Je sais, c’est un projet de fou, borgésien même, mais j’ai entrepris de reconstituer une cartographie subjective de mon territoire. Pas à l’échelle 1 : 1, comme en rêve Borges – c’est irréaliste, quand même, je délire, mais je délire égal – mais disons à l’échelle 1,3 cm : 200 m. Ben pas disons, en fait, c’est vraiment ça et c’est assez in comme zoom pour moi.
Comment je fais ? Au début – ce projet à commencé il y a plusieurs années, quand j’étais encore à l’université – je traînais partout avec moi un petit carnet quadrillé dans lequel je traçais mes allées et venues. J’en ai même tiré un livre, sérigraphié à la main et édité en 3 exemplaires – vous pouvez d’ailleurs consulter l’exemplaire 3/3 au centre de conservation de la BAnQ, sur la rue Holt. Dans ce temps là, j’étais jeune, semi-nomade, et j’avais encore du temps à perdre alors je pouvais bien jouer les grandes exploratrices dans les rues de Montréal à dessiner mes cartes distordues de la ville.
J’avais mis en exergue, au début de mon livre, une citation de Paul Auster dans Trilogie New-Yorkaise : « […] il coucha aussi sur le papier avec un soin méticuleux l’itinéraire exact des errances de Stillman, marquant toute rue suivie, tout changement de direction, toute pause effectuée. Et, en plus d’occuper Quinn, le cahier rouge lui fit aussi ralentir le pas. » Je pensais que ça aiderait à comprendre le projet. Moi, mon cahier, il était pas rouge, il était recouvert de Duct tape gris avec un gros X au Sharpie écrit dessus. C’est vrai que j’étais pas mal punk dans le temps. Mais la couverture du livre que j’en ai fait par la suite était en toile beige avec le titre imprimé en rouge, Itinéraires – vous l’auriez deviné, j’en suis sûre.
J’aurais pu aussi vous expliquer mes motivations comme suit, avec une citation du Diable par la queue (c’est encore Paul Auster) : « Dublin n’est pas une très grande ville, et il ne fallut pas longtemps pour m’y retrouver. Il y avait un côté obsessionnel aux promenades que j’y faisais, un insatiable besoin d’errer, de dériver tel un fantôme au milieu d’inconnus, et au bout de deux semaines, les rues étaient devenues pour moi quelque chose de tout à fait personnel, une carte de mon territoire intérieur. » On dirait que c’est plus facile de me faire comprendre avec les mots d’un autre qu’avec les miens.
Mais je diverge. Je vous racontais tout ça pour vous dire que maintenant que je suis sédentaire avec une job steady, je n’ai plus que ça à faire, déambuler dans les rues. De toutes façons, dans le temps, Google Maps n’existait même pas, ou à peine, alors qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Google Maps n’était qu’une ébauche, un embryon de plan. C’est vrai, pensez-y, j’ai vérifié mes sources : le service a été lancé au Canada en 2004 seulement. C’était ma dernière année de bac.
C’est fou, quand on y pense, la vitesse à laquelle on s’y est habitué. Quand je suis partie en voyage la première fois, en 2000, c’est tout juste si j’avais un e-mail – le mot courriel n’existait pas encore. Me parachuter dans une ville inconnue, sans même une carte pour m’orienter, ce n’était pourtant pas si traumatisant que ça. Me cacher sous un pont, tomber, et être presque engloutie dans le Tibre pollué, en plein coeur de Rome ; dormir sur une plage au centre-ville de Barcelone sans savoir qu’au matin je serais presque écrasée par une marée de pieds ; essayer de fuir les hordes de chiens errants dans les rues de Pompéi sans vraiment distinguer la vraie ville des ruines, me faire haranguer par un cocaïnomane New-Yorkais lançant des billets de 1000 lires à la ronde, me faire tirer d’embarras par un obsédé bisexuel, tout ça, c’était l’aventure, quoi ! Pourtant j’ai réussi à rentrer chez moi.
Mais je divague encore. Où je voulais en venir, c’est que maintenant, je ne peux plus me risquer en territoire inconnu sans vérifier scrupuleusement au préalable mon chemin sur Google maps. J’ai trop peur de me perdre. Et encore, je me retiens d’avoir un GPS. C’est pour dire comment notre sens de l’orientation est en train de s’atrophier, nous les humains. Mais c’est comme ça, alors mon projet d’itinéraires s’est transformé en projet de cartographie subjective et mes dessins, je les trace à partir de Google Maps. D’ailleurs, cette expression, je l’ai piquée à Amygdale et je m’en sers sans le moindre acquit de conscience dans tous mes textes de démarche artistique.
Quand je vais à l’atelier, je vais sur Google Maps voir les lieux que je connais. J’imprime, toujours à la même échelle, les fragments de cartes qui m’intéressent, puis je les découpe et je les assemble avec du papier collant. Après ça, je mets un papier transparent par-dessus, un Mylar, un Géofilm, whatever, c’est deux noms différents mais c’est le même papier, et je trace les rues que je connais. Après ça, je me sers de ce dessin pour imprimer une sérigraphie.
Je sais, c’est absurde, mais il faut bien trouver un sens à la vie. Alors je me prends pour Sisyphe et je fais ça en faisant semblant que c’est une bonne idée. Ça me fait plaisir de penser qu’un jour ce projet prenda la forme d’une immense toile d’araignée, très serrée au centre, pleine de croisements et de noeuds, puis s’élargissant vers les extrémités, couvrant des murs et des murs, avec d’immenses zones blanches parfois traversées d’une mince et interminable ligne, une autoroute.
Mais vous savez, un territoire, c’est changeant alors c’est toujours à recommencer. Un petit détour, par ici, un déménagement par là… C’est pour ça que récemment, j’ai dû repatcher des morceaux de ma cartographie subjective parce que par endroits, elle était toute noircie et chiffonnée. Alors je suis allée chercher des nouveaux morceaux sur Google Maps, et c’est là que je me suis rendue compte, en essayant de les assembler, que vraiment, quelque chose n’allait pas.
Avant, toutes les rues étaient de la même largeur. Maintenant, ils les ont ajustées un peu mieux à la réalité. C’est pour ça que le boulevard Décarie a conservé la même largeur mais que le petit tronçon de rue minus qui se transforme en chemin de gravelle en allant de chez nous vers les tracks, à côté de la vraie cour à bois, lui, s’est considérablement aminci. Alors ma carte, elle est pas raccord.
