Je n’ai pas d’idées précises, c’est plutôt une émotion, une intuition, une vague vision, que je développe, en tâtonnant; c’est que je n’ai pas de mémoire, pratiquement aucune, j’oublie tout, chaque détail, les raisons, les gens, leurs histoires, tout comme mes cours d’histoire, ma culture générale, les règles des jeux de cartes, les livres et films que je regarde, sauf ceux visionnés cent fois, encodés par la force. les visages me disent quelque chose, j’essaie de comprendre d’où ils me viennent, qu’est-ce qu’ils me signifient, il faut qu’on m’aide à me souvenir. Je ressens un vide cervical, dans ces moments là, il faut que je me frotte le dessus de la tête avec vigueur, comme pour stimuler quelque chose, ce qu’il reste, ce qui fonctionne encore. Est-ce que j’ai pris trop de drogue ? Est-ce ma tête qui cherche à me protéger de mes pires souvenirs, ou est-ce que j’ai juste trop bouffé de sandwichs emballés dans du papier d’aluminium ?! Comme ma grand-mère, vais-je finir sénile, alzheimer, radotant, inquiet et agressif. Je lis «un roman français» de Beigbeder, il parle justement de son amnésie, et comme moi, il en souffre. Puis il y a ces gens oubliés qui pensent qu’on se fous d’eux, que c’est par snobisme, par mauvaise foi, si on se souvient plus de les avoir frenchés en secondaire 4. pourtant ça n’a rien à voir, c’est comme s’il faut vraiment que ça brasse fort pour rester imprimé et si ça brasse trop, on l’oublie aussi. Ça me réconforte de ne pas être seul à oublier, je ne me souviens absolument pas de mon enfance et j’ai perdu des grands bouts de mon adolescence, alors il y a cette phrase tout de même qui a attirée mon attention et retenue mon approbation, dans la lecture du Beigbeder, elle parle de la musique, cette musique qui, profonde et hallucinante, sait mieux que n’importe lequel exercice de mémoire, faire remonter des vagues de souvenirs enfouies dans les abysses de ce drôle d’intestin crânien, où tout à coup des bribes de conversations ou d’émotions vives, reliées à un passé incertain, ressurgissent sans qu’on ne comprenne trop pourquoi tout à coup, ça y est… il est écrit «la musique reste mon véhicule temporel préféré, le plus rapide moyen de ruminer le passé : je suis convaincu que ma collection de 45 tours grésillants contient l’histoire dont mon cerveau m’a dépossédé.» Pour avoir souvent pleuré sans prévenir, à l’écoute de certains vieux tubes, je pense que c’est pas mal ça.
Aujourd’hui j’ai ingurgité un bocal entier de Skittles et de Starbust et je me suis retrouvé les dents complètement déchaussées. Et puis, je me suis mis à angoisser, seul devant mon ordinateur. Je sentais le sang affluer dans mes yeux. Je percevais nettement les palpitations de mon coeur, et il me semblait pouvoir lire les pensées de la vieille bossue à la fenêtre en face de chez moi. Nul doute : j’avais atteint un niveau supérieur de conscience. D’un trot souple et amorti, une joggeuse parût consécutivement dans les deux careaux de ma fenêtre. Elle se mouvait.
De tout cela, rien ne vous semble sortir de façon notable de l’ordinaire (je le sais). Mais vous doutez-vous seulement de ce qui se passa par la suite ? Le téléphone retentit. Je me ruai au salon et décrochai le combiné. Une voix apparentée à celle de la fonction «lecture audio» dans Adobe Reader m’annonça qu’une escouade de bonniches débarquait dans mon quartier pour épousseter tous mes meubles et nettoyer tous mes tapis. J’acquiessai, mais la machine demeura stoïque, se sentant peut-être piégée. Ce silence me fit craindre le pire. Je scrutai la pièce pour constater sur-le-champ l’apparition d’un cadavre sur le divan. Un cadavre comme ça, non-sollicité.
Je me réfugiai dans ma chambre, saluant au passage le scarabée que j’ai eu le bon goût de laisser s’établir sous ma biblothèque. Mais il ne me répondit point. Il était mort lui aussi ! C’est alors que j’ai tout compris, car dans ma fenêtre, passant par les careaux en sens inverse de la joggeuse, ze killer camembert fit lentement son apparition. Englué dans le vasistas de la façon la plus salace, il se trémoussait là, sous mes yeux, ayant l’air de se délecter de ses forfaits. Avait-il également trépassé la joggeuse ? Et moi dans tout cela, qu’étais-je, sinon un témoin muet des sombres méfaits du Killer Camembert ? Alaitons m’incarcérer avec le produit laitier ?
