Contrairement à ce que la plupart d’entre vous s’imaginent sûrement, en puriste de la langue que je suis, je suis tout à fait favorable à la nouvelle orthographe. Débarrassée de ses reliquats les plus inutiles, la graphie rectifiée a le mérite d’être plus claire, plus précise, plus belle, et beaucoup moins incohérente que l’ancienne orthographe.
J’en conviens, sans son i, l’ognon n’aura plus tout a fait la même saveur, même rissolé au beurre en accompagnement des rognons, mais au moins ça évitera toute ambigüité dans l’écriture des mots ambigus. Maintenant que tous les adjectifs numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union, il est désormais possible de distinguer soixante et un tiers (60 + 1/3) de soixante-et-un tiers (61/3), ce qui est fort utile dans la vie de tous les jours – au moment de payer son loyer, par exemple. J’avoue que mon propriétaire a fixé mon loyer à un prix vraiment bizarre et que ça n’arrive pas exactement à tout le monde, mais bon, je ne m’embarrasserai pas de détails aussi insignifiants. De toute façon, sachant que le mot exéma vaut presque autant de points au Scrabble qu’eczéma, moi, j’approuve : ils ont bien fait de supprimer toutes ces anomalies irritantes. Surtout en ce qui concerne les mots d’origine étrangère, laissez-moi vous dire qu’un fiord, au Saguenay, ça a ben plus d’allure qu’un fjord. Et les nostalgiques du maelström de règles incompréhensibles de leur enfance, qu’ils déménagent donc en Norvège.
Rien ne sert de s’assoir sur ses lauriers après avoir conquis le milieu de l’édition. La thèse du parasitisme révolutionnaire du FAS doit s’immiscer jusque dans les dictionnaires et pour ce faire, il est grand temps que les sympathisants du FAS embrassent le progrès en appliquant dès aujourd’hui la graphie rectifiée à leur lexique, à commencer par le mot octbl’.
D’abord, ce mot ne comprend aucune voyelle, ce qui rend indument ardue la prononciation. Et l’apostrophe à la fin du mot est un archaïsme qu’on ne voit plus depuis le temps de nos grand’mères, qui eurent néanmoins, quant à elles, beaucoup de difficulté à s’adapter au trait d’union.
Je propose donc la nouvelle graphie octabule, qui simplifie le pluriel, facilite l’intégration à la langue française et s’harmonise avec l’orthographe des autres mots comme pendule, libellule et bidule, ce qui vous aidera certainement à faire passer la pilule.
Alors, vous acceptez ou vous êtes juste une bande de vieux réacs, pires que Joël Le Bigot ? Me ferez-vous subir le même sort qu’à Brassens, qui dut quitter la Fédération anarchiste car ses collègues le trouvaient trop pointilleux sur les règles d’orthographe ?
Commentaires:
D’abord, G*B*, au contraire de B*B*, était un vieux réac’ en son genre et dut quitter la Fédération anarchiste certes parce qu’il était pointilleux sur les règles et non pas parce qu’il voulait les simplifier, les appauvrir, les enlaidir.
Ensuite, «Octabule», ça sonne comme un gadget dans Robin et Stella ou Jem et les hologrammes. Et puis le FAS, et encore moins la notion d’Octbl’, ce n’est pas qqch de «simple», «facile» et «harmonieux».
En fait, argument suprême, «Octabule», ça semble conçu pour faire des rimes en «ule» («J’encule somnambule l’octabule/Je vais et je viens comme un pendule/Lorsque soudain j’éja…») – simplicité un brin vulgaire qu’évite l’Octbl’ (j’attends déjà impatiemment le futur poème d’Amygdale ou de Poufiasse en «tbl’», pourquoi pas dans une combinaison «Triviale poésie»/«L’improbable missive»).
C’est pourquoi, Octbl’ vaincra!
Je dirais « octobeule »
ou encore « octoble », et alors on pourrais parler de cette altercation au sujet de l’orthographe comme de la fameuse « crise d’octoble »
Hé, hé, hé…
Octobeule me semble pas mal.
C’est qui B*B*, en passant? Brigitte Bardot?
Va pour Octobeule (Octoböll? Октобуль?). Ça me semble une concession raisonnable à la désésotérisation (excusez je trouve pas le bon mot que je cherche depuis vraiment trop longtemps) du FAS.
Ou encore octabole?
Un genre d’obole à payer au temps qui passe.
La crise d’octoble c’est bon.
Hé, hé, hé… [Détection d'un doublon : il semble que vous ayez déjà envoyé ce commentaire.]