Manger pour «vivre»

Lundi, mon association d’univercécitaires vote l’enclenchement de la grève générale illimitée dans un théâtre. Se questionnant sur la chose, un a dit à l’autre que c’était approprié. L’autre a demandé pourquoi, et un a répond qu’on jouait des rôles. Sa remarque, ceci dit, soulignait plus de subtilités si on s’y attardait. L’autre, et l’un, ne s’y sont pas attardé. Machine démocratique spectaculaire et clowns. Amener son masque de la comedia del arte et poser « les questions-doutes qu’il faut » et être un groupe, avec tous les clichés. Quelque chose comme Alex et ses droogies, mais en plus coloré. _
Aussi, È.L. dans un cours de « pratiques sociales et politiques de l’art » parlait des activités des membres de l’IS, qui prenaient, autour de l’idée de Dérive, la carte de Londres pour s’orienter dans Paris. Ils tentaient de suivre les routes de l’une dans l’autre, exploraient les différentes critiques qu’on pouvait en sortir. Ils se droguaient dans ces Dérives, et quelques uns n’en sont jamais revenus. Je me plais un peu – pas trop, pas vraiment en fait – à me dire que s’ils rencontraient une masse non-négligeable d’eau, ils n’évitaient pas la noyade et redevenaient poissons en désertion. _ Peut-être refaire la chose avec une vieille carte d’un pays en guerre, avec des choses qui explosent pour contrecarrer les murs empêchant le 100% de l’exploration. Des choses comme ça. Ou avec un pouvoir d’abstraction sur-réel. _
Dans une même logique, j’ai rêvé que des membres d’une organisation secrète intra-gouvernementale me chassais à la sortie d’une chambre de théâtre; je disparaissais du réel et mon état d’abstraction était tel qu’il remettait en doute la fiction dominante. Lors d’un combat digne de la matrice, je remarquais qu’effectivement, mes mouvements contribuaient à l’effacement de mon corps dans le temps, dans la fiction spatio-temporelle.

O

Un papier jauni avec du papier collant et un coeur rouge dollorama sous le papier collant qui ne colle plus, se lit comme suit. Trouvé dans une station souterraine;
« Brittany
Enjoy your last Saturday being 19.
Next Saturday you won’t be a teenager and will have to eat low fat yogurt. Love, Your Mom. LOL! »

_____________
Et dire que je prévoyais parler du rapport particulier que j’entretiens avec ma chatte.

 

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Depuis quelques mois déjà, Mysterious et moi menons des recherches très poussées en biologie – d’ailleurs, un livre rassemblant nos travaux les plus révolutionnaires devrait paraitre sous peu. Ce matin, j’étais en train de suivre une hypothèse sur l’apparition de nouvelles formes d’organismes vivants et j’ai fait cette étrange découverte :

Dans l’environnement immédiat de l’image, on peut aussi trouver l’hymne officiel du Pastafarisme francophone (que l’on doit chanter sur l’air de Funky Town).

L’univers entier a une
origine unique

Une origine vraiment chouette
et que moi j’aime beaucoup

J’y pense tous les jours

Pense tous les jours
Pense tous les jours
Pense tous les jours
Pense tous les jours, pense tous les jours
à à lui

Il faut y croire
Il faut y croire
Il faut y croire

Dieu est un Monstre
en Spaghettis

Oh Dieu est un Monstre
en Spaghettis

Oui Dieu est un Monstre
en Spaghettis

Baby Dieu est un Monstre
en Spaghettis

(Répéter)

 

http://site.lesdoigtsbleus.free.fr/monstre_spaghettis.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pastafarisme

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Mysterious, 24/06/2011 [Manger pour «vivre», Vol de contenus]

Une illustration tirée de Time Machine 1901, par Louis Rastelli.


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Kraft+pepsi+nestlé+biotech=nazi

http://lesforlife.blogspot.com/2011/04/pepsi-boycott-announced-by-prolife.html

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«Le légume tueur allemand était un concombre espagnol.»

- Le Monde.fr

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Poufiasse, 16/02/2011 [Art is Evil, Manger pour «vivre»]

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Quand j’ai vu le paquet de vermicelles, je me suis dit qu’un repas chinois me changerait des brochettes de mouton. J’ai hésité entre le petit paquet de la marque qu’on retrouve à Montréal, et l’autre, plus gros, les vermicelles ZHAOYUANSHILUQUANLONGKOUFENSICHANG.

J’ai voulu lire les ingrédients à l’endos du paquet. À la lecture des mots « LUBRICLOUS AND DELIGHFUL », j’avais déjà fait mon choix. Il me fait plaisir de vous partager le reste de l’emballage, mot pour mot, lettre pour lettre et ponctuation pour ponctuation : (suite…)

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Biscuit de Noël Kraft + 350 C = four crématoire.

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Je m’explique encore mal ce qui m’a poussé à chercher le BurgerKing de Ste-Foy sur les internets. Mais voilà, je suis tombé sur cette perle, à mi-chemin entre le cool is class war et le manger pour « vivre ». Je le reproduis ici (plus bas quoi).  (suite…)

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Bébé Astronaute, 16/08/2010 [Manger pour «vivre»]

Cet après-midi, j’ai décidé de profiter du temps de récoltes qui commence pour faire une batche de ma fameuse salsa. Plus tard, devant mon ordi, ayant oublié que j’avais manipulé force piments forts, j’ai eu la bonne idée d’essayer de me gratter le fond du conduit auditif. Faque là, j’ai les les oreilles qui chauffent en esti.

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Maintenant, j’aime ce qui est agréable.