Mais c’est pas ça le pire : moi, j’avais déjà dessiné le Mont-Royal, avec les sentiers pis toutte, parce que je les connais bien. J’y ai quand même déjà passé plusieurs fins de semaines à construire des nids dans les arbres – mais ça, c’est une autre histoire. Mais là, les sentiers du Mont-Royal, sur Google Maps, ils n’ont pas juste rapetissé, ils ont disparu. Et ce n’est pas tout.
Au parc Lafontaine, le lac, disparu aussi ! Et le chemin qui traverse d’est en ouest le parc Laurier, disparu ! En n’allez pas penser que je n’ai pas zoomé in pour vérifier comme il faut. Au parc Jarry, même constat : plus de lac, plus de sentier, rien ! Au parc Maisonneuve, plus de sentier non plus, rien, rien rien ! Juste des grand aplats vert pâle.
Alors je me dis que c’est peut-être un complot des lobbies de l’automobile pour empêcher les gens d’aller se promener tranquilles. Moi, je le sais qu’il y a des sentiers dans les parcs, parce que je les ai dessinés. Je m’en souviens. J’ai une trace. Mais les autres… à la vitesse qu’ils oublient, comme ils ont oublié qu’il y avait une vie avant l’Internet, comme ils ont oublié qu’il y a à peine sept-huit ans, il fallait déployer une carte en papier pour s’orienter, comprenez-vous, en papier, est-ce qu’il vont se souvenir qu’il y a dèjà eu des sentiers dans les parcs de Montréal ? Et la Ville, eux, ils vont s’en souvenir, d’aller tondre le gazon et couper les branches ? Je ne pense pas. La végétation va gagner doucement du terrain et bientôt, elle va tout envahir, et les sentiers vont réellement disparaître.
Ça deviendra une vraie jungle ; peu à peu, les animaux sauvages viendront s’y installer. On ne pourra plus pénétrer dans les parcs qu’armé. Il faudra une machette pour faire son chemin. Et il ne restera plus de place dans cette ville que pour les automobiles.
INTOXICATED PRESS ( Rawdon) - C’est avec stupeur et tristesse que nous apprenions, hier, le décès du cinéaste français Éric Rohmer ( La Marquise d’O -1976-, Pauline à la plage -1983-). Notre reporter Herby Stup a eu le privilège de côtoyer le réalisateur français à l’occasion des derniers instants de sa vie. Toujours sous le coup de l’émotion, M. Stup nous confia sans surprise : « À l’image de tous ses films, ses derniers instants furent pénibles, longs et plates. » (suite…)
Je cherche présentement des images d’intérieurs bourgeois — non pas bourgeois: classiques, victoriens, baroques, ce genre de shit. Je dois en faire l’illustration que je projette projeter grâce à un rétroprojecteur sur du mobilier et du décor mélamine pour le métamorphoser en mobilier et décor bourgeois. Concept malade… l’art commercial à son meilleur.
Pour ce genre de recherches, l’internet s’est avéré être une mauvaise ressource. J’essaie donc la seule autre possibilité que mon expérience de recherchiste me laisse: la Grande Bibliothèque. En chemin, je me demande comment je pourrais faire pour faire à cette institution nationale la demande de l’achat des trois tomes du FAS. Je me demande s’il vaut la peine d’entreprendre cette démarche. Je pense à autre chose, une vision sur la rue me fait perdre mon idée.
À la bibliothèque, j’arrête devant le rayon des nouveautés. je ne sais pas par ou commencer ma recherche alors je lambine. Je pense à la bibliothèque de S* où il était si facile de prendre n’importe quel livre au hasard dans les chariots de livres en attente de classement qui traînaient. Ici, tout est rangé. Impossible de trouver un livre sans l’avoir cherché. Je me rabat sur la section actualités. Au moins là les livres ne sont classés selon aucun critère à part celui d’être «actuels». romans, livres sur le design, récits durs de domination d’un homme sur deux femmes, monologues d’ados mâles… whatever. Oh! tiens… Les annales du FAS tome 1: le Quotidien délirant. C’est moi qui ai fait ça? Je suis un magicien du réel.
Hé, hé, hé…
« Combien d’artistes de performance ça prend pour changer une ampoule ? »
« Je ne sais pas, je suis partie après la cinquième heure. »
Il y a plusieurs jours déjà, je me rendais, avec quelques amis, dans un local reclus, tout en haut d’un édifice si haut qu’il plonge ses voisins dans l’obscurité dès le milieu de l’après-midi et dont les fenêtres immenses surplombent la montagne. J’y passai l’une des soirées les plus marquantes de ma vie.
Au milieu de la pièce, des amas de nourriture et des bouteilles d’alcool jonchaient le sol, épars, en offrande à une occulte divinité païenne. Des individus arborant des costumes étranges et effrayants s’agitaient en tous sens, en proie à une transe spectaculaire. Ils agitaient des objets sonores et mystérieux, créant une mélodie envoûtante et un rythme irrégulier qui gonflait et se relâchait, telle la pulsation d’un monstre. Un instrument extraordinaire et incontrôlable imitait le chant des baleines.
Des faisceaux lumineux se réfractaient sur les murs en motifs changeants et multicolores. Sous les feux de la rampe, des adeptes de cette secte décadente exécutaient un danse effrenée. Avec des tubes de carton, ils construisaient des prisons pyramidales dans lesquelles ils s’enfermaient et dont ils se libéraient tour à tour. Ils les brandissaient comme une arme et s’en aidaient pour se repousser et se rapprocher les uns des autres.
Plus tard, un groupe s’attroupa et convoqua un à un les nouveaux venus. Une fois mon tour arrivé, ils m’assaillirent de questions sur ma vie intime et usèrent de ces renseignements personnels pour m’inventer un totem, que l’embarras me garde de vous révéler ici. Une prêtresse s’approcha de moi. Elle me versa un liquide froid sur la tête et m’oignit les joues et le front d’une pâte verte et visqueuse. Les gens applaudirent. Je venais de traverser le rituel immuable et traumatisant du baptême.
Une femme mystérieuse, au visage barbouillé de rouge, arborait un vêtement sur lequel se lisait un slogan sibyllin : la liberté et/ou la mort. Elle me captura en couvrant mes yeux d’une large bande de papier blanc pour m’hypnotiser. Elle me guida dans une cabane secrète et m’y enduisit le visage de poudre argentée tout en en psalmodiant des vers incompréhensibles. Elle me fit boire des élixirs magiques qui affectèrent mes sens et ma raison. Son nom était Spirit Duplicata et alors qu’elle transformait mon bandeau de papier en collerette extravagante, je fondis en larmes et lui avouai tout.
