous nous retrouvons, par une belle journée de printemps, dans le sous-sol humide de l’église où, cette année encore, a lieu le RVPP. Joseph, Coco Acto et Nicoloutre nous y rejoignent bientôt. Notre propagande est sauvage – notre victoire ne fait pas de doute. Plusieurs personnes, n’ayant souvent jamais entendu parler du FAS, achètent nos livres et nos fanzines.
Salutations aux frères qui tomberont au combat
Salutations, d’abord, à ce lecteur fidèle du FAS qui, par une nuit d’ivresse (peut-être pris d’un accès de moralité) a jeté sa collection de fanzines dans son bain. L’intégrale des fascicules du FAS a failli y passer, mais fut miraculeusement rescapée, le lendemain, à grands coups de séchoir. Notre lecteur, pris de regrets, a, cette année, pu acquérir les trois tomes des Annales du FAS. Nous l’invitons maintenant à se joindre à notre lutte pour un quotidien délirant. Il est comme Noé rescapé du déluge ; nous représentons les espèces emportées avec lui sur son arche. Saura-t-il nous mener jusqu’au Continent de plastique ?
Salutions, aussi, aux plusieurs personnes qui ont manifesté le désir d’écrire sur nos Annales. Notre site est un gouffre sans fond. Il faut savoir s’accrocher aux aspérités de ses parois (les catégories dans lesquelles nos textes sont classés, leurs thèmes récurrents, etc.) pour éviter d’y sombrer. Y plonger est risqué, mais nous savons, qu’à terme, nous vaincrons. Parcourez nos archives. Commentez les textes. Fondez une cellule du FAS. Passez à l’action dans le réel ou dans la fiction.
Les gars, lâchez pas vos études
J’ai lu dans un fanzine : « C’est ton deuxième post-doc ? Je vénère ton pénis ! Ton sperme est un nectar [dessin d’une jolie fille qui boit dans une tasse, un sourire espiègle aux lèvres]. J’aime aussi ton style vestimentaire. Défonce-moi. Yeah !!! » Ça s’appelle Séduction académique et c’est fait par des filles en art.
Vivre dans la fiction
Je sais, je sais, je suis, mais où suis-je ? Au RVPP, j’ai cru habiter les pages du Journal (fait de textes, d’images et de collages) de JD*, que j’ai lu ce printemps. Elle était assise, en chair et en os (je ne l’avais jamais vue que dessinée), à quelques mètres de nous, où elle vendait des livres et des objets d’art. Avec elle, il y avait BC*, que JD* dessine avec une tête de chat dans son Journal. Chaque fois que je le voyais, une tête féline en noir et blanc venait se superposer sur sa tête bien ronde et rose. Comme Bébé Astronaute le suggérait, il y a peu, peut-être vivons-nous, en réalité, dans les univers fictionnels de JD* ?
Un château fort espagnol gardé par des monstres préhistoriques
Retour tardif. Fourgonnette pleine d’exposants, dont le fameux J*, auteur du classique The Orgies of Abitibi. Humour. Tension. Odeurs. Autoroute 20. Arrêt au Madrid où nous découvrons, cachée derrière les murailles d’une forteresse, une turbine secrète qui transforme les excréments des dinosaures en engrais. Saurons-nous l’employer pour rendre fertiles les terres de polypropylène du Continent de plastique ? Plus loin, nous nous égarons dans le domaine privé du Club de St-Paul, une branche déviante du Club de Richmond. Ses membres y vivent nus au milieu d’un troupeau de cerfs qui, l’hiver, les réchauffent de leur haleine. Du lichen leur pousse sur la peau. Ils sont comme statufiés et, lorsqu’ils bougent, leurs articulations grincent. Shiiiiiiiiiiit. Je m’égare. Bah. Bof. Arrivée tardive à Montréal. Je dépose la valise du FAS chez moi. Moment de doute : j’ai vraiment dépensé autant d’énergie pour un truc qui s’appelle le Front d’action stupide ? Quelque part, j’aime ça. Est-ce l’impression de combattre le mal par le mal ? Trop de questions pour rien. Je repars : show (quatre bands) dans un appart. Plein de sales rockers qui écrasent leurs mégots sur un plancher en bois franc. D’autres qui s’écroulent, ivres, sur des piles de sacs de poubelle. Quelques activistes du FAS en tenue civile. Une fille avec un joli nez. Je tente de convaincre Al Hakim de la séduire (sans succès). Un quotidien délirant. À quoi bon dormir? FAS vaincra !