Avant, plus jeune, je détestais l’agréable et vénérait l’inconfort. Je choisissais toujours le moins bon choix à la cafétéria, le pire emplacement au camping (celui sur le bord des containers ou des Ontariens), les gens les plus tarés et désagréables comme amis, les lectures les plus ardues, les cours les plus impopulaires, les filles les plus grosses, les sentiers les moins battus. Comme si j’avais peur d’être pris pour un lâche. Comme si je croyais qu’on allait me juger sévèrement si je posais mon cul sur des coussins plutôt que sur un lit de clous acérés par quelque vieil homme participant à un programme de réinsertion sadique. J’avais moi-même peu de respect pour ceux qui se complaisaient dans la facilité, ceux qui avaient l’air climatisé ou des bancs en cuir, ceux qui avaient des femmes de ménage (pluriel), des râpes à fromage électriques et une télé dans la salle de bains, ceux qui se vantaient d’avoir une option politique et une paire de patins de rechange. Ceux que j’appelais, à la cantonade – comme un rugissant écho de l’air du temps – les Petits-Bourgeois.

Et puis, sans nécessairement m’assagir (je n’ai jamais vraiment pas été sage), j’ai comme intériorisé ma colère juvénile et décidé que des coussins et un lave-vaisselle n’étaient somme toute pas logiquement incompatibles avec l’enragement. Qu’on me juge sur mes choix.

C’est sur ce chemin que j’ai découvert l’agréable et en particulier ce moment que je me paye, soir après soir, qui consiste à m’asseoir sur mon balcon (lequel fait face à l’ouest-nord-ouest), vers 17h, pour y lire quelques pages d’un excellent bouquin que je fais semblant de lire, une bière ou un verre de lait à la main, en regardant le soleil estival terminer sa course derrière l’église Saint-Esprit (Masson et 5e). Cheesy, je sais. Mais c’est rudement bon pour le tan et parfait contre le suicide.

Aussi, mon agrément s’en est-il ressenti l’autre jour, lorsque, prenant place sur ma chaise face au soleil couchant, j’entendis force bourdonnement et vis, à 2 m de moi, un essaim de guêpes comportant à vue de nez une quarantaine d’individuses. Elles tournaient autour de mon BBQ, entrant et sortant par les interstices et maintenant que j’étais là, elles s’intéressaient désormais à moi comme une prof de première année s’intéresse à ce monsieur qui flash sa graine à travers la clôture de la cour de récré.

Qu’on me permette de digresser. Il faut comprendre que, plus jeune – pendant cette phase de recherche d’inconfort décrite plus haut – j’avais l’habitude de « tester », souvent à l’aide d’un bâton que je croyais assez long, le comportement des guêpes lorsqu’il m’arrivait de croiser un nid. Cet élan scientifique a abruptement pris fin lorsqu’un jour, je devais avoir 8 ou 9 ans, les guêpes se sont décidées à me montrer qu’un million d’années d’évolution, ça fait du venin très efficace, surtout lorsque la piqûre est en réalité quinze piqûres. Pas de sommeil pendant 2 jours à cause de la douleur. De cet épisode est née, non pas une phobie des guêpes, mais disons une conscience accrue de leur pouvoir de persuasion.

Aussi, laissant rapidement tomber mon plan bière/lecture/vitamine D, je me décidai à entrer dans la maison par la porte la plus proche. Déjà trois guêpes avaient réussi à se faufiler avec moi et l’une réfléchissait à l’existence posée sur ma main. En analysant la situation froidement, je me dis ceci : ok, elles sont plus nombreuses et ont bénéficié de l’effet de surprise; par contre, elles sont regroupées dans un BBQ, ce qui, de mémoire de guêpe, n’a jamais été autre chose qu’une lose-lose situation.

Ça va chauffer pour vous, mes jolies. Un problème se posait en outre : la bombonne de propane se trouvait de l’autre côté du BBQ, opposé à la porte et l’allumeur, comme tout allumeur qui se respecte, ne marchait plus. Il fallait donc que je passe devant le BBQ, ouvre le gaz, ouvre le couvercle, craque une alumette, la jette dans le BBQ et re-rentre dans la maison pour me protéger. Tout cela sans attirer l’attention de ces insectes charognards.

Que faire? Les distraire en siflottant « Ne me pique pas » ? Regarder ailleurs comme si de rien n’était? Utiliser un stunt-double? Finalement, je décidai de me vêtir adéquatement de vêtements longs : des pantalons d’entraînement bien calés dans mes bas rouges, des gants de construction sous mes manches longues, mon hoody mauve, un cache-cou, mes goggles de ski et mes bottes hautes (celles qui me donnent l’air d’une poutre).

J’ai fait un pas à l’extérieur, armé d’une boîte d’alumettes et les guêpes ont tout de suite chargé. C’est lettes des guêpes, il faut se le dire. Elles volent tout croches, font un bruit de marde et sentent mauvais. Elles sont comme l’homme saoûl de la famille des insectes (non, je ne sais pas si les insectes sont à proprement parler une « famille », mais please wikifuck-off!).

Elles me bourdonnaient dessus et une a même failli entrer dans mon cache-cou, la vlimeuse. Mais vaille que vaille, je me suis approché, j’ai ouvert le couvercle – wow, il y en avait plein là-dedans, grouillantes et surprises – et j’ai parti le gaz. Sérieusement, je ne savais pas que les guêpes n’aimaient pas le propane à ce point-là. J’aime bien ça le propane moi. Du moins en petite quantité. Pour une occasion spéciale. Mettons un party à Iqaluit. Mais les guêpes, ça ne leur plaisait visiblement pas puisqu’elles ont comme qui dirait décalissé en rangs serrés, frôlant mon visage et fonçant dans mes goggles. J’ai parti le feu et j’ai burné les retardataires, au grand plaisir de mon sadique intérieur (celui qui deviendra un vieux monsieur qui aiguise des clous, pour ceux qui suivent).