Jeudi passé je suis allé passer une partie de ma soirée au centre Clark où j’ai obtenu une résidence pour l’hiver prochain. J’avais reçu une invitation facebook dont la petite image laissait deviner un homme dont la tête était recouverte d’un truc de meneuses de claques bleu métallique. Comme l’artiste était français il aurait probablement parlé d’un truc de pom pom girl au moment de l’enfiler durant sa performance, mais j’allais me rendre compte plus tard qu’il avait changé d’accessoire et préféré une perruque de clown rouge.
Ma relation avec le centre Clark est assez ambivalente. Je connais quelques personnes, dont J*, qui gravitent autour ce de centre et parfois j’ai de la difficulté à ne pas mettre en doute leur crédibilité quand je les écoute théoriser sur leur production. Moi et ma soeur disons d’ailleurs affectueusement de ces gens qu’ils sont de «l’école du tas d’affaires à terre et de la petite goute de peinture sur le mur» parce qu’une majorité des expos qu’on y trouve démontre une préférence pour les installations présentant ou évoquant d’une manière ou d’une autre un tas d’affaires à terre ou une petite goutte de peinture sur le mur. Des fois c’est tellement systématique que s’en est presque cute. Pourtant ces mêmes personnes n’hésitent pas à qualifier ouvertement d’autres approches que les leurs de «faciles»
Anyway, je suis allé là et il y avait plein de monde que je connaissais, alors j’allais quand même pas me mettre à chialer. J’ai écouté la performance qui en fait tenait plus du spectacle folk urbain, dans le sens ou le gars chantait en nous racontant qu’il était venu ici de France pour faire des «recherches» pour faire un «film d’horreur», qu’il nous racontait en projetant sur un écran des images qu’il prenait avec son appareil numérique. Comme un petit enfant, il racontait l’histoire de son film en se réappropriant le sens d’une série d’objets posés en tas à terre.
Un détail a malgré tout attiré mon attention et m’a plongé dans une réflexion sur une certaine forme qui me plait de l’art contemporain. En parlant de ses «recherches» et juste avant d’enfiler la perruque rouge dont je parlais au début, il a tenté de nous convaincre que la transformation du héros en monstre était une constante du film d’horreur en nous présentant deux still frames du film Carrie qu’il avait juxtaposés. Il faut dire que, pour passer de l’un à l’autre des petits clips quicktime qu’il avait faits, il utilisait une technique de montage ma foi assez DIY, celle d’afficher une après l’autres les fenêtres vidéos qu’il avait ouvertes et réduites dans le bon ordre dans le dock. Il se lance: «dans les films il y a toujours une personne qui se tranforme. Par exemple, dans le film Carrie…» À ce moment, on ne voit que la moitié de l’image, celle ou la fille a l’air normal… «au début, la fille a l’air normal, puis le film passe et après elle change brusquement.» Il fait alors glisser la bande de défilement gauche droite de la fenêtre et révèle la fille couverte de sang, les yeux hallucinés, dans un éclairage rouge. Il poursuit en faisant redéfiler l’image: «Vous voyez, au début la fille est comme ça, puis le film passe et elle devient comme ça» Il recule un peu, pointe la large bande noire entre les deux images et dit « Vous voyez, le films est là, et après, la fille devient comme ça» (en pointant la deuxième image.)
Malade non? Je suis parti de là avec le sentiment que l’art, c’était ça. C’est après qu’il a enfilé la perruque devant son visage. Je me demande s’il a préféré la perruque rouge au pom pom bleu métallique à cause de la couleur de l’image qu’il nous a montré à l’ordinateur, mais je suis pas sûr que c’était un choix judicieux parce que plus tard en finissant sa performance il nous a foutu un faux générique «rigolo» où il remerciait un des artistes de Clark pour avoir partagé avec lui sa connaissance des pom pom girls dans le cadre de ses «recherches». D’ailleurs dans le même générique il a également remercié J* d’avoir «pris le risque de lui faire aimer Montréal» J*, qui n’aime pas l’art contemporain facile, doit avoir pas mal trippé sur les liberté de que gars prenait avec le champ lexical du mot «risque» parce que plus tard dans la soirée après avoir jasé un bout de temps avec une des membres de PME-ART, je l’ai vue qui se faisait vaguement prendre par le gars dans ses bras. Je me suis demandé s’il avait eu droit au rituel de lavage de mains et si la maison de sa mère sentait la lavande.
J’ai fait un petit montage inspiré par les séries éliminatoires!
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La propriété, c’est le vol.
- Proudhon
Les notions de « vol de contenu » et de « parasitisme révolutionnaire » sont fondamentales pour les activistes du FAS (pour les néophytes, voir les descriptions des catégories ). Quelque part, celle de « Cool is Class War » relève du sabotage et celle du « non-apprivoisable et du non-domesticable » renvoie à la violence et au chaos primitif. Le FAS pourrait-il, par conséquent, inciter à la délinquance, sinon au crime ?
Un sympathisant du FAS m’a raconté :
«Mon ami P* travaille en librairie. La semaine dernière un client vient le voir et lui demande : » Hey, t’as-tu ça les livres du FAS ? » Il lui montre les livres, en présentation sur une table dans la section » littérature québécoise » (je les aurais plutôt classés dans » biographie « , mais bon). Plus tard, P* repasse devant la section et constate la disparition d’un des trois tomes. Or, le client n’est pas passé à la caisse et le libraire se souvient de l’avoir vu partir, son manteau négligemment posé sur le bras, comme pour cacher quelque chose dessous : il avait volé le premier tome des Annales du FAS.»
Ce voleur avait-il initialement l’idée de voler ce livre où c’est en le voyant qu’il a décidé de le faire ? Avait-il déjà volé auparavant ? Sur nos livres figurent des activistes en action, masqués et armés. Notre propagande serait-elle néfaste pour l’ordre social ? Et si notre action militante n’influait pas seulement dans nos univers fictionnels, mais aussi dans le réel ? Je regarde mon cocktail Molotov en foam posé sur ma bibliothèque et je crois voir sa mèche s’allumer.
Depuis que le printemps nous gratifie de ses caresses, j’ai recommencé à pratiquer une de mes activités préférées : la marche. Pas la marche comme moyen de transport, non, ça je l’ai fait tout l’hiver et, croyez-moi, j’en ai mon truck. En cette saison, le vélo s’avère définitivement supérieur. En fait, la marche qui m’intéresse est psychogéographique. C’est la dérive, comme l’appelaient les situationnistes.
Sans but précis, ce genre de promenade aboutit souvent dans un cul de sac, mais mène parfois à des découvertes extraordinaires. Et la soirée d’hier a mis la barre haute quant à mes prochaines explorations urbaines.
