Voilà, c’est fait. Nous avons signé le contrat, tout est dit. Le logo, l’image, l’idée enfin, tout est vendu, liquidé. Notre concept appartient désormais entièrement aux Éditions Pygargues, et mon patron, M. Aishu, vient de me téléphoner pour me féliciter de la célérité avec laquelle j’ai mené l’affaire. Il veut me voir à son bureau dès lundi matin. Ça augure bien. Pour la pub, j’ai choisi la seule stratégie qui m’inspire vraiment et que j’ai tirée de la Guerre des Gaules : choc et stupeur. Des déferlentes de courriels, d’immenses affiches sur le bord des routes, notre nom écrit sur des Airbus A380. Mon dieu que ce sera beau!
Avec cela, les tapettes n’ont qu’à bien se tenir! Il y a pourtant une ombre au tableau, un petit doute de rien du tout qui s’est formé dans mon esprit. J’y pensais comme ça et je me suis dit : « tiens, je me demande si je n’ai pas fait une petite erreur en laissant les contrats chez Amygdale ». C’est qu’il est un peu instable. En fait, c’est un looser. Oh! Pardon : un « nihiliste ». J’ai vu qu’il gardait une bouteille de Feuerzeugbenzin sur son pupitre. Ça m’inquiète. Foutu champagne.
Bah! La machine est lancée maintenant. Plus rien de pourra l’arrêter. La semaine prochaine, nous serons dans les publisacs.
Commentaires:
Cela me rappelle cet ami qui me répétait toujours que le plaisir, ce n’est pas le bonheur.
Serait-ce la postérité?
Amygdale, brûle, que dis-je, mange ces contrats. Le FAS n’est qu’à nous ; tu seras le FAS.
C’est n’est pas Zepoulpe qui a réellement écrit ce texte…
ah? c’est qui?
Aucune idée. Remarque, je ne suis souvent moi-même pas moi.
C’est Amygdale, probablement. L’auto-flagellation pour éviter que les soupçons ne pèsent sur lui… et lui qui ne peut s’empêcher d’utiliser des mots allemands… ça le trahit.
Mon père disait : le bonheur, c’est bourgeois.
… content de lui-même.
Le bonheur, c’est plutôt s’invaginer dans un mouvement auto-réflexif. Ou plutôt, le pli que ça provoque.
Mon père disait : « fini tes clous sinon je ne détache pas avant demain. »
C’est juste beau l’éducation.
«Le bonheur est dans le coeur, pas seulement entre les cuisses.»
- K.Kieslowski