Sur ce, ça sonne à la porte. Purolator, je vois son truck brun du balcon. Je me dis que ça serait drôle d’aller répondre habillé comme ça, genre extra-terrestre ne comprenant pas les saisons ni les sports sur Terre. J’ouvre la porte et, c’est pas le monsieur de Purolator, c’est mon voisin d’en bas qui me regarde avec un drôle d’air et l’oeil droit tout enflé.

« T’as-tu des guêpes chez vous? »

Pas fort sur l’observation le voisin.

« Non-non, je m’en allais m’entraîner… » répondis-je en remettant mes goggles.

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Bébé Astronaute, 30/05/2010 [Manger pour «vivre», Mourir au Canada]

De voir tous ces jeunes punks attendrissants hier, ça m’a rappelé la plus grande débarque d’idéalisme dont j’ai été témoin dans ma vie. Ça faisait plusieurs semaines qu’on n’était pas sortis du bois, P*, R* et moi, et un ennui abyssal nous avait poussés à faire cinq heures de voiture un bon samedi pour aller voir Spiderman au cinéma.

Jusqu’alors, je n’aurais jamais imaginé qu’une autre forme de vie sur terre aurait pu dégager une puanteur plus nauséabonde qu’un planteur d’arbre fraîchement sorti du bois. À nous trois dans un char, je croyais sincèrement que ce serait dur à battre et j’avoue que j’en étais même un peu gênée au moment d’embarquer deux crusty punks qui faisaient du pouce avec leurs chiens.  Finalement, le quatuor surpassait tous les records et je vous jure que même les planteurs qui ont déjà failli vomir en respirant leur propre odeur en auraient pris pour leur rhume.

Évidemment, les deux filles arboraient de nombreux tatouages, et l’une d’entre elles rapprocha ses deux poings pour me montrer les huit lettres tatouées sur ses jointures. Elle m’expliqua qu’à l’origine, ces lettres formaient les mots FREE SOUL, et qu’avec le temps, elle avait perdu un peu la foi et avait décidé de faire changer le L pour un P. Commençant déjà à en avoir marre de la soupe, elle me confia que son prochain projet était de transformer l’U en A. Quelle bonne idée.

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Bébé Astronaute, 09/05/2010 [Citations et aphorismes, Manger pour «vivre»]

Entendu l’autre soir de la bouche de Y*, visiblement heureux de pouvoir enfin afficher au grand jour son amour des germinations devant quelqu’un qui ne le jugera pas (moi). Mille mercis pour les petites pousses qui ont pris rapidement de l’expansion jusqu’à la délicieuse salade de ce midi.

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Mysterious, 08/05/2010 [Manger pour «vivre»]

Kraft + crevettes = Cthulhu

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MIAMI – Des fidèles, qui ont suivi une pratique présentée comme conforme à une religion traditionnelle africaine par un homme de Miami, sont tombés très malades après avoir ingéré le mucus d’un escargot géant africain, perdant du poids et sécrétant d’étranges grosseurs dans le ventre.

Les autorités fédérales américaines ont perquisitionné en janvier chez Charles Stewart, après avoir reçu des plaintes. L’homme n’est pas poursuivi au pénal mais les procureurs et les agences nationales et fédérales de l’environnement ont ouvert une enquête, l’escargot géant africain étant interdit aux Etats-Unis sans autorisation spéciale.

Les experts estiment que cette espèce dévaste les nouveaux écosystèmes dans lesquels elle s’installe. Sa taille peut atteindre les 25,4cm de long. Il est même capable d’ingurgiter du plâtre. Hermaphrodite, ce type d’escargot produit spermatozoïdes et ovules et peut donc se reproduire tout seul.

Charles Stewart a expliqué au « Miami Herald » ne pas avoir eu d’intention de nuire, ces escargots étant utilisés chez lui lors des cérémonies de guérison. Son mucus contient en effet des substances qui seraient utilisées en pharmacologie.

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Bon, ça fait une bonne année déjà que je songe à recevoir pour Noël, c’est-à-dire caller un Noël des mal-aimés***. (suite…)

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En sortant prendre l’air, entre deux victoires, à Expozine, j’ai croisé un couple avec leur enfant. Le môme, visiblement fasciné par l’apprentissage de la temporalité, leur demandait sans cesse, dans un anglais aussi suraigü qu’insupportable, si on était l’après-midi. (suite…)

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Amygdale, 19/11/2009 [Manger pour «vivre»]

Merci B* de m’avoir fournit une expression servant à chapeauter l’impression que j’ai reçu de ma journée d’hier. Une des raisons qui font que la méthode est si difficile à acquérir est peut-être le fait que l’on sait pertinemment qu’il est possible de parvenir à des résultats sans trop s’en soucier. Parfois, cela semble même être une condition de succès.

Je suis parvenu à faire tout ce que j’avais à faire, en obtenant, pour chacune de mes tâches, un succès largement au-dessus de mes attentes, mais en suivant une démarche digne de M. Magoo. Le haut point de ce carnaval de la mitaine et de la logique floue a été le succulent poulet au cari que je me suis mitonné pour souper, qui s’annonçait dès le départ comme un désastre culinaire laissant ma cuisine dans les brumes des Nibelungen. Je vous épargne le récit des événements, car il n’y a pas de quoi se vanter. Tout semblait réussir malgré moi.

Que sait-on des sauces, et des effets?