T* et moi étions allés flâner aux alentours du viaduc Van Horne. Sur Saint-Laurent, de l’autre côté du feu parc sans nom, sous le viaduc, se trouvaient de curieuses installations modulaires faites de matériaux recyclés, très design. Comme je l’ai appris en feuilletant le petit cahier attaché à chacune d’elles, ces oeuvres étaient le fruit du travail d’un groupe d’étudiants en architecture, qui proposaient une réflexion sur le thème de l’habitation. Leur démarche était expliquée de façon détaillée dans le cahier, mais étant donné que mes facultés mentales étaient quelque peu affaiblies, je ne me suis pas trop attardée sur le sujet. Nous avons continué notre marche.
Juste un peu plus loin, une pile de pneus. Était-ce des déchets? Était-ce de l’art? Nous nous sommes approchés. Certains pneus étaient recouverts d’une housse faite d’un joli tissu à motifs imprimés, très propre, qui semblait faire de chacun d’eux une sorte de siège. J’en ai essayé un. En effet, c’était assez confortable. Les pneus étaient attachés ensemble par de solides attaches de plastique, créant un filet indestructible ponctué de taches colorées formées par les housses. C’était définitivement de l’art. Un peu à l’écart, un pneu solitaire traînait dans un flaque d’eau. Faisait-il partie de l’oeuvre? Quelques lignes mystérieuses tracées à la craie nous faisait croire que oui.
Nous avons continué notre route. Un amoncellement de morceaux de bois a attiré notre attention, mais cette fois, c’était certainement un tas de déchets, piquants, pourris, bons à rien.
On s’est dit qu’on en avait assez vu pour la soirée et qu’on allait rentrer à la maison, en passant par la rue Saint-Dominique, là où elle s’interrompt pour laisser place à la voie ferrée. On voulait voir s’il y avait encore quelqu’un qui squattait dans le tas de neige. C’est que la veille, en passant par là, on avait vu un chien, tout seul, qui semblait excité de voir des passants. On s’était approchés, croyant qu’il était perdu, mais le chien s’était mis à aboyer et était rentré se réfugier dans une cavité creusée dans la neige. Il avait une laisse autour du cou. On s’était dit alors qu’il y avait un bum qui s’était fait un trou pour dormir là et qu’on ferait aussi bien de le laisser tranquille.
Il avait fait chaud durant la journée et la neige avait commencé à fondre considérablement. En arrivant près du tas de neige, on a vu qu’il y avait non pas une, mais quatre cavités creusées à différents emplacements autour du tas de neige. En s’approchant de l’une d’elles, on a constaté que ce n’était pas une cavité, mais un tunnel menant à une pièce en forme de dôme creusée sous la neige. Contre le mur, un banc de neige formant un cercle autour de la pièce était jonché de quelques bouteilles de bière. Ce salon avait deux autres entrées, deux tunnels menant à d’autres chambres creusées dans la neige. Le premier, à gauche, menait à une alcôve visiblement destinée au sommeil. Celle-ci avait une autre issue, un plus petit tunnel faisant probablement office de sortie de secours.
L’autre tunnel partant du salon menait à une plus grande pièce, à ciel ouvert. Au milieu, quelques blocs de béton disposés en cercle contenaient les braises d’un feu éteint. Probablement la cuisine. Un tunnel menait à une autre chambre dont le plafond était partiellement fondu. Toutes ces chambres étaient reliées entre elles et constituaient une sorte de labyrinthe, un village secret complètement dissimulé sous la neige. Sans le chien effrayé, nous serions probablement passés à côté sans jamais nous apercevoir de rien.
Quel contraste et quelle étonnante simultanéité entre les découvertes de cette soirée! Comme tentative d’appropriation de la ville, l’art brut de ce réseau d’igloos urbains surpassait largement les simulacres d’habitations des étudiants en architecture, qui me semblèrent alors, certes intéressants, mais tellement bourgeois en comparaison!
En sortant, nous avons été surpris de voir une voiture de police stationnée tout près. Il faut dire qu’il y a toujours de plus en plus de flics dans le quartier. Peut-être venaient-ils d’expulser les habitants de leur abri de fortune, sous prétexte de les empêcher de mourir écrasés sous la neige fondante. Trop occupés qu’ils étaient à lire leur Journal de Montréal, il ne nous remarquèrent même pas. Probablement qu’ils étaient en train de se féliciter de voir encore les médias discréditer la racaille après la manifestation contre la brutalité policière.
En tous cas, vous pourrez dire à tous vos amis français qu’à Montréal, il y a vraiment du monde qui vivent dans des igloos.
Le FAS, c’est bien connu, est une entité planétaire, transculturelle, transgénique et transgénérationnelle qui cherche même à étendre ses tentacules jusqu’à Mars et jusqu’au Continent de plastique. Des activistes du FAS s’activent partout. Il n’existe pas d’endroit où militer pour un quotidien délirant soit dénué de sens.
Les trois tomes des Annales du FAS seront donc présentés au Off Salon du livre de Bruxelles (du 4 au 8 mars prochain) par nos frères (ennemis ?) de La Conspiration dépressionniste/Moult Éditions et du Pressier qui y tiendront une table de vente. Lecteurs belges, voilà l’occasion rêvée de tout savoir sur :
• L’élément disjonctif irréductiblement hostile et sauvage ;
• La conspiration Kraft + psychiatre = nazi ;
• La vie secrète et mystique de Julia Kristeva ;
• La supériorité des étudiantes en art et/ou en danse ;
• Les conséquences de la consommation de mescaline dans le nord de l’Ontario;
• L’art poétique en milieu humide ;
• La géopolitique du logis ;
• La migration du zepoulpe ;
• Le chat sans peau de Joël Legendre ;
… et plus encore !
FAS vaincra !
(Salutations et française juteuse à La Consdep)
QUOI de plus trivial et stupide, au fond, que l’amour, la mort, la liberté et le divin? La triviale poésie, en se privant de ces thèmes, ne cherche-t-elle pas à se sublimer d’une certaine façon, à se faire jouir par strangulation?
Je me suis réveillé la tête dans le cul. Affamé, j’ai mangé du cassoulet pour le p’tit dej en écoutant en boucle l’incroyable album «sur le bord de l’absolument fantastique» du Monde dans le feu. J’ai plus d’emploi depuis hier, mais, ce matin, la secrétaire de mon ancienne job m’a appelé parce qu’elle parvenait pas à utiliser Outlook. J’étais vraiment un employé indispensable. J’ai mal au coeur. Je m’invagine. Ai-je la tête dans le cul ou le cul dans la tête? Ravale ta saison. J’vas t’la crache dans face.
