Le non-apprivoisable et le non-domesticable

« L’un de ces livres montrait des femmes en amour avec toutes sortes de bêtes, des chats, des oiseaux, des tigres, des chiens, des poissons et jusqu’à des poulpes qui, hideux, enlaçaient de leurs tentacules à ventouses les corps des mousmés hystériques. »

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L’Étranger – (…) la capture des animaux qui marchent présente elle aussi deux parties majeures.
Thééthète – Lesquelles?
L’Étranger – L’une concerne les animaux apprivoisés ; et l’autre, les bêtes sauvages.
Thééthète – Ainsi peut-on capturer des animaux apprivoisés?
L’Étranger – Oui, si tu considères que l’homme est un animal apprivoisé. C’est à toi de choisir : soit qu’il n’y a pas d’animaux apprivoisés, soit qu’il y en a mais l’homme est alors un animal sauvage ; ou bien l’homme est un animal apprivoisé, et on ne peut le capturer. Opte donc pour la possibilité vers laquelle va ta préférence, et fais en sorte de la développer devant nous.
Théétète – Je crois que nous sommes des animaux apprivoisés, et j’affirme que la chasse à l’homme existe bel et bien.

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Depuis quelques mois déjà, Mysterious et moi menons des recherches très poussées en biologie – d’ailleurs, un livre rassemblant nos travaux les plus révolutionnaires devrait paraitre sous peu. Ce matin, j’étais en train de suivre une hypothèse sur l’apparition de nouvelles formes d’organismes vivants et j’ai fait cette étrange découverte :

Dans l’environnement immédiat de l’image, on peut aussi trouver l’hymne officiel du Pastafarisme francophone (que l’on doit chanter sur l’air de Funky Town).

L’univers entier a une
origine unique

Une origine vraiment chouette
et que moi j’aime beaucoup

J’y pense tous les jours

Pense tous les jours
Pense tous les jours
Pense tous les jours
Pense tous les jours, pense tous les jours
à à lui

Il faut y croire
Il faut y croire
Il faut y croire

Dieu est un Monstre
en Spaghettis

Oh Dieu est un Monstre
en Spaghettis

Oui Dieu est un Monstre
en Spaghettis

Baby Dieu est un Monstre
en Spaghettis

(Répéter)

 

http://site.lesdoigtsbleus.free.fr/monstre_spaghettis.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pastafarisme

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La voyante a voulu lire mon avenir dans ma main. J’ai dit ok. J’ai rapidement compris qu’elle était très bonne. Elle m’a toisé un instant et a tout de suite compris que j’étais une personne un peu désorganisée et c’est ce qu’elle s’est employé à décrire.

Je me suis arrangé pour ne pas lui donner de matériel à partir duquel travailler. Chaque fois que qu’elle me lançait une perche du genre -Je vois une grave maladie dans ton enfance. Je répondais -Ah bon!

Pour s’inspirer, je crois qu’elle a voulu scruter mes réactions pour savoir ce que j’avais envie d’entendre.

-Madame, il faut lire dans ma main, pas dans mon visage. (suite…)

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Cette nuit j’ai rêvé à mon ex, N*. Je me baladais dans un coin minable de la ville de S* avec, je ne sais trop pourquoi, un râteau à la main. Comme je descendais une côte avoisinant un centre d’achat, j’entendis d’une falaise une voix qui était la sienne. Je m’approchai et je l’aperçu sur le parterre en béton d’un appartement bourgeois – genre imitation Bauhaus – construit à même cette falaise. Ensuite je la vis entrer chez elle. Sous le regard ahuri des voisins, qui devaient me prendre pour le jardinier, je me dirigeai vers son domicile par un escalier en colimaçon. Au parterre, il y avait une piscine creusée et des cactus. Je m’attendais à voir une sculpture de Jeff Koons, ou bien un véritable caniche surgir de nulle part, mais non. Arrivé devant la porte patio, je pu discerner qu’elle se trouvait en présence d’un homme. Je m’approchai encore, et lorsque mes yeux se furent habitués à la pénombre, elle me présenta à lui de la sorte : « Salut S*, voici mon plus beau chum ». Nu torse, glabre, musclé et bronzé, on aurait dit un playboy sorti de Bay Watch. Sans attendre, je me mis à le frapper de toutes mes forces avec le râteau. Il s’enfuit dans son appartement. J’allais l’exterminer, mais N* est venu à son secours. Je les frappais tous deux sans relâche, lui au visage avec le coin du râteau, et elle en plein dos, à hauteur du coup, avec les dents qui s’enfonçaient en faisant des trous d’où pissait le sang, mais il n’y avait rien à faire; ils continuaient à me taper dessus et à se mouvoir en tous sens comme des boss dans Wolfenstein 3D. Horripilé, je me suis éveillé. J’espère toutefois qu’elle est morte au bout de son sang, cette sale nazie.