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Bébé Astronaute, 17/11/2009 [Manger pour «vivre»]

J’ai déjà raconté l’anecdote aux activistes présents lors de l’assemblage du 10e fascicule du FAS, spécial « zone oubliée » – presque déjà écoulé lors du dernier Expozine, soit dit en passant -  mais je vais quand même refaire ici, pour le grand bien de tous, le compte rendu de mes plus récentes découvertes sur ce doyen de nos canopées qu’est le ginkgo biloba.

Lors de l’une de mes habituelles promenades dominicales dans le Mile-End avec T*, en passant devant une école primaire – celle où Mjack avait pris un jour la photo d’une murale bigarrée à côté de la BD qu’il était en train de lire – je remarquai par terre, au pied d’un arbre, un fruit étrange que je n’avais jamais vu auparavant. Ayant l’aspect d’une petite prune, d’une jolie couleur rosâtre et légèrement translucide, ce fruit avait, ma foi, l’air franchement appétissant. Spontanément, j’eus même envie d’en faire des confitures.

En levant la tête pour voir de quel sorte d’arbre provenait ce mystérieux fruit, j’aperçus avec ravissement un grand ginkgo biloba, que je reconnus évidemment à ses feuilles bilobées. Je ramassai donc le fruit, me disant que je pourrais peut-être profiter plus tard des vertus thérapeutiques du ginkgo.

En revenant à la maison, j’ouvris illico mon ordi pour faire ma petite recherche sur Wikipédia. J’y appris d’abord que, non seulement le ginkgo biloba était la plus ancienne espèce d’arbre connue – nous étions au courant – mais qu’il était apparu sur terre il y a plus de 270 millions d’années. C’est peu dire : il existait déjà quarante millions d’années avant l’apparition des dinosaures ! Autre détail intéressant : cet arbre a démontré, aux lendemains d’Hiroshima, une résistance hors du commun à la pollution et à la radioactivité.

Mais j’appris une chose encore plus étonnante : le « fruit » que j’avais ramassé n’était pas un fruit proprement dit, mais un ovule. Je vous explique la différence par une citation de Wikipédia, mon vocabulaire scientifique restreint ne me permettant pas de l’exprimer dans mes propres mots : « Le ginkgo est un arbre dioïque, c’est-à-dire que chaque arbre est soit mâle soit femelle [tout comme le févier dont je vous ai déjà parlé]. Sa reproduction très primitive est une étape entre la reproduction des fougères et celle des conifères et plantes à fleurs. […] Chez [ces derniers], l’ovule est très petit et grossit une fois la plante fécondée en accumulant des réserves de nourriture pour le futur bébé (la graine). Chez le ginkgo, l’ovule est déjà plein de réserves nutritives même si celui-ci n’est pas fécondé et dans ce cas, elles auront été produites en pure perte. » On compare donc l’ovule du ginkgo à un oeuf de poule, qui ne donnera un poussin que si la poule a été fécondée par le coq mais qui, dans le cas contraire, aura été produit inutilement par la poule, au grand plaisir des cuisiniers.

Cependant, l’ovule du ginkgo a ceci de particulier que, malgré son apparence attirante, il est loin de faire les délices de l’humanité, puisqu’il est non seulement toxique – il contient de l’acide butanoïque – mais extrêmement répugnant à cause de sa forte odeur de vomissure. On dit d’ailleurs que la plupart des ginkgo plantés en ville sont des mâles pour éviter la production de ces graines nauséabondes.

Je ne pus évidemment m’empêcher de porter le « fruit » à mes narines pour vérifier la véracité de ces faits. Il me sembla en effet détecter un légère odeur aigre-douce émanant du « fruit », me rappelant vaguement l’odeur d’un bébé venant de régurgiter. Mais je ne pus résister à l’envie d’en savoir plus : je me rendis dans la cuisine et d’un vif coup de couteau, je tranchai la peau du fruit pour en humer la chair.

Ouaaache ! Une puanteur des pires lendemains de brosse envahit la pièce ; un mélange de bile et d’huile rance qui ne nous quitta plus qu’après avoir jeté l’ovule à bout de bras dans la ruelle et ventilé la cuisine tout le reste de l’après-midi à l’air froid de l’automne.

Inutile de préciser que je n’ai pas cherché à en savoir plus sur les vertus thérapeutiques du ginkgo biloba.

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Amygdale, 06/10/2009 [Manger pour «vivre»]

Rien de tel qu’un rôti de palettes avec des patates pilées. Je l’aime bien sur-cuit, presque carbonisé, avec des carottes et des navets qui mijotent dans son jus. Ce soir, je reste chez nous à péter.

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je suis à l’étranger, depuis plusieurs semaines, déjà. je vis dans une caravane où se croisent thermites, araignés et où les rats et les poules mortes jonches le sol, tôt le matin, au moment de prendre son petit déjeuner… je me lève, écoeuré, je m’en vais m’écraser sur la plage.

les plages de France étaient réputées pour quoi, pour les nichons pointés à perte de vue… c’est un mythe, oui aujourd’hui certaines sont à poil, mais plus rien ne pointe, leurs nichons sont aussi brun que de la sauce à poutine, leurs prothèses mammaires fondent sous le soleil de plomb, si certaines ont dégainées leurs courbes naturelles, ça dégringole jusqu’aux genoux, avec lustre, avec gloss. elles ont proche 60 ans et se fringuent comme leurs arrières petites filles, devenues ados. autrefois sur les plages de France, de jolies adolescentes et jeunes femmes se prélassaient fièrement en topless, aujourd’hui toute femme digne garde le haut comme le bas, ce ne sont que les boudins et les malheureuses en manque qui osent encore se foutre à demie à poil pour attirer un semblant d’attention mâle. et dépendamment de notre condition physique et mentale, soit on se choque, soit on se marre, soit on matte…

l’une d’elle aime porter une culotte de maillot style armé, sa copine porte un bas rose bonbon. cette autre vieille a une serviette de plage vuitton, un bas de maillot vert forêt et un sac à main doré. elles fument à la pelle. chevelures blondes peroxidées au carré, lunettes de soleil over size.

je regarde les vieilles, moi je les aimes bien, elles sont réconfortantes. ces bonnes femmes n’ont plus l’essence florale d’autrefois, elles misent sur leur vulgarité. l’une d’elle revient ici tous les jours, son mari avec elle. Son mari matte les seins des autres vieilles, mais pas ceux de sa bonne femme. j’engage la conversation avec ce dernier, il est trop con. le sable m’irrite la peau, je commence à avoir des dreadlocks, je me tire.

