…
La famille des courges,
avec les mouches en quadrille,
se plaît à en découdre
et à partir en vrille.
…
Les galets du chemin,
tournent toujours le dos,
à ce qui les à vu naître,
à ce qui les garde au chaud.
…
Les asperges se rassemblent,
au grand dam des lucioles,
qui se frottent le ventre,
mais préfèrent les fagots.
…
Les laitues cessent
immédiatement d’être belles,
à l’arrivée des tortues,
qui les prennent d’assaut.
…
Les tomates se gonflent et se font pansues,
dans l’unique but de se montrer plus grosses
que la citrouille ou la pomme ou du moins la voisine,
parce que, pour une tomate, être grosse c’est aussi être vue.
…
Commentaires:
… Et être vu, c’est être dévoré (du regard). J’interprète les points de suspension comme étant des accidents de béatitude potagère. Un beau poème sur le manger. Très fif!
Zepoulpe le poète qui définie la fifitude.
J’y vois plutôt un poème politique du type de l’oraison funèbre de Périclès : les courges, ce sont les phalanges qui défendent la cité contre les envahisseurs, les galets, ce sont les traîtres ostracisés (on écrivait le vote d’ostracisme sur un galet), les asperges sont les citoyens se rassemblant pour délibérer au grand dam des aristocrates-lucioles. Les laitues, ce sont les agriculteurs qui n’ont pas écouté Périclès et qui sont restées à l’extérieur des murs de la cité face aux guerriers à carapace de Spartes. Enfin, les tomates, ce sont les rhéteurs qui tentent de se faire valoir à la manière d’Alcibiade en donnant l’impression d’être plus grosse que nature.
Tu trouves?
C’est un peu tirer par les cheveux, cher Al.
Mais non voyons, ça doit se lire à la manière d’une fable de La Fontaine.
L’herméneutique, c’est un sport pour les toffs.
hé hé hé…
Si je comprends bien l’idée, un poème hétérosexuel, ça serait un poème avec de la viande?
Ouain, un poème avec un barbec itou, pis les seins de Lucie debout sur le deck. Ça c’est un poème viril.
Selon moi, il est possible de dire qu’il est ambigu d’affirmer quoi que ce soit.
C’est sûr que ça dépend toujours de quel légume il est question.
Il est très possible de dire qu’il est ambigu d’affirmer qu’un poème ça se déguste ou ça ne passe pas. Fade, fif ou fort!