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La séance du book club m’avait remis de bonne humeur, mais voilà que je me réveille en pleine nuit, incapable de me rendormir. C’est cette histoire de band qui, je pense, me tracasse. Je suis arrivé au bout du rock, semble-t-il. Une foule tiède, une chanteuse qui n’est pas à sa place, un bassiste qui en remplace un autre parti en Afrique. En Afrique: n’importe où sauf ici.
Je me dis que c’aurait peut-être été mieux si on avait gardé L*Z* au départ, mais quoi, il n’était pas fiable. Et là je pense à L*S*, la première chanteuse, avec qui je projette de partir un nouveau band, P-AvG* à la guitare. N’importe quoi. Comme si cette histoire de band, je veux dire depuis les tous débuts, n’avait pas été inventée comme prétexte pour pouvoir coucher avec elle. Dommage que je sois parvenu à me convaincre du contraire, alors qu’elle dormait dans mon lit. Et là je suis commis à croire que je m’intéresse à elle parce qu’elle a du potentiel comme chanteuse, ce qui n’est même pas faux. Remarquez que ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, ce mécanisme de sublimation dans l’engagement: je suis resté cinq ans avec N*, avec qui tout aurait pu se dire et se faire en une nuit. Seulement cette nuit-là, c’est M* qui était parti avec. Par après, la nuit de ce one-night décalé s’était drôlement allongée, elle avait même perduré deux années dans une aube blafarde.
C’est pour ça que j’ai dit à O*, que je ne connais pas le moins du monde, qu’elle a de belles boules. Histoire d’être au clair, au moins une fois. Mais j’ai eu aussitôt honte et je me suis excusé de ma vulgarité. Retraite psychologiquement ruineuse: elle est revenue me voir plus tard pour me dire qu’elle avait dit à son ami que je l’avait agressée. C’est ça. Avec mes cheveux, Monsieur le juge.

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Your Octopus, Squid and Cephalopod Information Center
Comment le poulpe entend-il sous l’eau ?

Quelle taille peut atteindre le poulpe colossal ?

Enfin, toutes les réponses en un seul endroit.

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Bobo, c’est un peu l’équivalent burkinabè de la ville de Québec.  Un peu à l’extérieur de la ville, on peut trouver le village de Dafra. Là, on peut trouver un endroit assez glauque qui ressemble à un mélange entre les gorges de Coaticook et le repaire du colonel Kurtz dans Apocalypse Now.

En vrai, c’est un lieu sacré où l’on trouve des poissons géants, à qui l’on peut lancer des poulets. Des crisses de grosses barbottes finalement. L’endroit est glauque à cause de tout le sang et les plumes de poulet qui traînent partout. Quelques peaux de mouton aussi qui restent d’anciennes offrandes… (suite…)

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le gamin qui a vomi dans la piscine, hier, il était encore là ce matin… coudonc criss… c’est dégueulasse, ils le font exprès, il va pas s’y remettre… j’ai entendu le père dans le vestiaire, il disait à qui voulait l’entendre que son fiston devait pas rester traumatisé, que dans ce temps là il faut vite remonter… il voulait surtout se justifier d’avoir ramené le gamin alors qu’on a vidé des tonnes de litres d’eau infestés de vomi, hier, par sa faute. j’adore certains enfants, mais pas quand ils vomissent dans l’eau de piscine, un jour de canicule… « mon fiston doit pas rester traumatisé, dans ce temps là il faut vite remonter »… remonter ? ah plonger, tu veux dire, innocent…

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c’qui se passe avec poufiasse ? elle a complètement disparue de la carte, où est-elle allée se foutre ? avec qui ? faudrait songer organiser une battue et pour le moins retrouver son corps, elle mérite peut-être pas de vraies funérailles catholiques, mais un coup on pourrait fermer les yeux et lui chanter l’ave maria en oubliant son passé de catin…

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Lou Scandale, 16/05/2010 [Le non-apprivoisable et le non-domesticable]

Madame tout le monde comme madame fait les courses, madame chie et madame se coupe les ongles des pieds. Madame mange un yaourt dans l’train, madame se rase les t’ssous d’bras, madame a envie de pisser. Madame est triste, madame se demande, madame se retourne dans le lit, madame a chaud mais en fait faim, madame fait pitié.

Madame t’emmerde.

Madame voudrait bien que tu dresses la table correctement, que tu remettes des bûches et qu’est ce que c’est que tête ?!

Puis tiens, pendant que vous y êtes, vous me passerez un peu le balais à la cave et vous irez vous débarbouiller.

Madame est rentrée.

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Notes pour une présentation élaborée dans le cadre d’un séminaire sur l’écologie des représentation, dans le cadre de ma maîtrise en atrst visuels et médiatiques.

Introduction, un parcours :

Cette présentation se penche sur la pratique de deux collectifs qui recyclent des esthétiques contestataires. Moins qu’une thèse au sens strict du terme, elle est un parcours parmi le paysage mental qui sert de niche écologique à ces deux manifestations artistiques.

Elle est également une réflexion sur les liens entre l’évolution des pratiques de ces deux collectifs et celle du paysage mental qui leur a permis de se développer.

L’atelier Van Lieshout, toujours en activité, a connu une grande popularité lors de l’établissement d’AVL-ville, décrit comme un territoire autonome situé à Rotterdam aux pays bas

Sans jamais y engager plus de temps que nécessaire, le Front d’action stupide mène, dans la fiction et dans la réalité, une combat pour un quotidien délirant qui se poursuivra jusqu’à la victoire.

(suite…)

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Hé salut. On se parle comme ça très librement. Je lisais hier soir le dernier livre de Virginie Beauregard D.:

l’homme sans bras

a encore

perdu

son sac à dos

J’aime beaucoup la poésie. Jeune, je m’étais dit que toute ma vie serait poésie. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà dit ce genre de choses? On se dit des choses pareilles et on parle différemment, on s’habille d’une autre façon. Vous voyez le genre? Ça rend le quotidien plutôt délirant. Et ben, il m’arrive quelque chose d’un peu étrange depuis quelques temps. Ma peau se couvre de bidules étranges qui poussent habituellement sur le bois pourri. J’ai le corps couvert d’écailles fibreuses et ça gonfle. Ça fait un peu peur, mais d’un autre angle je me dis que je deviens une nouvelle forme de vie et c’est en soi pas mal poétique: je deviens comme une souche humaine. Une cellule souche? Un humain tronc, un être-tronc? En tout cas, je ne me suis pas décidé à aller voir le médecin (ou un agronome? un bucheron?). Est-ce que l’inaction stupide fait partie du front d’action stupide?

