L’autre jour je suis allée chez Fichtre! pour trouver un cadeau à Mjack. En plus de Noël, c’était sa fête aussi le 27 alors je devais me forcer un peu, surtout que lui me fait toujours des super beaux cadeaux. J’ai choisi une bédé de J*D*, son auteure de bandes dessinées préférée. C’est assez volumineux, comme livre, mais je n’ai pas pu m’empêcher de le lire au complet avant de l’emballer. C’est le journal de son année 2003. C’est drôle, parce qu’elle parle souvent de Graff, l’atelier où je travaille depuis quelques années. En fait, quand je dis travaille, je parle de mes projets d’art, mais je travaille aussi dans le bureau depuis l’automne, comme employée, ce qui me permet de grappiller par-ci par-là quelques rumeurs sur l’histoire du lieu.
Je me souviens, une des premières fois que j’y suis allée, j’ai rencontré J*D* et j’étais vraiment impressionnée, mais je ne me souviens pas ce que je lui a dit ou même si je lui ai parlé. Elle a vraiment pas l’air trash qu’on imagine, en fait elle a l’air d’une personne normale. En tous cas, je ne l’ai jamais revue. Elle a arrêté d’aller à Graff pas très longtemps après, je crois. Moi, j’étais partie sur une balloune et je ne suis pas retournée pour environ six mois, alors je ne peux pas dire, vraiment, ce qui s’est passé. Dans la bédé, J*D* parle souvent de D*, à qui j’avais parlé aussi une fois à Graff et que vous avez sûrement déjà vue en spectacle avec les G*L*. Je lui avais dit que je lisais ses bédés quand j’étais ado à S**. Je pense qu’elle était rendue assez loin de Z*Z*, son alter ego, et ça a eu l’air de la gêner. En tous cas, elle non plus elle ne vient plus aux ateliers, ni J*, que j’ai vue un peu plus souvent, et que Mjack connait à cause de E*. Elles ont on atelier ensemble maintenant, à ce qu’il parait (J*D*, D* et J*). J*D* parle aussi de M*E*, avec qui j’ai suivi un cours à l’université. Je crois bien que c’est elle, parce que la chronologie concorde et le dessin est assez ressemblant. C’est drôle, parce qu’en classant les copies d’atelier à Graff, l’autre jour, je suis tombée sur le livre qu’elle ont fait ensemble à M** (J*D* en parle dans son journal) et c’est vrai qu’il n’est pas super beau. J’ai vu aussi toutes sortes d’autres objets que j’aime bien, que J*D* a fabriqués durant cette année-là et dont elle parle dans son journal. Elle parle aussi quelques fois, sans les nommer, de L* et C*, avec qui je travaille. C’est fou, je n’avais jamais remarqué que L* portait des lunettes. Et le stratagème pour camoufler C* (un autre) en le dessinant en ours, pfff, même si je ne l’ai vu que quelques fois (à
Expozine), je peux dire qu’il a vraiment une tête d’ours.
Quand je suis déménagée à Montréal, la première fois, je trippais parce que je voyais le nom des rues, des parcs, des bars que j’avais lu dans des livres ou entendus dans des chansons. Pareil quand je suis allée en France. Mais là, c’est autre chose. De lire dans un livre acheté au magasin, pas dans un fanzine broché ni un blogue, des descriptions de lieux que je connais comme ma poche, de reconnaître en dessin des personnes que j’ai déjà vues, mais que je ne connais pas, c’est vraiment bizarre. C’est comme si mon propre monde devenait un monde de fiction.
Commentaires:
Ton monde EST un monde de fiction.
Soit c’est ton quotidien qui délire, soit c’est la réalité qui s’invagine.
Mais c’était déjà la fin des années 2000.
Heille c’est pas vrai! J’existe!
[...] blanc venait se superposer sur sa tête bien ronde et rose. Comme Bébé Astronaute le suggérait, il y a peu, peut-être vivons-nous, en réalité, dans les univers fictionnels de JD* [...]