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Lou Scandale, 07/07/2009 [Manger pour «vivre»]

Je vous propose de découvrir dans cette section des solutions alternatives et économiques qui vous permettront à vous aussi, petites gensses, de vous faire une place de choix dans cette jungle austère, mystérieuse et Michael Jacksonless, que l’on appelle plus communément, la vie. Osez dorénavant faire de chaque instant une occasion originale et créative de vous démarquer avec panache!

Grâce à des gestes simples, chacun de nous vous allez le voir, est en mesure d’apporter une petite touche personnelle et colorée, un certain supplément d’âme, un indéfinissable charme qui fait la différence en société. Ce soir nous allons non seulement associer l’utile à l’agréable mais en plus dans une optique de développement durable fort à propos avec le goût du jour.

Nous somme samedi-juin soir. Il est minuit 38 à votre slip de bain improvisé et le monde entier se jacuzzise.

Les repousses de torse de Josh ne se voient pas au clair de lune, Jean-Guy a sorti le Pernod et Anne Charlotte n’a pas lésiné sur le lip-gloss, signe avant coureur de fin de soirée heureuse.

Tout y est. Ce soir c’est dans le spa qu’ca s’spasse bébé.

Pourtant, malgré les nombreuses giclettes, palpations et autres coffrets spécial remix 99 Barry White, vous vous rendez compte que tout ne se passe pas exactement comme vous l’aviez prévu.

En effet, Anne Charlotte s’ennuie.

Après avoir passé 3 heures à s’émerveiller sur le changement de couleurs du fond du bassin qu’elle aurait tant voulu voir rester un peu plus longtemps sur ‘bleu des mers du sud’, la voilà qui se met à frissonner, trouvant la peau de ses doigts bien trop ramollie.

Que faire alors?

Vous allez voir avec quelle facilité cette triste situation peut se transformer en un tourbillon de plaisir des sens. Assurez vous au préalable d’avoir suivi à la lettre et ingurgité la préparation qui suit :

- 56 Dés de tofu-curry sautés au riz béchamel et petits légumes au beurre

- 6 pintes de Tremblay spécial promo 15 pour 12

- 4 verres à vin moitié pernod moitié Ricard

- 2 shoots de Johnny Walker

- 4 verres à bière de Champagne MOËT acheté au Duty Free de la guérite Saint-Bernard-de-la-colle

- 1 heure de saut en rythme sur ‘jump around’ dans le gazon

Bien installé dans le jacuzzi température 100F avec entre les fesses le jet sur position drainage lymphatique, passez discrètement votre doigt au niveau du plexus solaire, en formant un petit cercle que vous vous efforcerez d’accélérer tous les 5 tours et répéterez 6 fois ce geste. Vous vous apercevrez alors au 7ème qu’une petite impression de remontée vous prendra à la gorge. N’ayez pas peur et poursuivez votre chemin, l’attente ne sera pas bien longue.

En effet, quelques secondes plus tard, vous aurez la joie de découvrir une échappée-belle de minuscules particules appelées plus simplement mottons, qui pimenteront à merveille les couleurs éclatantes des remous en formant des centaines de confettis aquatiques, et qui apporteront une joie quasi immédiate au sein du bain commun.

Comment, je vous le demande, Anne Charlotte pourra t elle résister à ce poème olfactif et sensoriel s’offrant à elle?

Les mottons comestibles préparés grâce au mariage des ingrédients les plus fins, la propulseront sans détour dans le plus fou des voyages avec de surcroît une hydratation intense des couches supérieures de l’épiderme. Fini les soupirs et les regards accusateurs. Grâce aux mottons-party SPA bio-maison, vous relancerez la soirée sur une note drôlatique, sensuelle et originale tout en préservant l’environnement et ça, c’est vraiment gagnant.

La prochaine fois je vous inviterai à me suivre sur le chemin de l’introspection, grâce à la crème d’identité spéciale soirée VIP dans une école de danse contemporaine.

Bonne soirée!

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Bébé Astronaute, 05/04/2009 [Cool is Class War, Manger pour «vivre»]

Je sais, c’est une joke de matante, mais combien de fois dans une vie j’aurai l’occasion de la faire une autre fois? Deux grands gars noirs comme la nuit, genre congolais, sont à côté de moi au marché devant le gars qui vend des oeufs et se demandent s’il y a une différence entre les blancs et les bruns. Comme je sais que même si les bruns sont plus chers, ils ont tous deux la même saveur et la même valeur nutritive, je m’immisce dans la conversation : non, y’en a pas, c’est comme les humains.