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Bon, ça fait une bonne année déjà que je songe à recevoir pour Noël, c’est-à-dire caller un Noël des mal-aimés***. (suite…)

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Mais qu’ai-je bien pu vouloir dire par là ? (suite…)

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Vendredi, je suis passé voir une projection « spécial sexe » présenté par le Douteux.org au pub Brouhaha dans Rosemont. Un des nombreux faits saillants (ce fut trois heures de faits saillants) m’a semblé être le vidéo montrant un groupe d’Africains qui se font une petite partouse en forêt. Sauf qu’ils sont entièrement peints en bleu cobalt et portent des bonnets blancs, à l’exception de l’un d’eux qui porte un bonnet rouge et une barbe blanche. Ils s’enfilent à tour de rôle une femme avec une perruque blonde sous son bonnet, tout en fredonnant « la la la schtroumpf la-la. »

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Le vélo-boomerang, c’est un Giant. Et tout commence avec ce son que je déteste : la sonnerie de la porte. C’était l’été dernier. (suite…)

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À cheval sur ma bécane, je roule à toute allure, en pleine heure de pointe, rue St-Denis. Mes roues lancent des flammèches. J’ai ce qui me reste de cheveux dans le vent. Je roule si vite que le ciel devient rouge feu. Un homme qui vient de traverser la rue, sans se soucier des voitures qui manquent de le transformer en morceau de viande, arrive sur moi. Je me tourne vers lui, sans m’arrêter, et mes yeux tombent droit dans les siens. Un large sourire illumine sa barbe abondante. « J’ai vu le diable », qu’il me dit. Je retourne la tête devant moi, juste à temps pour éviter un autre cycliste stationné un peu plus loin, puis je poursuis ma route sans regarder en arrière. Et je me demande maintenant : «Est-ce moi le diable en question ? N’ai-je fait qu’apprivoiser momentanément la bête qui sommeille en moi ?» J’ai l’impression de vivre dans un univers à la croisée des fictions de P* et de D*, et peut-être même de celles de B*. Pas mal délirant, en tout cas.

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Cat’s back on the track, but I let him out of the shack, and now meow it doesnt want to come back… Im having a heart attack… When I get him ill tear his little body apart…

Ça, c’est l’intégrale du courriel le plus étrange qui ne m’ait jamais été envoyé. Je pense que c’est une version féline de Back in Black. Mention spéciale à Lou pour le courriel des côtes cassées, qui vient en deuxième. Damned, trois de plusse et ça fait un top 5.

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Lou Scandale, 10/08/2009 [Le non-apprivoisable et le non-domesticable]
J’ai insulté des gens cool J’ai couché avec n’importe qui J’ai séduit à outrance et de façon extrêmement vulgaire des personnes respectables pour ensuite me défiler au dernier moment J’ai invité des inconnus en voyage ou ailleurs J’ai montré mes parties génitales en guise de paiement J’ai menti sur Mes intentions Mes sentiments Je me suis ridiculisée en public Je me suis invitée chez des gens que je ne connaissais pas J’ai manipulé des hommes en jouant la victime J’ai hurlé des insanités Je me suis moquée et/ou ai humilié des plus faibles J’ai habité chez des inconnus plusieurs semaines sans leur demander qui ils étaient ni si j’avais le droit Je me suis présentée chez des gens avec l’unique intention de foutre la merde Je me suis déguisée en pute/sportif/nageur/pompier dans des endroits non prévus à cet effet J’ai uriné dans la fontaine de la rue Mouffetard à Paris des urinoirs la rue J’ai arrêté une voiture de police en me jetant sans le savoir sur leur camionnette J’ai inventé un concours de baise et ai volé des objets personnels appartenant auxdites conquêtes dans le seul but de m’en faire un trophée Je me suis mise nue dans la rue J’ai lancé des meubles sur des gens J’ai crié dans un bar que mes odeurs corporelles étaient désagréables J’ai perdu toutes mes affaires J’ai perdu mes amis J’ai proposé et/ou organisé des gang-bang J’ai touché les parties génitales d’un collègue J’ai fait démissionner des gens J’ai séduit une personne du même sexe J’ai sauté dans la fenêtre d’un ami pendant qu’il faisait l’amour J’ai empêché des individus de se rapprocher ou de s’aimer J’ai inventé et essayé des positions sexuelles parfaitement ridicules J’ai foutu la merde Je me suis fait mettre dehors Je me suis drogué J’ai couché avec des inconnus et de façon non protégée J’ai poussé des gens à mal agir J’ai couché avec des gens par intérêt ou pour me venger J’ai payé l’hôtel à un potentiel amant et l’ai abandonné en prétextant aller acheter des cigarettes J’ai dormi dans mon vomi J’ai chié dans la mer J’ai répété des secrets J’ai vomi en prenant ma douche J’ai fait du cheval sur la statue de la rue Saint-Denis à Montréal J’ai fait des promesses que je savais que je ne tiendrai jamais J’ai réveillé des gens en pleine nuit pour me plaindre ou les insulter Je me suis battue J’ai trompé mon partenaire avec sa sœur J’ai renversé l’intégralité d’une bouteille d’alcool dans un landau J’ai ramassé mes excréments pour les jeter sur des gens Je me suis fait passer pour quelqu’un d’autre J’ai changé de pays J’ai volé un extincteur pour faire de la neige dans la rue J’ai volé l’argent destiné à l’église J’ai arnaqué des commerces J’ai surestimé ma force J’ai pris ma douche avec 3 de mes colocataires pendant 4 heures J’ai fait honte à quelqu’un J’ai fait un road trip de 6 heures uniquement pour m’asseoir sur un coin de rue Je me suis fait licencier J’ai couché avec différentes personnes dans un même lieu et lors d’un même événement mais dans le dos de chacune d’elle J’ai trompé quelqu’un que j’aimais J’ai lancé des paris stupides et les ai relevé seul J’ai marché pieds nus dans du goudron dans le seul but de salir la salle de bain de quelqu’un que je n’aimais pas J’ai volé un tournesol chez le fleuriste du métro Mont-Royal J’ai brisé la fenêtre de mon colocataire pour rentrer chez moi J’ai mangé des croquettes pour chat Je me suis trompée de maison/chambre/partenaire J’ai eu des relations sexuelles devant des gens et dans des endroits publics
J’ai fait pleurer ma mère.
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Depuis que j’ai perdu mon contrat à l’IUGM, je suis sans cesse ballotté d’un site à l’autre, où je trouve chaque fois de nouvelles opportunités d’y exercer les habiletés les plus délicates et presque saugrenues de mon métier, agent de sécurité. Entre toutes ces aptitudes, sans lesquelles le novice, communément appelé « le bleu », s’émousse comme une lame contre un récif, le cruciverbisme tient une place à part. Isolé dans une réalité souvent stérile, voire hostile, l’agent se transporte, par cette activité, dans un monde transfiguré au contact des mots et des énigmes.  Il y goûte autant de doses minimes et édulcorées d’une sorte de bonbonnière de l’histoire et de la culture générale. Entre le nom des pyramides, celui des jupes en forme de cloche, des actinides et lanthanides, des conjugaisons au subjonctif imparfait et autres noms d’oiseaux, on a presque le temps d’oublier que l’on se trouve dans un garage, à écouter des ambulanciers parler de leurs histoires d’horreur (y compris leur vie conjugale).