Wow. Ces gars-là trippent vraiment avec leur gâteau en forme de dragon.
L’autre jour je suis allée chez Fichtre! pour trouver un cadeau à Mjack. En plus de Noël, c’était sa fête aussi le 27 alors je devais me forcer un peu, surtout que lui me fait toujours des super beaux cadeaux. J’ai choisi une bédé de J*D*, son auteure de bandes dessinées préférée. C’est assez volumineux, comme livre, mais je n’ai pas pu m’empêcher de le lire au complet avant de l’emballer. C’est le journal de son année 2003. C’est drôle, parce qu’elle parle souvent de Graff, l’atelier où je travaille depuis quelques années. En fait, quand je dis travaille, je parle de mes projets d’art, mais je travaille aussi dans le bureau depuis l’automne, comme employée, ce qui me permet de grappiller par-ci par-là quelques rumeurs sur l’histoire du lieu.
Je me souviens, une des premières fois que j’y suis allée, j’ai rencontré J*D* et j’étais vraiment impressionnée, mais je ne me souviens pas ce que je lui a dit ou même si je lui ai parlé. Elle a vraiment pas l’air trash qu’on imagine, en fait elle a l’air d’une personne normale. En tous cas, je ne l’ai jamais revue. Elle a arrêté d’aller à Graff pas très longtemps après, je crois. Moi, j’étais partie sur une balloune et je ne suis pas retournée pour environ six mois, alors je ne peux pas dire, vraiment, ce qui s’est passé. Dans la bédé, J*D* parle souvent de D*, à qui j’avais parlé aussi une fois à Graff et que vous avez sûrement déjà vue en spectacle avec les G*L*. Je lui avais dit que je lisais ses bédés quand j’étais ado à S**. Je pense qu’elle était rendue assez loin de Z*Z*, son alter ego, et ça a eu l’air de la gêner. En tous cas, elle non plus elle ne vient plus aux ateliers, ni J*, que j’ai vue un peu plus souvent, et que Mjack connait à cause de E*. Elles ont on atelier ensemble maintenant, à ce qu’il parait (J*D*, D* et J*). J*D* parle aussi de M*E*, avec qui j’ai suivi un cours à l’université. Je crois bien que c’est elle, parce que la chronologie concorde et le dessin est assez ressemblant. C’est drôle, parce qu’en classant les copies d’atelier à Graff, l’autre jour, je suis tombée sur le livre qu’elle ont fait ensemble à M** (J*D* en parle dans son journal) et c’est vrai qu’il n’est pas super beau. J’ai vu aussi toutes sortes d’autres objets que j’aime bien, que J*D* a fabriqués durant cette année-là et dont elle parle dans son journal. Elle parle aussi quelques fois, sans les nommer, de L* et C*, avec qui je travaille. C’est fou, je n’avais jamais remarqué que L* portait des lunettes. Et le stratagème pour camoufler C* (un autre) en le dessinant en ours, pfff, même si je ne l’ai vu que quelques fois (à
Expozine), je peux dire qu’il a vraiment une tête d’ours.
Quand je suis déménagée à Montréal, la première fois, je trippais parce que je voyais le nom des rues, des parcs, des bars que j’avais lu dans des livres ou entendus dans des chansons. Pareil quand je suis allée en France. Mais là, c’est autre chose. De lire dans un livre acheté au magasin, pas dans un fanzine broché ni un blogue, des descriptions de lieux que je connais comme ma poche, de reconnaître en dessin des personnes que j’ai déjà vues, mais que je ne connais pas, c’est vraiment bizarre. C’est comme si mon propre monde devenait un monde de fiction.
je reviens du salon nouveau genre, ça mit un peu de temps à lever côté ambiance, beaucoup de matantes au début et je craignais de me retrouver au salon des métiers d’art, (les premiers curieux m’ont tous reproché les petis caractères difficiles à lires pour leur début de presbytie) mais finalement un flot de jeunes gens appétissants sont débarqués en converse et manteaux de cuir et se sont littéralement jetés sur votre cher Joseph, avides de connaître l’essence et la définition du mot FAS… Chaleureux échanges avec les dépressionnistes, admiration sans borne du public pour le mjack et ses sérigraphies… les flyers ont volés comme des petits pains !
J’ai mal à la tête. Je mets la touche finale aux couverture et aux trois tomes des Annales. Hier avec Christophe nous avons fait une performance d’Organ Mood à un party de bureau organisé par La Centrale, Dare-Dare, Articule et Skol. Notre salaire: alcool gratuit. Comme je disais, j’ai mal à la tête.
Cet évènement, c’était pour moi comme un eldorado, quoi. Plein de monde à qui montrer ce que je fais, dans un contexte totalement informel. Plein de gens bizarre et intéressants. Plein de musique bizarre. Plein de filles en Art. Alors, j’ai fait des public relations. Comme on devait ramener notre matériel au local à la fin de la soirée, il n’y avait aucune chance que je profite de la situation pour finir la soirée avec une fille, alors j’ai plutôt fait des expériences de personnages.
J’ai appris que N* avait regardé des photos de moi sur facebook avec son amie J* et qu’elle me trouvait cute, mais un peu gay (si vous vous demandiez à quoi servent les services de réseaux sociaux). Selon lui, je devais m’essayer, c’était assuré que si je réussissais à briser sa carapace de glace je la faisais fondre. J’ai mis l’information en réserve, pour plus tard peut-être, parce qu’elle est quand même assez attirante, mais que j’ai bien l’impression que ce qui lui plaît de moi c’est mon attitude de drague constante, jamais consommée et extrèmement distante, que j’entretenais avec elle il y a quelques années, quand on se croisait toujours par hasard.
À travers une discussion avec elle que j’avais provoqué pour des raisons imprécises, j’ai appris que V* avait 32 ans, ayoye, j’aurais jamais cru, avec sa petite face ingénue et ses yeux qui donnent l’impression de regarder en haut à gauche en souriant…
Calins de E*. Il s’en est fallu de peu pour que je laisse mes rétroprojecteurs à l’espace Jean Brillant, Christophe tout seul avec ses gros amplis, et que je m’en aille avec elle. Mais je me suis retenu et j’ai réussi à maîtriser ma dépendance affective aux prix d’efforts surhumains que je regrette presque. Quand je lui ai dit que j’en avais envie mais que je ne pouvais pas me permettre que ça arrive, elle m’a répondu: «Éloigne-toi de moi alors.» Elle joue dur.