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ça faisait longtemps que je voulais vous cuisiner un bon gâteau bb astronaute ! alors voilà, je suis heureux de vous le présenter aujourd’hui car depuis que c’est la mode de cuisiner de bons gâteaux sur le fas, je ne peux m’empêcher, les trois quarts du temps, d’avoir cette pensée joyeuse pour l’aphorisme qui sous-tend l’existence du fas depuis ses touts débuts : «pour des gâteaux délirants».

astronaute2

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Je me suis réveillé la tête dans le cul. Affamé, j’ai mangé du cassoulet pour le p’tit dej en écoutant en boucle l’incroyable album «sur le bord de l’absolument fantastique» du Monde dans le feu. J’ai plus d’emploi depuis hier, mais, ce matin, la secrétaire de mon ancienne job m’a appelé parce qu’elle parvenait pas à utiliser Outlook. J’étais vraiment un employé indispensable. J’ai mal au coeur. Je m’invagine. Ai-je la tête dans le cul ou le cul dans la tête? Ravale ta saison. J’vas t’la crache dans face.

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Zepoulpe, 27/01/2009 [Intoxicated Press, Manger pour «vivre»]

(Toujours en lock-out, la salle des nouvelles d’Intoxicated Press est maintenue en vie par les cadres appelés en renfort pour tenir le public informé sur les vraies affaires. C’est donc avec un plaisir non feint qu’Intoxicated Press présente le deuxième d’une série de plusieurs articles, résultats d’une grande enquête sur le manger moderne.)

D’après Intoxicated Press,

Une collaboration spéciale et encadrée de Johnny Scab.

La plupart des spécialistes ne vous le diront pas mais le plus important dans le manger, c’est la passion. Tout est passionnant quand on parle de manger : le bruit que ça fait, le goût que ça goûte, la senteur que ça sent et les moules marinières… La passion, c’est ce qui fait se lever le cuisinier le lendemain d’une sérieuse soirée de boisson pour aller servir des crêpes aux cèpes aux bourgeois endimanchés; c’est cette même passion qui pousse cette vieille Italienne à sentir et à tâter TOUTES les tomates de l’étalage avant d’en choisir une seule pour son sandwich au thon; c’est cette passion qui met l’amoureux en taboire lorsque sa blonde arrive 1 heure et demie en retard alors qu’il a passé l’après-midi à cuisiner une merveille (merveille qui est maintenant molle et fort laide); c’est cette passion du culinaire qui pousse le facteur à crisser les 42 dernières lettres de sa run dans la même boîte aux lettres pour finir plus vite parce qu’il a un lunch fait à partir de bon menoum dans sa besace…

Par contre, pour plusieurs d’entre nous, le geste du manger est devenu une tâche, un travail, une job. Fini la passion. Pour ces malheureux, les quantités doivent être pesées, les portions évaluées, les glutamates éliminés, le sel contrôlé, le sucre régi, le beurre jeté, le gras scruté, les assiettes légères, la collation bannie, les gâteries oubliées, les hors-d’œuvres proscrits, les desserts éliminés, le tour de taille ceinturé, le pancréas réconforté et le goût de manger des cochonneries honni.

Parmi ceux qui doivent constamment être aux aguets contre le foie gras et ses délicieuses comparses, il y a ceux qui décident de se tourner vers le manger végétarien. Mais attention : contrairement à la croyance populaire, manger végétarien ne signifie pas nécessaire manger les feuilles des arbres ou brouter la pelouse du voisin. Il s’agit plutôt d’un mode de manger très sain qui élimine progressivement les protéines animales pour les remplacer par autres choses. L’art culinaire végétarien s’est en effet développé autour de 2 principes de base, pleins de bon sens : 1) une vache, soyons objectifs, est une chose répugnante et 2) le soya, c’est pas parce que c’est trangénique et que ça goûte rien pentoute que c’est pas bon pour la ligne.

À partir de ces principes – qui font figures d’axiomes de la conspiration végétarienne – la cuisine végétarienne s’est déployée en mille variétés : tofu au lentilles, lentilles au tofu, lentilles au tofu avec de la sauce soya, tofu grillé, bol d’eau chaude, salade d’algues, salades de branches d’arbre, riz au tofu avec de la sauce soya, curry au tofu, tofu au cari, grand verre de jus d’orange, pain doré sans steak haché, poutine à la sauce soya, sandwich au thon sans thon, etc. Comme on le constate, les possibilité sont pratiquement illimitées.

En plus, le végétarien est toujours quelqu’un qui parvient à rompre la monotonie dans le boire et le manger, car en plus de manger végétarien, le végétarien a souvent tendance à parler végétarien. En effet, il ne suffit souvent pas au végétarien de savourer son bol de pousses de bambou aux bananes, il cherche bien souvent à débattre sur le terrain des idées. Qui n’a jamais rencontré un végétarien qui lui posait l’une de ces questions : est-ce que tu sais ce qu’ils mettent dans ce poulet-là? Les hormones, est-ce que tu sais que c’est pas bon? T’as pas honte de manger du chat?

À cela, bien sûr, il est toujours possible de répondre « Probable, mais dégage », mais quand on y pense, c’est tout de même divertissant de se faire rabrouer par un être moralement supérieur. On se sent privilégié. On pense qu’on a en quelque sorte mérité son attention. On se pose des questions : et si la noblesse de son cœur était chose contagieuse? Et si cet être maigre et vert, sans énergie et sans aucun courage quand vient le temps d’abattre quelque chose de vivant, était ma porte de salut? Mon passeport pour le paradis? Et si d’écouter les balivernes bio de cet être faible et sans grâce me permettait, à moi, de toucher de la sainteté?

Un dossier à suivre…

Dans le prochain article de la série, Intoxicated Press s’intéresse à la littérature culinaire. On verra entre autres choses pourquoi se mettre tout nu, ça aide vraiment à faire un souper de famille réussi.