On comprend que l’on fait partie d’un monde plus vaste que celui des allées et venues de ces grabataires grognons et junkies jaunâtres, exactement comme le mot croisé fait partie d’un ensemble plus grand que lui-même, mais qu’il définit et qui le définit en retour, par cercle herméneutique, et dont on entre et on sort comme d’un vice : le tabloïd.

Je dis « vice », car j’ai vu des gens développer de véritables dépendances au journal, dont ce petit vieux sur respirateur qui, chaque matin à l’IUGM, passait en chaise roulante devant mon poste pour voir si la pile se trouvait sur le comptoir de la réception.  Chaque matin, il me jetait ce regard rempli d’espoir piteux, presque coupable, qui se changeait aussitôt en dureté insensible et cynique si la pile manquait à l’appel.

Eh bien! Moi aussi j’ai ce vice du tabloïd, voyez-vous, car j’y cherche la clé du grand et du petit puzzle, le mot-clé ou la clé des maux – pardonnez-moi ce jeu de mot pitoyable – le chiffre qui me permettrait de décoder la grammaire infiniment complexe de l’existence, l’Intention à l’Oeuvre – s’il en est une, et le pourquoi des choses, aussi. Au lieu de cela, je n’y trouve toujours que sept portes menant sur sept portes, des entrelacs toujours plus labyrinthiques de problèmes, de mystères, jusqu’à ce qu’enfin, irrémédiablement, je parvienne à une porte gardée par deux chien-gourous.

chiens-gourou

[Moi] : Ô chiens-gourou, salutations.  Vous qui comme moi êtes gardiens et chimères, dites-moi : où mène cette porte?

[Chien-gourou 1] : Mortel, comment oses-tu seulement poser cette question, comme ton pied souillé devant ce portique!  Bipède sans plume, va!  Tremble plutôt que l’on ne te dévore!

[Chien-gourou 2] : Oui, par nature, tu es celui qui tremble, et nous ceux qui dévorons!

[Moi] : Mais alors, chiens immortels, ne sommes-nous pas de la même flamme?  D’ailleurs, j’ai parfois l’impression que la nature me niaise…

[Chien-gourou 1] : Gallinacée impie!  Ne sais-tu pas que l’oeil en pois-chiche d’Orus t’épie?  Que de ses serres il pourrait t’écraser, homme, hummus !  Ah! Ah! Ah!

[Chien-gourou 2] : Wahouu!  Wahouu!!!!  Kik-kik !  Kik-kik!  Tu aurais mieux fait de ne jamais naître!

[Moi] : Pourquoi cela?  Je ne fais que me balader dans des labyrinthes…

[Chien-gourou 1] : Esprit fantasque et singulier, créature infirme!  Tu ne sauras jamais ce qui se trouve derrière cette porte, car nous, qui sommes deux et plus puissants que toi, t’en interdirons le passage.

[Chien-gourou 2] : Ce qu’il dit n’est pas un mensonge!

[Moi] : Fort bien, chiens immortels!  Pardon… gourous immortels!  Mais, où en suis-je?  Était-ce kan-chiens immortels?  En quoi ma singularité serait-elle une infirmité?  Et vous qui êtes deux, en quoi cela démontre que vous n’êtes pas des aberrations?

[Chien-gourou 1] : Nous sommes une race à part, bénie des dieux!  Nous sommes le concept synthétique du chien et du kangourou!

[Chien-gourou 2] : Wahouu!  Wahouu!!!!  Kik-kik !  Kik-kik!

[Moi] : Mais je ne vous vois ni mains, ni poche!

[Chien-gourou 1] : C’est le grand Oeil d’Orus qui nous a créé ainsi, afin d’éviter que nous ne nous mettions les mains dans les poches.

[Chien-gourou 2] : Nous sommes les gardiens idéals!

[Moi] : Pour moi, vénérables Chien-gourous immortels, vous n’êtes que des avortons de l’oeil pois-chiche, et je crains fort que sans vos membres antérieurs, vous ne sachiez me capturer, et sans vos poches, me maintenir prisonnier.  Je passerai sans peine entre vous deux.

