Je ne sais pas pourquoi je décide, là, de faire mon top 5. Honnêtement, c’est sans doute la catégorie du FAS que je déteste le plus. J’y vois davantage un prétexte pour faire un étalage public de ce qui aurait tout intérêt à rester inconnu. Enfin, c’est comme ça, peut-être que c’est mon épiphanie, la chance de sauver mon âme en confessant mes crimes les plus graves. Alors, voici ma confession à la manière d’Augustin d’Hippone : top 5 des fois où j’ai refusé la grâce.
5. J’entrais dans ma seizième année d’existence lorsque Tu m’envoyas pour la première fois un signe. Je ne reconnus pas immédiatement Ton oeuvre, mais le charme s’immisça subrepticement dans mon âme jusqu’à ce qu’elle l’illumine entièrement. Vint un moment où mon être ne pouvait vibrer au diapason de Ta Création qu’en contemplant la grâce de Ta créature. J’allai être enfin sauvé et promis aux félicités éternelles de Ton royaume un soir de printemps. C’est à ce moment qu’elle pris mon être minuscule à bras-le-corps sous une couverture au pied du buisson ardant. Hélas, mon corps reste sourd à Ton appel et au lieu de traduire l’état de mon âme comme au jour de la Pentecôte, il ne répondit que par d’incontrôlables frisons et un haut-le-coeur fort mal placé.
4. O Toi! par qui tout ce qui est devient véritablement beau et bon. Comment ai-je pu te tourner le dos aussi souvent, est-ce par orgueil de me savoir choisi? J’implore ton Pardon en repensant à ces événements. Si je m’étais rappelé que Ton Verbe est divin, peut-être aurais-je pu déchiffrer les signes que tu m’envoyais. Comment n’ai-je pas reconnu Ton appel dans l’irrésistible zézaiement de cette belle inconnue, échoué un peu par hasard chez moi? Nous étions seuls, et seules nos guitares nous séparaient. Hélas, le peu de distance que j’avais à franchir pour prendre ce que tu m’offrais dans ton infinie bonté se transforma dans mon âme en longue et terrifiante traversée du désert. Ce soir-là, les seules cordes que je fis vibrer furent celles de ma guitare qui pleurèrent mon inévitable chute.
3. Mon âme rougit de honte, car trop souvent j’ai été aveugle à Tes signes. Même s’il m’arriva au moins une fois de m’attacher à cette sirène qui fut ma planche de salut, bien vite je la délestai et me retrouva à nouveau à dériver dans le Monde. Pourtant, Tu me gardas tes faveurs, car en pleine apothéose du solstice d’été, tu mis sur ma route cette ancienne collègue de classe. Cette amazone, dont la vertu n’avait d’égal que ceux que Tu as placés à ta droite, Tu l’as mise son mon chemin alors que je m’apprêtai à rentrer chez moi après une affreuse soirée de vices. Hélas! L’accolade qu’elle me fit eu beau irradier tous les os de mon corps et les mots doux susurrés à mon oreille dissiper les brumes les plus épaisses, je restai interdit un instant, puis je tournai les talons pour rentrer hébété dans mon cachot humide.
2. Ton amour est infini, je puis en témoigner, car dans ton infinie bonté, Tu essayas de retourner mon âme en utilisant tous les artifices possibles et imaginables. De la belle inconnue à l’amie complaisante, Tu plaças ton salut dans tous les véhicules susceptibles de me toucher. Pour preuve, je me remémore cette amie qui me rejoignit dans cet ignoble débit de larmes alcooliques dont le nom rappelle le supplice de ce grand saint qui, ironiquement, a aussi donné son nom à la rue qui sépare Tes brebis des damnés. Nous bûmes, insouciants, des litres et des litres des paroles l’un de l’autre. Lorsque l’heure de partir arriva, elle se retourna, une étrange lueur dans les yeux pour me dire qu’elle saluait ma vertu, n’étant plus très sûre de la sienne. Je restai interdit, puis je lui fis remarquer que son autobus arrivait…
1. Qu’il est difficile de faire appel à ton infinie miséricorde alors que j’ai de si lourdes fautes à confesser! Peut-être me pardonneras-Tu mes précédentes fautes, mais celle-ci, je le craints, risque de me conduire directement dans les tourments de l’Enfer. Je m’étais égaré depuis déjà plusieurs semaines en Europe lorsque tu mis Ta créature la plus exquise de Ta Création sur ma route dépourvue d’horizon. Cet ange (car elle n’avait strictement rien d’humain cette créature) vint me trouver pour me porter la lumière directement dans les bas-fonds d’un squat de G’nève. Et ce, même après que le défilé de damnés ayant fait acte d’apostasie, René Binamé, eu fini de sévir devant nombre de Tes brebis égarées. Elle vint d’abord me demander, une jolie cigarette qu’elle avait roulée à la main, si j’avais du feu. Comme je n’en avais pas, elle rebroussa chemin une première fois. Elle revint ensuite à la charge, sans prétexter quoique ce soit sinon, par-devers elle, le salut de mon âme. Elle me dit alors dans la langue des anges, c’est-à-dire avec un léger, mais ô! combien suave accent teuton, qu’elle trouvait aussi le mien charmant. Il fait nul doute que c’était là l’ultime signe de Ta part, car mon état de clochardisation étant déjà fort avancé à cet instant, il s’agissait là du seul compliment possible. Encore une fois, je m’en confesse humblement devant toi, je fus transi par tant de beauté et elle me laissa aphasique. Lorsqu’elle partit, dépité, je compris que Tu m’avais rayé de Ton plan.