Il y a longtemps que je n’ai pratiqué un quelconque sport d’hiver. La course à pied a amélioré mon profil bien avant que je n’y perde la face, mais c’est exigeant pour la pile. Chaque fois que je manque de me tordre la cheville en sautant par-dessus une poubelle, ou que j’esquive les crachats d’un matou farouche heureusement (quoique bizarrement) tenu en laisse par sa maîtresse, je songe, comme Citizen Kane, au bonheur pur de se laisser dévaler une pente en toboggan. Ou en skis. Il est vrai que le ski aussi est un sport périlleux. Il exige des chevilles d’acier, des cuisses et des fesses en béton et un esprit net : un objectif, une volonté, un trait (et une passe de saison). Avec moi, skieur piètre, mais téméraire, pas de louvoiement, pas de bosses, non : la vitesse pure, celle qu’on atteint sur la douce arrête d’une courbe, lorsque les lunettes s’embuent et que s’atténue la ligne de démarcation entre la piste et les voies d’accès à la machinerie…
On remarque d’abord que la neige n’est plus aussi compacte, qu’on ne croise plus de skieurs, que l’espace se rétrécit imperceptiblement et que les flocons tombent plus paresseusement, dans ces corridors à l’abri des bourrasques. Puis, à un certain point, vous réalisez que vous êtes prisonniers des ronces et du hart, ainsi que des vieilles mottes de foin jaunies qui transpercent, ici et là, la neige. Vous voilà seul et isolé. Ne reste plus que le cri inquiétant de l’épervier pour vous signaler que vous êtes encore sur terre. Alors, plutôt que de rester stationné dans ce décor molletonné (et non-hormone décolletée), pourquoi ne pas retirer vos skis et dévaler le reste à pied? (Allez au prochain paragraphe)
Comme j’avais déjà parcouru un bon kilomètre dans cette impasse, je jugeai qu’il serait plus facile de rejoindre le pied de la montagne d’abord, quitte à me rediriger ensuite vers la station. Lorsqu’on se perd en hiver en montagne, il y a un principe simple auquel on doit se tenir aussi ferme que le kamikaze à son manche à balai : tant que ça descend, tout va bien. La civilisation, que je sache, elle est en bas. Remarquons au passage qu’il est plus aisé en hiver qu’en été de dévaler une pente, puisque la légère résistance de la neige compense la poussée gravitationnelle, celle qui donne mal aux genoux dans une randonnée estivale, et qui vous fait craindre de trébucher et de vous érafler le visage et la paume des mains. On peut presque se laisser tomber et le travail se fait tout seul.
Aussi ne m’a-t-il fallu guère plus de 20 minutes avant d’apercevoir une habitation. J’avais depuis longtemps repéré une lueur, mais je craignais qu’il ne s’agisse d’un lampadaire au milieu d’une route perdue. C’était plutôt la lanterne du portique d’une vaste et pittoresque retraite au toit en pignon, dont la cheminée fumait tranquillement, ce que l’on appelle communément un chalet de ski. Il y aurait donc là du monde qui pourrait m’aider à retrouver mon chemin vite fait, car il se faisait tard. Bien sûr j’aurais l’air un bouffon avec mes deux skis sur l’épaule et mes sourcils givrés, mais avec quelques blagues on fait des miracles et on gagne des rides en char. Et puis j’avais soif. Et puis, je l’avoue, c’était la pleine lune un vendredi 13 d’une année bissextile, et je me sentais porté par le mystère.
Mais, certes, oui, c’était là une bien mystérieuse cabane. Il y avait trois voitures stationnées à l’écart, et je pensai que j’arriverais au beau milieu d’une fête ou d’un souper de famille. Cependant, en approchant, je n’entendis ni le beat ni les éclats de rire caractéristiques de l’un et de l’autre. Bien plutôt en sourdait-il une sorte de chant harmonique et doux, quoique grave, et quand j’entrai dans la clairière dégagée autour de l’habitation, ce chant se ponctua d’une forme de récital rauque que semblait psalmodier une voix de basse. À ce moment, je crois que ma raison luttait contre mes sens, abasourdis par la circulation du sang dans mes tempes et mes tympans. Je me sentais entraîné. Était-ce l’élan de la descente? Toujours est-il que je m’y précipitai, comme magnétisé par une nécessité souterraine, et il n’est pas question ici d’aqueduc.