[Chien-gourou 1] : Halte-là!  Nous allons te mordre!

[Chien-gourou 2] : Saisis-lui les plumes!

***

C’est un peu comme ça qu’après 14 heures de travail dans un hôpital, j’avais tenté de m’enfuir.  Je m’étais trouvé aux prises avec deux gardiens qui, sur ordre du sergent, m’avaient pris à bras-le-corps.  J’étais parvenu à m’en déprendre, mais l’oeil de la caméra avait tout filmé.   J’attends chez moi la lettre qui va me mettre à la porte.

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Ça faisait bientôt trois semaines que ce putain de modérobot nous coupait la comunic entre moi et la base,  j’étais pris dans cette saleté de désert à la con, une de ces tarées de racoleuses, carburant à l’alcool à bois, m’avait emmené dans les dunes de fibres optiques entourant Gigapole; la d’moiselle elle avait rendu l’âme pendant l’acte, l’alcool avait brûlé la majorité de ses organes internes, surtout au niveau de la cervelle, elle en était rendue pitoyable à la fin… c’était tout de même un bon coup; pauvre fille va.

J’savais bien que cette saleté de tas de ferraille devait rouler sa mécanique dans le coin, un modérobot hors fonctions ça n’est pas laissé en liberté bien longtemps; c’était assurément un mauvais fonctionnement d’un mectron perdu dans cet enfer pour la tôle, l’émanation des bioprocesseurs sous-terrain avait dû affecté son filage, il se dégradait et allait périmer de sa belle fin… d’ici quelques demies vies, tout comme moi. Si je voulais sortir de là j’devais identifier, trouver et châtrer le malfrat. J’enclenchais mes rétrofusées et laissais le curieux processus des photons se transformer en électron dans mon processeur, ce qui me permettait de voir à la manière des hommes; je balayais le paysage de cette décharge optique sans fin.

Je planais au-dessus des dunes, un cosmos de fibre illuminé de quelques parcelles d’énergie imitait parfaitement le ciel étoilé, partout où je portais mon regard j’étais entouré d’infini, le modérobot s’y trouvait, au-dessus? En dessous? Moi j’allais devant; si un humain s’était retrouvé à ma place il en aurait perdu ses sens, mais moi j’ai un GPS qui me situe dans plus de la moitié de la Voie lactée, de la Proxima du Centaure jusqu’à Mercure je savais où j’étais, peu d’humains, ou d’robots, peuvent en dire autant… mais tant que j’étais brouillé par ce modérobot j’étais réduit à un rayon de 1 km, distance à laquelle cette quincaillerie de pacotille se trouvait de moi.

Je décrivais une grande spirale dans le ciel, agrandissant l’anneau à chaque tour complet, laissant dans mon sillage une brume radioactive azure et rouge vermeille, donnant à cette vision une allure encore plus onirique… il y avait même le grand silence du vide de l’espace. Le brouillage de mon GPS m’indiquait la direction de l’ennemi. Je larguais quelques rockettes à l’occasion dans la direction où devait être ma cible. J’approchais d’un monticule qui pouvait servir de cache, je chargeais un missile et le lançais en sa direction. Comme la rockette allait atteindre l’objectif, un dispositif antimissile surgit de derrière le monticule et fit exploser mon projectile en plein vol. Deux gigantesques bras cybernétiques surgirent du monticule et faisant voler le fibre optique dans les airs… ses yeux rouges injectés de plasma me fixaient, j’étais face à l’ennemi…

Sans crier gare l’androdrigue le plus rapide de la galaxie envoya une salve de rayons laser sur le contrevenant, qui, lui, gardait son regard braqué sur moi sans même se soucier de cette salve assez puissante pour réduire une trentaine de péripatéticiennes en bouilli – j’avais déjà fait l’expérience -. À l’impact de la volée un grand nuage de poussière optique se leva jusqu’à une centaine de mètres. Je branchais ma radio pour faire contact avec les Annales pour revenir à la base. « Ici Robo, est-ce que vous me recevez? J’aurais besoin d’un convoi de Zepoulpe immédiatement. Mysterious? Amygdale? » J’avais le système glacé par le souvenir du regard du modérobot, jamais je n’avais vu autant de haine dans un système informatique. « Alors, y’a quelqu’un? Bébé A. t’es là? » Mon système m’indiquait que je n’avais toujours pas de connexion avec la base. J’entendais un sifflement dans l’air, le doux son d’une rockette robotique. Elle m’atteint dans le cul, quel salaud ce putain de robot… une rockette dans le cul!

Je piquais du nez en vrille vers le sol sous le martellement de tirs en masse de rayons laser à radioactivité antibiologique, genre de truc qu’on ne veut pas recevoir à la suite d’un missile dans les fesses. Mon bras gauche se détacha de mon tronc et mes jambes étaient en lambeaux, hors fonction. Mon atterrissage creusa un cratère d’une profondeur d’à peu près cinq mètres et d’un rayon d’une vingtaine de mètres.

…..———–0101010000000110101011000 ——–

La pauvrette qui était morte dans mes bras la nuit d’avant me criait ses dernières paroles dans les oreilles « Robodrigue, ah ah ah, vous êtes le dernier des idiots, votre goût pour les femmes de basses vertus vous a amené jusqu’ici d’où ne sortirez jamais. » Elle savait donc quelques choses, tout ceci était un attrape-nigaud, quelqu’un à Gigapole avait mis cette merde robotique sur mon chemin… Et moi je m’étais laissé prendre à cette douce infection qui attaque l’organe reproducteur pour se rendre jusqu’au cœur… l’amour…

Suite

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«Oui, me dit le grand Zepoulpe, pour être indescriptible (mon nom est une concession que je vous fait), j’ai moi aussi une âme…»

Et moi, pour le consoler, je concédai que j’avais vu par quelle porte il était retourné dans la quatrième dimension. Nous nous quittâmes sur une révérence polie.