La matinée est fraîche, et le sommeil est bon.
on comprendraient que notre « Terre d’Émeraude » est le lieu où les esprits ou âmes s’incarnent pour tenter d’acquérir le plus de maturité possible, leurs permettant ainsi d’avoir la possibilité d’opter pour une région plus édénique avec leur famille, lors d’une prochaine incarnation.
Ce qui signifie que, selon le bilan de vie d’un(e) esprit ou âme lors d’un passage incarné(e) ici-bas, le choix de la région et des conditions dans lesquelles on aura à se réincarner peut être plus ou moins varié, justement en fonction de cette évaluation. Alors, les esprits ou âmes qui se sont mérités(es) de subir les affres infernales de lieux comme les régions visées par cette Association Québécoise des Organismes de Coopération Internationale ou A. Q. O. C. I., ce sont des esprits ou âmes qui ont agi pour se mériter de tels passages incarnés(es) infernaux pour expier les fautes commises antérieurement.
Donc, dans ces lieux d’enfer, on retrouvent des esprits ou âmes qui ne peuvent se réincarner avec les membres de leur famille, parce qu’ils / elles ont commis(es) de Graves Erreurs dans l’utilisation de leur « Libre-Arbitre », lors d’un ou de plusieurs passage(s) incarné(e) antérieur(s). Comme nous nous incarnons ICI-BAS pour acquérir de la Maturité dans le « libre-choix » d’actions, de pensées ou d’omissions de passer à l’action alors, les gens qui ont à subir ces désagréments doivent vivre de telles « punitions », avant d’espérer pouvoir retrouver les leurs, dans des lieux plus édéniques.
D’ailleurs, c’est une des raisons pour laquelle ces régions infernales ont peu d’ordre dans leur tentatives de se sortir de la misère car, ce sont des esprits ou âmes qui, pour la plupart, n’ont aucun lien filial donc, aucun passé commun qui permettrait de mettre sur pieds une Organisation quelconque de leur activités, pour espérer Évoluer dans leurs conditions vitales…
Alors, si on comprenaient cette Vérité Rédemptrice des esprits ou âmes vivants de telles conditions misérables, on comprendraient que c’est involutif de la part de Pays bien Structurés comme les Nôtres, de chercher à allouer des montants d’argent toujours plus importants, d’une année à l’autre, quand il est assuré que ÇA ne sert qu’à retarder l’Épreuve d’Expiation que ces bougres ont à transcender pour pouvoir retrouver la possibilité de s’incarner dans un lieu édenique avec les autres membres de leur filiation.
Les explications précédentes doivent être comprises pour que Nous puissions cesser de gaspiller notre argent dans ces gouffres sans fond alors, qu’il y a tant à faire Chez-Nous pour sortir une bonne partie de notre population de la misère dans la quelle elle est « engluée ». Souvenons-Nous toujours que: « Charité bien ordonnée, doit toujours commencer par SOI-MÊME ! »
Merci de votre Attention & c’est si simple pourtant…!
Votre Ami, SAGE, lui,
MAURICE MONETTE
Biologiste #939
Spécialité Écologie
Grande Rivière
(En réponse à l’invitation de l’AQOCI à faire pression sur Ottawa pour l’augmentation de l’aide au développement, et publié sur le site internet du Devoir).
J’ai fait un petit montage inspiré par les séries éliminatoires!
http://i402.photobucket.com/albums/pp109/mordicus23/HigginstueLucic.jpg
J’ai trouvé cette perle dans la délicieuse Gazette de la Gendarmerie Royale du Canada.
« Nous n’enquêtons pas seulement sur des crimes, nous faisons réellement partie de la collectivité »
-Le caporal Ben Sewell, Gazette de la GRC, Vol. 71, no. 1, 2009, p.11
Ach! Je me pose toujours les mêmes question lorsque je me retrouvre dans la région zéro-cinq : comment-ça La Tribune existe encore ? qui la lit ? Mais surtout, son charme provient-il des inepties qu’on y écrit ou des inepties qu’on y relate ? Beaucoup des deux sans doute. Voici donc la perle de la fin de semaine, pravda-style, en gros titre, entre guillemets et en page 2 svp !
« Notre eau est 100% parfaite »
-Michel Cyr, chef de division Gestion des eaux, ville de Sherbrooke.
«Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire?»
- G. Perec, l’infra-ordinaire.
Copié d’un courriel envoyé par Ensemble de chaise à jardin.
Ça faisait longtemps que je voulais vous cuisiner un bon gâteau Bb astronaute ! Alors voilà, je suis heureux de vous le présenter aujourd’hui car depuis que c’est la mode de cuisiner de bons gâteaux sur le FAS, je ne peux m’empêcher, les trois quarts du temps, d’avoir cette pensée joyeuse pour l’aphorisme qui sous-tend l’existence du Fas depuis ses touts débuts : «Pour des gâteaux délirants».

