Assis sur le rebord de mon lit, les mains devant le visage, je sanglote. Ma blessure est sans rémission, ma vie sans espoir, mon trouble sans accalmie. Ma plainte, si c’en est une, n’est perçue que de mon chat. Mes larmes ne mouillent que mes mains, cette lande stérile. Mes tremblements ne dissipent pas ma contrition; ma contrition ne jugule pas mes tremblements. Ma gorge est un noeud que je voudrais trancher d’un coup de dague. Je suis seul – ô combien triste et absolument seul – depuis des mois, des années, prisonnier d’un circuit dérisoire, passant par autant de tâches ingrates, saugrenues, inutiles. Je me bats, mais la lutte est vaine, je me rends et la guerre continue. Je suis tué et fragmenté. Je suis un gouffre de désespoir, un trou noir d’albédo zéro, et mon horizon est là où s’engouffrent les dernières lueurs.
La lumière est une onde
Comme ta chevelure blonde
Ou une particule
Comme tes yeux minuscules?
Las! Las! Las! Je ne me repais plus des lendemains qui chantent, car ils chantent tous faux! Tout m’est insupportable, abject, toxique. En un mot, c’est novembre.
Commentaires:
quel lyrisme, tu as la verve profonde et capricieuse; mais est-ce une vraie blonde ? méfie-toi toujours des fausses blondes, elles laissent un goût peroxydé sur la langue…
Cette nouvelle catégorie me rappelle étrangement Cool is Class War.
tout délire est bon à lire
Expoboules m’a rendu fievreux. Est-ce ma tête qui tournoie ou est-ce cet antitussif qui ondoie. Tout me paraît abject. C’est le difficile apprentissage du mot posologie.
La dépression mérite pleinement sa section au panthéon de l’abject.