*Mention honorable à la fille de la Nuit de la Philo, charmante et spirituelle, qui s’occupait « de mon dossier » et à qui je n’ai même pas tenté de faire de l’oeil.
Commentaires:
«Un prétexte pour faire un étalage public de ce qui aurait tout intérêt à rester inconnu» = meilleure définition du Top 5 ever.
Créature… la première fois que j’ai entendu ce mot pour désigner une femme, il y a environ une douzaine d’années, c’était de la bouche de ton père. Décidément, il y a de la graine de mystique dans la famille.
Attends, mon père et moi on ne fait que «poser». À ce qu’il paraît, mon grand-père flattait les arbres pour rendre hommage à la nature et mon arrière-arrière-grand-père aurait quitté sa riche famille bourgeoise de Québec pour venir vivre de la terre à Saints-Martyrs-Canadiens.
C’est sans compter la croisade d’Amygdale pour conquérir Mars.
Il ne s’agit pas d’une croisade, mais d’un symptôme du pathos de la distance.
D’ailleurs : Dieu est mort, vive l’orgie.
Hé,hé,hé…
oh boy…
ça va pas ben.
Attends. Ces inhibitions pourraient me priver d’être un jour monon’c.
Ou encore père.
Sans le coĩt, point de salut ?
Hors du vagin, point de salut!
Euh…
… Le salut serait-il indésinvaginable?
Sans « salut! », point de coĩt.
D’ailleurs étant né par césarienne, j’en déduis que j’ai toujours accès au salut (de l’âme).
J’aurais peut-être dû séparer mes deux commentaires, ça fait un peu oedipe, mon affaire…
Pour ce qui est de l’invagination du salut : je crois que c’est ce qu’on appelle en langage catholique la transubstantiation. D’autres argumenterons qu’il s’agit de l’ascencion : quand Jésus sur sa croix s’invagine sur lui-même afin de se débarasser des clous et monter au ciel en disant salut ou so long and thanks for all the fish.
Vous divaguez, les gars!
salut
Pauvre petit.
Fastidieux… vraiment fastidieux.
Oui!!! Mais moi….Je suis une princesse !!!!!!!!!
…de région ?
Par définition tu es une hystérique et non une princesse, mais soit! Ne sommes-nous pas toutes des princesses après tout. Ce que femme veut!
Eh ben! J’avais pas encore pris connaissance de cet aspect de ma personnalité. Ça explique mes déboires.
Mon petit, c’est bien beau tout çà, mais; et cet évier rempli de vaisselles sales qui croupies là depuis des lustres qui va la faire?
ORGIE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
De toute façon j’ai désavoué cet opuscule il me semble.
Déboires qui m’ont masqué l’essentiel : Avez-vous essayé FAS-Rencontres?
C’est précisément l’objet de mon texte.
On raconte le plus grand mal de FAS-rencontre, je vous le conseille fortement.
Mais je n’y vois aucune annonce! À moins qu’un vide ne soit un appel…
… ou que ce soit des rencontres qui ont eu lieu dans un état d’esprit fassien.
Voilà qui me rappelle l’époque «mythique» de la fameuse «boîte à commentaire».