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ça faisait longtemps que je voulais vous cuisiner un bon gâteau bb astronaute ! alors voilà, je suis heureux de vous le présenter aujourd’hui car depuis que c’est la mode de cuisiner de bons gâteaux sur le fas, je ne peux m’empêcher, les trois quarts du temps, d’avoir cette pensée joyeuse pour l’aphorisme qui sous-tend l’existence du fas depuis ses touts débuts : «pour des gâteaux délirants».

astronaute2

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Les torontois ont le don de transformer les petits plaisirs de la vie en bonne raison de payer 12piastre.

Rock on les filles.

The Pillow Fight League presents A Christmas Quarrel, live in Montreal, at Petit Campus (57 Prince Arthur E.), Dec. 20, doors at 8 p.m. Advance tickets $10 at Sound Central and Oblique, $12 at the door. For league info and player profiles, visit,
www.gopfl.com.

 

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Cette fille préfère les rats à Jesus:

Théo-limites : Chroniques de théologie contextuelles post-punk

Personnellement, je préfère finir quatrième en luge aux jeux du commonwealth que de me faire dire : je t’aime en deuxième, tout juste derrière tous les rats de la terre. Mais je crois savoir Jésus assez magnanime…

Damned, la catégorie qui traitait de bestioles et autres vermines a disparu. C’est le N.-A. et le N.-D. qui la remplace, c’est ca ?

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La nuit suivant Expozine, j’ai rêvé que l’événement avait eu lieu dans une école secondaire. J’ouvrais les portes de l’établissement à grands coups d’épaules et je jetais par terre les publications disposées sur les tables par les exposants, avant de m’enfuir à toute allure, dévalant les escaliers, poursuivi par des colosses. Pourra-t-on, un jour apprivoiser l’inapprivoisable ?

Dans la « vraie » vie, Expozine s’est très bien passé. Robodrigue avait enfilé sa tenue d’androdrigue et moi celle du gardien des clefs du Continent de plastique. Poufiasse s’est avéré être un propagandiste hors pair. Nous avons distribué des centaines de tracts annonçant la sortie de nos trois livres et vendu (à perte) des dizaines de fascicules (au moins deux sont maintenant épuisés). Les jolies affiches d’activistes en action sérigraphiées par Mjack ont fait fureur. Rarement notre propagande aura été aussi efficace. Nous avons dû répéter des centaines de fois : « Bonjour, nous sommes le Front d’action stupide, nous militons pour un quotidien délirant. », ce qui nous valut force « hé, hé, hé… », quelques jolis sourires et de nombreux commentaires sceptiques. Je revois notre Amygdale chérie tenter d’expliquer ce qu’est le FAS (vous savez vraiment c’est quoi, vous?) à une demoiselle au regard abyssal, qui lui souriait, sans doute fascinée, mais un brin perplexe. Nous avons aussi évité de justesse une discussion horriblement tortueuse avec un anarchiste qui remettait en cause la moralité de notre spécial « André Serouille »

« Je ne fus anarchiste que le temps d’un sanglot. »

- Thrank Spiroberg

À noter que la plupart de nos fascicules seront bientôt disponibles sur le site du Pressier où on peut trouver de nombreuses autres publications proposées par différents exposants d’Expozine.

Malgré la sortie des trois livres, moi et Mjack prévoyons éditer de nouveaux fascicules. Les tractations sont d’ailleurs en cours pour que le spécial « hé, hé, hé… » et le spécial « probable, mais dégage » soient distribués par Distroboto.

Comme disait l’autre : nous vaincrons !

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je n’ai pas actionné la chasse d’eau depuis plusieurs jours. ça sent encore très bon. il y a comme une vapeur humaine, dans l’air. c’était l’Halloween et j’ai mis une citrouille dans ma salle de bain, elle me regardait avec l’air de dire que j’étais étrange, mais elle ne me trouvait pas étrange du tout, elle ne me trouvait rien d’étrange. oui je dis elle me regardait et non pas me regarde parce que c’est le soir des vidanges, elle est actuellement dans un sac vert, sur le bord du trottoir, elle se colle la peau de citrouille contre la peau de citrouille de son frère citrouille, né du couteau de coco acto, au même moment, la nuit de l’avant- avant veille. il y avait un film d’horreur à la télévision quand ils sont nés. ils ont froid dans le sac, ils attendent le petit matin, d’être ramassé par la charrue électrique. ils ne comprennent pas pourquoi la vie, la mort. ils ont un air horrifié, sans raison aucune, ils sont nés avec cette exclamation d’horreur au visage, la joue creusée, le nez crochu, la nature n’a pas été clémente avec eux. ils ne comprennent même pas ce que c’est que la beauté. la laideur, ils ne savent même pas qu’elle est laide. l’odeur de ma salle de bain, elle ne savait même pas que ça sentait bon l’humain, alors que ça aurait pu être pire, vu que je n’ai pas actionné la chasse d’eau depuis plusieurs jours. elle n’aurait pas fait la différence, elle aurait juste pensé que ça sent quelque chose, c’est déjà quelque chose, en soit.

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En règle générale, plus les animaux sont grands, peu vulnérables, bien protégés, ou même venimeux, plus ils peuvent s’exposer à de longues parades… L’homme est une exception, qui consacre une part non négligeable de son temps à ses relations amoureuses. Favorisés par une réceptivité féminine qui sort de l’ordinaire et par la prodigalité, même relative, des attributs mâles tant que femelles, le comportement humain offre de nombreuses originalités incitatrices.

