Hier, à l’occasion d’un événement mondain, quelqu’un m’a dit que le FAS était une entreprise de destruction systématique. Cette affirmation m’a interloqué. J’ai beau écrire sur nos annales depuis leurs premiers balbutiements, je n’ai jamais trop compris ce qu’était, en réalité, le FAS. Il s’agit, certes, d’une amibe étendant ses pseudopodes sur le réel et pointant, du bout de ses appendices, les aspects les plus délirants du quotidien, mais à part ça ? S’agit-il vraiment d’une entreprise de destruction systématique ? J’ai disposé sur la table de ma cuisine les huit fascicules du FAS et je les ai parcourus, m’attaquant à l’analyse de la question.
Cool is class war : Saper le coolisme urbain. Le fait d’être cool en ville ou de tenter de l’être est ici franchement mal vécu. Les soirées de poudrés et la vaine quête de l’âme sœur peuvent rendre le quotidien franchement pathétique.
Triviale poésie : Si la poésie c’est souvent poche (particulièrement la poésie de l’intime qui sévit au Québec), la triviale poésie c’est encore plus mauvais quoiqu’elle retrouve parfois, notamment avec Poufiasse, sa pureté originelle. Un genre de cri primal dénué d’expression.
FAS-rencontres : Les mécanismes de la séduction ne cessent de se renouveler. Ils sont ici subvertis.
Les aventures de Julia Kristeva : Où Julia Kristeva sabote Julia Kristeva dans un processus autoréflexif, voire une invagination sauvage.
Euj et Nism : Ce n’était sans doute pas nécessaire, mais nos deux savants préférés montrent par l’exemple que la science et le futur ça peut être épeurant. Michel Houellebecq, à côté de ça, c’est d’la p’tite bière.
Donc, le FAS est-il une entreprise de destruction systématique ? Sans doute, mais le FAS c’est aussi l’observation d’insectes rares, le rire (hé, hé, hé…) qui sabote les assises du monde pour le rendre habitable, l’exposition du vrai visage du Canada qui donne envie d’y mourir, le caractère explosif des maisons de campagne, des moments de pure émotion qui donnent envie de pleurer. Le FAS, man, c’est toute.
Il faut bien le dire : notre lutte est gagnée d’avance. Le quotidien est délirant. C’est ce qui fait tout son charme. Le FAS, donc, est-il une entreprise de destruction systématique ? Ce n’est pas faux, mais il est surtout le reflet d’un quotidien délirant, un outil de propagande pour André Serouille, un formidable moyen d’évasion pendant ses heures de travail et une façon efficace de passer les journées ensoleillées d’été enfermé dans son bureau à rire tout seul pendant qu’il fait beau. FAS vaincra !
Commentaires:
Je propose la description suivante pour FAS-rencontres: L’avez-vous déjà essayé?
Hé, hé, hé…
FAS-rencontres: Lavez-vous… Essayez!
pffft…hygiene is so overrated…