Comme maintes baies séchées
Les bleues, au creux de ma main
Sont entre toutes mes préférées;
C’est pourquoi j’en prend huit chaque matin
Puis, réconcilié avec le mobilier
Devenu chat, nature animalière
Je sors, et va comme l’écolier
Faire dans les rues l’école buissonnière
Je caresse les arbustes, j’épie les bosquets
Je fais mon Liban de cette haie de cèdres
Mes jardins suspendus de ce joli bouquet
Et tout mon quartier devient un polyèdre
Gemme aux milles aspects
Dé roulant sur ses faces
Grand Œil de l’insecte
Temple de Samothrace
Prenant soudain conscience
Des tyrannies de la faim
Pour satisfaire ma panse
Je dois stopper en train
Comme par bonheur,
Se trouve là une beignerie,
Aussitôt, j’entre en sueur
Lupus dans une bergerie
M’approchant du comptoir,
Sachant pourtant que j’ai tors,
Je fonde tous mes espoirs
Sur la pensée d’un mol tore
Combien de choix! Combien de saveurs!
Je ne puis un instant mon appétit différer
Qu’aux baies l’on me gâte, par faveur!
Je demande les bleues, mes préférées
Commentaires:
Vraiment mon coeur saigne,
Et c’est avec usure
que je vous refuse ce beigne
et son contenu azur.
Manant,ce verre de lait,
offre exceptionnelle
coûte l’ahan de l’essai
d’une roussette au miel.
Une roussette au miel… hmmm…
Qu’est-ce ? ce hmmmmm?
Serait-ce l’odeur
De ce beigne qui parfume:
la roue de tracteur ?
C’est quand on pense
À ce qu’il y a de meilleur
Qu’on se flatte la panse
Et qu’on se pogne le tire.
C’est quand on songe
À ce qu’il y a de mieux
Qu’on se flatte la surlonge
Et qu’on se pogne le pneu.