Bébé Astronaute, 16/09/2011 [Cool is Class War]

Il est 3h du matin. Un bruit inquiétant me tire du sommeil, semblable au cliquetis des chaînes d’un spectre traînant entre le monde des vivants et celui des morts. À mesure que les brumes se dissipent, je distingue plus clairement ce bruit métallique qui semble bien réel et ma foi, pas loin du tout. Je me tortille un peu et j’attrape mes lunettes à tâtons. Réussissant à m’extirper du lit, je me dirige à pas feutrés vers la porte d’entrée, encore un peu endormie. Puis je me réveille d’un coup sec. Le cliquetis de chaînes, c’est un voleur qui essaie de s’emparer de mon vélo. Sans réfléchir, j’ouvre la porte en criant « heille tabarnak » et j’entreprends de poursuivre le voleur, qui détale comme un lapin. Alors qu’il disparaît au coin de la rue,  je m’arrête sur le trottoir après quelques pas et fixe le regard sur mes orteils. Je réalise que je suis nu-pieds, et qu’il serait bien idiot de laisser la porte de l’appart grande ouverte au milieu de la nuit alors que je suis aux trousses d’un vulgaire voleur de bécyck. Une chance que je dors en pyjama.

C’est drôle les réflexes, je n’ai même pas pensé à ramasser la pelle de planting sur le crochet avant d’ouvrir la porte. Quand même, le gars aurait pu avoir un pied de biche dans les mains. En rentrant, je suis un peu nerveuse. Je me demande ce que j’aurais fait si quelque chose de vraiment grave était arrivé. Genre, un gars qui essaie de rentrer chez nous. Est-ce que j’aurais eu le guts d’appeler la police? Ha ha! La police! Il faudrait que ça soit vraiment grave – un cas de 911 genre – pour qu j’appelle la police. Sans ça, il sont bons à rien. Ce qui est drôle aussi, c’est que le gars qui voulait voler mon vélo, dans le noir, ressemblait un peu à mon ami T*, en un peu plus grand et un peu plus costaud. T*, si vous voulez savoir, ressemble quand à lui au gars couché dans un lit d’hôpital sur les paquets de cigarettes. Je m’imagine au poste, en train de dresser un portrait-robot, demandant aux policier s’ils ont des cigarettes.

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Commentaires:

  • Comment by Amygdale, 17/09/2011:
  • Oh les voleurs! Quelle source d’effroi depuis mon enfance.

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