Je vous épargne l’horrible image de gâteau.
La question m’apparaît cruciale.
Je me suis réveillé la tête dans le cul. Affamé, j’ai mangé du cassoulet pour le p’tit dej en écoutant en boucle l’incroyable album «sur le bord de l’absolument fantastique» du Monde dans le feu. J’ai plus d’emploi depuis hier, mais, ce matin, la secrétaire de mon ancienne job m’a appelé parce qu’elle parvenait pas à utiliser Outlook. J’étais vraiment un employé indispensable. J’ai mal au coeur. Je m’invagine. Ai-je la tête dans le cul ou le cul dans la tête? Ravale ta saison. J’vas t’la crache dans face.
Hier, je discutais dans un bar avec Ben dit « le prolixe ». Ce qui est sympa avec Ben, c’est que, malgré son jeune âge, il a compris qu’il en mettait parfois un peu trop, mais ce qui est vraiment beau, c’est que c’est plus fort que lui. Que voulez-vous, Ben, c’est Ben. Bon, anyway, j’avais perdu la trace de la belle que je pistais alors je me suis dit que je pouvais bien écouter ce qu’il avait à me raconter, d’autant plus que le sujet c’était la mythologie grecque. En aparté, si jamais vous vous retrouvez à court de conversation en présence de ma personne, startez moi sur la mythologie. Je suis un fan. Ce qui est bien avec les mythes, c’est que toute est dans toute. Pis ça fait aussi de belles histoires à raconter aux enfants (ou aux adultes, vous voyez ce que je veux dire?)
La pomme de discorde
Vous avez tous entendu parler de la guerre de Troie, mais en connaissez-vous les causes? On dit qu’Éris, déesse de la discorde (évidemment, c’est une femme), envoya une pomme d’or aux dieux pour se venger, ses divins collègues ayant négligé de l’inviter à un mariage olympien. Sur le fruit maudit était simplement inscrit : « à la plus belle ». Vous imaginez un peu le scénario : Héra, Athéna et Aphrodite sortant de leur réserve divine et se querellant afin de s’approprier le précieux trésor. Comme rien n’y fait, elles se présentent (ça c’est Ben qui l’a inventé, je crois) devant nul autre que Zeus pour régler le litige, car, en plus de présider l’assemblée des dieux, il a la réputation d’être le plus sage des êtres. Zeus de répondre alors sagement : « No way! Allez régler vos affaires ailleurs. » Déboutées, elles se tournent alors vers un mortel, Pâris/Alexandre, réputé connaisseur en matière du beau sexe. Malgré leur divine beauté, chacune des filles décide par-devers elle de mettre toutes les chances de son bord. Alors qu’elles paradent à tour de rôle devant leur juge, elles en profitent pour susurrer furtivement des mots doux à l’oreille de notre naif de service. Héra s’approche de sa victime et lui tient à peu près ce langage : « Si tu me choisis, je ferais de toi le maître de l’Asie. » Passe ensuite Athéna qui offre plutôt de lui faire don de la sagesse divine en plus d’en faire le plus grand guerrier. Aphrodite s’avance à son tour pour lui couler ces paroles mielleuses dans l’oreille : « Choisis-moi et je mettrais la plus belle femme dans ton lit. » Pâris/Alexandre choisit finalement de donner la pomme damnée à Aphrodite et « the rest is history » comme on dit au sud de chez nous.
Les trois prétendants d’Aphrodite
Certains d’entre vous la connaissaient sans doute déjà cette fameuse histoire. Par contre, la mythologie semble silencieuse sur le cas du mariage d’Aphrodite et d’Héphaistos (bon je connais pas tout non plus). Ça m’a toujours un peu travaillé parce que, voyez-vous, en plus d’être difforme, c’est seulement le dieu des mines, des forges, du feu et des volcans (ce qui est à peu près l’équivalent du ministère des Pêches et des Ressources naturelles). Bref, c’est pas la gloire. C’est là qu’intervient le récit mythologique de Ben intitulé « les trois prétendants d’Aphrodite ».
