Citations et aphorismes
SPIRIT DUPLICATA, 19/06/2009 [Citations et aphorismes]

»  Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail.

Dans la société capitaliste, le travail est la cause de toute dégénérescence intellectuelle, de toute déformation organique.

Les ouvriers ne peuvent-ils donc comprendre qu’en se surmenant au travail, ils épuisent leurs forces et celles de leur progéniture; que, usés, ils arrivent avant l’âge à être incapables de tout travail; qu’absorbés, abrutis par un seul vice, ils ne sont plus des hommes mais des tronçons d’hommes; qu’ils tuent en eux toutes les belles facultés pour ne laisser debout et luxuriante, que la folie furibonde du travail.» 

SPIRIT DUPLICATA, 16/05/2009 [Citations et aphorismes]

« En effet la vie humaine dépensée consiste à exclure chaque partie ignoble, abjecte, ordurière, mais à exclure non pour rejeter dans l’inexistence: l’exclusion crée au contraire la valeur positive grâce à laquelle il devient possible de disposer de violente réaction affectives. Dans la vie sexuelle, les éléments abjects même niés, jouent le rôle déterminant d’agents de l’attraction  érotique, et à partir de cet exemple, il est possible d’apercevoir que la valeur de tels éléments repose sur la possibilité, toujours latente, de transformer la répulsion en attraction. Il en est de même de la guerre dont la valeur  attractive ( indéniable dans une certaine limite) est liée à la mort et aux cadavres. En fait, il n’existe pas d’activité susceptible de soulever violemment les hommes à la base de laquelle l’action des éléments ignobles ne joue pas un rôle déterminant. Mais il est difficile de déceler cette action parce qu’elle doit être niée pour être efficiente. En effet, dans la plupart des cas, la rtansformation de répulsion en attraction se produit seulement lorsque la charge affective liée primitivement à l’élément abject a pu être déplacé et lié à un élément voisin. Ainsi, dans l’activité érotique, la charge se dséplace des organes sexuels d’une femme à ses différents charmes (physiques ou moraux); dans la guerre, des cadavres et du sang à l’attirail militaire glorieux.» 

Amygdale, 21/04/2009 [Citations et aphorismes, Triviale poésie]

Le poulpe, qui n’a pas de sang, et enchevêtre
dans le creux des rochers son noeud de tentacules
en changeant ses couleurs, je le hais…

Ion, fragment.

Ensemble de chaises a jardin, 19/04/2009 [Citations et aphorismes]

Le legging est le Guantanamo du désir, un voile médiatico-légal de la chair nue.

Ensemble de chaises a jardin, 19/04/2009 [Citations et aphorismes]

Qu’est-ce que le Québec?

Une longue route ennuyante entre 2 St-Hubert BBQ ; hypostase du plaisir dans le regard lumineux de deux Boomers débarquant de leur moto joufflue.

J’ai trouvé cette perle dans la délicieuse Gazette de la Gendarmerie Royale du Canada.

 

« Nous n’enquêtons pas seulement sur des crimes, nous faisons réellement partie de la collectivité» 

-Le caporal Ben Sewell, Gazette de la GRC, Vol. 71, no. 1, 2009, p.11


Poufiasse, 12/04/2009 [Citations et aphorismes, Vol de contenus]

Ach! Je me pose toujours les mêmes question lorsque je me retrouvre dans la région zéro-cinq : comment-ça La Tribune existe encore ?  qui la lit ? Mais surtout, son charme provient-il des inepties qu’on y écrit ou des inepties qu’on y relate ? Beaucoup des deux sans doute. Voici donc la perle de la fin de semaine, pravda-style, en gros titre, entre guillemets et en page 2 svp !

« Notre eau est 100% parfaite» 

-Michel Cyr, chef de division Gestion des eaux, ville de Sherbrooke.

Amygdale, 30/03/2009 [Citations et aphorismes, Théorie]

La notion d’échelle
Le bruit de fond n’est qu’un rapport de distance à un « fond » défini de façon arbitraire. Il suffirait que je m’approche pour que le fond passe à l’avant-plan. Le bruit est question de distance, ou bien, ce qui revient au même, d’échelle. Les clapotis de la mer font, pour un organisme vivant à leur échelle, davantage de bruit que la plus haute vague, car celle-là, il ne l’entendent pas.

Le « bruit » comme notion générale
Dans un contexte expérimental, le bruit prend parfois un sens plus large, et s’applique à toute perturbation, sonore ou non, qui est susceptible de brouiller les résultats. Il constitue un peu l’envers des « traces », ces résidus de certaines réactions chimiques que l’on néglige parce qu’elles n’influencent que ce qui suit la virgule.

L’effort comme bruit
Le bruit de fond est dans un rapport d’interférence et d’échelle par rapport à nous; il est là, mais on juge, en général, qu’il n’a pas d’importance, on l’ignore. Cependant, pour l’ignorer, nous déployons un effort de concentration supplémentaire, et cet effort constitue lui-même une perte, et peut-être un bruit, mais un bruit d’avant-plan cette fois, que l’on reconnaît à ceci, qu’il donne une gravité démesurée à des événements qui n’auraient autrement qu’une importance négligeable.

Pure spéculation
Le bruit de fond, c’est la sollicitation permanente de nos capacités infra-conscientes. J’ai récemment entendu parler de tests acoustiques menés sur les systèmes d’aération d’un immeuble; il semblerait que le niveau de décibels atteint par ces machines est proprement stupéfiant. Cependant, comme les ondes sont trop basses, nous ne les percevons guère. Peut-être les percevons-nous malgré tout, de manière mécanique. Comme lorsque nous sommes trop près d’une caisse de son, nous vibrons. De la même manière, peut-être notre métabolisme perçoit-il de la sorte ces bruits et s’est-il habitué à vivre selon les pulsations de ces monstres au diesel, qui vivent sous les stationnements des tours à bureaux.

Le bruit de fond comme réconfort
Nous vivons à proximité de ces monstres et de bien d’autres, dans la sphère de leur influence. Nous qui vivons prisonniers dans cette sphère, mais nous nous entêtons néanmoins à endurer ce bruit incessant, parce que nous avons appris à vivre à leurs rythmes, et leur agitation nous est un réconfort. Elle nous prévient en effet d’une chose bien plus assourdissante: le silence.

Mysterious, 27/03/2009 [Citations et aphorismes, Vol de contenus]

«Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire?»

- G. Perec, l’infra-ordinaire.

Copié d’un courriel envoyé par Ensemble de chaise à jardin.

SPIRIT DUPLICATA, 22/01/2009 [Citations et aphorismes]

« La jeunesse tourbillonne dans une grasse soupe de sexe. Ô clitoris, je t’extrais de ton bas de soie. Ô clitoris, je fais ourler ton duvet de sensation avec la caresse d’une plume d’autruche de la nature du délire à carreaux. La jeunesse est en nous et nous sommes la jeunesse. Une touffe de poil crève l’oeil du voyeur en dépit de son lorgnon. Rions. Le con qui baye fait penser à une tranche de melon. Il n’y a pas de dessert plus succulent qu’entre les genoux d’une jolie fille. Vivent les pionniers qui plantent des poteaux de téléphone dans la brousse!»