J’ai aussi appris que A* avait un petit kick sur P*, qu’elle était vachement déçue d’apprendre que non, ça marcherait jamais parce qu’il aimait pas les filles avec des petites faces de gâteau, mais les mecs. Probablement les jeunes emo à calotte, j’avais l’impression qu’il essayait de draguer W*, avec une approche vraiment détournée caractéristique des angoissés et des artsy. Ou ça c’est toutte passé dans ma tête?
Ah pis le gars que j’ai croisé à Graff, qui m’a dit qu’il me connaissait de quelque part. Je me demandais vraiment d’où ça pouvait être. A*, la petite face de gâteau, m’a tout expliqué. Il m’avait vu dans ses rêves, et ç’a été à son tour d’être déçu. Tristesse. Incompréhension.
Donc j’ai mal à la tête et j’écoute une playlist trouvée sur P45, compil de punk français ultra pop super cute. Ça me rappelle le livre Les mouvements de mode expliquée aux parents, ouvrage à l’ironie subtile, fondateur dans le développement de mon humour autodestructiviste.
J’ai découvert aujourd’hui en aiguisant mon crayon – comme je suis une artiste, je n’ai jamais d’aiguisoir donc je fais toujours ça à l’ex-acto – à quel point les clichés ont la vie dure. Voyez-vous, l’image que l’on se fait généralement d’un crayon à mine bien aiguisé montre bien les petites vaguelettes créées par le couteau lorsqu’il tranche la fine couche de vernis pour découvrir le bois du crayon. Or, vous remarquerez que l’aiguisoir ne laisse jamais de telles traces et que son mouvement rotatif laisse cette ligne toujours parfaitement nette. Pourquoi donc continue-t-on de représenter les crayons de la sorte, avec un petit zig-zag séparant le bois du vernis, alors que plus personne n’aiguise encore son crayon au couteau? Alors que plus personne, à bien y penser, n’utilise encore de crayon? Le cliché du crayon à mine serait-il antérieur à l’invention de l’aiguisoir ou la persistance du cliché laisserait plutôt sous-entendre que le crayon de l’artiste serait plus intéressant que celui, disons, du comptable?
J’ai découvert cet article dans les brouillons, où je l’avais abandonné il y a plusieurs semaines lorsque j’ai réalisé que les petites vagues dans le stéréotype du crayon à mine bien aiguisé provenaient non pas de traces d’ex-acto, mais de la forme octogonale qui sert à empêcher les crayons de rouler. Moi qui croyais enfin avoir eu une réflexion géniale. C’est pas grave, j’ai décidé de le publier pareil, avec en prime les deux titres sans article : « Brassens et les anarchistes » et « Genèse + FAS = nazi », que j’avais aussi enregistré dans les brouillons, je ne me souviens plus quand ni pourquoi.
Voilà. J’en appelle aux autres auteurs à faire preuve de solidarité et à dévoiler sans honte leurs trésors cachés.
Communiqué, pour diffusion immédiate.
Expozine 2008, le septième salon annuel des fanzines, bandes dessinées et petits éditeurs aura lieu les samedi et dimanche 29 et 30 novembre, de 12h à 18h, au 5035, rue Saint-Dominique (Église Saint-Enfant-Jésus, entre Laurier et Saint-Joseph, métro Laurier). Comme d’hab, le FAS y sera.
Des activistes du FAS, en tenue de ville ou de campagne, y vendront (à perte) les fascicules suivants :
• Spécial Julia Kristeva ;
• Spécial non apprivoisable et non domesticable ;
• Spécial hé, hé, hé…
• Spécial baleiner l’imbaleinable ;
• Spécial André Serouille ;
• Spécial « Probable, mais dégage. »
Mjack exposera aussi ses nouvelles sérigraphies d’activistes en action.
Notre table d’exposition sera un lieu ouvert où il nous fera plaisir d’accueillir différents activistes et sympathisants du FAS : Poufiasse, Rhaaaa(rgl), Clark Gabeul, Sire d’oneilles, Bébé Astronaute, Robodrigue et tous les autres, soyez des nôtres ! C’est l’occasion rêvée de signer des dédicaces à vos fans en furie.
Sera, par ailleurs, annoncée la sortie prochaine des 3 premiers livres du FAS, constitués à partir de textes puisés sur nos annales :
• Tome 1: Le Quotidien délirant ;
• Tome 2 : Vers un nouvel exotisme ;
• Tome 3 : Le Continent de plastique.
Chers fasciens et fasciennes, à quoi bon en douter : nous vaincrons !
Je voulais vous servir, faisant un mister jack de moi-même, une bouillie post-moderniste sur la synchronicité jungienne versus le synchronisme vulgaire, leur rapport à mes activités matinales et le travail de cette artiste mais… meh… beh.
Pas besoin de vous sucrer la pilule.
Tchèque man: on dirait qu’à fait des pipes mais c’t'un instrument de musique !
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=gtqEPnqSvLs[/youtube]
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Hw_whFIsnw8[/youtube]
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=lVVpAR9_Tgc[/youtube]
http://www.wojciechkosma.com/
j’ai définitivement trop de temps à perdre.
Le concept d’intertextualité nous aide à faire des liens entre différents textes partageant les mêmes motifs, thèmes ou préoccupations. Quand la réflexion qui soutient ce concept quitte l’univers de l’écrit, pour venir faire de la contrebande à la frontière entre le monde réel et le monde des idées, les correspondances, cooccurences et synchronismes fusent. L’art nait, et avec lui le germe de la schizophrénie.

Et dire que les gens regardent la télé…
Les MWHHA contre les WWKA from P45 on Vimeo
Aronofsky, c’est le réalisateur de Requiem for a dream si ça vous permet de le replacer.
Le concept est vraiment cave en passant, je parles du concept de Robocop (cliquer sur ce lien pour une mise en situation du personnage), c’était plutôt, ouais, décevant, je voulais tellement le voir quand j’étais flo. À l’école tout le monde parlait de la première de Robocop à Super Écran, on venait tous de faire un revisionnement de Ghost Buster la semaine d’avant, il passait à Télé-Métropole, ça nous avait tous rapproché la classe de deuxième année « A » de Marie-Médiatrice. J’avais été couché chez un de mes potes du primaire pour le regarder – lui il avait super écran – et bon Dieu que j’avais été déçu! Mais quel imbécile ce robot; il y avait du mastic pour calfeutrer le vide entre son crâne et son affreux déguisement, l’acteur se déplaçait comme s’il était un robot, mais je savais bien qu’il avait séché ses cours de mime à l’école des acteurs. Tout était cheap, mais le topping sur le gâteau étai sa sale gueule d’homo à donner le goût de dégobiller toute la nuit je n’ai pas pu en dormir.