Il me fallut cependant m’arrêter lorsque je fus parvenu à proximité. Les chants se distinguaient dès lors si nettement que je pris un instant pour réfléchir à leur signification. Étais-je sur le point, inconscient, de commettre une profanation, en faisant irruption au beau milieu d’un rituel ancien certes, mais non encore accepté? Risquai-je d’être sacrilège aux yeux d’une secte suspicieuse, voire hostile envers les étrangers? Le mieux à faire et le plus prudent serait de contourner le chalet, d’aller planter mes skis sur le chemin menant au stationnement, puis d’aller ensuite jeter un coup d’œil, discrètement.
Les rideaux avaient été tirés partout, à l’exception d’une minuscule fenêtre donnant sur l’évier de la cuisine. J’allai donc me poster sous cette fenêtre, furtif comme Bob Morane. D’abord, je n’entendis que les bruits des conduites d’eau, mais par la suite je crus distinguer une voix de femme, et tendant l’oreille, je parvins à saisir quelques bribes d’italien « Sono così assetato! (…) Ho bisogno di un resto (…) non lo aspetto». Une voix masculine y répondit en italien également, mais de cette voix je ne perçus que son fort accent germanique (les accents germaniques sont toujours de forts accents germaniques). J’eus de la chance de ne pas me faire repérer, car il se trouvait à la fenêtre un vieux thermomètre en stainless dont le large cadre réfléchissait le visage de la femme s’abreuvant à l’évier. L’uniformité des contours de ce visage symétrique était accentuée par un épais maquillage. En écho sur les parois rocheuses de la montagne, résonnait toujours le cri sinistre de l’épervier.
J’entendis une porte grincer à l’arrière. Quelqu’un devait venir prélever quelques bûches sur la cordée de bois. À ce stade je ne sais pas ce qui me poussait à continuer ma progression. Était-ce la nécessité dans laquelle je me trouvais de retrouver ma route, ou bien m’étais-je obstiné sur ma première impression de familiarité avec cet endroit? Était-ce le visage de cette femme, ou les chants envoûtants? Égaré, illusionné, séduit et envoûté : étais-je tout cela à la fois? Au moins, j’étais encore habillé; il ne pouvait donc rien m’arriver de bien grave. Je me dirigeai donc résolument vers l’arrière, bondis par-dessus la cordée de bois, ouvris énergiquement la porte, me dirigeai droit sur l’escalier menant au rez-de-chaussée dont je gravis les marches quatre à quatre, parus dans la cuisine et demandai à l’Italienne, d’une voix de stentor : « voulez-vous m’é… »
Mais je fus pétrifié d’horreur. Se retournant vers moi, elle me présenta ce même visage entr’aperçu à la fenêtre, mais cette fois ses yeux livides s’étaient liquéfiés en encre de chine et sa mâchoire en convulsion s’irisait des veines bleutées. Je sentis un vent humide caresser mes mollets et je crus que des bulles d’air se formaient aux articulations de mes chevilles. Il se fît un bourdonnement persistant dans mes oreilles, et bientôt je crus percevoir des sons inarticulés s’agglomérer en imprécations, puis en une litanie ou une homélie au pas rigidement mesuré, mais dont il était impossible de tirer aucun sens. Cette homélie, prononcée d’une voix traînante et s’accompagnant de gestes enlacés, n’était peut-être en somme qu’une pulsation qui me dépossédait, m’enivrait, et dont j’ai tout oublié à l’exception de sa prodigieuse lenteur et l’envergure cyclopéenne. Ce n’est pas un simple oubli, non : mon souffle lui-même se refuse à la prononcer, et c’est sous sa censure, réflexe vital, qu’est bâillonnée ma mémoire.
D’ailleurs, à partir de ce moment je ne me rappelle rien. On m’avait retrouvé au matin, attaché sur le siège d’un monte-pente, pendouillant comme un pantin : j’allais en sens contraire des premiers skieurs, comme un rejet de la montagne. Il se peut qu’on m’ait utilisé comme cobaye dans un rituel horrifiant, car sur mon grabat d’hôpital, je ressentais de vives douleurs dans mes chairs, mais ce pouvait n’être que des plaies de lit. Il se peut que la soirée se soit terminée de façon agréable, puisque je me sentais des relents d’alcool; je ne sais pas. J’entends le cri de l’épervier : suis-je encore sur terre ?
