La chaleur est insoutenable, contraste évident avec les froids polaires qui sévissent a l’extérieur de mon scaphandre spatio-cosmique, de même qu’avec le fait que je sois plus près de l’équateur que de quelque pôle que ce soit.
Pourquoi ai-je accepté de faire ce voyage? Suis-je vraiment la seule personne qualifiée pour identifer de possibles sources d’eau potable sur Mars? 1/4 de pouce, une mesure si infime, mais pourtant la raison qui m’a conduit j’usqu’ici, à quelque 80 millions de kilomètres de chez moi, quand on est chanceux. Je me demande comment vont les plantes?
Un 1/4 de pouce, bordel. Si A* avait pu entrer dans le scaphandre spatio-cosmique, je serais toujours dans la province du Canada à cruncher des algorithmes. D’autant plus que le voyage l’emballait beaucoup plus que moi, au départ.
La vue est splendide cependant. À chaque deux heures, j’ai envie de m’exclamer : « regardez-moi ce canyon! ». Mais bon, j’ai décidé de me taire pour la postérité. Je me demande si ces spatio-courriels sont aussi confidentiels qu’ils me l’assurent. Jusqu’ici, mes seules paroles sur Mars ont été : « Roger, Roger », prononcé à la française, ce qui fait toujours marrer Ilyouchkine du centre de liaison ( il a étudié à Paris). Je me demande si Ilyouchkine lit mes courriels ?
Là je me dirige vers une formation géologique qui a drôlement la forme d’une bouteille d’Orangina (les petites). Il me faudra quelques heures pour avoir suffisamment de temps d’exposition, et après, je devrais être de retour à Rawdon pour souper, à moins qu’Ilyouchkine ne me refasse le coup de la fenêtre spatio-cosmique fermée. Quand il me la sort celle-là, j’ai toujours l’impression qu’il me parle des chakras de C* et ça m’est difficile de le croire. Sacré Ilyouchkine!
Commentaires:
Salaud. Si c’est comme ça, je cancelle mon voyage et je vais sur Vénus à la place.
J’appréhendais le choc des sensibilités, c’est pourquoi je me permets de mettre les choses en perspectives. J’aimerais premièrement souligner le caractère improbable des improbables missives. Deuxièmement, je ne crois pas que tu supporterais longtemps la voix nasillarde d’Ilyouchkine (du centre de liaison). Pour finir, je trouve que tu t’en tires bien, je n’ai même pas mentionné un seul de tes chakras.
C* me dit, qu’avec les années, son chakra n’est plus seulement fermé, mais fossilisé.