- Jacques Legrand, Histoires insolites de la reproduction, p. 102, 1991

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Très-beau et très-exquis hameau sis
Au coude d’un fleuve hyperboréen
Le soir compte ses âmes aussi
Car dans ses fonds dédaléens

Une jeune ondine, ou un blondin
De passion anodine, de jeux mondains
Y coule à pic, à se débattre
Dans un lit noir où l’on ne va point s’ébattre

On tente en vain de les rescaper
Pour en faire des effigies priapées
Dans le fleuve Amour, toutefois
L’on ne se baigne jamais deux fois

Faisant irruption dans cette contrée
Je vis sur la rive une dame accroupie
Et il me fût impossible de contrer
Ma bête fauve jusqu’alors assoupie

Dame ! Voyez que ma toison
N’a rien à envier à celle du bison
Ardente et chaude est ma force
Comme la flamme hirsute de mon torse

Mais la dame se détourna de son sigisbée
Alors y complaire, je dus incontinent entonner
Ce refrain :

« Je suis le roi du toc
Et mes poèmes
Sont des reines de village »

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J’ai un chat dans la gorge ; il n’est pas dégriffé. Je tousse et je crache en vain : impossible de l’expulser. Il fait ses griffes sur les parois de mon larynx. Ses miaulements résonnent dans mes poumons. Ce n’est pas très agréable.

J’ai consulté un vétérinaire. Il existe des sirops qui pourraient m’aider à déloger l’indésirable matou. Pris à raison d’une cuillerée à soupe aux quatre heures, ils devraient lentement faire fondre ses poils et sa chair afin que je parvienne à l’expulser hors de mes voies respiratoires, mais voilà qui suscite chez moi des questions d’ordre moral : éliminer le chat pour sauver ma gorge ou vivre tant bien que mal en symbiose avec lui, qui ne demande qu’à fuir, qui se demande bien ce qu’il fait là, mais qui ne parvient pas à sortir ? Pourrais-je l’apprivoiser à grands coups de verres de lait afin qu’il se mette à ronronner, suivant le rythme des battements de mon coeur, plutôt que de continuer à lacérer mes voies respiratoires ? J’hésite. Je respire mal et mange difficilement. Des miaous sortent de ma bouche quand j’essaie de parler renouvellement de la gauche ou triviale poésie. Ça ne fait pas sérieux. Dois-je me sacrifier pour sauver ce matou ? Ou puis-je éviter le sacrifice pour retrouver, grâce à lui, ma vraie nature sauvage, rugir comme le tigre, pisser dans les coins, être fauve ? Ce matin, au réveil, j’ai trouvé la queue d’une souris à côté du lit. Je me suis léché les lèvres, j’ai remué l’oreille et je me suis étiré, avant de commencer ma journée.

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Naviguant prudemment entre Charybde et Scylla
Non pas d’Illion, mais du Continent de Plastique
Un noir ketch s’en remet aux jeux du hasard :
À bâbord, monts de déchets verts, jaunes et lilas
À tribord, le fetch bleu d’un ennui narcotique
Sont lentement ballottés par une houle bizarre

Soufflent soudain sur l’étendue polychrome
Des Nuées qui te poussent dans le maëlstrom
Enfin, chicaner la bise, prise au cacatois
Que ta goélette ne brise, il n’en tient qu’à toi
Plongeant au creux de la vague, de refaire surface
Abattant une à une ces phalanges pugnaces

Mais, pendant un faux instant de quiétude
Une Euphorie contenue, vampirise ses soeurs
Puis, gorgée et ivre de leur sang écarlate
S’abat, sur ton navire, une vague scélérate
Immense, terrible, comme de l’océan la rancoeur
Le broyant en copeaux de sa vaste amplitude

Si tu vois, au loin, la traînée des milles chevreaux
Qu’accompagne la chevelure du Grand Léviathan
Fuyant à l’horizon dans leurs blancs sépulcraux
C’est que, surgit d’une fissure, prendre son rare ahan
Il dédaigna ta vie, laissée aux flots lisses
Qui suivent sa houppe, lui reparti dans l’abysse

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je passe le balais dans la cuisine et je n’arrive pas à faire décoller de par terre un espèce de vieux bout de fromage moisi, je le gratte du pied gauche, du pied droit, avec un couteau, avec mon doigt, mes ongles, je le gratte avec mes dents, il reste collé, il ne se désagrège même pas, il est plus solide que du bois. Je me met à frotter comme un dingue, je suis obsédé par ce bout de fromage moisi, il est mal odorant, il me fera honte, mes invités croiront que je suis quelqu’un de sale, de très sale, de méchant, de pourris. Du fromage moisi, plein de champignons microscopiques qui grimpent, qui se multiplient, qui se trultiplient, qui se centrultiple même, qui se regroupent et forment une armée de bactéries vicieuses, mangeuses de chaire, avide de cellules fraîches. Les jours passent, l’air s’oxyde, se monoxyde, se cyanurise presque; c’en est effroyable… l’odeur est telle que je fais mes boîtes, encore plus de boîtes, plus et plus et plus de boîtes, j’empoigne ma peluche, mon pyjama, mes 3 brosses à dents, ma collection de lunettes de lecture, mon jeux de parchesi, non pas mon jeux de parchesi, mon jeux de scrabble, non pas le scrabble, le monopoly ? au diable le monopoly, je suis mauvais perdant. un simple jeux de carte, oui j’empoigne un simple jeux de carte, ma perruque colombienne, ma truite de corail domestique, j’ouvre le réfrigérateur, j’y prends mes capsules de thé des bois, mon herbe à poux, dans le placard, mon balais cheval, ma cape du roi, mon chapeau de vicking, je laisse à regret le trident du diable et dans une grande valise à roulette, la poignée movible en moins, je fourre le tout, avec beaucoup de plaisir, mais aussi un peu de douleur… oui car je songe à cet endroit que je quitterai pour toujours… mais au fond qu’est-ce que je raconte, cet endroit sordide, puant, plein de putes, de drogués, de smicards, de cafards, et aussi puant qu’une toilette turque sous le soleil de juillet, je quitte heureux, victorieux, le regard plein d’avenir, enfin libre.