Chers amis,
Je suis en grève et comme je n’ai rien à faire, j’ai eu la mauvaise idée de commencer une histoire de type «action western» pour nous tous… Et alors, si le coeur vous en dit, je vous encourage à lui trouver un développement et peut-être même une conclusion… Ce pourrait aussi être une nouvelle catégorie dans le FAS, ça se nommerait «moral des troupes» ou un truc du genre. Ce deviendrait une catégorie de type passe-temps pour sympathisants du FAS, un peu comme des mots croisés mais en plus interactif! Au pire ce serait pour moi et ça se nommerait «charité chrétienne pour Joseph», un nom qui sonne bien, il me semble… Bref, je prendrais mon pied à songer une fin plausible sur les histoires incroyables de Mysterious, les propos impossibles du Zepoulpe ou l’ardeur naturelle de la belle Poufiasse… Ainsi qu’à tout autre sympathisant me faisant l’honneur de créer une histoire à cette intention… Il pourrait y avoir des sous-catégories : eau de rose, amour dans le purin, meurtre dans le lointain… etc…
L’HISTOIRE…
Un homme de type long, peau mate et moustache, descend d’une voiture. Il dépose pied-à-terre, sa botte de cow-boy le précède, elle fait «click» sur le sol. Il ajuste son chapeau vers l’ouest, enlève ses verres fumés, tout cela en regardant vers le ciel; visage en contre-jour. Le soleil est si fort que ses yeux brillent tout de même d’un éclat de lumière et sa peau, noyée de sueur chaude, est celle d’un vieillard. Il prend de sa poche un petit objet filiforme et l’ouvre sans même enlever les yeux de son point de mire. Il extrait biensûr l’antenne avec ses dents, toujours le regard mauvais fixé vers le lointain. Après avoir pianoté un numéro sur le clavier, l’homme souffle d’une voix rauque le temps de percevoir un signal. Un court instant passe, pendant lequel un oiseau fait une crotte sur le capot de la voiture. Une musique braillarde à la mode retentit soudainement dans le silence du désert, c’est alors que l’on entend l’homme dire à une inconnue au bout du fil «Vous dansiez petite fille ? Passez-moi votre mère et que ça saute!» Très rapidement, une femme prend possession de l’appareil, on la devine sensuelle par sa voix suave, elle demande «des nouvelles»…
«Je l’ai trouvé, l’enfant de putain, je l’ai!» dit le cow-boy.
«Va à sa rencontre et demande lui des explications, je vais attendre que tu me rappelles pour envoyer l’argent.»
Dans le cadre de mes activités professionnelles, j’ai voulu en savoir davantage sur la chromoscatologie. J’ai découvert cette perle sur le guichet du savoir
Mon hypothèse: quelquechose de louche s’est passé avec le glowstick :
Bonjour à tous !
C’est avec soulagement que je découvre que certaines personnes connaisset enfin la chromoscatologie.
Voilà, je suis actuellement dans une situation qui fera peut-être sourire certains mais qui me détruit consdérablement depuis quelques jours.
Voilà, j’ai découvert hier soir que mes selles étaient d’une couleur verte presque fluorescente et non pas verdatre. Le fait est que je suis sorti dans un nightclub jeudi soir après avoir fait l’erreur de consommer une quantité d’alcool très importante, j’ai un trou noir de deux heures de temps et je stress d’avoir subit une agression sexuelle durant ce laps de temps. Je m’explique, le lendemain soir soit hier soir, j’ai découvert des traces vertes sur mes sous vêtements et dans l’intérieur de mon pantalon, tâches abondantes et fluorescentes. Je me pose la question de comprendre si ces tâches sont dues à mes selles que j’ai découvet vertes hier ou alors ai-je subit toute application de produit quelonque sur la région anale. Tout ceci n’est bien évidemment pas une invention, j’aimerais que l’on me guide afin de savoir si ce phénomène est du à l’absorption d’alcool à colorant comme le E133 contenu dans le curaçao bleu par exemple ou doit-je me tourner vers une hypothèse plus pessimiste ?
J’espère ne pas être trop confu, j’ai téléphoné dans un centre anti poison ainsi qu’à une infirmière sans toutefois avoir d’explication rationnelle, personne ne semble connaître l’étude des selles. Merci beaucoup de bien vouloir me répondre.
Un commentaire