Arrivée en âge de se marier, Aphrodite décide d’aller faire un tour à la taverne de Dyonisos pour se trouver un bon parti. Après tout, un paradis ne saurait être paradisiaque sans un débit de boisson digne de ce nom. Mais là, n’allez pas vous imaginer un endroit peu recommandable comme ceux que les fassiens et fassiennes ont l’habitude de fréquenter. Je crois plutôt qu’elle doit ressembler à un de ces clubs qu’on retrouve sur St-Laurent : vous savez ces bars où on voit des blondes platine sortir dehors en mini-jupe et talons aiguilles en pleine tempête de neige? Donc, à peine a-t-elle mis un pied dans le bar qu’elle est déjà abordée par Arès, dieu de la guerre. Arès est militaire, c’est donc un homme hardi : pas de niaisage avec lui parce qu’il sait ce qu’il veut et c’est avoir du fun. Après tout, il peut très bien y rester le lendemain au cours d’une bataille. Ça, ça fait que lorsqu’une occasion se présente, il la saisit immédiatement. Bon, vous êtes capables (j’en suis convaincu) d’imaginer un peu ce qui se dit entre ces deux-là. La déesse, jeune et inexpérimentée, fait bien sûr semblant d’être choquée parce qu’elle vient d’une bonne famille, mais au fond elle est émoustillée par l’impétuosité de son prétendant, et ce, même si ce n’est pas le plus sexy du bar. Il ne faudrait cependant pas sous-estimer Apollon, dieu du soleil et de la poésie (bon OK, c’est « théoriquement » son frère, mais passons) qui se terre dans un coin sombre. Lui, il a décidé de prendre tout son temps, après tout il chasse à l’arc. Alors pendant ce temps il pianote un peu, puis il joue de la lyre tout en feignant de ne pas être intéressé. En gros, il laisse faire Arès. Lorsque son rival s’absente pour vidanger le tonneau de bière d’ambroisie ingurgitée, il se pointe au bar et commande un verre à la fille. C’est là qu’il commence son attaque. Il lui glisse subtilement de petits mots divinement inspirés dans le creux de l’oreille alors que son haleine souffle doucement sur sa nuque. Au bout d’un moment, Aphrodite rit aux éclats et trouve que ce dernier, par sa grâce et son esprit dépasse de loin son rival qui lui apparaît dès lors par trop grossier. Les dés semblent être jetés. Alors qu’on en est rendu à conclure l’affaire, Héphaistos le « jobbeux», retardé par l’ouvrage et le gros doorman black (pourquoi d’ailleurs les doormans de bars chics sont pratiquement toujours noirs?) arrive tant bien que mal (il claudique) jusqu’au comptoir. Il est sale, couvert de haillons, il pue : tous s’esclaffent donc en voyant sa dégaine. Arrivé près d’Aphrodite, il lui déclare malgré tout sa flamme en bégayant. Et juste au moment où elle s’apprête à l’éconduire outrageusement, il sort de ses poches le plus beau des colliers de diamants (disons « l’Idée » du collier de diamants). Les pierres sont tellement pures qu’à chaque mouvement, le peu de lumière présente est réfléchie partout dans le bar comme une pluie d’étoiles filantes, et ce, jusque dans les yeux de la belle Aphrodite : « Diamonds are girl’s best friend. » Enfin, tout ça ne change rien au fait qu’Aphrodite aura par la suite des tas d’aventures avec pas mal tous les dieux, y compris Arès. J’ai trouvé son histoire tellement édifiant que je suis reparti chez moi immédiatement après pour aller m’endormir seul… dans les bras de Morphée.
Philippe Sollers : La question est évidemment stupide, puisqu’on ne peut pas dire qu’un écrivain soit de droite ou de gauche. C’est un bon ou un mauvais écrivain.
Vouloir des enfants, c’est vouloir se venger de son passé. C’est pour la femme faire don à sa propre mère de sa haine et pour l’homme rivaliser avec son père ou avec Dieu dans le fantasme imbécile d’une postérité. Et c’est pour chaque couple un remède au désespoir. Quand la vie a trompé nos attentes, quand on a renoncé à se créer soi-même, quand on present que tout est foutu, alors, plutôt que de se rendre à la morgue, on convie sa famille et ses proches dans un lieu plus sinistre encore, parce que plus kitch : la maternité.
Sur les basses besognes de l’humanité, le secret doit régner. Le nihilisme commence là où cesse la volonté de se tromper soi-même. Mais sans cette volonté, nous n’aurions ni l’ivresse ni l’art ni l’amour. Alons faisons « comme si »… et que la fête commence! De sa magnificience dépendent l’entendue de nos naufrages et l’éclat de notre lucidité. Et peut-être serons-nous assez forts un jour pour aimer nos minuits commes nous aimons l’aurore!
-Rolland Jaccard
5. The trouble with jogging is that the ice falls out of your glass. (suite…)
Wow. Ces gars-là trippent vraiment avec leur gâteau en forme de dragon.