Mysterious, 07/11/2010 [Cool is Class War, Mourir au Canada]

Hier, j’ai mis fin à quatre mois d’errance en déménageant enfin dans l’appartement que B* m’a cédé. On en a aussi profité pour déménager Mjack – qui vient de se séparer de Spirit – dans un ancien crack house. Un vrai appart de punk. Parfait pour boire de la vodka à en repeinturer les murs de vomissure ; parfait aussi pour ramener des filles en art à la maison. En plus, cet appart, c’est aussi l’atelier des gars de WAW, ce qui devrait plaire aux filles en art. Enfin bref, après le déménagement, on se rejoint quelques-uns dans mon nouvel appart pour boire des coups et puis bouffer entre les boîtes. C’est encore l’après-midi, mais le plan est clair : on va se torcher la face. On attaque aux vodkas pickles, puis pastis, bière, vin, pastis… Il y a B* qui parle taoïsme et adolescence punk à Monaco. Il y a L*L* qui m’offre une BD avec des filles à poil dedans. Il y a Amygdale qui cherche ses clopes dans la poubelle. D’autres amis (C*, F*, A-C*, O*, T*) nous rejoignent bientôt. On commence à danser entre les boîtes. Amygdale dit : « On va chez moi : on va pouvoir mettre la musique plus fort, faire mieux la fête ». Là-bas, on danse, on roule par terre, on éclate un globe terrestre. Puis Amygdale – leader officiel de la soirée – dit : « Il y a une fête de satanistes ce soir, on y va ! » – qui ne peut être attiré par un concept aussi débile ? Ça se déroule dans un genre d’appart, tout près de l’ancienne gare de triage d’Outremont, dans une ancienne zone d’entrepôts et de manufactures, qui bien sûr se condoifie. Devant le party de satanistes, il y une école juive. Des gens saouls sont affalés sur ses marches et y fument des pétards. Le party de sataniste, en fait, c’est une sorte de party de hipsters. Les gens regardent le show de genre de noise grind, sans bouger, avec un sérieux déprimant, en ayant l’air de s’emmerder, mais Amygdale, lui, avec son légendaire sens de l’épique, il va danser en avant, bientôt rejoint par une sorte de géant bisexuel qui semble fermement décidé à l’enculer (ce mec-là y taille pas des pipes, il encule : c’est clair). Ensuite, c’est un peu confus. À la sortie du show y’a un sataniste (le même géant ?) qui me soulève dans les airs sans raison et me projette violemment sur le sol. J’ai mal, mais j’arrive pas trop à lui en vouloir (après tout, je suis activiste du Front d’action stupide) : son geste est tellement infondé. Je peux pas m’empêcher de me dire que c’est pour lui une façon de se rire de la vie, d’agir arbitrairement, le sourire aux lèvres. J’essaie d’expliquer ça à F*, qui pencherait plutôt pour aller se battre avec le type – y comprend pas trop mon point de vue, sans doute avec raison. La suite est encore plus floue. Y’a Poufiasse et Rhâââ qui arrivent inopinément (là, on est quand même un gros paquet d’activistes du FAS : Mysterioux, Amygdale, Mjack, Rhâââ, Poufiasse…). Je suis obsédé par l’idée d’aller poursuivre la fête dans l’ancienne gare de triage d’Outremont. On se retrouve plutôt une quinzaine dans un long escalier qui grimpe le long d’un immeuble en briques. Ensuite, on parle d’aller danser avec des cougars à la Taverna. Pis là c’est encore vraiment plus flou. Je me perds dans la nuit (c’est la nuit où on change d’heure – et je soupçonne m’être égaré dans l’heure perdue du changement d’heure). Je monte dans un taxi ; le chauffeur me fout dehors. J’erre encore. Et comme par magie, je me retrouve enfin chez l’exquise C*. Je sonne. Ça répond pas. Je pars. Je veux lui téléphoner. Je trouve pas de cabine. Je me dis : c’est trop con, je veux dormir avec elle, pis j’ai plus la force de rentrer chez moi. Je retourne chez elle. Je sonne. Elle répond. Elle arrive tout juste. Elle me cherchait dans la nuit. Je me sens un peu con de l’avoir fait paniquer. Larmes et tendresse.

Ouais, ce matin Amygdale a écrit sur F* qu’il se sentait un peu trahi et ambigu. C’est vrai que le satanisme n’est plus ce qu’il était. Pis je le soupçonne de regretter secrètement d’avoir pas joué un peu plus (juste un p’tit peu) le jeu avec le géant bisexuel. Moi, je suis surtout rassuré d’être intact et un peu fasciné par l’improbabilité de cette soirée. Vous allez me dire que c’est rien qu’une autre histoire de cuite, vous aurez sans doute un peu raison, mais c’est peut-être aussi pas mal ça le quotidien délirant. FAS vaincra !

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Commentaires:

  • Commentaire by skirt lifter, 07/11/2010:
  • FAS vaincra tabarcrisse! Bravo pour toute.

  • Commentaire by Mysterious, 08/11/2010:
  • Bah, dans l’fond, c’est rien que misérable.

  • Commentaire by Amygdale, 08/11/2010:
  • Tss tss tss… qu’est-ce que ce « misérable » vient faire là? C’était, au contraire, tout à fait grandiose, et tout ça sans drogues dures (quoique les spiritueux… enfin).

  • Commentaire by Mysterious, 08/11/2010:
  • OK, on va dire qu’on a habilement marché sur la frontière du grandiose et du pitoyable. Nous vaincrons!

  • Commentaire by Robodrigue, 08/11/2010:
  • Les plus grandes œuvres ont toutes flirté avec le pitoyable; un tension entre le quétaine et l’absolut. Toutes.

  • Commentaire by Amygdale, 09/11/2010:
  • Il ne faut pas bouder son plaisir. Des boîtes, des crack houses, du pastis, de la danse, de la destruction, Satan, un géant bisexuel, des cougars, errance et retrouvailles: que demander de plus? Je vous le demande.

  • Commentaire by Amygdale, 09/11/2010:
  • ET un superbe cadeau! Non, vraiment, il y a anguille sous roche…

  • Commentaire by Poufiasse, 12/11/2010:
  • Bon qui est-ce qui nous fait un poster de type pastiche d’un album de Tintin avec, écrit en grosses lettres : on a marché sur la frontière du grandiose et du pitoyable.

  • Commentaire by Poufiasse, 12/11/2010:
  • Comment by slut, 12/11/2010:
    Well that is what makes us a poster-type pastiche of a Tintin album, written in large letters: we walked on the border of the grandiose and pathetic.

  • Commentaire by Mysterious, 14/11/2010:
  • Hé, hé, hé…

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