Je vous ai déjà parlé de ma vieille voisine indienne ? Elle est toujours là, sur le balcon, à surveiller les enfants. Elle ne parle ni français ni anglais, du moins pas plus que quelques mots, et j’imagine qu’elle doit souffrir parfois d’une terrible envie de communiquer avec d’autres personnes que les seuls membres de sa famille. De temps en temps, on se fait des petits brins de conversation ensemble, chacune dans notre langue, sans vraiment se comprendre. Dans le fond, ça ou dire salut ça va à ma voisine d’en haut, pour moi, c’est du pareil au même : un petit geste de bon voisinage, tout simplement. J’avais déjà réussi à déduire, à force de simagrées, que la vieille indienne voulait m’emprunter un râteau, mais là… J’étais en train d’attacher mes plants de tomates à leur tuteur en me disant que les coquilles d’oeufs, ça avait ben marché en ta cette année, quand elle s’approche et commence à me baragouiner quelque chose. Bien sûr, je ne comprends rien, mais je lui réponds quand même en français : ah oui, ils sont vraiment plus grands que l’année passée ! Dans l’embrasure de la porte, bébé au bras, sa fille me répond : c’est vrai, c’est ce que ma mère vient de dire…
Commentaires:
Comme quoi la capacité humaine de «bounder» transcende les barrières langagières.
essaie ça : taneshpinine nuidjéwan (prononciation)
elle va être heureuse
«C’est la banalité qui nous rend lyrique.»
- Amygdale
J’espère que tu ne me joues pas un vilain tour, Spirit Duplicata.