En me levant pour aller à la toilette, durant la nuit, il y avait l’oncle de mon ami qui habitait là en permanence (un joueur de Nintendo invétéré, maniaque de Nintendo, on l’avait déjà trouvé roupillant avec sa manette dans les mains devant son fétiche Zelda 2, je le trouvais dégoûtant), et bien ce salaud je l’ai croisé dans les toilettes et il portait un affreux genre de G-string crotté (on est en 87 à Pointe-Calumet) et il était passé devant moi à moitié nu, il s’en allait, résolu, regagner les bras de Morphée sous la musique redondante de Zelda 2 qui devait jouer en permanence dans ses deux oreilles. Je suis retourné en courant dans la chambre de mon ami en attendant que le jour se lève et que je puisse rentré chez moi, là où il n’y avait pas d’oncle oisif* ni de Robocop.
Voilà donc ce que je pense de Robocop, pour moi c’est ce raté d’oncle de M* qui était dans ma classe en deuxième année primaire. Alors Aronofsky t’as déjà un spectateur de moins dans ta sale salle de cinoche!
* J’allais avoir un oncle beaucoup plus oisif que l’oncle de M* qui allait venir hanter ma maison de l’âge de 11 à 14 ans.
Ou c’est cet homme qui est le diable ?
Pouvez-vous le tolérer en tête d’affiche de nos annales?
Publierez-vous plutôt une série d’articles afin qu’il disparaisse au plus vite dans les latrines du FAS ?
En tout cas, son quotidien est pas mal délirant…

Le Pressier est le premier libraire Internet dédié aux magazines indépendants du Québec. On y trouve les publications de La conspiration dépressionniste, de La maison Rex, des Éditions Rodrigol et d’une foule d’autres éditeurs indépendants.
Le Fascicule du FAS, spécial « Probable, mais dégage » peut y être acheté pour une somme dérisoire. Une chance unique de connaître la vérité sur le voyage d’Amygdale vers Mars et de savoir quoi répondre quant on vous dit que les masques au gras de bacon, «c’est pas bon ».
Le Pressier lutte à nos côtés pour assurer la diffusion du FAS et assurer notre victoire. C’est un outil de propagande révolutionnaire. On attend seulement le jour où il diffusera les tracts d’André Sérouille. FAS vaincra !
Incroyable, mais vrai. Hier, un homme m’a dit : « J’ai acheté les sept fascicules du FAS. Je les ai lus. » Chers activistes du FAS, nous avons au moins un lecteur. Il semble qu’il s’agisse d’un être de sexe masculin (je n’ai pas vérifié), dans la trentaine. Il porte des lunettes. Il mange et il boit. La nuit, il rêve qu’il est Nism dans son laboratoire et qu’il boit du jus de zepoulpe dans une éprouvette. Le FAS le contamine. Il sabote ses relations sentimentales dans le but d’être triste comme dans un cool is class war. Il ne peut plus se passer du FAS, mais le FAS lui gâche la vie. FAS vaincra!
Désolé pour cette introduction un peu trop technique. Le hic, c’est que j’ai réalisé, en regardant le travail fait par notre graphiste, que la carte arrière (celle qui va à l’arrière du boîtier) qu’il avait prévue était en couleur des deux côtés, tandis que tous les devis que j’avais reçus prévoyaient un côté couleur et l’autre en noir et blanc. Au départ, je m’étais dit que l’image dans le boîtier, qu’on voit quand on retire le disque, pouvait rester en noir et blanc. Cette information s’est perdue quelque part et cela pose problème. En effet, cette image est une photo prise de Brigitte Bardot en Harley Davidson. Comment pourrais-je enlever sa couleur à Brigitte? Ce serait un affront insupportable. De toute façon, je sais que mon graphiste a d’autres trucs à faire et je doute qu’il ait envie de s’y remettre. Alors je dois demander à tout le monde de me refaire une offre en tenant compte de la couleur, ce qui va me coûter 75$ au bas mot.
Le plus drôle dans tout ça, c’est que la photo originale était en noir et blanc. On peut voir des petits buissons à travers les rayons de la roue avant de la moto qui étaient là au départ et qui sont restés en noir et blanc sur l’image finale… une petite ‘erreur’ qui a son charme. Peu importe : on en est pas à la première dépense somptuaire pour cette cocotte.
Nous relisions les articles sur la préparation au voyage vers Mars, parce que nous préparons un nouveau numéro des cahiers du FAS. Je me suis mis à envisager la question d’un côté pratique. Enfin, disons que j’ai essayé d’évaluer quelles étaient les possibilités qu’Amygdale réussisse à être sélectionné pour un programme d’entrainement au voyage vers Mars, et elles m’apparaissaient pluôt minces.
Ça me semble dommage car il me semble que ce soit dû à une forme de mépris envers la discipline qu’il pratique. Pourtant qu’est-ce qui serait plus intéressant que d’envoyer en mission vers Mars un individu capable de réfléchir sur sa condition.
Il est selon moi important que cet entraînement ait lieu malgré tout. Comme Amygdale est déjà un sportif et un ascète, il ne lui serait probablement pas impossible de passer la durée de ce voyage dans un simulateur, conçu pour imiter le plus possible ce que nous pouvons connaître des condition d’un voyage vers Mars, en mettant peut-être de côté l’apesanteur. La cave de son appartement, presque aussi froide et sombre que l’espace interplanétaire, ferait tout à fait l’affaire pour l’installation de ce simulateur. En refermant une certaine partie, pour imiter l’exiguïté du vaisseau, on pourrait créer un espace dans lequel divers objets usuels — glanés au hasard des ventes de garage et des bazars— viendraient remplir les fonctions des appareils sophistiqués et couteux nécessaires à maintenair en vie un cosmonaute dans l’espace. Un tapis roulant et une bicyclette d’exercice lui oermettraient de conserver la forme physique acquise par la pratique d’un entrainement quotidien. L’internet, unique moyen de communication avec le monde via un site spécial diffusant sa performance en direct, permettrait de simuler l’isolement vécu par les astronautes. Plusieurs webcams viendraient rappeler le constant monitoring subi par les cosmonautes. quelques aquariums et terrariums
fourmillants d’animaux permettraient d’imiter les expériences continuelles qu’il doivent constamment exécuter.