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ils manquaient à la collection…

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Joseph, 11/01/2009 [Manger pour «vivre», Top 5]

ouen ben il y en trop, je vais en mettre plus que 5 ok…

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En direct de mon quotidien délirant:

Fonctionnaire de prêts et bourse, de Québec:ca va nous prendre des preuves que vous subveniez a vos besoin durant ces deux périodes d’un mois
moi:je vous déjà envoyer une déclaration solennelle, v’là 2 mois et c’est tout ce que vous m’avez demander.
Fonctionnaire de prêts et bourse, cosanguin:Ça vaut rien une déclaration solennelle, tout le monde peut en faire une…
moi:Pourquoi vous m’en avez demandez une d’abord? C’est assez bon pour voter, c’est un document juridique.
fonctionnaire sphincter: Meme un jeune de 18 ans qui sort de chez ses parents peut faire une déclaration…
Moi: êtes vous en train de m’accuser d’avoir menti sous serment?
Gars de Québec:…
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Filles des cartes étudiantes; votre permis est échu
Moi:ben là c’est une pièce d’identité avec mon nom, mon adresse pis ma face dessus
FDCE: ca va me prendre une carte valide
Moi:je vais renouveler mon permis quand je vais recevoir mes prêts et bourses quand je vais avoir ma carte étudiante pour aller leur gueuler dessus
FDCE:…ca va être correct…
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Quelqu’un à un t-shirt de Valery Fabrikant à me prêter…

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Poufiasse, 09/06/2008 [Manger pour «vivre»]

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Mysterious, 05/06/2008 [In Stupidatis Veritas, Manger pour «vivre»]

Cool is class war?

Hier, j’ai été happé par la ville et n’ai pu écrire mon article quotidien sur le FAS. J’ai été faible, je sais, et, pour compenser, j’ai erré sous la pluie, buvant des bières, ici et là et en diverses compagnies, dans l’espoir qu’il m’arrive quelque chose que je puisse raconter sous la forme d’un cool is class war, mais en vain. La fin de la soirée m’a toutefois amené à vivre une expérience inquiétante qu’il me faut vous relater.

Scissiparité

Je suis rentré chez moi vers 2h00 AM, trempé par la pluie et légèrement ivre. C’est toujours dans ces moments-là que me vient l’envie de faire de la soupe. J’aime cuisiner la nuit. J’ai donc sorti patates, céleris, tomates, persil… et commencé à couper. Mon couteau coupe bien. Rhaa (un jeune homme plein de qualités) est passé l’autre jour chez moi et l’a aiguisé. Je coupais à toute allure en fredonnant des chansons de marins :

C’est de la faute aux fayots
Si on est mal sur les bateaux
Ah fayots fayots fayots
Tu nous fais gonfler la peau
Pas moyen de les digérer
Les petits pois
En France il faut espérer
Qu’on finira d’en bouffer
Des sales fayots

Mais – malheur ! – débordant d’enthousiasme et coupant comme un déchaîné, je confondis mon doigt avec une carotte. Argl! Il ne fut pas qu’entaillé ; il fut sectionné. J’hurlai de douleur, mais la terreur vint bientôt chasser ma souffrance. Le moignon de mon doigt cicatrisait à une vitesse stupéfiante et mon doigt, détaché de mon corps, s’animait, comme s’il pouvait vivre indépendamment de moi. Il grouillait sur la table et, à sa base, là où le couteau avait tranché, quelque chose poussait. Je vis bientôt apparaître deux jambes minuscules à l’extrémité du doigt, qui se mit à danser, puis, continuant de croître et de se métamorphoser, il prit peu à peu l’apparence d’un petit être de quelques dizaines de centimètres de haut, d’un nain malicieux imitant en tout point mon apparence : mon nez, mes yeux, ma bouche, mes splendides cheveux de bataille, mes mains, mes bras et mes jambes… Je redoutais d’être confronté à moi-même, mais, surtout, je me demandais comment ce double de moi avait pu prendre vie à partir de mon doigt mort. De nos jours, les jeunes s’émancipent tôt. La crise d’adolescence a souvent lieu dès la pré-maternelle. Mon double miniature me fixa dans les yeux et me dit : « Mysterious, je ne veux pas partager ton quotidien et je ne crois pas que tu sois un modèle à suivre. Je m’éduquerai seul, loin de toi et des hommes. J’irai vivre sur le continent de plastique. » et il partit.

J’allai donc me coucher et, avant de m’endormir, me vint, claire comme une larme au coin de ton œil, l’explication de ces événements. Je me rappelai ce qui devait être à leur source, une expérience passée qui avait peut-être fait de moi un être mutant, que l’on peut découper, mais qui s’autoregénère, une entité peut-être immortelle, à la fois belle et redoutable : imaginons que l’on me découpe en mille morceaux et que le monde soit envahi par mille Mysterious ! Bref, je me rappelai : les lombrics frits dans l’huile.

Recette

C’était il y a quelques années. Nous faisions la fête sous un pont. Il pleuvait à siau. Des vers de terre sortaient du sol par dizaine pour ne pas mourir noyés. Ils s’allongeaient sur une terre maculée de fiente de pigeons et imbibée d’huile à moteur, de litres de bière, de pisse d’ivrogne et, sans doute, du sang des générations de jeunes marginaux qui s’étaient battus sous ce pont pour conserver le contrôle de ce lieu magique. Je ne sais pu qui eut l’idée, mais nous décidâmes de manger ces vers de terre. On se disait que la consommation de lombrics était un excellent moyen de mettre un terme à la faim dans le monde. On en trouvait partout. Ils étaient longs, ils étaient doux. Nous allâmes donc chez l’affreux Lapine, coupâmes les extrémités des vers, en retirâmes grossièrement la terre qu’ils contenaient et les jetâmes dans une poêle, avec de l’huile et un peu d’ail, et nous les mangeâmes. C’était croustillant, un peu comme des chips avec quelques grains de terre dedans. Mais ces lombrics étaient nés et avaient grandi dans une terre souillée. Les consommer avait fait de moi un homme nouveau. C’est difficile à dire, mais je dois l’assumer : je suis lombric-man.