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Anarcho-primitivism is an anarchist critique of the origins and progress of civilization. According to anarcho-primitivism, the shift from hunter-gatherer to agricultural subsistence gave rise to social stratification, coercion, and alienation. Anarcho-primitivists advocate a return to non-”civilized” ways of life through deindustrialisation, abolition of division of labour or specialization, and abandonment of technology. There are other non-anarchist forms of primitivism, and not all primitivists point to the same phenomenon as the source of modern, civilized problems.

Many traditional anarchists reject the critique of civilization, many even deny that anarcho-primitivism has anything to do with anarchism, while some, such as Wolfi Landstreicher, endorse the critique but do not consider themselves anarcho-primitivists. Anarcho-primitivists are often distinguished by their focus on the praxis of achieving a feral state of being through “rewilding“.

la suite sur wikipedia

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Pouppy partouze par M. Clémentine
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C’est le titre d’une gravure du haut Moyen-Âge, qui m’a toujours fasciné par son absence d’équivoque. Et puis je suis né sous le signe de la Vierge, ce qui m’a peut-être fait ressentir une parenté cosmique avec l’oeuvre. Quoi qu’il en soit, je ne me serais jamais douté qu’un jour je vivrais littéralement cette fresque.

C’était hier, une véritable frénésie printanière dans cette nuit passée comme gardien du cimetière. Dès mon arrivée, je constatai une activité faunique inaccoutumée. Des marmottes louvoyaient çà et là par petites bandes entre les pierres tombales et les monuments. Une volée d’oiseaux passa en piaillant au-dessus de la montagne. Je devais rencontrer un Africain congolais posté devant l’entrée principale, un homme d’une cinquantaine d’années qui devait veiller toute la nuit sans bouger que personne n’entre par cette brèche béante du cimetière. Je discutai avec lui et j’en profitai pour sonder les superstitions du bonhomme en lui parlant de cet agent haïtien qui m’a donné ma formation et qui croyait le cimetière hanté par des zombies. L’Africain ne croyait pas aux zombies, mais il a changé de son ton badin pour du plus sérieux lorsque j’ajoutai que ce même Haïtien m’avait raconté avoir rencontré une femme tard dans la nuit qui rôdait de caveau en caveau, qui lui avait dit tout net qu’elle était passée par-dessus la grille en volant. Il s’agissait donc d’une magicienne, pratique à laquelle mon collègue accordait une certaine crédence. Comme j’avais beaucoup à faire, je le quittai sur ces mystères et ne remarquai rien d’autre de spécial avant la tombée de la nuit.

C’est une fois tous les mausolées fermés que j’ai pu m’attarder à observer le paysage en faisant mes rondes. Je constatai rapidement une véritable invasion de ratons-laveurs qui, en couples ou en petites bandes, couraient en tous sens pour se sauver de la voiture, tentant en vain de grimper sur les rebords de la route érigés en véritables remparts de neige depuis le passage de la souffleuse, ce qui à leur échelle fait du cimetière un gigantesque labyrinthe. D’autres grimpaient à quelques deux mètres dans un arbre et se perchaient là en me dévisageaient comme de gros chats. D’ailleurs, des matous j’en vis plusieurs qui rôdaient le long des édifices. Devant autant d’activité, je pensai que j’allais inévitablement faire un road kill et je dus ralentir pendant mes rondes.

J’aperçus plus tard un couple de renards roux. Il y a quelque chose d’affolant à voir tous ces grands yeux ronds et noirs qui vous épient, réfléchir soudainement les phares de la voiture et luire au bord du chemin comme de grosses pièces de monnaie (non, il n’y a pas de castor près du lac du même nom). Une odeur de mouffette vint embaumer les lieux juste au moment où le ciel se couvrait pour la nuit. Je l’aperçus bientôt se dandinant dans un sentier, qui menaçait d’asperger mon véhicule en retroussant sa queue à trois reprises. Il n’y eut fort heureusement pas de dégâts.

Un rien fébrile, j’allai me poster près du sommet, sur l’adret de la montagne. J’inclinai mon siège pour faire une petite sieste et j’ouvris la fenêtre pour éviter que le chauffage ne m’assèche la gorge. Partout autour de moi, j’entendais le fouissage, les grouillements, les reptations et les petits cris de cette faune agitée par le retour du printemps. Je dus lire Proust pour m’endormir. Je fis des rêves érotiques dans lesquels une magicienne africaine s’introduisait dans mon véhicule sous les auspices d’un gros raton pour se métamorphoser lentement et me faire l’amour en me susurrant des propos blasphématoires à l’oreille. Je m’éveillai au paroxysme, stupéfait devant la voûte étoilée du ciel à nouveau dégagé. Ma virginité s’était dissipée comme le brouillard. Des milliers d’étoiles me dévisageaient comme autant de petits animaux non apprivoisables et non domesticables.

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Le FAS parasite la haute couture.

Le FAS est partout. Il parasite. Il subvertit. Ainsi le retrouve-t-on dans la section «idée» du site des Enfants Sauvages, une boîte de couture se définissant elle-même comme anarcho-mystique et posant, à sa façon, la question de l’apprivoisable et du domesticable. Miaou! Nous sommes félins pour l’autre. Tricotés, tissés ou maillés, nous vaincrons!

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habits_velus

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