Je crois que nous tenons une bonne piste. Après une bonne recherche sur les conditions de survie interplanétaires, il est fort raisonnable de penser que nous pourrion construire un simulateur de voyage vers Mars crédible. Il ne manquerait plus ensuite de convaincre Amygdale de se soumettre à cet entrainement
Le regard pénétrant de Mysterious a séduit le jury de Footprint International Print Exhibition 2008, capturé dans une gravure qui a été sélectionnée parmi les quelque 526 estampes soumises par 300 artistes de 20 pays différents pour la première édition de cette biennale organisée par le Center for Contemporary Printmaking, situé à Norwalk au Connecticut.
Mysterious scrutera donc bientôt de son oeil inquisiteur les amateurs d’art américains, en espérant qu’il puisse les convaincre de délier leur bourse pour acheter cette oeuvre dont la valeur machande est évaluée à un prix absolument faramineux.

Du 27 mars au 31 mai 2008.
www.contemprints.org
Robodrigue,
Enregistré dans :FAS – Rencontres, Le non apprivoisable et le non domesticable, Art Is Evil
Il est une forme d’art fort dépréciée depuis la deuxième partie du siècle dernier: la danse. Bien qu’on croit la connaître pour avoir fréquentés des établissements de mauvais aloi dans notre jeunesse (et peut-être en d’autres occasions si l’ivrognerie a atteint un niveau de non-retour), la danse nous mystifie même quand on la pratique tout de tissu vêtu -étudiante en danse-. Ce qui en rend le spectacle si attrayant c’est de voir de si jolies jeunes femmes s’adonner à ce spectacle de façon si abandonnées, se révélant, alors, totalement à nous. Ayant quittés nos villages ou citées dortoirs pour aller découvrir la ville et la beauté de l’art, la croyance aveugle en nos possibilités, nous croyions avoir abandonnée nos vieux rêves d’adolescants avides de sexualité sauvage avec les femmes qui s’accrochent aux poteaux avec le même acharnement que nos ex petites amies au fait que nous soyons des salauds; la réalité en est toute autrement. Que nous soyons petits bourges asceptisés ou quatre-cinq-zéros débauchés, qu’elles soient cultivées et vêtues ou cochonnes et dévêtues nous tombons toujours pour elles.
Ultimement elles rejoindront les hordes de danseuses à Las Vegas, à travers les lumières multicolores de la Strip, le bleu, l’orange, le jaune, le rouge, le vert, le turquoise, le doré et l’argenté, elles nous commanderont de danser à leurs côtés et par programation C++ nous serons changés en M.C.. Laissant libre cours à nos corps nous engagerons une danse éternelle qui entrainera le reste de l’humanité dans une breakdance humiliante où nous tournerons sur nos têtes jusqu’à l’abrutissement accompli; pénétrés par le spectacle nous en deviendrons un: un spectacle vivant, il n’y aura plus que ça: le spectacle, nous en serons les atomes; la terre comme dancefloor intersidéral, parce qu’après tout la réalité subjective n’est qu’une question de décorum.
Tu vois l’ami, les apparitions en danse elles ne s’attrapent pas à la mouche dans les bars de la Main, c’est notre lâcheté qu’il faut donner pour toucher à l’absolu festif.
Cette semaine ça a été la première bordée de neige et on a eu droit à la totale. Presque trois jours de précipitations, dont au moins 24 heures intenses. Moi qui voulait faire l’hiver en vélo, j’ai dû me rendre à l’évidence: c’est une utopie.
J’ai reçu sur Face de bouc une invitation à une bagarre de boules de neige au parc Lafontaine, que j’ai déclinée parce la neige n’était pas tapante. Quand la neige est pas tapante, la boule reste formée jusqu’à ce que ton bras soit en complète extension, puis dès qu’elle quitte la main, elle se désagrège en poussière, en poudre aux yeux, et ça fait des guerres de moumounes.
Mais, pour bien marquer que j’avais quand même gardé mon coeur d’enfant magique, j’ai dit dans ma réponse que j’allais rester chez moi faire un fort. Je vous épargne le récit de l’escalade de propos incendiaires qui s’en est suivi; toujours est-il que je l’ai fait ce fort, avec mon bac de récu, puis j’ai demandé à Zepoulpe de le prendre en photo avec son téléphone portable. Comme toutes ces «photos ordinaires non-appropriées» ont malgré tout, dans mon coeur, un statut artistique, mais surtout qu’elles relatent une action que j’estime – à bon droit me semble-t-il – franchement stupide, j’ai pensé vous en soumettre une petite.
Je revenais du bureau et je suis tombé sur une affiche faite d’une boite ou un message etait peint à l’acrylique (probablement par un hippie):
«J’ai rêvé que je construisais des structures pour protéger les flaques d’eau». Je suis revenu le lendemain et elle avait disparu. Le monde des idées est sans limite.
The Pacifier
Savant croisement entre les gags du soldat en civil (Rambo) et celle de la vie familiale en banlieue (Cap Fear). Ma théorie des croisements est encore mise en lumière, et le résultat est grandiose.
Un scénario construit en crescendo où le développement des relations entre les personnages atteint un niveau très élevé, un niveau qui sera mis à l’épreuve quand des ninjas nord-coréen mettrons en péril la sécurité de ce groupe d’insoumis (rappelant les personnages du film The Misfit de John Huston).
Un dévoilement à la toute fin de la véritable sensibilité du personnage campé par Vince Diesel. Une réflexion sur l’art de performance, la transformation des névroses dans le personnage feint, le retour des soldats qui ont servis à la guerre, la logique guerrière qui doit être abandonnée.
Une grande leçon de cinéma.
«Si je télégraphiais à Saint-Loup, ce n’est pas qu’il me restât des doutes sur l’identité de la personne, et que la jeune fille vue et celle dont il m’avait parlé fussent encore distinctes pour moi. Je ne doutais pas qu’elles n’en fissent qu’une seule. Mais dans mon impatience d’attendre le surlendemain, il m’était doux, c’était pour moi comme un pouvoir secret sur elle, de recevoir une dépèche la concernant, pleine de détails. Au télégraphe, tout en rédigeant ma dépèche avec l’animation de l’homme qu’échauffe l’espérance, je remarquai combien j’étais moinsd désarmé maintenant que dans mon enfance et vis-à-vis Mlle d’Éporcheville que de Gilberte. À partir du momment où j’avais pris seulement la peine d’écrire ma dépêche, l’employé n’avait plus qu’à la prendre, les réseaux les plus rapides de communication électriques à la tranmettre à l’étendue de la France et de la Méditérannée, et tout le passé noceur de Robert allait être appliqué à identifier la personne que je venais de rencontrer»