Bébé Astronaute, 11/06/2009 [Art is Evil]

Il y a plusieurs jours déjà, je me rendais, avec quelques amis, dans un local reclus, tout en haut d’un édifice si haut qu’il plonge ses voisins dans l’obscurité dès le milieu de l’après-midi et dont les fenêtres immenses surplombent la montagne. J’y passai l’une des soirées les plus marquantes de ma vie.

Au milieu de la pièce, des amas de nourriture et des bouteilles d’alcool jonchaient le sol, épars, en offrande à une occulte divinité païenne. Des individus arborant des costumes étranges et effrayants s’agitaient en tous sens, en proie à une transe spectaculaire. Ils agitaient des objets sonores et mystérieux, créant une mélodie envoûtante et un rythme irrégulier qui gonflait et se relâchait, telle la pulsation d’un monstre. Un instrument extraordinaire et incontrôlable imitait le chant des baleines.

Des faisceaux lumineux se réfractaient sur les murs en motifs changeants et multicolores. Sous les feux de la rampe, des adeptes de cette secte décadente exécutaient un danse effrenée. Avec des tubes de carton, ils construisaient des prisons pyramidales dans lesquelles ils s’enfermaient et dont ils se libéraient tour à tour. Ils les brandissaient comme une arme et s’en aidaient pour se repousser et se rapprocher les uns des autres.

Plus tard, un groupe s’attroupa et convoqua un à un les nouveaux venus. Une fois mon tour arrivé, ils m’assaillirent de questions sur ma vie intime et usèrent de ces renseignements personnels pour m’inventer un totem, que l’embarras me garde de vous révéler ici. Une prêtresse s’approcha de moi. Elle me versa un liquide froid sur la tête et m’oignit les joues et le front d’une pâte verte et visqueuse. Les gens applaudirent. Je venais de traverser le rituel immuable et traumatisant du baptême.

Une femme mystérieuse, au visage barbouillé de rouge, arborait un vêtement sur lequel se lisait un slogan sibyllin : la liberté et/ou la mort. Elle me captura en couvrant mes yeux d’une large bande de papier blanc pour m’hypnotiser. Elle me guida dans une cabane secrète et m’y enduisit le visage de poudre argentée tout en en psalmodiant des vers incompréhensibles. Elle me fit boire des élixirs magiques qui affectèrent mes sens et ma raison. Son nom était Spirit Duplicata et alors qu’elle transformait mon bandeau de papier en collerette extravagante, je fondis en larmes et lui avouai tout.

Comments (4)

Commentaires:

  • Commentaire by sire d'oneille, 11/06/2009:
  • la puissante beauté céremoniale d’un psycho-drame.

    ca me rappelle la fois ou j’ai été convié à une ceremonie dans un grotto sataniste, les grosses gothiques nues en moins.

  • Commentaire by Mysterious, 12/06/2009:
  • J’y étais et, sauf erreur, il s’y trouvait aussi:
    Kompli Klou
    Bijoux D’amour
    Ponton$Love
    Père et Gilles Sol
    Noune E. Drap
    Holocauste son père
    Gaz et Broutte
    Bust A Rib
    Fonny Gozier
    Vermi comploteur
    Barbie tu rock
    Divine-Z-Ploc
    Inoune Zité
    Gerbe Bisoux
    Génie Thalassothérapie
    Castor oral
    … et j’en oublie sans doute.

  • Commentaire by Mysterious, 12/06/2009:
  • D’ailleurs, Mile-End et Cowansville : même combat!

    Pour faire le lien : lien.

  • Commentaire by mjack, 13/06/2009:
  • Vermi Comploteur!

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