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MEGAPUSSI

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Aller aux États-Unis. Une ou deux fois par année. Par affaires comme dans pour la djobbe.

Comme le transport en commun est un organe atrophié de l’agglomération suburbaine où je dois me rendre; on me fourni une voiture et je traverse, outre les lignes, les appalaches du nord de Plattsburgh NY jusqu’au Massachussets en passant par le Vermont et le New Hamsphire.

L’automne, c’est agréable.
Alors que ça commence à tirer sur le glauque dans nos parcs sans feuilles, c’est la totale un peu plus au sud.
Dommage que j’aie trop la chienne (et de jugeote) pour m’amener de quoi en griller un en chemin.

Y’a cependant un “mais”. C’est que passé Plymouth NH, on tombe dans le BoWash. Succession sans fin de Turnpikes, de boulevards Taschereau à la puissance dix, de Wendy’s, de Best Buy et de state troopers. Mais bon, vous connaissez sans doutes. C’est un peu comme à la maison mais en plus dégoutant, supersized, all you can shove up your ass thank you…

L’autre fois, alors que 18h se pointait le nez, j’envisageai la possibilité de fuir le labo et l’interminable parking de Tewksbury pour le pub le plus mal famé que j’eusse pu trouver à Boston. Au lieu de m’enfermer en tête à tête avec le wifi du Holiday Inn comme la veille. Comble de malheur, on m’apostropha pour m’inviter à un jovial pot luck des zamis du bureau.

Sandwichs pas de croutes, tostitos(tm), salsa au sirop de mais, hot dogs et salades de patates à la miracle whip côtoyaient des baguettes (notez l’accent) à l’hélium et un étal de fromages qui, bien que photogéniques, goutaient euh-rien pantoute .

Je me résignai bien rapidement à manger de la bière. Ce fut une sage décision car le dude du cubicule a-38 (ou sa soeur, chaiplus) brassait une bonne cream ale et il en avait amené deux gros kegs.

La soirée se passa sans grandes histoires sinon le malaise insupportable que me causait la vue d’un grand bol de vomi vert a’ec des motons sur la table des desserts. Je risquai à en demander la nature. “Oh! It’s delicious you should try! Its a lime jell-o salad!”. “eh,well… we’ll see after this pint.. eh?” (notez ici l’accent canadian surjoué. ça les mets en confiance, mes amis requins. je vous parlerai peu-être un jour de celui de Pepe LePew et Paulina)

Toujours est-il que je n’y ai pas goûté au vomi a’ec des motons. Par contre, je n’ai pu m’empêcher d’en chercher la recette sur gougueule.

C’est dans la veine des breuvages arc-en-ciel du viet du coin et des sucettes nipponnes à la mayonnaise…

Lime Jello Salad

Put 16 big marshmallows and 1 cup milk into top of double boiler over simmering water.
Stir until the marshmallows are melted and incorporated into the milk.

Sprinkle 1 small package of lime Jello into the hot mixture, and stir until dissolved.

Add 2, 3-oz. pkg. of cream cheese, cut into small bits.
Stir until the cream cheese is melted and mixed in.

Add 2 oz. of cottage cheese.
You might have to remove the mixture from the stove to prevent burning.

Add in one can of crushed pineapple WITH juice.

Mix 1 cup of whipping cream, whipped (use Cool Whip, it will be more stable) and 2/3 cup of mayonnaise.

Mix all together and chill until firm.

Serve

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coco acto, 14/01/2007 [Manger pour «vivre»]

Chers amis. Voici une bonne petite soupe ravigottante prompte à ressourcer votre moral exténué par ces dur travaux d’écritures. À déguster accompagné de préférence par un bon petit Gewurztraminer !

Préparation: 30 minutes

Cuisson: 40 minutes

- 600g de cuisses de grenouilles prêtes à cuire

- 4 échalotes

- 50g de beurre

- 40cl de vin blanc sec

- 40cl de fumet de poisson

- 1 botte de cresson

- 2 jaunes d’œufs

- 25cl de crème fraîche

- noix de muscade, sel et poivre blanc

Vous confectionnerez ce grand classique de la cuisine alsacienne pour un jour de fête ou une réunion de famille.

Peler les échalotes et les hacher très finement. Faire fondre 20g de beurre dans une grande casserole ,ajouter le hachis d’échalotes et faire cuire sur feu modéré pendant 5 minutes. Lorsqu’elles sont transparentes, ajouter les cuisses de grenouilles par petites quantités et les faire colorer dans le beurre aux échalotes, en rajoutant éventuellement quelques parcelles de beurre.

Saler, poivrer et muscader, puis verser le vin blanc et le fumet. Remuer et laisser mijoter tranquillement une dizaine de minutes. Egoutter les cuisses de grenouille et les laisser tiédir avant de les décortiquer. Garder toutes les chairs au chaud et filtrer le jus de cuisson.

Trier et laver le cresson, l’éponger puis le faire fondre dans une casserole avec le reste du beurre sur feu doux. Verser le liquide de cuisson des grenouilles et mélanger, puis laisser mijoter pendant une vingtaine de minutes.

Mettre les jaunes d’œufs dans un bol, ajouter les crème fraîche et mélanger, puis verser cette liaison dans la casserole. Eviter dès lors toute ébullition et remuer jusqu’à obtenir une consistance onctueuse. Goûter et rectifier l’assaisonnement, ne pas hésiter à muscader largement. Répartir les cuisses de grenouille dans des assiettes creuses bien chaudes, puis passer le potage et le verser par-dessus. Poivrer et servir.

Bon appetit !!!

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